Depuis l'été dernier, des clowns sinistres apparaissent aux États-Unis et jusqu'en Suède, où ils terrorisent la population. Ce phénomène a des racines profondes. (Partie 2)

par Justine Frayssinet | 14 min | 03/11/2016

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Pierrot le tueur

Au commencement était le clown triste. Dans les premières années du XIXe siècle, le comédien anglais Joseph Grimaldi fut le premier pantomime à tracer les contours du clown moderne. Il était extraordinairement populaire et l’on raconte qu’un huitième de la population de Londres est venue assister à ses frasques. Grimaldi portait des costumes colorés et son visage était peint en blanc, avec de gros ronds rouges sur les joues. Mais hors des projecteurs, il était triste comme les pierres. Élevé par un père tyrannique, il avait des tendances dépressives ; sa première femme est morte en couches ; son fils était alcoolique, il est mort à l’âge de 31 ans ; et les cascades qui amusaient tant son public le laissaient perclus de douleurs. « Je suis triste toute la journée, mais je vous fais rire le soir », avait-il l’habitude d’ironiser. Pourtant, Grimaldi avait beau être triste, il n’effrayait personne. C’est en France qu’est né le premier véritable clown tueur.

La légende morbide qui plane sur le personnage du clown ne date pas de Stephen King. L’histoire débute au début du XIXe siècle. Jean-Gaspard Deburau était un mime célèbre. Il a créé le personnage de Pierrot, le clown qui a précédé tous les autres : le noble Pierrot, le Pierrot lunaire et le Pierrot tragique. Deburau a très vite joui d’une grande notoriété et attirait un public varié. Tantôt bourgeois, tantôt modestes, ses spectateurs étaient tous admiratifs de son travail et de son personnage. Jusqu’à ce jour tragique de 1836.

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Une illustration de Jean-Gaspard Deburau

C’était un lundi ensoleillé d’avril et Deburau se promenait avec sa femme et ses deux enfants dans la grande rue de Bagnolet. Un jeune homme qu’ils ne connaissaient pas s’est mis à importuner le couple, criant des insanités à la femme de Deburau. Il a fini par « insulter » le mime, utilisant le nom de son célèbre personnage comme une insulte : « Voilà Pierrot, mauvais sauteur de corde ; voilà Pierrot avec sa margot ; Arlequin avec son Arlequine ! » Exaspéré par ces vociférations, Deburau s’est approché du gamin pour lui demander la raison de ces insultes. Il portait « un bâton noueux en bois d’épine », comme le rapporte un journal de l’époque. Cela n’a pas effrayé le garçon, qui l’a insulté de plus belle : « Viens, mauvais paillasse ! Viens donc ici, mauvais acteur ! » N’y tenant plus, le clown lui a asséné un violent coup sur le côté du crâne qui l’a étendu au sol. Le jeune homme aurait tenté de se relever, serait tombé à nouveau, puis se serait traîné à quelques pas de là sur un tas de pierres, avant de perdre connaissance. Il est mort le surlendemain à l’hôpital où on l’a évacué.

Son biographe a écrit plus tard que lorsque le comédien revêtait le costume de son personnage, il n’était plus que frustration et colère. En représentation, Deburau se mettait en scène avec des objets qu’il n’avait pas le droit de prendre au sérieux : des lames de rasoir et des tessons de bouteille. Loin de chérir sa notoriété, elle avait rendu Jean-Gaspard Deburau acerbe, empli de haine et de rancœurs, mais surtout malheureux et dépressif. Cette bagarre à l’issue tragique n’a rien arrangé. Deburau a été acquitté du meurtre mais ne s’en est jamais remis. Sa victime l’avait injurié en le confondant volontairement avec sa création.

L’archétype du clown triste et dangereux est en partie inspirée de ces deux histoires. Vite absorbé par la culture populaire, son origine est aujourd’hui trouble et multiple. Certains la situent par exemple dans une nouvelle d’Edgar Poe de 1846. Intitulée Hop-Frog, elle raconte l’histoire du nain du même nom, qui a été enlevé dans son pays natal pour devenir le bouffon du roi. Il finira par se venger du souverain et de sa cour en les brûlant vifs lors d’un bal masqué. Ce fragment d’origine rapproche le clown des bouffons à la cour et d’Arlequin, des personnages hauts en couleurs amateurs de mauvaises blagues. En 1892, dans l’opéra italien Pagliacci, Ruggero Leoncavallo mettait en scène un clown qui tue sa femme sur scène, baptisé Taddeo. Et dans L’Ultime razzia, sorti en 1956, Stanley Kubrick utilise lui aussi le masque du clown pour camoufler le visage de Johnny Clay, un truand tout juste sorti de prison qui organise un casse pour se renflouer.

Le mythe du clown meurtrier s’est cependant étoffé dans les années 1970, à la suite d’une série de faits divers qui ont diabolisé le personnage et sa perception.

John Wayne Gacy porte un coup fatal à l’image enfantine et innocente traditionnellement attribuée aux clowns. En 1978, cet homme d’affaires respecté et père de famille, vivant à Chicago, a été arrêté et inculpé pour le viol et le meurtre de 33 jeunes hommes. Après une enquête sordide, Gacy s’est révélé être un individu profondément torturé. 26 corps ont été retrouvés, ligotés et enterrés sous le domicile de Gacy à Chicago. Trois autres étaient enterrés dans sa propriété. Les cadavres de ses quatre dernières victimes ont été repêchés dans la rivière Des Plaines, tout près de chez lui. Il est possible qu’il ait commis de nombreux autres crimes, en voie d’être élucidés.

Le portrait que la police de Chicago est parvenue à dresser du tueur en série différait totalement de la description qu’en faisaient la majeure partie de ses proches et de ses voisins. Côté pile, Gacy était un self-made-man. Un entrepreneur généreux et altruiste, qui n’hésitait pas à embaucher des jeunes désorientés ou marginalisés pour les faire travailler dans ses restaurants. Républicain convaincu et militant, il revêtait régulièrement son costume de « Pogo le clown » pour récolter des fonds pour le parti, divertir les enfants malades dans les hôpitaux de la ville ou animer des goûters d’anniversaire.

Jason Moran se consacre à l'identification des victimes de Gacy
John Wayne Gacy et Pogo le clown

Côté face, la personnalité de Gacy était infiniment plus sombre. Avant qu’il soit reconnu coupables de ces meurtres, d’autres accusations s’accumulaient déjà contre lui. À tout juste 17 ans, alors qu’il travaillait comme concierge dans un salon funéraire, il a été licencié après qu’on lui a attribué des actes de nécrophilie. Son employeur n’a pas signalé à la police le profil déséquilibré du jeune homme.

Quelques années plus tard, alors qu’il s’était forgé une réputation de citoyen modèle, Gacy cachait un autre secret. Il refoulait son homosexualité depuis l’adolescence. Marié, il s’est caché de nombreuses années derrière une vie de famille bien rangée. En 1968, il a été accusé de tentatives de viol sur plusieurs de ses employés adolescents, pour lesquelles il a été condamné à dix ans de prison. Fin manipulateur, il aurait réussi à remettre en cause sa condamnation auprès du personnel pénitentiaire. 18 mois après son incarcération, il a obtenu une remise de peine exceptionnelle et a été remis en liberté conditionnelle.

Ce moment de la vie de Gacy a été décisif dans la construction de sa logique criminelle. En 1970, fraîchement libéré, il fonde une société de construction qui lui permet de proposer des petits boulots aux jeunes de son quartier. Il commet son premier meurtre en 1972, dont le mode opératoire a inspiré ceux qui ont suivi. Gacy avait pour habitude de choisir sa proie parmi ses employés, de la menotter et d’abuser d’elle avant de la tuer. Il cherchait ensuite à se débarrasser du corps. Des années durant, l’homme, qui s’était construit une image de citoyen altruiste, repenti et impliqué dans sa communauté, a continué son épopée sanglante sans être soupçonné par son entourage.

En prison, Gacy a apporté la touche finale à sa réputation d’abominable tueur en série. Il a commencé à peindre des portraits de Blanche-Neige, de Bambi, des Sept Nains et, bien évidemment, de clowns. Auréolé d’une réputation sordide, Gacy a reçu en prison des milliers de portraits d’Américains, désireux d’être représentés en clown-tueur signé de la main de John Wayne Gacy.

Cette fascination morbide pour Gacy, aux États-Unis puis dans de nombreux autres pays, n’a fait qu’ancrer davantage la peur du clown dans l’inconscient collectif. Par la suite, de nombreux romans, films et séries ont exploité cette peur, mettant en scène des personnages de clowns meurtriers, sadiques ou mentalement instables. Après Ça, les références ne manquent pas.

Gacy, sa vie, ses meurtres et ses tableaux continuent de fasciner
Quelques-uns des tableaux de Gacy

Ils sont revenus

En 1986, Stephen King, maître incontesté du roman d’horreur, a levé le voile sur une génération d’adultes qui traînaient de vieilles angoisses d’enfants. L’histoire de John Wayne Gacy a donné des idées à l’auteur. À l’origine, il voulait aborder l’enfance, un thème central de son œuvre. Il a d’abord pensé à l’histoire d’un troll qui aurait élu refuge dans les égouts d’une petite ville et referait surface à l’occasion pour terroriser ses habitants. Puis il s’est souvenu de la bibliothèque dans laquelle il passait du temps lorsqu’il était enfant. Pour King, le couloir qui reliait la section des adultes et celle des enfants matérialisait un chemin, un passage : celui de l’enfance à la vie d’adulte. Mais ses hypothèses lui paraissaient toutes bancales.

En 1981, Stephen King a enfin trouvé le bon bout. Il a imaginé le personnage de Ça et commencé à écrire son histoire. Dans le roman, la narration porte sur une bande de sept amis et se divise en deux époques : leur enfance et leur vie d’adulte. Dans les deux périodes, ils sont hantés par un personnage énigmatique qu’ils baptisent Ça. Durant l’enfance, Ça est un monstre à plusieurs visages, qui prend d’abord l’apparence des peurs secrètes de chacun (un père violent, une mère étouffante ou un loup-garou) avant de finalement converger en un clown d’apparence classique mais à la personnalité sadique et torturée. On en revient au principe de base de la phobie : elle peut se matérialiser de différentes manières et croît sur un terrain fertile.

Mais les livres de Stephen King sont largement considérés comme des « romans d’horreur » et donc cantonnés à des lecteurs adultes. Même si la notoriété de Ça n’était plus à faire, le téléfilm adapté du roman a fait découvrir l’histoire à un nouveau public : les enfants. Réalisée par Tommy Lee Wallace et diffusée pour la première fois aux États-Unis en 1990, l’adaptation conserve la trame initiale de l’histoire. Cependant, certaines étapes de la narration du roman ont été supprimées, modifiées ou atténuées pour rendre le téléfilm visible par tous les publics.

it-cover1Le clown sanguinaire, Grippe-Sou, est interprété par Tim Curry. Le visage grimé de peinture blanche, le crâne dégarni et parsemé d’horribles touffes de cheveux rouges, le tout emballé dans une salopette d’arlequin : le personnage est archétypal au possible mais efficace.

« J’ai choisi de laisser à Grippe-Sou un visage traditionnel de clown, comme ceux qu’on montre habituellement aux enfants, justement parce qu’ils aiment les clowns autant qu’ils les craignent », expliquait Stephen King à la sortie de son roman. « Les clowns, avec leurs visages blancs et leurs lèvres rouges, sont très différents et tellement grotesques comparés aux “personnes normales”. Amenez un jeune enfant au cirque et montrez-lui un clown, il sera plus enclin à avoir peur plutôt qu’à rire. »

Diffusés par la chaîne ABC les 18 et 20 novembre 1990, les deux épisodes ont été vus par près de 20 millions de téléspectateurs.

À partir de là, la figure du clown tueur a été largement reprise au cinéma et dans les séries. La culture pop regorge de clowns psychopathes et bien souvent misanthropes, sanguinaires, sadiques, et déséquilibrés. Les personnages ne désignent pas toujours expressément le personnage du clown, mais les caractéristiques physiques sont là, comme pour le personnage du joker, qu’il s’agisse de celui de Jack Nicholson en 1989, de Heith Ledger en 2008 dans Batman ou de Jared Leto en 2016, dans Suicide Squad. Ils participent tous à la perpétuation de la figure du clown désaxé dans l’imaginaire du public.

Un remake de Ça est actuellement sur les rails. Il sera réalisé par le réalisateur argentin Andrès Muschietti. Dans le rôle du futur Grippe-Sou, Bill Skarsgård, un Suédois de 25 ans né l’année de la première diffusion du téléfilm.

Le film racontera la première partie de l’histoire du club des losers : leur enfance et le début de l’intrigue. Une batterie de jeunes acteurs bankable composent le casting, dont Finn Wolfhard, qui a joué dans la première saison de la série Stranger Things. Jaeden Lieberher, aperçu dans Midnight Special, joue le rôle du meneur de la bande, Bill. Le tournage s’est déroulé cet été près de Toronto, au Canada. Le 19 octobre dernier, la productrice Barbara Mus a annoncé qu’il était terminé. Sa sortie en France est prévue pour le 20 septembre 2017.

Tout au long du tournage, les acteurs se sont amusés à distiller des photos et vidéos sur Instagram. L’une d’entre elles laisse deviner une scène-clé du roman : la première rencontre entre un membre du club des losers et Ça, grimé en sans-abri atteint de la lèpre.

Les réalisateurs de Stranger Things, Matt et Ross Duffer, ont expliqué lors d’une interview donnée au Hollywood Reporter qu’il y a quelques années, ils avaient songé à adapter eux-mêmes le roman de Stephen King. C’est peut-être une façon pour eux de se positionner pour la seconde partie de cette adaptation, dont le casting n’a pas encore été révélé mais qui serait déjà sur les rails.

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Les temps sont durs pour les clowns bienveillants. La chaîne de restaurants McDonald’s a annoncé qu’elle mettait Ronald, sa mascotte, au placard pour quelques temps. « McDonald’s et ses franchisés sont soucieux du climat qui entoure ces apparitions de clowns », a confié le 11 octobre dernier une porte-parole de la chaîne au site de Fox News. « C’est la raison pour laquelle la participation de Ronald McDonald à des événements locaux se fera discrète pendant quelques temps. »

Le compte Twitter @ClownsSightings recense pour sa part toutes les apparitions du genre en publiant des photos et vidéos qui cherchent à prouver la véracité des faits. Il compte aujourd’hui près de 340 000 abonnés.

Les adeptes des conspirations ne se sont pas privés de donner leur avis sur le phénomène et d’y aller de leurs théories, pour tenter d’expliquer les faits. Ils ont notamment émis l’hypothèse que Stephen King, créateur de Grippe-Sou, pourrait être l’instigateur d’une stratégie de marketing virale pour promouvoir la sortie du film Ça… dans un an. Les choses se sont emballées à tel point que l’auteur a préconisé aux gens sur Twitter de ne pas prendre ces histoires de clowns sanguinaires trop au sérieux.

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« Hey, les amis, il serait temps de se calmer avec l’hystérie des clowns : la plupart d’entre eux sont super, ils réconfortent les enfants et font rire les gens. »

C’est ensuite le réalisateur de films d’horreur et chanteur de metal Rob Zombie qui a été soupçonné de fomenter ces apparitions. Son prochain film d’horreur, 31, met en scène une bande de clowns sanguinaires. Il est sorti en septembre dernier sur les écrans américains, d’où les suspicions qui pesaient sur lui – d’autant des personnages de clowns tueurs parsèment la filmographie du cinéaste. La société de production, Saban Films, a été obligée de nier ces allégations dans un communiqué. « Notre entreprise et le film 31 ne sont liés d’aucune manière aux apparitions de clowns effrayants et d’individus déguisés aperçus rôdant dans plusieurs États du Sud. »

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Tandis que le générique de fin défile enfin, après un dénouement qui me laisse perplexe, je réalise deux choses. Premièrement, je ne suis pas coulrophobe. Je ne serai pas été hantée par d’affreux cauchemars cette nuit. Je ne ressentirai pas le besoin de me retourner une dizaine de fois en traversant le couloir sombre qui mène à ma chambre. Je ne passerai pas le reste de la nuit à regarder des vidéos douteuses sur YouTube, exposant par A + B le danger que représentent les clowns.

Ensuite, il m’apparaît que le film ne tournait pas vraiment autour de la peur des clowns sanguinaires. Son véritable sujet, c’est le passage de l’enfance à l’âge adulte. Les angoisses irrationnelles et irrésolues de l’enfance sont les futures obsessions et les phobies de l’âge adulte. Le terrain phobogène. Le clown symbolise un pont, qu’il est essentiel mais parfois difficile de franchir. D’autres peurs sont également matérialisées dans le film : celle du noir, du père, des loups-garous. Il y est également question de loyauté, d’indifférence et d’amitié.

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Tim Curry dans la peau de Grippe-Sou
Crédit : ABC

Les spectres qui hantent les enfances des uns ne font parfois même pas ciller les autres. En témoigne l’incroyable décontraction de mon frère, qui me balance, du tac au tac : « Tu as eu peur, toi ? »

« Le concept des clowns maléfiques et l’hostilité qu’il induit est un phénomène culturel qui transcende la phobie », estime Joseph Durwin, de l’université Trinity de San Antonio, au Texas. Je n’ai peut-être pas eu peur de Ça, je ne suis peut-être pas coulrophobe, mais il n’empêche que les clowns, ça fait peur.


Couverture : Une apparition de clown sinistre aux États-Unis. (DR)


SUR LES TRACES DU CLOWN TUEUR

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Certaines victimes du tueur en série John Wayne Gacy, dit le « clown tueur », sont encore non-identifiées. L’inspecteur Moran a pour mission d’élucider ces mystères.

Un jour d’automne 2010 dans la banlieue de Chicago, un inspecteur du nom de Jason Moran s’est retrouvé à éplucher les affaires non résolues du comté de Cook, entassées dans une réserve éclairée au néon. Moran, 38 ans, a le teint pâle et l’apparence bien lisse d’un banquier. Cela faisait déjà sept ans qu’il travaillait en tant qu’inspecteur pour le bureau du shérif. Il s’était spécialisé dans les personnes disparues et les affaires d’homicides. S’il s’était retrouvé là, c’est parce que son supérieur, le shérif Tom Dart, lui en avait donné l’ordre. Il voulait que Moran trouve et rouvre des affaires qui pourraient potentiellement être résolues. Alors que l’inspecteur passait en revue les vingt-cinq armoires de dossiers couleur crème, une note griffonnée sur l’une d’elles a retenu son attention. On pouvait lire : « Gacy 1978 ».

Moran vient du sud-est de Chicago, et comme tous ceux qui ont grandi dans cette ville à la fin du XXe siècle, il connaissait les grandes lignes de l’affaire John Wayne Gacy. Gacy était un homme d’affaires bien en chair et affable qui aimait se déguiser en clown à ses heures perdues. Mais il y a trente-cinq ans, il a été inculpé pour le meurtre de trente-trois personnes. Il a été exécuté en 1994 pour ces crimes, bien que certaines théories donnent à penser qu’il aurait fait plus de victimes.

Gacy a assassiné au moins trentre-trois personnesCrédits : Police de l'Illinois
Gacy a assassiné au moins 33 personnes
Crédits : Police de l’Illinois

Ces dernières étaient toutes de jeunes hommes blancs. Plusieurs d’entre eux étaient gays, d’autres travaillaient pour sa société de construction. Il a aspergé la plupart de ses victimes d’acide et de chaux et les a enterrées dans un vide sanitaire rempli de boue et de gravier situé juste en dessous de son ranch de brique, à quelques kilomètres de l’aéroport international O’Hare. Gacy est devenu le « clown tueur », l’un des tueurs en série les plus effroyables d’Amérique – un tueur brutal et terriblement prolifique.

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