par Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer | 22 septembre 2016

LISEZ ICI LA PREMIÈRE PARTIE DE L’HISTOIRE

L’or­­di­­na­­teur de Neil Armstrong

L’or­­di­­na­­teur était allumé au lance­­ment de la fusée car il fallait veiller à ce que l’ap­­pa­­reil suive exac­­te­­ment la trajec­­toire défi­­nie. Le Block II avait pour mission de guider les hommes jusqu’à la Lune. Pour aller sur la Lune, ils avaient besoin de savoir où ils allaient mais égale­­ment où ils se trou­­vaient, afin de conser­­ver la bonne trajec­­toire jusqu’à desti­­na­­tion. C’est l’or­­di­­na­­teur présent dans le module lunaire qui était chargé de rele­­ver le plus grand défi : il devait faire atter­­rir l’ap­­pa­­reil à la surface du satel­­lite. C’était une manœuvre extrê­­me­­ment complexe à réali­­ser. Le module devait réali­­ser son approche tout en ralen­­tis­­sant. En progres­­sant au ralenti, l’en­­gin utili­­sait davan­­tage de carbu­­rant et par consé­quent, son centre de gravité se déplaçait. Il aurait été impos­­sible pour un être humain de veiller à main­­te­­nir la bonne trajec­­toire tout en régu­­lant l’uti­­li­­sa­­tion du frei­­nage et de la consom­­ma­­tion de carbu­­rant. C’est pourquoi la tâche incom­­bait à l’or­­di­­na­­teur, qui veillait à ce que l’ap­­pa­­reil conserve le bon angle d’ap­­proche pour atter­­rir sans encombre. Les astro­­nautes ont toute­­fois repris les commandes dans les derniers instants. L’or­­di­­na­­teur aurait pu accom­­plir la tâche sans souci, mais comme ils pouvaient manœu­­vrer en regar­­dant par le hublot, ils ont préféré s’en remettre à leurs compé­­tences pour alunir. Les humains sont des êtres fiers.

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L’or­­di­­na­­teur du module lunaire
Crédits : NASA

Après avoir lu ce livre sur le fonc­­tion­­ne­­ment de cet ordi­­na­­teur sans précé­dent, et sachant qu’il avait été sauvé de la casse par un collec­­tion­­neur texan, j’ai fait des recherches sur Google pour retrou­­ver sa trace. Son proprié­­taire – qui souhaite rester anonyme – vendait aux enchères sur eBay certains modules de l’époque, mais pas l’or­­di­­na­­teur en lui-même. Lorsque j’ai vu sur les photo­­gra­­phies le code « flight 202 », mon cerveau a fait tilt et j’ai su qu’il s’agis­­sait du premier micro-ordi­­na­­teur à être allé dans l’es­­pace. J’ai acheté un de ces modules de rope memory et j’ai convaincu le collec­­tion­­neur de me lais­­ser exami­­ner l’ar­­te­­fact plutôt que de le vendre. Il m’a fallu un an et demi pour déchif­­frer ce que conte­­naient ces modules, mais j’ai pu en extraire les données et récu­­pé­­rer le logi­­ciel de guidage du vol AS-202.

À présent, nous essayons de déchif­­frer les instruc­­tions qui lui étaient envoyées pour comprendre véri­­ta­­ble­­ment le fonc­­tion­­ne­­ment de l’or­­di­­na­­teur. Je me souviens de la première fois où j’ai eu la chance de l’ou­­vrir. Je menti­­rais en vous disant que je ne trem­­blais pas. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’oc­­ca­­sion d’ou­­vrir le module de navi­­ga­­tion et guidage d’une fusée Apollo. Il y avait plus d’une ving­­taine de visses à reti­­rer avant de soule­­ver la coque et j’étais si excité que j’en deve­­nais maladroit. Pour­­tant, je devais l’ou­­vrir avec le plus grand soin. C’est un senti­­ment diffi­­cile à décrire, mais lorsque j’ai ôté la dernière visse et que j’ai enfin retiré le capot, j’ai eu le souffle coupé. L’in­­té­­rieur ressem­­blait à de l’or, c’était telle­­ment parfait… J’ai dû ressen­­tir la même chose que les archéo­­logues qui ont ouvert le sarco­­phage de Toutan­­kha­­mon. L’or­­di­­na­­teur était resté scellé depuis des décen­­nies. La seule petite diffé­­rence avec une momie, c’est que nous avons la possi­­bi­­lité de le rame­­ner à la vie. J’ai ouvert l’or­­di­­na­­teur, pris des mesures et extrait certains de ses modules avec une infi­­nie déli­­ca­­tesse. Je possé­­dais des sché­­mas élec­­triques de l’Apollo Guidance Compu­­ter et il était exac­­te­­ment comme ils le décri­­vaient. Je suis convaincu qu’il nous sera possible de le remettre tota­­le­­ment en marche. Nous voulons y parve­­nir avant le 50e anni­­ver­­saire de l’alu­­nis­­sage de 1969. Y arri­­ver serait un exploit remarquable, mais ce n’est pas impos­­sible. Il est aujourd’­­hui exposé à l’USS Hornet Museum, le porte-avion musée d’Ala­­meda, en Cali­­for­­nie. Mais il serait triste qu’il finisse ses jours dans un musée améri­­cain, les gens du monde entier devraient pouvoir admi­­rer cette merveille. Il reste peu d’ar­­te­­facts de cette époque et il est capi­­tal de les préser­­ver.

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Crédits : Fran­­cois Rauten­­bach

Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après un entre­­tien avec Fran­­cois Rauten­­bach. Couver­­ture : Le Block II ouvert par Fran­­cois Rauten­­bach.


LOUIS POUZIN N’A PAS INVENTÉ INTERNET, MAIS SANS LUI, IL N’Y AURAIT PAS D’INTERNET

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Louis Pouzin, 85 ans, a créé les proto­­coles sur lesquels repose l’In­­ter­­net moderne. Histoire d’un vision­­naire dont les créa­­tions ont façonné les réseaux d’aujourd’­­hui.

Pour les clients du café, cet homme aux allures de vieux dandy ou de lord anglais, à la mous­­tache et aux cheveux gris, n’est qu’un pari­­sien comme un autre. Un digne grand-père, peut-être. Mais ont-ils conscience que c’est lui, Louis Pouzin, qui a inventé le proto­­cole à l’ori­­gine d’In­­ter­­net ? Y pensent-ils une seconde, tout en mani­­pu­­lant leur smart­­phone, évidem­­ment connecté au réseau mondial ? Louis Pouzin, 85 ans, n’a pas inventé Inter­­net. Mais sans lui, Inter­­net n’exis­­te­­rait pas. Para­­doxal ? Pas tant que cela. Car une inven­­tion n’a pas besoin d’être breve­­tée pour vivre sa propre vie. Et parce que si nombre d’in­­ven­­teurs sont passés à la posté­­rité, beau­­coup d’autres sont restés dans l’ombre. Par choix, par modes­­tie, ou par un fâcheux coup du sort. Il est main­­te­­nant temps de réta­­blir la vérité de la créa­­tion d’In­­ter­­net. Croyez-le ou pas, mais si aujourd’­­hui nous parlons de « l’In­­ter­­net » et du TCP/IP, et non de « Cate­­net » et du « data­­gramme », c’est grâce, ou à cause des PTT. C’est une longue histoire. Qui commence dans les années 1940. À l’époque, l’or­­di­­na­­teur n’existe pas encore.

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Louis Pouzin aujourd’­­hui
Crédits : Fabien Soyez

I. De Bull aux USA

Louis Pouzin a grandi au milieu des outils, dans la scie­­rie de son père. « Il ache­­tait des arbres et vendait le bois coupé. Il y avait des machines à vapeur, des scies, une affû­­teuse, une forge… C’était un para­­dis », raconte le vieil homme. Tout en buvant son café, il se souvient : « Dès mon plus jeune âge, je brico­­lais. Pour le plai­­sir. Je répa­­rais des serrures, des horloges. » Cet amour pour le brico­­lage et l’in­­ven­­tion ne le quit­­tera jamais. Bon en maths, il passe son bac avec mention, et parce qu’il veut par-dessus tout avoir un diplôme mais sans vrai­­ment avoir de métier en tête, il travaille comme un acharné et intègre les rangs de l’École poly­­te­ch­­nique en 1950, à 19 ans. Diplômé de « l’X » deux ans plus tard, il rejoint la CIT (Compa­­gnie indus­­trielle des télé­­phones), ancêtre d’Al­­ca­­tel. « Ingé­­nieur débu­­tant, je m’oc­­cu­­pais de la fabri­­ca­­tion, d’as­­su­­rer l’ar­­ri­­vée des pièces et de leur qualité. Un vrai appren­­tis­­sage du milieu de l’in­­dus­­trie », raconte-t-il.

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