par Ulyces | 0 min | 17 février 2015

À 13 ans, Tan Yi Han ne pouvait pas voir l’autre bout de la cour de son école. C’était en 1998 à Singa­­pour, capi­­tale pros­­père répu­­tée pour ses rues propres et ordon­­nées et pour son respect de l’en­­vi­­ron­­ne­­ment. Mais, pendant la majeure partie de cette année scolaire, des nuages de fumée bouchaient l’ho­­ri­­zon. En 1997, la pollu­­tion de l’air a atteint un taux record qui a persisté pendant plusieurs mois et provoqué une hausse de 30 % des visites médi­­cales à l’hô­­pi­­tal. Plus tard, on s’en souvien­­dra comme de l’un des « épisodes de brume sèche » les plus sévères qu’ait connu l’Asie du Sud-Est.

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Singa­­pour
Cité-État d’Asie du Sud-Est
Crédits : Yvonne Perkins

Dans la région, ces épisodes se sont répé­­tés presque chaque année depuis cette date. En 1998 et pendant des années, Tan n’y prêtait pas beau­­coup atten­­tion. Pour­­tant, en appro­­chant de la tren­­taine, il commença à se deman­­der d’où venait cette brume, et pourquoi elle reve­­nait sans cesse.

De l’air

D’après l’Or­­ga­­ni­­sa­­tion Mondiale de la Santé (OMS), la pollu­­tion atmo­s­phé­­rique tue envi­­ron sept millions de personnes chaque année. En 2012, elle était respon­­sable d’un décès sur huit dans le monde. Les prin­­ci­­pales causes de la mort étaient les attaques céré­­brales et les mala­­dies cardiaques, suivies par la bron­­cho-pneu­­mo­­pa­­thie chro­­nique obstruc­­tive (BPCO), le cancer du poumon et les infec­­tions respi­­ra­­toires chez l’en­­fant. Ces problèmes sont parti­­cu­­liè­­re­­ment aggra­­vés dans la région de l’Asie-Paci­­fique, qui compte 4,2 milliards d’ha­­bi­­tants et une forte densité de popu­­la­­tion. La Chine et l’Inde à elles seules rassemblent une popu­­la­­tion d’en­­vi­­ron 2,7 milliards. Ces deux pays sont à la fois les plus grands émet­­teurs et les plus grandes victimes de cette pollu­­tion.

En faisant le tour de Riau en voiture, il a décou­­vert des hectares entiers de paysages calci­­nés.

En 2010, 40 % des morts préma­­tu­­rées dues à la pollu­­tion atmo­s­phé­­rique ont eu lieu en Chine, le plus grand émet­­teur mondial de dioxyde de carbone, d’après une étude publiée dans The Lancet (une revue médi­­cale britan­­nique, ndt). L’école de méde­­cine de l’uni­­ver­­sité de Hong Kong a enre­­gis­­tré plus de 3 000 morts préma­­tu­­rées dans la ville en 2013, et la situa­­tion est encore plus alar­­mante dans de nombreuses villes de la Chine conti­­nen­­tale. Un sondage réalisé en 2013 par le think tank améri­­cain Pew Research Center a montré que 47 % des citoyens chinois pensent que la pollu­­tion de l’air est un problème « très grave » (contre 31 % en 2008). C’est désor­­mais l’une des préoc­­cu­­pa­­tions prin­­ci­­pales de nombreuses asso­­cia­­tions chinoises de défense de l’en­­vi­­ron­­ne­­ment, ainsi qu’une source gran­­dis­­sante d’inquié­­tude pour le gouver­­ne­­ment du pays. Des préoc­­cu­­pa­­tions simi­­laires émergent en Inde, où la pollu­­tion atmo­s­phé­­rique est à présent la cinquième cause de décès. D’après le Center of Science and Envi­­ron­­ment, une orga­­ni­­sa­­tion d’in­­té­­rêt public et de recherche basée à New Delhi, le nombre annuel de morts préma­­tu­­rées liées à la pollu­­tion a été multi­­plié par six entre 2000 et 2010, attei­­gnant le nombre de 620 000. En mai 2014, l’OMS a déclaré que New Delhi avait, sur 1 600 villes exami­­nées, le plus fort taux de pollu­­tion, et que son augmen­­ta­­tion avait favo­­risé le risque d’at­­taques céré­­brales, de cancers et de mala­­dies cardiaques. Une autre étude menée en 2014 a établi un lien entre la chute signi­­fi­­ca­­tive des récoltes de blé et de riz et la présence crois­­sante de deux polluants : le noir de carbone prove­­nant des cuisi­­nières utili­­sées dans les campagnes et l’ozone au sol émis par les voitures, les émis­­sions de l’in­­dus­­trie et les solvants chimiques, entre 1980 et 2010. En Chine comme en Inde, la pollu­­tion de l’air est l’une des consé­quences d’un exode massif vers les villes, qui a débuté dans les dernières décen­­nies. Ce chan­­ge­­ment a contri­­bué à l’aug­­men­­ta­­tion des émis­­sions des voitures et des usines (notam­­ment les centrales élec­­triques alimen­­tées au char­­bon), et à la forma­­tion d’une classe moyenne cher­­chant à consom­­mer de plus en plus de produits euro­­péens ou améri­­cains.

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Shan­­ghai dans la brume
Crédits : Edwin Lee

L’Asie du Sud-Est a rencon­­tré des problèmes simi­­laires dans les dernières décen­­nies, car son écono­­mie comme sa popu­­la­­tion ont connu un véri­­table boom. Selon l’OMS, près d’un million de personnes parmi les 3,7 millions qui ont trouvé la mort à cause de la pollu­­tion atmo­s­phé­­rique en 2012 étaient origi­­naires d’Asie du Sud-Est. Mais en plus des émis­­sions des chemi­­nées et des pots d’échap­­pe­­ment, la région est confron­­tée à un autre fléau : le nuage de fumée généré en Indo­­né­­sie, consé­quence néfaste de la produc­­tion d’huile de palme, une indus­­trie pesant cinquante milliards de dollars améri­­cains.

Les terres brûlées

À l’été 2013, Tan Yi Han a pris l’avion pour traver­­ser le détroit de Malacca et se rendre à Pekan­­baru, la capi­­tale de la province de Riau, première région produc­­trice d’huile de palme en Indo­­né­­sie. Tan, consul­­tant finan­­cier alors âgé de 28 ans, était béné­­vole pour le Global Envi­­ron­­ment Centre, une orga­­ni­­sa­­tion malai­­sienne qui a lutté pendant des années pour empê­­cher et limi­­ter les effets de la fumée. Il s’est rendu au cœur de l’In­­do­­né­­sie voisine juste après un épisode de fumée record en Malai­­sie pénin­­su­­laire. En faisant le tour de Riau en voiture, il a décou­­vert des hectares entiers de paysages calci­­nés. Les feux avaient trans­­formé les tour­­bières maré­­ca­­geuses, végé­­ta­­tion natu­­relle de la région, en une terre dessé­­chée semblable à du char­­bon. Ces incen­­dies volon­­taires avaient pour but d’as­­sé­­cher les maré­­cages afin de les prépa­­rer à un usage agri­­cole, et prin­­ci­­pa­­le­­ment à la culture d’huile de palme. Mais dans certains villages, le feu est allé jusqu’à détruire les palmiers à huile déjà exis­­tants, qui appar­­te­­naient à des multi­­na­­tio­­nales ou à des fermiers de la région.

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Tan Yi Han
Crédits : Natio­­nal Univer­­sity of Singa­­pore

Tan a fait une rencontre inou­­bliable dans le village de Rantau Bais. Là, un couple lui a offert quan­­tité de thé et de biscuits, avant de lui deman­­der genti­­ment s’il pouvait écono­­mi­­ser de sa propre nour­­ri­­ture pour eux. Leur fille avait déve­­loppé un problème respi­­ra­­toire à cause de la fumée. La facture qu’ils avaient reçue, cumu­­lée à l’in­­cen­­die qui avait détruit leur plan­­ta­­tion, les privaient d’argent et de nour­­ri­­ture. Jusqu’à ce jour, il avait toujours consi­­déré ces brasiers comme des « feux de forêt », un terme fréquem­­ment employé dans les médias. Mais il avait à présent devant lui un rappel poignant que ces feux affec­­taient des terres et des personnes bien réelles. « Cela m’a vrai­­ment touché, dit-il. Je me suis promis que je ferais de mon mieux pour qu’ils ne souffrent plus jamais à cause de ces feux. » Il sentait que c’était là un problème qui deman­­dait une atten­­tion plus grande de la part du public et appe­­lait des actions concrètes, quand le moment vien­­drait. « Je dois faire en sorte que davan­­tage de personnes se sentent impliquées, a-t-il pensé, et que cela donne lieu à un véri­­table mouve­­ment. »

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Tout les ciels brumeux se ressemblent peut-être, mais chaque source d’émis­­sions est unique. La chemi­­née d’une usine de Pékin rejette dans l’at­­mo­­sphère un mélange de substances chimiques diffé­rent de celui du pot d’échap­­pe­­ment d’une voiture à New Delhi. Et le taux de pollu­­tion d’une ville donnée dépen­­dra de la rigueur avec laquelle les émis­­sions sont contrô­­lées et de la faci­­lité plus ou moins grande avec laquelle elles peuvent être disper­­sées. Les émis­­sions des véhi­­cules et des usines ont été analy­­sées pendant des dizaines d’an­­nées dans les pays à haut revenu, mais nous ne compre­­nons pas encore tout à fait ce phéno­­mène de brume sèche et son impact sur la santé. « Peu de personnes ont enquêté sur le sujet, malgré l’im­­por­­tance du phéno­­mène », explique Miki­­nori Kuwata, un chimiste spécia­­liste de l’at­­mo­­sphère travaillant à l’uni­­ver­­sité de tech­­no­­lo­­gie de Nanyang, à Singa­­pour. Contrai­­re­­ment aux gaz émis par les usines et les voitures, la fumée des incen­­dies de forêt n’est pas régu­­lée par des filtres de chemi­­nées, des cata­­ly­­seurs ou d’autres outils d’at­­té­­nua­­tion de la pollu­­tion. La compo­­si­­tion de la fumée varie large­­ment selon le type de maté­­riau en feu. Les tour­­bières, par exemple, prennent plus de temps pour brûler que des maté­­riaux plus secs, de même que le bois mouillé se consu­­mera plus lente­­ment que s’il est sec. Selon l’Agence améri­­caine de protec­­tion de l’en­­vi­­ron­­ne­­ment (United States Envi­­ron­­men­­tal Protec­­tion Agency), les tour­­bières brûlent à des tempé­­ra­­tures moins élevées et émettent une fumée plus nocive et plus dense que les feux de forêt ou de prés.

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Feu de tour­­bière
Malai­­sie, juin 2013
Crédits : Tan Yi Han

Les émis­­sions d’un feu de tour­­bière dépen­­dront en grande partie de la compo­­si­­tion de la tourbe, de sa tempé­­ra­­ture de combus­­tion et de la profon­­deur à laquelle le feu survient. Mais on ne connaît pas encore de tels détails pour le cas de l’In­­do­­né­­sie, car les tour­­bières de ce pays s’étendent sur une surface de la taille du Royaume-Uni… La consé­quence, selon Kuwata, est que « nous n’avons pas de recen­­se­­ment fiable » des feux de tour­­bières dans le pays. Dans son labo­­ra­­toire de Singa­­pour, il fait brûler de la tourbe indo­­né­­sienne dans le but d’étu­­dier ses proprié­­tés chimiques, mais il affirme que son travail est contraint, car il ne peut être sûr que ses expé­­riences sont conformes à la réalité. L’In­­do­­né­­sie est une grande réserve de tour­­bières tropi­­cales – et, pendant toute une géné­­ra­­tion, ces terres ont été brûlées pour prépa­­rer le sol à la culture des palmiers à huile. La fumée provoquée par ces feux repré­­sente désor­­mais 40 % des émis­­sions de gaz à effet de serre de toute l’In­­do­­né­­sie. L’huile de palme sert d’in­­gré­­dient à de nombreux produits, du rouge à lèvres à la crème glacée. Mais elle a égale­­ment aidé le pays, et c’est une distinc­­tion peu glorieuse, à se clas­­ser comme le troi­­sième émet­­teur de gaz à effet de serre au monde, derrière la Chine et les États-Unis, et à deve­­nir l’une des sources de produc­­tion prin­­ci­­pales d’un nuage de fumée parti­­cu­­liè­­re­­ment nocif.

Un problème opaque

Par un après-midi d’été, le ciel était d’un blanc crémeux dans la province de Riau, qui produit envi­­ron un quart de l’huile de palme indo­­né­­sienne. Je me suis d’abord arrêté au quar­­tier géné­­ral de WALHI, une ONG basée dans la ville de Pekan­­baru qui se bat auprès du gouver­­ne­­ment indo­­né­­sien pour lutter contre la brume sèche et d’autres problèmes envi­­ron­­ne­­men­­taux. Lorsque je suis arrivé dans leurs locaux, situés dans un immeuble rési­­den­­tiel près de l’aé­­ro­­port de Pekan­­baru, un groupe d’agri­­cul­­teurs et d’ac­­ti­­vistes discu­­taient de la brume en fumant des ciga­­rettes et buvant du café en compa­­gnie de Sri Nurhayati Qodriya­­tun, cher­­cheuse pour le Secré­­taire Géné­­ral du Parle­­ment indo­­né­­sien.

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Un habi­­tant de Taipei, pris à la gorge par l’air pollué
Crédits : Ken Mayer

Qodriya­­tun a déclaré que son employeur l’avait envoyée à Riau pour réali­­ser un rapport sur la brume sèche. Lors de cette rencontre, elle a expliqué que, d’après les esti­­ma­­tions du gouver­­ne­­ment, les feux de forêt n’avaient géné­­ra­­le­­ment pas lieu dans les grandes plan­­ta­­tions. La foule a commencé à s’agi­­ter. « Les décla­­ra­­tions du gouver­­ne­­ment à propos de la fumée sont fausses ! » a crié un mili­­tant du Forest Rescue Riau Network, une ONG locale. « Et les ministres ne se consultent pas entre eux, ils ne font que s’ac­­cu­­ser les uns les autres ! » Cet échange illus­­trait bien les débats inter­­­mi­­nables ayant cours en Asie du Sud-Est pour déter­­mi­­ner à qui revient la respon­­sa­­bi­­lité des feux de tour­­bières. Les agri­­cul­­teurs et les groupes de défense de l’en­­vi­­ron­­ne­­ment accusent souvent des entre­­prises loca­­li­­sées à Singa­­pour ou en Malai­­sie de ces délits. Mais de nombreuses entre­­prises déclarent que de telles accu­­sa­­tions sont exagé­­rées et qu’elles ont gran­­de­­ment réformé leurs pratiques d’as­­sè­­che­­ment des terres au cours des dernières années, à travers des actions telles que la Table ronde pour une huile de palme durable (Round­­table on Sustai­­nable Palm Oil), un consor­­tium dirigé par l’in­­dus­­trie. Dans tous les cas, pour­­sui­­vait Qodriya­­tun, les feux ont porté atteinte à la répu­­ta­­tion inter­­­na­­tio­­nale de l’In­­do­­né­­sie, et le gouver­­ne­­ment ne prête que peu d’at­­ten­­tion à l’im­­pact sur la santé dans la province de Riau et dans l’en­­semble du pays. « En ce qui me concerne, je ne trouve pas que le gouver­­ne­­ment s’en sorte si bien que cela », m’a-t-elle confié après la rencontre. « En géné­­ral, ils réagissent après les feux, mais je pense qu’ils devraient réflé­­chir à des mesures de préven­­tion. » Pour­­tant, les feux de tour­­bière sont connus pour être diffi­­ciles à anti­­ci­­per et à éteindre. Ils démarrent et se répandent faci­­le­­ment et parfois de façon incon­­trô­­lable, en fonc­­tion de la vitesse du vent, de la profon­­deur du sol et de la séche­­resse de l’air. « Il est très diffi­­cile de déter­­mi­­ner la gravité d’un feu quand il commence », dit Dedy Tarsedi, un agri­­cul­­teur du village de Bunga­­raya dans la province de Riau. Nous étions assis dans un café en bord de route, près des palmiers. Tarsedi m’a expliqué que la culture des palmiers était une culture de choix pour les agri­­cul­­teurs de la ville car elle rapporte plus que le riz paddy. Un hectare de palmiers équi­­vaut en moyenne à 48 millions de roupies indo­­né­­siennes (envi­­ron 3 360 euros) par an. Le riz paddy, lui, ne rapporte que 40 millions de roupies.

Les parti­­cules fines sont plus diffi­­ciles à arrê­­ter à l’aide de simples masques chirur­­gi­­caux.

Mais si la culture des palmiers s’est accrue dans le village, les feux aussi. Et ils touchent à la fois les plan­­ta­­tions indus­­trielles et les petits produc­­teurs. « Si un feu survient et qu’on ne peut pas le contrô­­ler, nous ferons un rapport », déclare Maman, un agri­­cul­­teur de Bunga­­raya. « Mais il arrive que même les héli­­co­­ptères ne puissent rien faire face aux flammes. Et lors des feux les plus graves, beau­­coup d’en­­fants se mettent à tous­­ser et doivent être soignés à la clinique. » En 2009, l’In­­do­­né­­sie a voté une loi inter­­­di­­sant les feux de tour­­bière. Les agri­­cul­­teurs de Bunga­­raya m’ont raconté qu’en consé­quence, ils avaient commencé à nettoyer les champs de tourbe à la main, sans y mettre le feu. Mais Tarsedi explique que de telles méthodes demandent plus de travail et des quan­­ti­­tés plus grandes de ferti­­li­­sants. Cela requiert plus de temps et d’argent, et la plupart des agri­­cul­­teurs ne sont pas prêts à faire de tels sacri­­fices.

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Quand le vent souffle de l’ouest, la fumée peut s’étendre vers l’est, à travers le détroit de Malacca et jusqu’à Singa­­pour et Kuala Lumpur (la capi­­tale de la Malai­­sie toute proche), qui concentrent une popu­­la­­tion d’en­­vi­­ron sept millions de personnes. L’Asie du Sud-Est n’est pas la seule région où de grandes éten­­dues de végé­­ta­­tion prennent feu. La majeure partie des feux dans le monde surviennent en Afrique et en Amérique du Sud. Mais les feux en Asie du Sud-Est sont uniques car ils ont lieu à proxi­­mité de centres urbains très denses, explique Miriam Marlier, une cher­­cheuse de l’uni­­ver­­sité de Colum­­bia spécia­­liste de l’at­­mo­­sphère. Il n’existe aucune étude détaillée sur l’im­­pact d’une expo­­si­­tion répé­­tée à la fumée de tour­­bière sur la santé humaine, et encore moins sur les diffé­­rences entre les proprié­­tés chimiques de ces feux et celles d’autres feux de biomasse. Pour­­tant, des recherches récentes offrent quelques indices. Des cher­­cheurs améri­­cains ont démon­­tré que les feux de tour­­bière qui ont eu lieu dans les États du Sud durant l’été 2008 ont causé un pic de visites aux urgences pour des problèmes d’in­­suf­­fi­­sance cardiaque et pour des troubles respi­­ra­­toires en lien avec l’asthme. Dans une étude de suivi publiée en juin 2014, ils ont fait brûler de la tourbe à moitié carbo­­ni­­sée prove­­nant des feux près des souris du labo­­ra­­toire. Les problèmes pulmo­­naires qui en ont résulté étaient liés aux parti­­cules les plus grosses de la fumée, et les problèmes cardiaques aux parti­­cules fines. Le souci prin­­ci­­pal, d’un point de vue sani­­taire, est que les feux de tourbes ont tendance à géné­­rer de plus grandes quan­­ti­­tés de parti­­cules fines, nommées PM2,5, que les feux de forêt clas­­siques. C’est un fait inquié­­tant car on consi­­dère que ces parti­­cules pénètrent davan­­tage dans le sang, ce qui implique un risque plus grand que le cœur ou d’autres organes internes soient touchés. Elles sont aussi plus diffi­­ciles à arrê­­ter à l’aide des simples masques chirur­­gi­­caux que de nombreux asia­­tiques portent comme protec­­tion contre la pollu­­tion dans les villes.

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Feux de tourbes
Crédits

Une étude large­­ment répan­­due en 2012 et publiée dans la revue Envi­­ron­­men­­tal Health Pers­­pec­­tives a estimé qu’en­­vi­­ron 339 000 morts entre 1997 et 2006 étaient dues aux feux de forêt. Près de quatre morts sur cinq étaient liées à une expo­­si­­tion chro­­nique, et non spora­­dique, à la fumée. L’Afrique subsa­­ha­­rienne et l’Asie du Sud-Est comp­­taient respec­­ti­­ve­­ment 157 000 et 110 000 morts, et le taux de morta­­lité a connu un pic pendant les années domi­­nées par le phéno­­mène clima­­tique El Niño, typique­­ment lié à un temps plus sec en Asie du Sud-Est. « La réduc­­tion de l’ex­­po­­si­­tion moyenne de la popu­­la­­tion à la pollu­­tion de l’air est une tenta­­tive mondiale qui aura sûre­­ment des béné­­fices immé­­diats et consé­quents sur la santé », concluent les cher­­cheurs. Une autre étude, réali­­sée en 2012 par Miriam Marlier ainsi que des scien­­ti­­fiques améri­­cains et britan­­niques, a montré qu’1 à 11 % de la popu­­la­­tion d’Asie du Sud-Est a été expo­­sée à la pollu­­tion de façon répé­­tée. Cette pollu­­tion était de loin supé­­rieure à la qualité de l’air recom­­man­­dée par l’OMS lors des épisodes de fumée inter­­­mit­­tents qui ont eu lieu entre 1997 et 2006. Une expo­­si­­tion élevée pendant les années touchées par El Niño a causé la mort d’en­­vi­­ron 15 000 adultes par an suite à des problèmes cardio­­vas­­cu­­laires, écrivent les cher­­cheurs. Envi­­ron deux tiers de ces morts étaient liées à des parti­­cules fines, et le tiers restant au niveau d’ozone dans l’at­­mo­­sphère. Pour­­tant, les preuves manquaient pour diffé­­ren­­cier la toxi­­cité des parti­­cules fines émanant des feux de tour­­bière et celle des parti­­cules émises dans les villes améri­­caines. Certains scien­­ti­­fiques suggèrent que les effets des feux de tour­­bière sur la santé humaine à long terme sont sans doute simi­­laires à ceux de la pollu­­tion de l’air en milieu urbain, qui inclut aussi des parti­­cules fines. Personne ne peut en être sûr, car aucune recherche n’a été effec­­tuée pour véri­­fier cette théo­­rie.

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Les feux de Suma­­tra
Crédits : NASA

Raja­­se­­khar Bala­­su­­bra­­ma­­nian, un ingé­­nieur en envi­­ron­­ne­­ment améri­­cain qui étudie la brume à l’Uni­­ver­­sité Natio­­nale de Singa­­pour, suppose que l’ex­­po­­si­­tion à la fumée sur le long terme pour­­rait avoir un impact sur l’état de santé des personnes sans pour autant dimi­­nuer leur espé­­rance de vie. Dans une étude réali­­sée en 2013, ses collègues et lui ont démon­­tré que l’at­­mo­­sphère planant au-dessus de Singa­­pour lors d’un épisode de brume sèche contient de l’ar­­se­­nic, du chrome, du cadmium et d’autres molé­­cules cancé­­ri­­gènes. Ils ont estimé que le niveau normal de pollu­­tion aux parti­­cules fines était la cause d’en­­vi­­ron douze cancers sur un million déve­­lop­­pés par les habi­­tants dans leur vie. Mais si ces épisodes duraient dix jours pendant soixante-dix années consé­­cu­­tives, le nombre de cancers aurait de grandes chances d’aug­­men­­ter de moitié. Malgré cela, aucun effort inter­­­na­­tio­­nal n’est fait pour analy­­ser la brume sèche de façon inter­­­dis­­ci­­pli­­naire. C’est en partie dû au carac­­tère inter­­­mit­tent et impré­­vi­­sible du phén­­no­­mène, affirme Bala­­su­­bra­­ma­­nian : la météo extrê­­me­­ment variable de l’Asie du Sud-Est rend diffi­­cile toute tenta­­tive de prévoir ces épisodes et d’éva­­luer leur propa­­ga­­tion. Il compare même les parti­­cules des feux de tour­­bière à une saute­­relle s’élançant dans les airs avant de filer de nouveau vers le sol, pour repar­­tir aussi­­tôt. Selon Bala­­su­­bra­­ma­­nian, un autre problème réside dans le fait que le public ne consi­­dère pas encore la fumée comme un réel problème de santé. « Les gens se disent que c’est un problème qui n’af­­fecte que l’In­­do­­né­­sie », m’a-t-il confié un après-midi dans son bureau de l’uni­­ver­­sité natio­­nale de Singa­­pour. Pour les gouver­­ne­­ments et les orga­­nismes de finan­­ce­­ment, « la prio­­rité est de limi­­ter les risques. Ils se demandent comment dimi­­nuer l’ex­­po­­si­­tion à la fumée au lieu d’étu­­dier le phéno­­mène lui-même. » L’ac­­tion d’at­­té­­nuer la pollu­­tion est aussi poli­­tique. Les pays d’Asie du Sud-Est ont peu de contrôle sur ce qui traverse leurs fron­­tières par la voie des airs : contrai­­re­­ment à l’Union Euro­­péenne, l’As­­so­­cia­­tion des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) n’a pas l’au­­to­­rité légale pour forcer ses membres à agir contre leurs inté­­rêts propres. Un exemple type ? L’ac­­cord trans­­fron­­ta­­lier passé par l’ANASE en 2002 au sujet de la brume, un docu­­ment d’en­­tente non-contrai­­gnante entre les dix États membres décla­­rant qu’ils feraient tout pour empê­­cher et contrô­­ler les feux de tour­­bière. Cet accord implique des échanges de tech­­no­­lo­­gies et d’autres mesures desti­­nées à amélio­­rer le dialogue et la coopé­­ra­­tion régio­­naux sur ce sujet. On a tout d’abord salué cela comme une mesure histo­­rique, mais le Parle­­ment indo­­né­­sien a refusé de le rati­­fier jusqu’en septembre 2014. Laode M. Sharif, un avocat envi­­ron­­ne­­men­­tal basé à Jakarta, a déclaré que c’était en grande partie dû au fait que l’In­­do­­né­­sie essayait depuis long­­temps d’uti­­li­­ser l’ac­­cord sur la fumée pour faire pres­­sion sur Singa­­pour, afin d’ob­­te­­nir l’au­­to­­ri­­sa­­tion d’ex­­tra­­der des citoyens indo­­né­­siens recher­­chés pour des crimes dans leur pays d’ori­­gine.

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Singa­­pour, le 24 et le 21 juin 2013
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L’ANASE a tendance à consi­­dé­­rer le déve­­lop­­pe­­ment écono­­mique, la souve­­rai­­neté natio­­nale et la non-inter­­­fé­­rence mutuelle entre les pays comme ses plus grandes prio­­ri­­tés, explique Helena Vark­­key, maître de confé­­rence au Dépar­­te­­ment d’études inter­­­na­­tio­­nales et stra­­té­­giques de l’uni­­ver­­sité de Malai­­sie. Selon elle, l’ANASE se montre peu dispo­­sée à lutter contre la brume sèche car elle cherche à faire preuve de défé­­rence envers les grandes entre­­prises de produc­­tion d’huile de palme, dont beau­­coup sont basées à Singa­­pour ou en Malai­­sie. En effet, de nombreux spécia­­listes ont affirmé que les conces­­sions terri­­to­­riales de l’In­­do­­né­­sie (son attri­­bu­­tion de terrains pour les plan­­ta­­tions commer­­ciales) étaient large­­ment liées à la corrup­­tion. Il y a même une blague popu­­laire qui dit que si l’on comp­­tait les conces­­sions de terri­­toires succes­­sives comme faisant partie du terri­­toire indo­­né­­sien, la super­­­fi­­cie du pays serait plus impor­­tante. Mais les entre­­prises et les repré­­sen­­tants du gouver­­ne­­ment refusent de rendre ces cartes publiques. « C’est un désordre monstre », dit Andika Putra­­di­­tama, un analyste de la recherche pour le bureau de Jakarta de l’Ins­­ti­­tut des ressources mondiales (World Resources Insti­­tute), un orga­­nisme de recherche basé à Washing­­ton. C’est égale­­ment l’une des raisons pour lesquelles les tour­­bières indo­­né­­siennes conti­­nuent de brûler.

L’anti-brume

Dans ces circons­­tances, Tan Yi Han, conseiller finan­­cier de Singa­­pour et mili­­tant indé­­pen­­dant anti-brume sèche, espère influen­­cer le débat régio­­nal sur ce phéno­­mène. Au début de l’an­­née 2014, il a créé une orga­­ni­­sa­­tion de citoyens appe­­lée People’s Move­­ment to Stop Haze, ou PM Haze (le Mouve­­ment popu­­laire pour entra­­ver la brume sèche), dans le but de lancer la discus­­sion sur le sujet. « J’ai la profonde convic­­tion que nous avons besoin de gagner en influence », décla­­rait Tan lors d’une réunion du mouve­­ment un dimanche soir. Il était seul dans la salle avec Putera Zenata, un maître d’école indo­­né­­sien qui avait rejoint le groupe après l’avoir décou­­vert en ligne. Le rendez-vous avait lieu dans le modeste appar­­te­­ment de Zenata, dans un quar­­tier de la classe moyenne à Singa­­pour.

De nombreux pays à faible revenu se font plus stricts sur les normes en matière de pollu­­tion.

En juin 2014, un des jour­­naux de la ville natale de Tan (The Inde­­pendent) l’a décrit comme « le combat­­tant intré­­pide de la fumée singa­­pou­­rienne ». Mais PM Haze, avec seule­­ment dix membres actifs et aucun finan­­ce­­ment exté­­rieur, demeure loin derrière les autres groupes de défense et de recherches qui se battent contre la pollu­­tion de l’air dans d’autres régions d’Asie. À New Delhi, le Centre for Science and the Envi­­ron­­ment (Centre pour la science et l’en­­vi­­ron­­ne­­ment) a proposé des mesures spéci­­fiques que le gouver­­ne­­ment pour­­rait mettre en place pour lutter contre la pollu­­tion – par exemple, des mesures dras­­tiques à l’en­­contre des feux ouverts. À Pékin, l’Ins­­ti­­tute of Public and Envi­­ron­­men­­tal Affairs (Insti­­tut des affaires publiques et envi­­ron­­ne­­men­­tales) fait la promo­­tion d’une appli­­ca­­tion mobile mesu­­rant la pollu­­tion, comme un moyen de faire davan­­tage pres­­sion sur les entre­­prises polluantes. De son propre aveu, Tan a très peu d’ex­­pé­­rience dans le secteur béné­­vole. Il m’a avoué n’avoir aucun plan pour faire pres­­sion sur le gouver­­ne­­ment et l’in­­dus­­trie et les forcer à agir – du moins, pas encore. Pour le moment, dit-il, PM Haze essaie simple­­ment de se rensei­­gner sur les moindres détails du problème, avant de commu­­niquer ses trou­­vailles au habi­­tants de Singa­­pour. Au début du mois de novembre 2014, le groupe a mis en place une « expo­­si­­tion autour de la brume » à but infor­­ma­­tif qui a attiré envi­­ron huit cents visi­­teurs. Sur le long terme, Tan dit qu’ils ont égale­­ment comme projet de réali­­ser un docu­­men­­taire en Indo­­né­­sie. « Mon objec­­tif person­­nel est de mettre un terme à la brume sèche d’ici à 2023 », a-t-il ajouté avec noncha­­lance. Cette idée pour­­rait bien s’avé­­rer tota­­le­­ment chimé­­rique. Mais d’après Wilson Ang, le direc­­teur adjoint chargé de la dura­­bi­­lité à l’Ins­­ti­­tut des affaires inter­­­na­­tio­­nales de Singa­­pour, l’épi­­sode de brume sèche survenu en juin 2013 a provoqué une « impli­­ca­­tion beau­­coup plus forte » des habi­­tants de Singa­­pour sur cette ques­­tion. L’épi­­sode a entraîné la créa­­tion de la Haze Elimi­­na­­tion Action Team (Équipe d’in­­ter­­ven­­tion pour l’éra­­di­­ca­­tion de la brume sèche), une autre orga­­ni­­sa­­tion commu­­nau­­taire aux côtés de PM Haze. Les deux asso­­cia­­tions ont depuis effec­­tué des visites des sites touchés en Indo­­né­­sie, ouvert le dialogue avec les entre­­prises produc­­trices d’huile de palme et trans­­mis aux offi­­ciels singa­­pou­­riens leurs commen­­taires et leurs conseils. « Une approche de terrain telle que celle-ci est très appré­­ciée par le gouver­­ne­­ment », dit Ang. Il n’en demeure pas moins que la brume pose un problème de santé publique gran­­dis­­sant dans de nombreux pays, surtout dans les pays à faible revenu. « Nous avons mis en place beau­­coup de règles pour contrô­­ler les points sources de la pollu­­tion, et pour­­tant, quand on fait le calcul, les condi­­tions ambiantes ne s’amé­­liorent pas », commente Jacque­­line McGlade, scien­­ti­­fique en chef du Programme des Nations Unies pour l’En­­vi­­ron­­ne­­ment (PNUE). Un autre problème survient, m’a-t-elle dit, lorsqu’on relie les données sur la pollu­­tion atmo­s­phé­­rique avec la recherche sur ses consé­quences, et qu’on tient les gouver­­ne­­ments pour respon­­sables d’im­­po­­ser des lois sur la pollu­­tion.

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Joko Widodo
Président de la Répu­­blique d’In­­do­­né­­sie depuis le 20 octobre 2014
Crédits : Provin­­cial Govern­­ment of Jakarta

La pollu­­tion de l’air est plus que jamais l’une des cibles prin­­ci­­pales des poli­­tiques de réforme et des inter­­­ven­­tions pour la santé publique. De nombreux pays à faible revenu, aux prises avec les consé­quences sur l’en­­vi­­ron­­ne­­ment et la santé de l’aug­­men­­ta­­tion de leur popu­­la­­tion, se font plus stricts sur les normes en matière de pollu­­tion. L’aide inter­­­na­­tio­­nale et les agences de déve­­lop­­pe­­ment intro­­duisent aussi des projets pour surveiller et régu­­ler les émis­­sions de parti­­cules. En Asie du Sud-Est, la brume est récem­­ment réap­­pa­­rue sur le radar poli­­tique de l’ANASE. Au début du mois de juillet 2014, des offi­­ciels de la province de Riau ont annoncé qu’ils allaient lancer un « audit de confor­­mité » à grande échelle auprès des offi­­ciels locaux et des entre­­prises d’agro­­fo­­res­­te­­rie en lien avec les tour­­bières. Le 5 août, le parle­­ment de Singa­­pour a voté une loi qui auto­­rise le gouver­­ne­­ment à taxer les entre­­prises natio­­nales et étran­­gères jusqu’à deux millions de dollars singa­­pou­­riens (envi­­ron 1,3 million d’eu­­ros) s’ils provoquent ou contri­­buent à la fumée. Et le 16 septembre, le parle­­ment indo­­né­­sien a fina­­le­­ment rati­­fié l’ac­­cord trans­­fron­­ta­­lier sur la brume sèche établi par l’ANASE en 2002, douze ans après sa créa­­tion. Cet été-là, un conseiller prin­­ci­­pal de Joko « Jokowi » Widodo, qui était alors Président de l’In­­do­­né­­sie, a déclaré que le nouveau gouver­­ne­­ment avait l’in­­ten­­tion de renou­­ve­­ler la loi qui inter­­­di­­sait les feux de tour­­bière, quand elle expi­­rera en 2015. Widodo lui-même a dit qu’il comp­­tait ratio­­na­­li­­ser la gouver­­nance foncière en mettant en place une poli­­tique fores­­tière à « une seule carte ». « La brume sèche est causée à la fois par les habi­­tants et par les entre­­prises », a-t-il déclaré en août au Straits Times, un jour­­nal de Singa­­pour. « Si nous appliquons la loi de façon juste et stricte, alors nous pour­­rons régler ce problème. » Mais quelle est l’im­­por­­tance de ces déve­­lop­­pe­­ments ? En écou­­tant divers analystes qui se sont penchés sur le problème de la brume en Asie du Sud-Est, j’ai pu entendre des opinions très diffé­­rentes. Certains, comme Helena Vark­­key, ne sont pas très opti­­mistes, prin­­ci­­pa­­le­­ment car l’In­­do­­né­­sie et l’ANASE ont pour le moment fait très peu de progrès sur cette ques­­tion. Ni la loi singa­­pou­­rienne, ni l’ac­­cord régio­­nal sur la brume sèche ne sont appli­­cables dans les tribu­­naux indo­­né­­siens. Et si les chan­­ge­­ments de climats conti­­nuent de faire augmen­­ter le nombre de séche­­resses et de feux de forêt dans le monde entier, comme de nombreux scien­­ti­­fiques le disent, l’in­­ci­­dence sur les feux de tour­­bière a de fortes chances d’aug­­men­­ter aussi, posant encore plus de diffi­­cul­­tés pour que la loi soit appliquée. Mais d’autres voient d’un bon œil les mesures prises par les gouver­­ne­­ments indo­­né­­sien et singa­­pou­­rien. Ces mesures pour­­raient insuf­­fler une nouvelle vie à des lois indo­­né­­siennes préexis­­tantes desti­­nées à lutter contre la brume sèche. L’ac­­ti­­vité poli­­tique récente leur donne l’es­­poir d’em­­pê­­cher les feux de tour­­bière de deve­­nir le statu-quo des géné­­ra­­tions futures en Asie du Sud-Est. « Jokowi a effec­­ti­­ve­­ment déclaré qu’il comp­­tait agir contre la brume sèche, dit Tan Yi Han. Ce ne sont que des mots, mais c’est déjà ça. »

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Été singa­­pou­­rien
Crédits

Traduit de l’an­­glais par Sophie Gino­­lin d’après l’ar­­ticle « Where there’s smoke », paru dans Mosaic Science. Couver­­ture : Les cieux toxiques d’une grande ville asia­­tique, par Jona­­than Kos-Read.
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