Cette start-up veut récupérer votre cerveau pour sauvegarder vos souvenirs à jamais

par   Mehdi Karam   | 14/03/2018
Crédits : Nectome

Le deal est le suivant : embaumer votre cerveau d’une substance spéciale pour le rendre immortel, en scellant chaque connexion neuronale avant de les convertir en lignes de code et ainsi préserver vos souvenirs à jamais. Pour cela, il faut que votre cerveau soit récupéré intact afin de maintenant son fonctionnement le temps du processus. Le hic, c’est qu’une fois décédé, cinq minutes de flux sanguin interrompu suffisent à déclencher la mort des neurones… Cela signifie qu’il faut agir avant, et récupérer votre cerveau de votre vivant. C’est-à-dire, vous euthanasier.

Cette offre n’est pas tirée d’une nouvelle paranoïaque de Philip K. Dick, c’est celle de Nectome, start-up américaine fondée par deux anciens étudiants du MIT et lauréate d’un prix de 80 000 dollars pour son travail sur la préservation du cerveau d’un cochon, indiquait la MIT Technology Review le 13 mars. Le but de l’entreprise est d’apporter un « avenir virtuel » au cerveau de patients confrontés à une maladie incurable. Bien sûr, la récupération de l’organe est soumise aux lois américaines, dont le End of Life Option Act en vigueur en Californie depuis 2015.

Hormis l’aspect plutôt terrifiant de la pratique, parvenir à préserver le cerveau d’une personne défunte, ou du moins de le traduire dans un code fonctionnel, pourrait permettre de conserver à jamais ses souvenirs – voire de « vivre » sous une forme informatisée. Tous ces songes dépendent de questions auxquelles nous n’avons toujours pas répondu : le cerveau humain peut-il fonctionner sans le corps ? Et pourra-t-on un jour transférer son esprit dans un nouveau corps ?

Nectome n’a pas encore indiqué quand ni si cette cryogénisation d’un nouveau genre serait disponible. La firme vient toutefois de lever son premier million de dollars. 25 individus composent déjà la file d’attente, à laquelle il est possible de s’inscrire moyennant une caution de 10 000 dollars.

Sources : MIT Technology Review / Nectome

 

PLUS LOIN DANS LE TURFU