Cette étude analyse les facteurs qui conduisent à la richesse, et le talent n’y est pour rien

par   Malaurie Chokoualé   | 12/03/2018
Photo : Peterson Institute for International Economics
Crédits : Peterson Institute for International Economics

Andrea Rapisarda, Alessandro Pluchino et Alessio E. Biondo sont trois chercheurs italiens de l’université de Catane, en Sicile, et ils se sont penchés sur cette place qu’occupe le hasard dans la réussite. Après des expérimentations sur un nouveau modèle informatique de simulation de richesse, le résultat est contre-intuitif et quantifie ce qui n’avait jamais été quantifié : le hasard, plus que le talent, a bel et bien son mot à dire, concluent-ils dans leur étude.

Les chercheurs sont tout d’abord partis de la question suivante : « Si le talent, l’intelligence, la volonté de travailler et d’autres facteurs qui aideraient à avancer dans la vie sont répartis équitablement dans la population, pourquoi n’est-ce pas le cas de la richesse ? » Quel est le facteur inconnu ? « Notre simulation montre clairement qu’il s’agit juste de la chance », écrivent-ils. 

Dans cette simulation, pour 1 000 individus, le talent est distribué entre tous, personne n’a plus de talent qu’un autre. Tout le monde commence également avec le même nombre de richesses. Ils ont ensuite inséré des événements aléatoires que les individus ont subi tour à tour de façon à ce que, suite à leurs choix, ils s’enrichissent ou au contraire s’appauvrissent. Avec les résultats de cette simulation, les chercheurs ont découvert que la distribution des richesses dans ce monde virtuel ressemblait beaucoup à celle de la réalité : 20 % des personnes y possédaient 80 % des richesses.

Les personnes au sommet de la pyramide des richesses avaient connu les événements les plus chanceux au cours de leurs vies simulées, tandis que ceux du bas avaient été les plus malchanceux. L’étude remet en cause l’efficacité de l’évaluation au mérite, centrale en Europe. Elle souligne enfin que la tendance à minimiser l’influence des forces extérieures sur notre futur et valoriser l’action personnelle comme gage d’une réussite « méritée » fait fausse route.

Source : Cornell University Library

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