L'actrice qui incarne l'ado de Lady Bird n'a plus 18 ans depuis longtemps. Mais d'après certains scientifiques, elle est encore adolescente.

par   Clara Lalanne   | 13 min | 16/02/2018

La scène est familière. Un beau jour de printemps, le calme d’une terrasse de café. Un garçon aux cheveux mi-longs, cigarette roulée pincée entre les lèvres, plongé dans les pages d’un livre d’histoire. La serveuse s’approche, maladroite. Ses cheveux rabattus derrière les oreilles, dont la teinture rouge a fané, encadrent un visage pâle aux joues grêlées d’acné, flanqué de grands yeux bleus alertes. Avec sa veste à carreaux trop grande pour elle, on lui trouve de faux airs de Kurt Cobain. C’est justement de musique qu’elle lui parle. Elle a entendu beaucoup de bien de son groupe. Ignorant le compliment, le garçon l’invite à venir les voir jouer le soir dans un bar. La fille esquisse un sourire. Son patron les interrompt. « Eh, je te paye pas pour flirter », lance-t-il depuis l’encadrement de la porte. Agacée, elle soupire et réplique qu’elle ne flirtait pas. « J’aurais bien aimé », remarque le garçon avant de retourner à son livre. Le visage de la serveuse s’illumine.

Sortie le 28 février

Ce visage, c’est celui de « Lady Bird », et la scène est tirée du film du même nom qui sortira le 28 février prochain dans les salles. Pour son premier long-métrage en solitaire, sa réalisatrice, Greta Gerwig – égérie du cinéma indépendant américain notamment vue dans  Greenberg  et Frances Ha —, voulait rendre hommage à ses teenage years, cette période de la vie engoncée entre l’enfance et l’âge adulte qu’on appelle chez nous l’adolescence. Son personnage, Christine « Lady Bird » McPherson, est en dernière année de lycée et se demande ce que sera sa vie future. Le point de départ classique de nombreux récits d’adolescence. Pourtant, l’actrice qui l’incarne, Saoirse Ronan, fêtera ses 24 ans en avril prochain. Étonnant ? Pas le moins du monde pour Gerwig, qui la trouve en tout point parfaite pour incarner son héroïne adolescente. Et la science pourrait bien lui donner raison.

Le 17 janvier dernier, la prestigieuse revue médicale The Lancet publiait « L’Âge de l’adolescence », une étude australienne dirigée par le Pr Susan Sawyer. Cette publication scientifique aurait pu rester confidentielle, mais en l’espace de quelques jours, elle a été reprise par les médias du monde entier, résumant son contenu en une phrase accrocheuse : « D’après les scientifiques, l’adolescence s’étendrait de 10 à 24 ans. » Mais si les recherches de la pédiatre respiratoire, directrice d’une chaire sur la santé des adolescents au sein de l’université de Melbourne, ont défrayé la chronique en début d’année, cela fait plus de trente ans que la scientifique a l’intuition qu’on fait fausse route dans le domaine.

L’âge de l’adolescence

Tout commence plus exactement en 1985, dans l’État de Victoria, au sud-est de l’Australie. Fraîchement diplômée de médecine, Susan Sawyer intègre le Royal Children’s Hospital de Melbourne comme interne en pédiatrie. Dans cette institution prestigieuse, bâtie au milieu des étendues verdoyantes du Royal Park de la deuxième ville du pays, Sawyer travaille chaque jour auprès d’enfants en bas âge, et se découvre un intérêt particulier pour la pédiatrie respiratoire. Six ans plus tard, en 1991, c’est en qualité de spécialiste qu’elle prend en charge des jeunes atteints de mucoviscidose, une grave maladie pulmonaire.

Ces adolescents, avec lesquels elle n’a pas l’habitude de travailler, la déstabilisent avec leurs questions et leur intarissable curiosité. Personne ne l’a formée pour répondre à leurs besoins spécifiques, souvent en rapport avec des interrogations de santé mentale et sexuelle. À la frontière de l’enfance et de l’âge adulte, ces jeunes ne rentrent dans aucune des cases prévues par les services de soins, et malgré les avancées de la médecine pour enfants, rien n’a encore été développé pour eux. À cette époque, le Centre pour la santé des adolescents de l’hôpital en est à ses balbutiements.

Susan Sawyer

Après avoir œuvré des années pour son développement, Susan Sawyer en a aujourd’hui pris la direction. Présidente de l’Association internationale pour la santé des adolescents depuis 2017, elle est une des femmes à avoir le plus contribué à l’étude de la santé adolescente dans la région Asie-Pacifique. L’OMS et l’UNICEF l’ont également engagée comme consultante pour son expertise dans ce domaine. En 2016, avec d’autres chercheurs, elle publie dans The Lancet une première étude, dont les conclusions suggèrent d’étendre les bornes de l’adolescence – aujourd’hui fixées entre 10 et 19 ans. Cependant, malgré son autorité dans le domaine, la chercheuse essuie de nombreuses critiques. « Elles contestaient d’une part le fait que des enfants de 10 ans puissent déjà être adolescents, tout en considérant que des jeunes de 18 ans sont déjà pleinement matures », explique-t-elle.

Cela ne fait cependant aucun doute à ses yeux : notre perception de l’adolescence doit évoluer. C’est la raison pour laquelle le Pr Sawyer reprend cette idée deux ans plus tard dans « The Age of Adolescence », une étude plus approfondie sur le sujet, aux conclusions semblables. Cette fois pourtant, son étude est lue plus de 26 000 fois en l’espace de dix jours. « Stupéfaite et abasourdie », écrit la chercheuse sur Twitter. Cette médiatisation inattendue lui a permis de réaliser que la question passionne les gens – même s’ils négligent souvent la dimension scientifique de son étude.

Sawyer et son équipe veulent démontrer que l’adolescence n’est pas simplement une construction sociale, mais également une condition biologique. Le champ des neurosciences s’est incroyablement développé depuis une vingtaine d’années, et l’on sait désormais de source sûre que le cerveau continue d’évoluer après la puberté. Cet organe à la plasticité surprenante n’atteint sa maturité qu’autour de 25 ans, et c’est le cortex préfrontal, qui gère la prise de décision et la rationalité, qui se stabilise en dernier. Tout laisse donc penser aux scientifiques que le système limbique, le « cerveau émotionnel » de l’homme, continue de jouer un rôle dominant encore quelques années après la fin de la puberté.

La publication de « L’Âge de l’adolescence » ne vient cependant que confirmer ce que d’autres scientifiques avaient entrevu il y a trois décennies. En 1989, à Bethesda, dans le Maryland, l’Institut national de la santé mentale finance la première grande étude sur le développement du cerveau chez les adolescents. Elle est dirigée par le psychiatre Jay Giedd, considéré à l’époque comme un pionnier de l’imagerie médicale. Il sera aussi l’un des premiers chercheurs à suivre l’évolution de l’activité cérébrale dans le temps grâce à la technique de l’IRM. De l’enfance jusqu’à la fin de leur puberté, ce sont environ 2 000 enfants qui sont régulièrement examinés pendant plus de 15 ans par l’équipe de recherche. Très vite, il réalise pourtant que son étude ne va pas assez loin. « Quel étonnement pour nous de voir que des changements cérébraux survenaient encore bien au-delà de 18 ans ! » se souvient le Dr Giedd. Leur découverte est révolutionnaire : la neuroplasticité se poursuit bien après la puberté, même au cours de la vingtaine.

Si cette idée a resurgi bien des années plus tard, c’est pour une raison simple : la société a changé elle aussi. L’étude du Pr Sawyer vient en quelque sorte confirmer des changements socio-économiques et culturels extrêmement visibles ces dernières années. En France, on a vu l’âge du premier enfant passer de 24 à 30,6 ans en l’espace de 40 ans. 57 % des Français entre 18 et 24 ans vivent encore à leur domicile familial aujourd’hui ; et il n’y a même pas 10 % des moins de 30 ans qui sont propriétaires de leur logement. La fin des études, l’entrée dans la vie active, l’achat d’un domicile, le mariage ou la naissance d’un enfant – que l’on appelle parfois les « 5 jalons » de la vie adulte – ont perdu de leur sens, et ils sont de plus en plus repoussés. « Une définition élargie et plus inclusive de l’adolescence est essentielle », affirme Susan Sawyer. Mais avant cela, il est nécessaire pour comprendre le problème de revenir à ses origines.

Adulescentia

Le jour de son douzième anniversaire, son précepteur a décidé qu’Émile avait atteint l’âge idéal pour débuter son éducation en bonne et due forme. Dans une maison de l’Europe bourgeoise, il a commencé par lui enseigner l’algèbre et la lecture, afin de structurer sa réflexion. Trois plus tard, ayant gagné en maturité, Émile poursuivrait avec l’apprentissage des langues, de l’histoire, mais aussi de la raison et de la morale. C’est ainsi qu’à l’âge de 18 ans, le précepteur aurait formé un jeune homme mature et réfléchi, prêt à débuter sa vie dans la société du Siècle des lumières.

Ce premier portrait de l’adolescence a été dépeint par l’écrivain Jean-Jacques Rousseau en 1762, dans son essai Émile ou De l’éducation. Dans ce célèbre manifeste de pédagogie, le philosophe est un des premiers à décrire la préoccupation nouvelle des familles privilégiées pour l’éducation de leurs enfants. Alors que l’Ancien Régime touche à sa fin, les intellectuels diffusent de plus en plus l’idée qu’un enseignement intellectuel permettra de faire des adolescents de meilleurs adultes. Toutefois, comme le rappelle David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg, « l’adolescence demeure une question de place sociale privilégiée ». S’il avait vécu dans une famille ouvrière, Émile aurait sans doute été contraint de travailler dans une manufacture d’État, plutôt que de philosopher avec son sage professeur. « L’adolescence attise la nostalgie des classes d’âges les plus âgées », explique le sociologue. Pour cette raison, c’est une phase de la vie fascine depuis longtemps. Mais pas tant qu’on pourrait le croire.

Au Ve siècle av. J.-C., la puissance de Sparte est à son apogée, et la Cité-État est célèbre dans toute la Grèce pour ses guerriers hors normes et leur discipline redoutable. Dans cette région montagneuse du sud du Péloponnèse, l’enfance et la puberté sont en effet consacrées à un rigoureux apprentissage de l’art de la guerre. Alors qu’ils n’ont pas encore 10 ans, les jeunes garçons font leurs adieux à leur famille, qui accompagne leur départ du laconisme : « Reviens victorieux avec ton bouclier, ou mort sur lui. » Les jeunes gens sont alors envoyés dans des camps bâtis en pleine nature, pour y suivre une éducation stricte et intensive durant de longues années.

S’il existe bien une transition vers l’âge adulte, avec des formes d’éducation et des rites de passage, l’adolescence telle qu’on la connaît aujourd’hui n’existe pas pendant l’Antiquité. Le terme adulescentia, « jeunesse », sera inventé des siècles plus tard sous l’Empire romain. Mais il désigne encore une autre réalité. L’adulescentia correspond en effet à la période où les jeunes adultes ne sont pas encore chefs de famille ; elle peut ainsi s’étendre jusqu’à 30 ou 40 ans.

Son sens moderne, modelé par Rousseau, ensorcelle les Romantiques et trouve sa forme actuelle sous les plumes de Baudelaire et Rimbaud. Puis  s’abîme dans un relatif oubli jusqu’à l’année 1904, où l’étude du psychologue G. Stanley Hall, sobrement intitulée « Adolescence », donne au terme une aura plus scientifique que littéraire. Considéré comme le père de la psychologie américaine, Hall y décrit une période de « tumulte et de stress » en s’inspirant de sa propre expérience d’adolescent rebelle. Il est un des premiers à s’intéresser cliniquement aux bouleversements psychologiques que connaissent les jeunes à cet âge, et à leurs difficultés à s’adapter au monde des adultes. À l’aube d’un nouveau siècle, il s’appuie également sur les changements sociaux que traversent les États-Unis, comme les débuts de la scolarisation obligatoire. « Économiquement, nous avons été capables de libérer une partie de la société du fardeau du travail : c’est ce qui a créé la condition pour les années d’adolescence », abonde le sociologue britannique Frank Furedi.

Au début des années 2000, la notion d’adolescence a subi de profondes métamorphoses.

Après la Seconde Guerre mondiale, c’est une véritable classe d’âge qui se forme, partageant les mêmes codes et la même culture – souvent importée des États-Unis. Toutefois, dans les années 1990, de nouveaux changements commencent à se faire sentir. Jeffrey Jensen Arnett, professeur de psychologie à l’université du Missouri, le perçoit le premier chez ses étudiants. Pour mieux comprendre le phénomène à l’œuvre, il lance une vaste investigation dans plusieurs grandes villes américaines, interrogeant plus de 500 jeunes sur la perception qu’ils ont de leur âge. De Jefferson City à San Francisco, 60 % d’entre eux lui confient qu’ils se sentent dans un entre-deux : plus adolescents, mais pas non plus tout à fait adultes. Suite à ce travail, il publiera une étude marquante dans la revue American Psychologist en 2000, parlant pour la première fois des « adultes émergents ».

On réalise au début des années 2000 que la notion d’adolescence a subi de profondes métamorphoses. « Elle a explosé en amont et en aval, avec l’émergence de la préadolescence et celle des éternels ados », raconte David Le Breton. Ces bouleversements ont progressivement vidé de son sens l’acception de l’adolescence du XXe siècle, et poussé des scientifiques comme Susan Sawyer à essayer de le reconnecter avec la réalité. Mais ce n’est pas pour autant que le Pr Sawyer et ses pairs font l’unanimité au sein de la communauté scientifique.

Les adultes émergents

Dans le centre de Londres en 1920, un bâtiment en brique de Tavistock Square accueille le premier centre de thérapie psychanalytique du pays, baptisé Tavistock Clinic. Institution pionnière dans son domaine, elle s’est aujourd’hui déplacée dans une clinique moderne du nord de Londres mais n’a rien perdu de son côté novateur. La psychologue britannique Laverne Antrobus y travaille depuis plus de vingt ans au contact des adolescents. À la Tavistock Clinic, il n’a jamais été question de les transférer dans le service de soins adultes une fois qu’ils ont soufflé leurs dix-huit bougies. « Nous avons toujours eu un service pour adolescents travaillant avec des jeunes jusqu’à 25 ans », explique-t-elle. « Sans quoi ils ont souvent l’impression que les services pour adultes ne répondent pas à leurs besoins. »

Laverne Antrobus
Crédits : Tavistock Clinic

Au contact quotidien de ses jeunes patients, Antrobus a pris conscience de tous les bénéfices que pouvait apporter un encadrement spécifique et prolongé. Selon elle, un véritable changement dans les mentalités est en train de se produire au Royaume-Uni. « Nous avons un programme appelé EHCP qui soutient les enfants jusqu’à 24/25 ans, et il a cimenté un véritable changement dans nos pratiques ». Depuis quatre ans, il offre des aides plus importantes aux adolescents atteints de troubles comportementaux, psychiques ou de l’apprentissage, et a permis de renforcer la formation des psychologues dans le domaine.

C’est cette même conviction qui animait Susan Sawyer quand elle a rédigé « L’Âge de l’adolescence ». Grâce à son expérience auprès des adolescents de Melbourne, la chercheuse a compris que des vulnérabilités persistaient chez les adolescents bien après 18 ans. Ses recherches plaident pour que la société les prenne davantage en compte, en particulier sur le plan de l’encadrement médical. 75 % des maladies mentales émergent en effet au cours la vingtaine, et peu de centres médicaux sont pourtant armés pour affronter cette période critique. Ce manque d’action pourrait avoir un impact triplement négatif : sur les adolescents d’aujourd’hui, sur les jeunes adultes qu’ils deviendront, et sur les enfants qu’ils sont susceptibles d’avoir plus tard.

Toutefois, les conclusions de Sawyer ne font pas l’unanimité au sein des spécialistes de l’adolescence. Pour Frank Furedi, sociologue à l’université du Kent, ce type d’étude pourrait même tendre à renforcer la dépendance des jeunes adultes, comme une prophétie auto-réalisatrice. Depuis plus de vingt ans, il interroge ses étudiants de première année à chaque nouvelle rentrée, et raconte que la proportion d’entre eux à se percevoir comme de jeunes adultes a diminué de manière dramatique à ses yeux. « C’est l’exact opposé de la façon dont on se voyait à mon époque lorsqu’on entrait à l’université. »

En 1965, alors qu’il intègre l’université McGill à Montréal, Frank Furedi et la plupart de ses camarades ont déjà pris leur indépendance vis-à-vis de leur foyer. Pour sa part, il n’a que 17 ans. « À l’époque, la vie n’était pas particulièrement facile. Nous n’avions pas spécialement d’argent, on devait travailler dur et étudier. Mais on préférait ça que rester à la maison », se remémore-t-il. Selon lui, ce changement notable de perception chez les jeunes d’aujourd’hui s’explique par un renversement de l’image de l’âge adulte. « Être cool, c’est être jeune », dit-il. Le sociologue estime que l’âge adulte, l’âge des responsabilités, est aujourd’hui strictement associé à des valeurs négatives, ce qui effraie de plus en plus les jeunes.

Mais le Pr Furedi n’est pas le seul à remettre en question la proposition de Sawyer. David Le Breton se désole de son côté qu’on confonde adolescence et puberté. Pour lui, l’adolescence est avant tout un sentiment, qu’il serait douteux de considérer comme un simple accomplissement biologique. « La plasticité du cerveau dure toute la vie », fait-il remarquer, « et c’est pour cette raison qu’on ne peut pas donner un âge précis à l’adolescence. » D’autres scientifiques reprochent également à l’étude du Pr Sawyer de vouloir rendre universel un problème qui concerne avant tout les classes supérieures de pays industrialisés. Frank Furedi, qui a eu l’occasion d’enseigner en Amérique latine, en Chine ou encore en Europe centrale, argue que l’adolescence ne peut décemment recouvrir une définition unique. En Afrique et en Asie, en particulier, il explique que les adolescents sont considérés beaucoup plus tôt comme des adultes.

Saoirse Ronan dans le rôle de Lady Bird
Crédits : Universal Pictures

Mais si les adolescents de Melbourne ne sont pas tous les adolescents du monde, ils sont malgré tout comparables à quantité d’adolescents européens, africains, asiatiques, nord et sud-américains – et Susan Sawyer ne peut pas fermer les yeux sur leurs vulnérabilités. Et le fait que son étude ait interpellé les gens est déjà une grande victoire. « Notre travail a amené les gens à s’arrêter, réfléchir et à ouvrir un débat que la plupart n’avaient pas encore engagé », se réjouit-elle. Débat qui pourrait être porté jusqu’aux Oscars grâce au visage lumineux de Lady Bird, personnage de parfaite adolescente dont l’actrice fêtera bientôt ses 24 ans.


Couverture : Saoirse Ronan dans le rôle de Lady Bird. (Universal Pictures)


 

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