par Ulyces | 0 min | 30 avril 2015

La toxine botu­­lique

L’an­­cien dicta­­teur cubain Fidel Castro adore le lait, et tout parti­­cu­­liè­­re­­ment la glace. Voilà qui fait du bien à une révo­­lu­­tion. « Un dimanche, se lais­­sant aller, Castro termina un repas consé­quent par dix-huit boules de glace », écri­­vait Gabriel Garcia Márquez, roman­­cier acclamé, dans son essai « A Perso­­nal Portrait of Fidel » (« Un portrait person­­nel de Fidel »). L’au­­teur était un ami et parti­­san de longue date du dicta­­teur. Il se rappe­­lait de temps à autre cette anec­­dote lors d’in­­ter­­views. Parfois, Castro mangeait vingt-six boules de glace, et d’autres fois vingt-huit. Cela pour­­rait paraître ridi­­cule, s’il n’y avait tant d’autres histoires étranges concer­­nant l’amour que Castro portait à cette frian­­dise crémeuse. Les biogra­­phies de Castro sont remplies d’anec­­dotes curieuses, de confron­­ta­­tions diplo­­ma­­tiques gênantes et de programmes impliquant des vaches, du lait et de nombreux autres produits laitiers. La passion du dicta­­teur pour les produits laitiers l’a conduit à se dispu­­ter avec un ambas­­sa­­deur français à propos de fromage, à élever une race de « super vaches » et, à au moins une occa­­sion, elle l’a presque mené à sa perte.

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L’hô­­tel Habana Libre
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Quand Castro vivait à l’hô­­tel Habana Libre au début des années 1960, il dégus­­tait régu­­liè­­re­­ment un milk-shake au choco­­lat au comp­­toir du bar de l’hô­­tel. Mais en 1961, la CIA enga­­gea des assas­­sins de la Mafia pour empoi­­son­­ner le repas lacté du dicta­­teur. Richard Bissell, alors direc­­teur adjoint de la CIA et respon­­sable de la plani­­fi­­ca­­tion, se char­­gea d’of­­frir à Sam Gian­­cana et à Santo Traf­­fi­­cante, Jr, chefs des familles mafieuses de Chicago et Tampa, 150 000 dollars pour leur aide dans l’as­­sas­­si­­nat de Castro au moyen d’une pilule empoi­­son­­née.

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Gian­­cana et Traf­­fi­­cante

Traf­­fi­­cante et Gian­­cana en avaient après le dicta­­teur. Castro avait fermé les casi­­nos de La Havane, qui étaient pour eux une affaire lucra­­tive avant qu’il n’ex­­pulse en 1959 Fulgen­­cio Batista, le dicta­­teur soutenu par les États-Unis. Un serveur de l’hô­­tel devait glis­­ser une des pilules dans le milk-shake de Castro. La légende raconte que la pilule conte­­nait de l’ar­­se­­nic, mais, selon des docu­­ments de la CIA rendus publics en 2007, l’agence avait en réalité opté pour la toxine botu­­lique, plus lente à agir, qui lais­­se­­rait à l’as­­sas­­sin poten­­tiel assez de temps pour s’en­­fuir. Seule­­ment, le serveur conserva la pilule dans le congé­­la­­teur de la cuisine de l’hô­­tel, où le froid la colla au revê­­te­­ment inté­­rieur. Lorsqu’il essaya de l’en arra­­cher, elle s’ou­­vrit et le contenu empoi­­sonné se déversa. L’as­­sas­­sin raté dut aban­­don­­ner l’opé­­ra­­tion.

Le camem­­bert cubain

Peu de régimes dans le monde ont autant investi dans les produits laitiers que Cuba. Le lait est une denrée de base de l’ali­­men­­ta­­tion cubaine, et sa produc­­tion en est une indus­­trie vitale autant qu’un indi­­ca­­teur écono­­mique perti­nent. Fidel Castro s’est retiré de la prési­­dence cubaine en 2008, donnant les rênes du pouvoir à son frère, le président Raúl Castro. Néan­­moins, tout au long de son règne, l’in­­té­­rêt qu’a­­vait Fidel Castro pour le leche trahis­­sait des motifs à la fois person­­nels et poli­­tiques qu’il formu­­lait souvent dans ses discours de guerre froide. Pour lui, l’in­­dus­­trie laitière cubaine était un symbole de la « révo­­lu­­tion en cours » dans le pays, contre les inté­­rêts occi­­den­­taux et capi­­ta­­listes.

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Un produc­­teur de fromage cubain
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Lorsque Castro prit le pouvoir en 1959, il mit en place une série de réformes écono­­miques, indus­­trielles et agri­­coles. Il super­­­visa nombre d’entre elles lui-même, et sauver les indus­­tries en péril du lait et du bétail à Cuba devint une abso­­lue prio­­rité. L’un de ses premiers projets fétiches était la produc­­tion de camem­­bert de qualité supé­­rieure. Si le fromage crémeux à pâte molle est un aliment emblé­­ma­­tique de la cuisine française, Castro voulait faire mieux. Quand l’agro­­nome et diplo­­mate français André Voisin visita Cuba en 1964, Castro l’in­­cita à recon­­naître que le nouveau « camem­­bert cubain », produit sur l’île, était meilleur que celui de France. Le biographe Robert Quirk résume l’échange entre Castro et Voisin dans son livre Fidel Castro. Selon Quirk, Castro implora Voisin de goûter un morceau de son camem­­bert cubain. Voisin s’exé­­cuta. « Pas mauvais », lâcha le diplo­­mate. Cette réponse ne satis­­fit pas Castro, et il insista devant Voisin, compa­­rant la version cubaine à la recette française. Voisin consen­­tit à dire que c’était un camem­­bert « dans le style français », et qu’il n’était « pas mal ». « Il est comme le camem­­bert français », ajouta le diplo­­mate à contrecœur. Castro le pressa davan­­tage, insis­­tant pour que Voisin recon­­nût qu’il était en réalité meilleur que le camem­­bert français. C’en fut trop pour Voisin. Il tapa du poing sur le comp­­toir. « Meilleur ? Jamais ! » s’ex­­clama-t-il. Puis il se pencha sur Castro et tira un cigare de la poche de sa veste. « Concé­­de­­riez-vous à dire qu’il existe un cigare meilleur que celui-ci dans le monde ? » demanda Voisin. « Il est impos­­sible de surpas­­ser la tradi­­tion. Mon fromage et vos cigares sont le fruit de siècles d’ex­­pé­­rience. » Quirk conclut que bien que Castro fut « apaisé » pour un moment, le dicta­­teur resta certain qu’a­­vec « des efforts intenses et une conscience révo­­lu­­tion­­naire, les Cubains pour­­raient surpas­­ser n’im­­porte quel pays du monde dans n’im­­porte quel domaine ». Mais ses efforts pour surpas­­ser le camem­­bert français s’épui­­sèrent, et Castro se concen­­tra sur un autre front : s’as­­su­­rer que Cuba comp­­tât plus de parfums de glaces que l’Amé­­rique.

La Coppe­­lia

La tenta­­tive d’as­­sas­­si­­nat manquée de la CIA contri­­bua peu à modé­­rer les envies gour­­mandes de Castro. Un jour, le dicta­­teur ordonna à son ambas­­sa­­deur au Canada de lui envoyer vingt-huit pots de glace de la marque Howard John­­son, un de chaque parfum.

« C’est notre façon de montrer que nous pouvons tout faire mieux que les Améri­­cains. » — Fidel Castro

Après les avoir tous goûtés, Castro déclara : « La révo­­lu­­tion cubaine doit produire sa propre glace de qualité ! » Castro char­­gea Celia Sánchez, sa secré­­taire parti­­cu­­lière et amie proche depuis l’époque où ils étaient guérille­­ros, d’ou­­vrir une glace­­rie pour surpas­­ser Howard John­­son. Ils l’ap­­pe­­lèrent Coppe­­lia, en souve­­nir du ballet préféré de Sánchez, et elle ouvrit ses portes le 4 juin 1966. La jour­­na­­liste Geor­­gie Anne Geyer raconte sa visite de Coppe­­lia avec Castro, peu après l’ou­­ver­­ture, dans son livre Buying the Night Flight : the Auto­­bio­­gra­­phy of a Woman Foreign Corres­­pondent. « Avoir un entre­­tien avec Castro était une chose merveilleuse », se souvient-elle. « Vous n’aviez jamais besoin de lui poser une ques­­tion : il commençait, et sept heures plus tard, ou huit, il s’ar­­rê­­tait. » Elle note une pause étrange dans la conver­­sa­­tion vers 1 h 30 du matin, quand Castro reprit son souffle et dit : « Allons manger de la glace. » Cette glace­­rie de deux étages, que Geyer décrit comme « une glace­­rie énorme et extrê­­me­­ment moderne », se situait direc­­te­­ment en face du hall d’en­­trée de l’hô­­tel où elle et Castro s’étaient retrou­­vés. « Nous avons main­­te­­nant vingt-huit parfums », se vanta Castro. « C’est plus que Howard John­­son ! » Geyer sentit que pour lui, « cela repré­­sen­­tait plus qu’un simple goût pour la glace », car « elle occu­­pait un pâté de maisons entier, c’était le seul bâti­­ment moderne aux alen­­tours et elle n’était liée au sol que par des arcs-boutants. »

Bien­­ve­­nue à la Coppe­­lia
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Cette diffé­­rence décon­­certa Geyer, qui était stupé­­faite et déso­­rien­­tée par la scène. « Me trou­­vais-je dans le Cuba commu­­niste ? » se demanda-t-elle. « Ou dans Char­­lie et la choco­­la­­te­­rie ? » « Avant la révo­­lu­­tion, le peuple cubain adorait les glaces Howard John­­son », lui expliqua Castro. « C’est notre façon de montrer que nous pouvons tout faire mieux que les Améri­­cains. » La glace­­rie rentrait dans le style monu­­men­­tal socia­­liste. À son apogée, les 414 employés de Coppe­­lia servaient 16 000 litres de glace à 35 000 clients de 10 h 45 à 1 h 45 du matin tous les jours. Elle possé­­dait quatre salons inté­­rieurs, quatre cafés exté­­rieurs et un bar exté­­rieur. Aujourd’­­hui, Coppe­­lia ne propose habi­­tuel­­le­­ment qu’un ou deux parfums, mais les clients conti­­nuent à faire la queue dès dix heures du matin, et attendent parfois même des heures pour en savou­­rer la glace. Après avoir tâté le terrain de l’in­­dus­­trie laitière avec le camem­­bert cubain et la glace, Castro cher­­cha à rema­­nier toute l’in­­dus­­trie laitière du pays. Pourquoi s’ar­­rê­­ter en si bon chemin ?

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À l’in­­té­­rieur de la Coppe­­lia
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Super Meuh

D’abord, il tenta d’im­­por­­ter des vaches holsteins du Canada pour rempla­­cer les trou­­peaux domes­­tiques de Cuba. Mais comme cela se solda par un échec, Fidel entre­­prit d’éle­­ver une « super vache » qui surpas­­se­­rait toutes les autres au niveau de la produc­­tion de lait et de viande. Dans les jours précé­­dant la révo­­lu­­tion, Cuba avait des millions de têtes de bétail, mais la plupart étaient des créoles, une race datant de l’époque colo­­niale espa­­gnole, et des zébus d’Inde. Les deux races étaient bien adap­­tées au climat tropi­­cal humide de Cuba, mais elles étaient aussi de maigres produc­­trices de lait. Les holsteins quant à elles, étaient répu­­tées pour leur abon­­dance laitière. Cepen­­dant, les quelques holsteins de l’île s’en tiraient mal pendant la saison chaude et sèche, perdant un poids impor­­tant et produi­­sant consi­­dé­­ra­­ble­­ment moins de lait. Puisque l’amé­­lio­­ra­­tion de l’in­­dus­­trie laitière était néces­­saire pour la révo­­lu­­tion, l’argent ne consti­­tuait pas un obstacle.

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Un timbre à l’ef­­fi­­gie d’Ubre Blanca
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Cuba acheta simple­­ment au prix fort des dizaines de milliers de taureaux et de vaches holsteins au Canada, et les abrita dans des instal­­la­­tions clima­­ti­­sées (comme la ferme d’éle­­vage expé­­ri­­men­­tale de Nina Bonita, à Cangreje­­ras) construites aux portes de La Havane. Presque un tiers des holsteins ache­­tées au Canada moururent dans les premières semaines. Même avec les subven­­tions sovié­­tiques, il était impos­­sible de four­­nir des instal­­la­­tions au climat contrôlé pour toute l’in­­dus­­trie laitière du pays. Le projet fut un échec. Mais pour Castro, la solu­­tion était toute trou­­vée : il fallait croi­­ser les holsteins ou les brown swiss avec des zébus pour créer une « super vache » qui pour­­rait suppor­­ter le climat et produire de plus grandes quan­­ti­­tés de lait. La Havane appela la première géné­­ra­­tion de vaches les F-1, la deuxième F-2, et ainsi de suite. Mais Castro se mit plus tard à regrou­­per ces vaches sous le nom de « holsteins tropi­­cales ». Il persé­­véra avec le programme tout au long des années 1970 et 1980, mais les chiffres étaient contre lui. Le Rapport annuel sur Cuba de 1998 du Bureau améri­­cain de recherche et d’ana­­lyse poli­­tique décla­­rait que bien que le taux de chep­­tels eût briè­­ve­­ment augmenté pendant la première décen­­nie où Castro était au pouvoir, il commença à bais­­ser lente­­ment mais sûre­­ment au début des années 1970. Des milliers de têtes de bétail mour­­raient chaque année en raison de la malnu­­tri­­tion et des mauvaises condi­­tions de vie. Néan­­moins, le brico­­lage géné­­tique de Castro n’était pas sans petites victoires. Par exemple, il y avait une vache célèbre connue sous le nom de Ubre Blanca, ou « Mamelle Blanche ». Ubre Blanca était un des hybrides holsteins de Cuba, née vers 1972. Aux dires de tous, cette vache était géné­­reuse. Le Livre Guin­­ness des records certi­­fia que la vache produi­­sait 110 litres de lait par jour en 1982, et 24 268,9 litres sur un cycle de lacta­­tion de 305 jours la même année, battant ainsi le record mondial dans les deux caté­­go­­ries.

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La statue de Ubre Blanca à Nuevo Gerona

Castro saisit l’oc­­ca­­sion pour faire une appa­­ri­­tion télé­­vi­­sée avec la vache afin de se vanter de sa capa­­cité à réali­­ser ce qu’au­­cune vache améri­­caine ne pouvait faire. Bien sûr, Ubre Blanca fut un succès unique, mais elle devint un symbole de fierté natio­­nale. Granma, le jour­­nal du Parti commu­­niste, publiait des nouvelles quoti­­diennes sur sa santé et sa produc­­ti­­vité, et il la présen­­tait en première page. À sa mort en 1985, Granma publia une notice nécro­­lo­­gique complète. « Elle a donné tout ce qu’elle avait pour le peuple », écri­­vit Pastor Ponce, un agro­­nome au Centre natio­­nal pour la santé du bétail de Cuba. Castro commanda une statue en marbre de Ubre Blanca, ordonna aux géné­­ti­­ciens de préle­­ver ses ovules et de conser­­ver des échan­­tillons de tissus au Centre pour l’in­­gé­­nie­­rie et la biote­ch­­no­­lo­­gie géné­­tique du pays. Il la fit empailler et expo­­ser de façon perma­­nente au Centre natio­­nal pour la santé du bétail, non loin de La Havane. Sa statue se dresse toujours dans la cité rurale de Nuevo Gerona, sa ville d’ori­­gine, près de l’en­­droit où elle pais­­sait autre­­fois. Après la mort de Ubre Blanca, le reste des holsteins tropi­­cales conti­­nua à produire des quan­­ti­­tés modestes de lait. Toute­­fois, aucun des sept enfants de Ubra Blanca ne réalisa les mêmes prodiges. Le programme perdura, et un nombre exces­­sif de vaches laitières cubaines conti­­nuèrent à mourir chaque année. Castro attri­­buait souvent ces échecs aux États-Unis. Il disait que l’em­­bargo améri­­cain était fautif, et inven­­tait des théo­­ries disant qu’une attaque chimique et biolo­­gique des Améri­­cains était respon­­sable du déclin du bétail. Les embar­­gos et les théo­­ries de guerre biolo­­gique mis de côté, le gouver­­ne­­ment révo­­lu­­tion­­naire se rendit compte qu’il avait besoin de nouvelles idées. Si les « super vaches » ne fonc­­tion­­naient pas, alors peut-être pour­­rait-il se diri­­ger vers autre chose.

Orgie lactique

En 1987, Castro demanda à ses scien­­ti­­fiques de produire des vaches minia­­tures de la taille d’un chien. Boris Luis Garcia, un scien­­ti­­fique qui travaillait sur le projet, déclara dans le Wall Street Jour­­nal que le plan requé­­rait un élevage de vaches assez petites pour tenir dans un appar­­te­­ment, mais assez produc­­tives pour abreu­­ver une famille entière en lait.

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Une vache minia­­ture dans le style de celles qu’au­­raient voulu Castro
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Les vaches minia­­tures se nour­­ri­­raient d’une herbe pous­­sant dans des tiroirs sous lampes fluo­­res­­centes. « C’est ce que Castro avait prévu pour nous », expliqua Garcia. Rien ne ressor­­tit de ce projet de vaches minia­­tures, mais Castro avait encore une dernière corde à son arc pour résoudre la crise laitière au Cuba. Inspiré par le clonage réussi de Dolly la brebis en Écosse, il ordonna à ses scien­­ti­­fiques d’uti­­li­­ser les échan­­tillons de tissus de Ubre Blanca qui avaient été conser­­vés pour la cloner. « Si nous décou­­vrons une tech­­nique – si une autre Ubre Blanca est décou­­verte, ou un descen­­dant extra­­or­­di­­naire de Ubre Blanca –, qu’est-ce qui nous empêche d’ap­­pliquer immé­­dia­­te­­ment cette pratique à travers le pays, sur toutes les vaches de Cuba ? » déclara Castro lors d’un discours en 1987. « Nous sommes tout près… De grandes choses vont arri­­ver », annonça Jose Morales, le direc­­teur du projet de clonage, en 2002. « Ce projet est extrê­­me­­ment impor­­tant pour le Coman­­dante Castro. »

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Aujourd’­­hui, Cuba souffre encore de pénu­­ries de lait. Aucune trace à l’ho­­ri­­zon d’une armée de vaches clonées. Mais les rela­­tions entre Cuba et les États-Unis se sont amélio­­rées. En 2000, le président Bill Clin­­ton a réformé les condi­­tions d’échanges agri­­coles avec La Havane. L’Amé­­rique est aujourd’­­hui l’un des plus impor­­tants four­­nis­­seurs de nour­­ri­­ture et de bétail de Cuba.

Durant son séjour, Castro le força à goûter le lait produit par de nombreuses vaches.

En décembre dernier, le président Barack Obama et le président Raúl Castro ont annoncé que les deux pays allaient débu­­ter une norma­­li­­sa­­tion de leurs rela­­tions. Pendant ce temps, Fidel est toujours en vie – ainsi que son obses­­sion pour le lait. Et les anec­­dotes à propos de son étrange fixette lactique persistent. À l’aube des années 1970, le diplo­­mate chilien Jorge Edwards Valdés fit un voyage à Cuba. Durant son séjour, Castro le força à goûter le lait produit par de nombreuses vaches. Le dicta­­teur mettait un point d’hon­­neur à ce qu’il parvînt à discer­­ner les plus subtiles diffé­­rences entre la produc­­tion de chaque spéci­­men. « Il était impos­­sible de déter­­mi­­ner de quelle vache prove­­nait le lait », explique Edwards dans le docu­­men­­taire The Last Commu­­nist (« Le Dernier commu­­niste »). « Pour couron­­ner le tout, dans certains pots, le lait de diffé­­rentes vaches avait été mélangé. Nous avons eu droit à une curieuse orgie de dégus­­ta­­tion de lait. »


Traduit de l’an­­glais par Marine Péri­­net d’après l’ar­­ticle « Fidel Castro Had a Bizarre Obses­­sion With Milk », paru dans War Is Boring. Couver­­ture : Fidel Castro mange des glaces, par Charles Charles Tasnadi, en 1975.
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