Des scientifiques ont observé une étoile dévorant une planète pour la première fois

par   Clara Lalanne   | 20/07/2018
Crédits : NASA/CXC/M.Weiss

Selon une étude publiée dans The Astronomical Journal le 18 juillet 2018, des scientifiques auraient pour la première fois réussi à observer l’image d’une étoile « dévorant » les débris spatiaux d’une planète, alors qu’elle venait d’entrer en collision avec un autre corps céleste.

Cette jeune étoile appelée RW Aur A se situe à environ 430 années-lumière de la Terre, dans le nuage moléculaire du Taureau. Elle a été découverte en 1937, dans ce qui est considéré comme un foyer pour nombre de ces corps célestes en fusion. En l’observant depuis presque un siècle, toutefois, les scientifiques ont aperçu un phénomène curieux et inexpliqué : environ une fois par décennie, RW Aur A pâlit de manière progressive pendant l’espace d’un mois, avant de se remettre à briller. De nouvelles données, fournies par l’Observatoire de rayons X Chandra depuis 2013, ont alors permis d’observer ses fluctuations avec précision, permettant peut-être de résoudre ce mystère.

Lors de ses phases d’obscurcissement, l’étoile serait en effet en train « d’aspirer » des débris spatiaux, produits suite à une collision entre deux objets célestes de grande taille. Comme cela se produit parfois avec des fragments de petite taille, ces importants débris ne pourraient ainsi plus échapper à l’attraction gravitationnelle de l’étoile et seraient engloutis par RW Aur A. Leur absorption par cette masse en fusion conduirait alors à la création d’un épais nuage de poussière et de gaz, enveloppant la surface de l’étoile et bloquant temporairement la diffusion de sa lumière. « Les simulations informatiques ont longtemps prédit que les planètes pouvaient “tomber” dans une jeune étoile, mais nous ne l’avions jamais observé jusqu’à présent », explique l’astrophysicien Hans Moritz Guenther, chercheur au MIT.

Il s’agirait de la première observation d’une étoile en train de « dévorer » des débris spatiaux, une découverte qui permettra sans doute de mieux comprendre l’extinction de certaines jeunes planètes. « Beaucoup d’efforts sont actuellement consacrés à la connaissance des exoplanètes et de leur formation. Il est donc important de voir comment ces jeunes planètes peuvent être détruites lors de leurs interactions avec leurs hôtes et d’autres jeunes astres, et quels facteurs déterminent leur survie », rajoute Guenther. Ce phénomène permettrait également d’expliquer les libérations massives de fer par RW Aur A, détectés par le télescope Chandra, qui seraient déclenchées par les collisions régulières entre l’étoile et ces astres naissants, et iraient de pair avec obscurcissement de la jeune étoile gloutonne.

Source : The Astronomical Journal

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