Uber dispose d’un protocole informatique secret pour cacher ses données internes à la police

par   Mehdi Karam   | 12/01/2018
Crédits : Uber

Une ligne douteuse de plus au palmarès d’Uber. Comme Bloomberg l’écrivait le 11 janvier, le service de VTC avait, en 2015, enseigné à ses employés une stratégie imparable pour échapper à la police en cas de perquisition. Son nom : Ripley, un système de contrôle informatique à distance.

Cette procédure millimétrée a notamment été suivie dans les locaux montréalais d’Uber, en 2015. Alors qu’une dizaine d’officiers de police pénétrait dans les bureaux, les managers ont bloqué l’accès aux contenus de leurs ordinateurs en trois temps. D’abord alerter un numéro spécial tenu secret. Ce numéro informait les informaticiens de la firme, basés à San Francisco. Enfin, ceux-ci déconnectaient à distance tous les ordinateurs, en actionnant le protocole Ripley – un clin d’œil malvenu à Alien.

Si la police est repartie bredouille à la suite de leur perquisition, c’est parce que Ripley change instantanément tous les mots de passe d’un compte et bloque l’accès aux smartphones et lignes fixes. Entre 2015 et 2016, Uber aurait eu recours une vingtaine de fois à cette stratégie critique pour éviter que les autorités ne fouillent dans leurs dossiers.

Naturellement, la firme s’en défend. Dans un communiqué adressé à Bloomberg, elle explique que « comme toutes les autres entreprises du monde, nous avons des procédures de sécurité pour protéger nos données internes et celles de nos clients. Lorsqu’il s’agit d’enquêtes policières, nous avons comme politique de coopérer avec toutes les demandes valides de transmission de données. » Pour les enquêtes fiscales, c’est apparemment autre chose.

Source : Bloomberg

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