par Ulyces | 0 min | 22 septembre 2017

Le vent disperse de gros flocons autour de la tombe de Kenny McCor­­mick. Au loin, sur le ruban de bitume qui serpente entre les toits blancs, le bus de South Park prend la direc­­tion de l’école. À son bord, Kenny est bien en vie. Comme avant, on retrouve son anorak orange au géné­­rique du premier épisode de la saison 21, diffusé mercredi 13 septembre 2017. Le décor enneigé n’a pas changé. Cela fait plusieurs mois que l’Amé­­rique paro­­dique de la série est entrée dans l’hi­­ver. Avec l’ac­­ces­­sion au pouvoir de Donald Trump, South Park a un peu perdu des couleurs.

« C’est plus compliqué, main­­te­­nant que la satire est deve­­nue la réalité », admet­­tait l’un des deux créa­­teurs du dessin animé, Trey Parker, en février 2017. Contrai­­re­­ment à Kenny, toujours ressus­­cité, le président étasu­­nien a vite disparu. Affu­­blé d’une crinière blonde et irisé par un bron­­zage orange pendant la dernière saison, M. Garri­­son, a retrouvé ses habits sages d’ins­­ti­­tu­­teur allumé. Sans citer de nom, Parker explique qu’ « ils font déjà les blagues, ce n’est même pas quelque chose dont vous pouvez vous moquer ». Avec son asso­­cié, Matt Stone, il a donc décidé de ne plus parler de la Maison-Blanche.

Trop outran­­cière, la réalité se dérobe sous le crayon des deux dessi­­na­­teurs. Leurs person­­nages favo­­ris comme Kanye West, Madonna, Pamela Ander­­son ou encore Kid Rock vont telle­­ment loin en vrai qu’ajou­­ter de la blague à la blague serait peu effi­­cace. « Malheu­­reu­­se­­ment, presque tous les événe­­ments récents me font penser à un scéna­­rio de la sitcom », observe le profes­­seur en commu­­ni­­ca­­tion améri­­cain Ted Gour­­ne­­los, auteur du livre Popu­­lar Culture and the Future of Poli­­tics. Comme si en imitant l’art, la nature privait South Park de sa matière première.

Le trouble-fête

Devant les camé­­ras de télé­­vi­­sion, M. Garri­­son tend la main droite à ses suppor­­ters agglu­­ti­­nés contre des barrières en métal. Avec la gauche, il tient un micro. Dans le deuxième épisode de la 19e saison de South Park, l’ins­­ti­­tu­­teur se fait le porte-parole de ceux qui se demandent « qu’est devenu mon pays ? ». Inscrit sur la casquette blanche qui recouvre sa calvi­­tie, le slogan rappelle ceux du candi­­dat blond qu’il devien­­dra quelques mois plus tard. Une pancarte « Make America Great Again » émerge même de la foule. Mais il n’est pour l’ins­­tant qu’un agita­­teur en marge des grands débats poli­­tiques.

C’est à peu près le statut de Donald Trump lorsque sort l’épi­­sode, en septembre 2015. Candi­­dat déclaré depuis trois mois, le milliar­­daire « ne va nulle part », assure le jour­­na­­liste améri­­cain Mark Leibo­­vich dans le New York Times. « Au départ, je l’ai vu comme un clown xéno­­phobe, le propa­­ga­­teur de l’idée fausse que le président Obama n’était pas né aux États-Unis », écrit cet auteur de nombreux portraits poli­­tiques. « Je pensais même qu’il ne se présen­­te­­rait pas. » Trump a beau devan­­cer légè­­re­­ment ses concur­­rents à la primaire répu­­bli­­caine dans les sondages, le Huffing­­ton Post persiste à clas­­ser les articles à son sujet dans sa section « diver­­tis­­se­­ment ».

M. Garri­­son fait un pâle Donald Trump
Crédits : Comedy Central

Même les profes­­sion­­nels du diver­­tis­­se­­ment jugent le phéno­­mène passa­­ger. « Nous avons pensé qu’il fallait le faire avant que ça s’es­­souffle », se souvient Trey Parker. « Quand vous trai­­tez quelque chose de contem­­po­­rain », ajoute Matt Stone, « vous avez peur que ça sorte de l’ac­­tua­­lité la semaine suivante. » Quelques temps après les décla­­ra­­tions polé­­miques de Trump assi­­mi­­lant les immi­­grés à « des tueurs et des violeurs », M. Garri­­son mène la fronde contre ces « personnes qui traversent la fron­­tière avec leurs sales familles en jouant leur musique stupide ». Dans le miroir défor­­mant de South Park, ce ne sont pas les Mexi­­cains qui sont visés mais les Cana­­diens.

Les hommes poli­­tiques qui appa­­raissent dans la sitcom « sont en géné­­ral des faire-valoir permet­­tant d’évoquer des sujets natio­­naux ou globaux », estime Ted Gour­­ne­­los. Les familles Clin­­ton, Bush et Obama « ne repré­­sentent qu’une allé­­go­­rie de la poli­­tique conve­­nable ». En revanche, l’ir­­rup­­tion de Donald Trump dans le corps de M. Garri­­son envoie un autre message. Elle « est un moyen d’at­­taquer la montée d’une poli­­tique fasciste aux États-Unis », consi­­dère le cher­­cheur améri­­cain. « Ce n’est pas la première fois que Parker et Stone le font, et M. Garri­­son est en géné­­ral celui qui le permet. »

Par ses excès, la petite entre­­prise xéno­­phobe de l’homme d’af­­faires prête le flanc à la cari­­ca­­ture. Mais Parker et Stone en sont encore à se deman­­der si leur déci­­sion de consa­­crer un épisode entier à une person­­na­­lité margi­­nale de l’ac­­tua­­lité améri­­caine ne sera pas regar­­dée avec circons­­pec­­tion. Au fil de la 19e saison, fin 2015, Trump repa­­raît donc par inter­­­mit­­tences sous les traits de M. Garri­­son. Ainsi s’en prend-t-il au physique d’Hillary Clin­­ton dans l’épi­­sode huit, avec des termes presque aussi gros­­siers que son modèle. « Qu’est-ce qui lui fait croire qu’elle peut satis­­faire l’Amé­­rique si elle ne peut pas satis­­faire son mari ? » avait tweeté le magnat de l’im­­mo­­bi­­lier le 16 avril 2015.

Crédits : Comedy Central

La phrase sonne plus grave­­ment à l’été 2016. Après une pause de quelques mois, South Park reprend le 14 septembre alors que Trump a été investi par le parti Répu­­bli­­cain pour défier Hillary Clin­­ton. Le duel paraît joué d’avance. Cette fois, le candi­­dat Garri­­son est conscient que ses esto­­cades contre les migrants ne font pas une poli­­tique. Dès le premier épisode de la 20e saison, il décide donc de présen­­ter son adver­­saire Démo­­crate comme la seule personne crédible pour diri­­ger le pays. Las ! S’en tenant à la stra­­té­­gie dictée par ses commu­­ni­­cants, l’an­­cienne secré­­taire d’État de Barack Obama répète inlas­­sa­­ble­­ment que chaque mot de l’ins­­ti­­tu­­teur est un mensonge. À la faveur de cet absurde débat et contre son gré, M. Garri­­son prend donc le dessus.

Cali­­for­­nia lock

L’aven­­ture poli­­tique du profes­­seur de South Park aurait dû s’ar­­rê­­ter là. « Tout le monde pensait qu’Hillary allait être prési­­dente », se remé­­more Trey Parker. « Ça voulait dire que Bill Clin­­ton serait le premier époux. Pour nous, c’était le truc le plus ironique et cool sur lequel se concen­­trer. C’est dans cette direc­­tion que toute la saison se diri­­geait et c’est ce qui a volé en éclats. » Car le 8 novembre 2017, à la veille de l’épi­­sode sept de la 20e saison, Donald Trump est élu président des États-Unis. Entre l’ « énorme connard » et le « sand­­wich à la merde », les Améri­­cains ont fait leur choix. « Une femme peut être ce qu’elle veut, sauf Président », dit le person­­nage Randy Marshall.

Alors qu’il était supposé retour­­ner à ses cours, M. Garri­­son garde donc sa perruque blonde. Pour montrer à leurs amis éplo­­rés que « le Soleil se lève toujours » et que « l’eau est encore claire », Parker et Stone travaillent en urgence sur un scéna­­rio diffé­rent de celui qu’ils avaient prévu. Mais, « comme beau­­coup d’entre nous », écrit le jour­­na­­liste Dan Caffrey en décri­­vant leur travail, « ils ont l’air d’être saisis de torpeur, errant en essayant de penser à quelque chose d’utile ou – plus impor­­tant – de drôle à dire. » C’est loin d’être évident. Dans l’épi­­sode post-élec­­tion, M. Garri­­son visite le Penta­­gone. À la décou­­verte de la salle où s’éla­­bore la diplo­­ma­­tie, il s’ex­­clame : « Oh, bon sang ! ça n’a pas l’air très drôle. »

Si South Park peine à faire recette du nouveau contexte poli­­tique, peut-être est-ce parce qu’il ressemble lui-même de plus en plus à un épisode de comé­­die noire et absurde. Dans la nuit qui suit l’élec­­tion prési­­den­­tielle, une partie des élec­­teurs déçus de Cali­­for­­nie se réfu­­gie derrière le hash­­tag « #Calexit » afin de prôner l’in­­dé­­pen­­dance de leur État. « Avec le Calexit, il n’y a pas de mur, pas d’in­­ter­­dic­­tion contre les musul­­mans, et pas de président Donald Trump. Rejoi­­gnez notre campagne popu­­laire ! » invite le comité Yes Cali­­for­­nia. Comme dans un épisode de la saison 9, qui voit les roux se rassem­­bler derrière Eric Cart­­man, un mouve­­ment sépa­­ra­­tiste menace bien l’in­­té­­grité du vaste terri­­toire améri­­cain.

Cart­­man roux
Crédits : Comedy Central

Sous ses dehors sérieux, Yes Cali­­for­­nia est une orga­­ni­­sa­­tion rocam­­bo­­lesque à tous les étages. Fondée en 2015 sur le modèle de l’in­­dé­­pen­­dan­­tisme écos­­sais, elle est prési­­dée par Louis Mari­­nelli, un New-Yorkais arrivé seule­­ment en 2006 sur la côte Ouest. Ce mili­­tant opposé au mariage homo­­sexuel n’y passe guère de temps puisqu’un programme d’échange inter­­­na­­tio­­nal l’en­­voie en Russie la même année. Il y fait la rencontre d’Alexandre Ionov, créa­­teur du « Mouve­­ment anti-globa­­liste russe », qui héberge une « ambas­­sade de Cali­­for­­nie » fantoche depuis le 18 décembre 2016. Or, ce « mouve­­ment socio-poli­­tique voulant assu­­rer la pleine souve­­rai­­neté des États du monde, et par-dessus tout, la souve­­rai­­neté de la Russie », épouse la ligne du Krem­­lin.

Les parti­­sans de Yes Cali­­for­­nia disent vouloir échap­­per au naufrage améri­­cain : « Notre navire peut navi­­guer seul », déclare son cofon­­da­­teur Marcus Ruiz Evans avec des accents bibliques. Le vent de panique suscité par Trump gonfle les voiles de l’arche cali­­for­­nienne. On croi­­rait voir l’épi­­sode 12 de la 12e saison de South Park se rejouer à l’en­­vers : cette fois, ce ne sont pas les Répu­­bli­­cains de la série qui s’en­­ferment dans un bunker en pensant échap­­per à l’apo­­ca­­lypse amenée par l’élec­­tion d’Obama, mais les Démo­­crates bien réels qui paniquent.

Dans ce même épisode de 2012, l’ex-gouver­­neure d’Alaska Sarah Palin, figure aussi conser­­va­­trice que média­­ti­­sée des Répu­­bli­­cains, se révèle être une espionne au service du Royaume-Uni. Quatre ans plus tard, la réalité est poten­­tiel­­le­­ment encore plus embar­­ras­­sante pour la première puis­­sance mondiale. L’homme qui s’as­­soit devant le Bureau ovale est suspecté d’avoir reçu des soutiens de l’an­­cien ennemi de la guerre froide, la Russie. Le spectre de Moscou ne plane plus seule­­ment sur la Cali­­for­­nie mais sur toute l’Amé­­rique.

Murica

À quelques semaines du scru­­tin fati­­dique entre Trump et Clin­­ton, en octobre 2016, le site du cyber­­mi­­li­­tant austra­­lien Julian Assange, Wiki­­leaks, diffuse des dizaines de milliers d’e-mails privés prove­­nant de la garde rappro­­chée de la candi­­date démo­­crate. À en croire un article docu­­menté du New York Times et les enquêtes lancées par le rensei­­gne­­ment améri­­cain, des hackers russes auraient rendu ces données acces­­sibles à l’ONG spécia­­li­­sée dans la fuite d’in­­for­­ma­­tions sensibles.

Repré­­senté sous les traits d’un rat foui­­neur équipé d’une caméra dans l’épi­­sode « Le Retour de Lemmi­­winks » de la saison 15, en octobre 2011, Julian Assange voit les pages de sa vie s’écrire avec les ingré­­dients d’un polar. Depuis les petits locaux de l’am­­bas­­sade d’Équa­­teur où il est confiné afin d’échap­­per à une extra­­­di­­tion vers les États-Unis, l’in­­for­­ma­­ti­­cien conti­­nue de twee­­ter et de donner des inter­­­views, notam­­ment à la chaîne publique russe RT. En mars 2017, Pamela Ander­­son déclare même publique­­ment entre­­te­­nir une rela­­tion amou­­reuse avec lui. Le person­­nage qui ressemble à l’ac­­trice améri­­caine dans l’épi­­sode « Chirur­­gie esthé­­tique » de 1998 ne va pas jusqu’à former un couple aussi impro­­ba­­ble…

Son ex-compa­­gnon, Kid Rock, appa­­raît en 2004 dans un épisode de la saison 8. Déter­­miné à concur­­ren­­cer le person­­nage en fauteuil roulant, Timmy, aux Jeux para­­lym­­piques, Cart­­man se lance à la recherche du chan­­teur qui, espère-t-il, pourra lui montrer comment feindre un handi­­cap mental. Une cari­­ca­­ture qui ne corres­­pond pas tout à fait à l’image que « The Son of Detroit » a de sa propre personne. Le 12 juillet 2017, Kid Rock annonce offi­­ciel­­le­­ment être candi­­dat au poste de séna­­teur du Michi­­gan sous la bannière de Donald Trump, le président qui s’était moqué d’un jour­­na­­liste atteint d’ar­­thro­­gry­­pose en 2015. Comment mieux paro­­dier un homme ne brillant pas par sa longueur de vue qu’en le sous-esti­­mant ? En le sures­­ti­­mant, semble répondre la poli­­tique améri­­caine qui, d’après l’ana­­lyste élec­­to­­ral améri­­cain David Byler, laisse une chance à l’ar­­tiste de rempor­­ter le scru­­tin en 2018.

Crédits : Comedy Central

Autre tête de turc des scéna­­ristes, Kanye West affirme en novembre que, même s’il n’a pas voté, sa préfé­­rence va à Donald Trump. Il n’au­­rait pas agi autre­­ment dans la série. Après sa rencontre avec le nouvel élu, en décembre 2016, le rappeur se justi­­fie sur Twit­­ter : « Il est impor­­tant d’avoir une commu­­ni­­ca­­tion directe avec notre futur président si nous voulons le chan­­ge­­ment. » Alors qu’il avait déclaré en 2015 vouloir se présen­­ter à l’élec­­tion prési­­den­­tielle de 2020, Yeezus ponc­­tue mysté­­rieu­­se­­ment son message du hash­­tag « #2024 ». Là encore, la poli­­tique améri­­caine offre des surprises plus éton­­nantes que la fiction.

La liste des événe­­ments si exces­­sifs ou ironiques qu’ils méri­­te­­raient un épisode est longue. On peut citer « l’uti­­li­­sa­­tion des oura­­gans Irma et Harvey par les médias pour accroître leurs audiences ; la menace crois­­sante de guerre nucléaire favo­­ri­­sée par Trump et Kim Jong-un ; la prépon­­dé­­rance de la domo­­tique ; les bruta­­li­­tés poli­­cières ; le sexisme dans la Sili­­con Valley et des millions d’autres choses », énumère Ted Gour­­ne­­los.

South Park se rappelle à la réalité jusque dans ses aspects les plus triviaux. Alors que l’épi­­sode « Rehash » de décembre 2014 sondait l’étrange fasci­­na­­tion qui pousse des millions d’in­­ter­­nautes à regar­­der le youtu­­beur PewDiePie jouer à des jeux vidéo en hurlant, celui-ci se montre sous un jour encore moins flat­­teur en février, puis septembre 2017. Après avoir proféré un certain nombre de blagues anti­­sé­­mites en plein lives­­tream, l’homme le plus suivi de YouTube traite un adver­­saire de « nigger » à la rentrée. Comme Randy Marsh dans le premier épisode de la saison 11, qui emploie la même insulte devant les camé­­ras de la roue de la fortune, PewDiePie est peut-être en train de perdre la partie. Lâché par ses spon­­sors, il essaye de sauver sa chaîne de la ferme­­ture.

Une chose est sûre, le youtu­­beur ne se retrou­­vera pas dans la saison 21, pas plus que Donald Trump. « Je veux reve­­nir aux scènes où on voit Cart­­man s’ha­­biller en robot et emmer­­der Butters, parce que pour moi, c’est le sel de South Park », explique Trey Parker. Le co-scéna­­riste veut mettre en scène « des gosses qui agissent comme des gosses, sont ridi­­cules et choquants, mais pas [ressas­­ser la ques­­tion] “tu as vu ce qu’a fait Trump hier ?” parce que ça ne m’in­­té­­resse plus. »

Les tour­­ments de l’Amé­­rique n’ont néan­­moins pas fini d’ins­­pi­­rer les deux compères. Dans le premier épisode de la nouvelle saison, les drapeaux confé­­dé­­rés bran­­dis par les mani­­fes­­tants qui prennent d’as­­saut South Park sont iden­­tiques à ceux que tenait l’ex­­trême-droite améri­­caine à Char­­lot­­tes­­ville en août.

Le premier épisode de la saison 21
Crédits : Comedy Central

Couver­­ture : M. Garri­­son fait un pâle Donald Trump. (Comedy Central)


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