Un dispositif préparatoire — Crédits : Hartmut Häffner En 2012, le prix Nobel de physique Frank Wilczek, accompagné d’une équipe de scientifiques du MIT, a théorisé la possibilité d’une nouvelle forme de matière appelée « cristal temporel ». Grâce aux efforts de deux équipes des universités du Maryland et de Harvard, ces étranges phases quantiques de matière sont désormais une réalité. Ces diam’s sont bien trop bizarres pour être portés autour du cou. En revanche, ils bouleversent complètement tout ce qu’on pensait savoir de la matière jusqu’ici. Dire qu’il s’agit d’un sujet technique relève de la litote tant le sujet est complexe. Mais pour le dire simplement, les cristaux normaux obéissent à la symétrie. Leurs atomes existent dans cadre tridimensionnel fixé dans l’espace. Les cristaux temporels, eux, ne tiennent pas en place dans cet espace tridimensionnel. Ils oscillent et s’agitent constamment, quelle que soit l’énergie à laquelle ils sont soumis. À ceci près que ce schéma de mouvement ne se répète pas dans l’espace, comme des cristaux naturels qu’on agiterait, mais dans le temps. Oui, c’est difficile à imaginer. Norman Yao, un des physiciens qui a participé à l’expérience, les compare à de la jelly : « Vous ne trouveriez pas ça bizarre de donner une pichenette à de la jelly et qu’elle y réagisse à une période de temps différente ? Eh bien c’est l’essence des cristaux temporels. » Une façon imagée de dire que les cristaux temporels vibrent dans le temps plutôt que dans l’espace. Mais le plus important dans cette histoire, c’est que cette oscillation cristalline est INFINIE. 
