Le dernier film de Christopher Nolan retrace l’une des batailles les plus décisives de la Seconde Guerre mondiale.

Blitzkrieg

Déboussolées par l’offensive allemande, le Blitzkrieg, les armées françaises et leurs alliées se replient vers le nord de la France. Mais les panzers, après avoir percé le front de Sedan, déferlent sur les côtes de la Manche et scindent leurs troupes en deux. Environ 400 000 soldats britanniques, français et belges se retrouvent encerclés par l’armée allemande dans la poche de Dunkerque. Une opération est alors mise en place pour évacuer le corps expéditionnaire britannique vers l’Angleterre. C’est de justesse que trois de ses hommes parviennent à embarquer sur l’un des bateaux réquisitionnés, et leur traversée du détroit du Pas-de-Calais s’annonce des plus périlleuses…

Les troupes britanniques attendent l’évacuation sur la plage de Dunkerque

Voilà le synopsis du dernier film de Christopher Nolan, Dunkerque, qui sort en salles le 19 juillet 2017. Il retrace ainsi l’une des batailles les plus déterminantes de la Seconde Guerre mondiale, la bataille de Dunkerque, qui s’est déroulée du 20 mai au 4 juin 1940. « L’évacuation du corps expéditionnaire britannique a permis à l’Angleterre de continuer à combattre le nazisme, sans quoi la guerre aurait pris un tout autre tour », explique Jacques Duquesne, auteur du livre Dunkerque 1940, une tragédie française, paru aux éditions Flammarion en juin dernier. Et pourtant, l’histoire de cette évacuation reste méconnue. C’est sans doute en partie ce qui a décidé Christopher Nolan à s’essayer, pour la première fois, au genre du film historique avec elle.

Le réalisateur britanno-américain a tenu à ce que le tournage se déroule à Dunkerque et à reconstituer la grande jetée de la plage de Malo-les-Bains telle qu’elle était en 1940. Il s’est par ailleurs appuyé sur de nombreux documents et le témoignage de vétérans. Mais Jacques Duquesne craint qu’il ne présente une vision purement britannique des événements. « Dans la bande-annonce, on ne voit que des soldats anglais », regrette-t-il. « Pas un seul casque français. Comme si les Français ne s’étaient pas battus pour que les Anglais puissent évacuer. » Or, 12 000 Français sont morts en contenant l’armée allemande, limitant ainsi l’affrontement au ciel et à la mer pour l’armée britannique.

L’écrivain craint également de ne pas reconnaître ce qu’il a vécu. Car lui vivait à Dunkerque en mai 1940. Il avait alors dix ans et la bataille qui s’est jouée sous ses yeux d’enfant constitue l’un des événements les plus marquants de sa vie. « Depuis, j’ai toujours cherché à comprendre les raisons et le sens de la tragédie de Dunkerque, fouillé bien des archives, écouté, lu et vu tout ce que l’on pouvait entendre, lire et voir à ce sujet », écrit-il en préambule de son dernier ouvrage. « C’est pourquoi, après avoir fait allusion à ce drame dans plusieurs de mes livres, je veux apporter ici mon témoignage et le résultat de mes recherches. »

Guernica

Dans la nuit du 18 mai 1940, Jacques Duquesne est réveillé par les tirs de canons antiaériens et les bombes allemandes. Il court se cacher dans la cave avec sa famille. Au matin, la ville est métamorphosée. Une raffinerie de pétrole a pris feu, dégageant « l’immense fumée noire » qui évoquera un « hallali noir » au poète Louis Aragon lorsqu’il passera par là quelques jours plus tard, en tant que médecin auxiliaire d’une division motorisée. Sans pour autant lui suffire à décrire l’horreur : « J’ai cherché partout une image, dans les deux sens du terme, une chose peinte ou une métaphore, ne serait-ce qu’une métaphore pour vous parler de Dunkerque : orange éclatée, plomb fondu, hallali noir, piège de tonnerre et…

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