Le vrai Gotham est un village anglais habité par des fous

Crédits : Asterion

Le panneau d’entrée de la ville de Gotham a été volé un nombre incalculable de fois depuis le début des années 2000. Et pour cause, les fans du Chevalier noir sont ravis de découvrir qu’un petit village anglais partage son nom avec l’une des villes fictives les plus célèbres au monde. Mais la parenté de Gotham avec l’univers de DC Comics n’est pas son seul intérêt, loin de là. Car dans l’Angleterre du XIIIe siècle, des siècles avant l’invention de l’asile d’Arkham, elle était déjà considérée comme la ville des fous.

Gotham est un patelin situé au sud-ouest de Nottingham, où vivent environ 1 600 âmes dont la plupart sont sans histoire aujourd’hui. Ça n’a pas toujours été le cas. Son nom est une contraction de Goat’s Town, la ville des chèvres, ce qui la promettait à une humble histoire de paysannerie. Mais dans les premières années du XIIIe siècle, le roi d’Angleterre Jean sans Terre – qui tire son surnom du fait qu’il n’était pas initialement promis au trône ou à un quelconque héritage terrien –, eut l’idée de construire un pavillon de chasse non loin du village. La plupart des loyaux sujets du rois auraient été honorés d’une telle attention, mais pas les habitants de Gotham.

L’ennui, c’est que la route du village aurait alors été empruntée par le roi, et les voies royales étaient le prétexte du prélèvement d’un impôt supplémentaire à tous ceux qui l’empruntaient. Pas question pour les bons citoyens de Gotham de débourser un penny pour que le roi vînt chasser la perdrix sur leurs terres une fois l’an. Un conseil des sages se réunit donc dans la ville pour mettre au point un stratagème visant à passer l’envie au souverain de s’installer dans la région. À l’époque, on pensait que la folie était une maladie contagieuse. La légende raconte ainsi que tous les villageois décidèrent de se faire passer pour des fous, à chaque fois qu’un émissaire du roi mettait les pieds aux alentours.

La ruse fonctionna si bien que non seulement le roi en resta le plus loin possible, mais le nom de Gotham devint synonyme de folie. C’est la raison pour laquelle l’écrivain américain Washington Irving qualifia le premier New York de « Gotham moderne », une expression dont l’auteur de DC Comics Bill Finger se souvint quand il eut l’idée de créer Gotham City, dans les années 1930.

Source : Daily Mail