par Amy Wallace | 0 min | 10 août 2017

Pablo Esco­­bar est à terre. Alors qu’il s’en­­fuyait sur les toits de Medellín, ce 2 décembre 1993, le trafiquant de drogues le plus célèbre au monde a pris une balle de la police colom­­bienne. Les derniers moments du boss du cartel de Medellín intro­­duisent la nouvelle saison de la série Narcos. À travers ses yeux, on peut aper­­ce­­voir, dans le flou de l’image, deux paires de jambes s’ap­­pro­­cher pour lui porter le coup fatal. Désor­­mais, la voie est ouverte pour ses héri­­tiers. « Le jour où Pablo est tombé, le cartel de Cali est devenu l’en­­nemi numéro un », annonce la voix off de la bande-annonce publiée samedi 5 août.

Crédits : Netflix

Pour ce troi­­sième volet, le réali­­sa­­teur et produc­­teur José Padilha s’est inté­­ressé aux anciens rivaux et succes­­seurs d’El Patrón. Car Narcos, précise-t-il, n’est pas simple­­ment une série « sur Pablo Esco­­bar, mais sur le trafic de cocaïne en géné­­ral. Quand la cocaïne est passée d’une petite produc­­tion au Chili à un commerce en Colom­­bie, qu’elle a fran­­chi les fron­­tières et est deve­­nue un problème pour les États-Unis, il se trouve qu’Es­­co­­bar a eu un rôle prépon­­dé­­rant. » Si ce dernier reste le plus connu, « les auto­­ri­­tés améri­­caines disent que ce sont les frères Rodrí­­guez Orejuela, autre­­ment dit les chefs du cartel de Cali, qui étaient les vrais rois de la cocaïne », indique le jour­­na­­liste Ron Chepe­­siuk, auteur du livre Esco­­bar vs. Cali: The War of the Cartels. En vérité, le marché de la drogue colom­­bienne a plus été marqué de leur sceau que de celui d’Es­­co­­bar.

Ajedre­­cista

Au début du mois de juin 1995, le cartel de Cali possède plus de mille proprié­­tés, dont une centaine de bureaux, plusieurs dizaines de locaux commer­­ciaux, deux bars, autant de parkings et même une clinique. Assis sur une fortune esti­­mée à trois milliards de dollars, son chef, Gilberto Rodrí­­guez Orejuela, occupe un luxueux appar­­te­­ment de Santa Monica, un quar­­tier huppé de Cali. Tout génie des affaires qu’il est, l’homme a besoin de person­­nel pour l’ai­­der à gérer ce patri­­moine. « Contrai­­re­­ment à ce qui est commu­­né­­ment admis, la personne la plus impor­­tante dans la vie d’un narco-trafiquant n’est ni sa mère ni sa femme, mais son comp­­table », observe le géné­­ral Rosso José Serrano Cadena, qui diri­­geait l’opé­­ra­­tion de déman­­tè­­le­­ment de l’or­­ga­­ni­­sa­­tion des frères mafieux. « Ces gars mani­­pulent tant d’argent qu’ils ne savent pas comment le contrô­­ler. » C’est juste­­ment en suivant la trace de ce comp­­table que Serrano parvient à débusquer le patron du cartel de Cali, le 9 juin, alors qu’il était caché dans une pièce derrière une porte en bois dégui­­sée en armoire, au sein de sa rési­­dence de Santa Monica.

Gilberto Rodrí­­guez Orejuela

Quelques mois plus tard, empri­­sonné à Bogotá, Gilberto Rodrí­­guez Orejuela nuance le propos du géné­­ral. « J’ai été initié au trafic de stupé­­fiants en 1975 par l’en­­tre­­mise d’amis proches que je ne souhaite pas citer », déclare-t-il à un procu­­reur. « Ce n’est pas pour m’op­­po­­ser à la justice mais simple­­ment parce que j’ai une famille qui compte plus d’une centaine de personnes, entre mes fils, mes neveux, mes petits-enfants, mes frères… Ils seraient mena­­cés de mort dès le moment où je cite­­rais l’une de ces personnes par son nom. » En vingt ans, le truand a trans­­formé une petite affaire fami­­liale en véri­­table multi­­na­­tio­­nale du crime. Fils d’un peintre publi­­ci­­taire et d’une blan­­chis­­seuse colom­­biens, Gilberto Rodrí­­guez Orejuela est né le 30 janvier 1939 à Mariquita, dans la province de Tolima. À 13 ans, il gagnait de l’argent de poche en portant des messages pour la petite phar­­ma­­cie La Perla. Amateur de voyage et de rumba, son père se rendait régu­­liè­­re­­ment à Cali, où il finit par instal­­ler la famille. C’est là que naquit l’un des sept frères et sœurs de Gilberto, Miguel, et que l’aîné étudia au collège San Luis Gonzaga. Là aussi que, conti­­nuant de jouer le messa­­ger pour les phar­­ma­­cies, il put monter sa propre offi­­cine, la bien-nommée Droguería Monser­­rate. Aussi doué pour le commerce que dur à la tâche, le jeune homme parvint à bâtir un petit empire en cinq ans. Son sens des affaires et son entre­gent auprès des déci­­deurs locaux lui valurent le surnom d’ « Ajedre­­cista » (un auto­­mate redou­­table au jeu d’échecs). Mais cela ne suffi­­sait pas à cet homme, qui fut assez fou pour prendre la diago­­nale crimi­­nelle. Accusé de la séques­­tra­­tion de deux étran­­gers en 1969, Gilberto fut vite épaulé de son frère. Leur noms se retrou­­vèrent, à la fin des années 1970, sur une liste des douanes améri­­caines, aux côtés de ceux de 111 des trafiquants les plus dange­­reux au monde. Des char­­ge­­ments de bois aux poteaux en béton en passant par les fruits frais, tout était bon pour dissi­­mu­­ler la poudre blanche sur des navires qui accos­­taient à New York, Los Angeles, la Nouvelle Orléans, Hous­­ton et même Chicago. Afin de satis­­faire la demande améri­­caine en drogues de synthèse, les narco­­tra­­fiquants colom­­biens délais­­sèrent les petits champs de canna­­bis pour orga­­ni­­ser ceux de coca, plus rentables. Peu à peu, « sous l’ef­­fet de l’aug­­men­­ta­­tion de la pres­­sion poli­­cière dans les deux gros pays expor­­ta­­teurs de l’époque, le Pérou et la Boli­­vie, la produc­­tion se déplaça en Colom­­bie », indique Jacobo Grajales, cher­­cheur à l’uni­­ver­­sité Lille 2 et auteur d’un ouvrage sur le para­­mi­­li­­ta­­risme en Colom­­bie. Une crise de surpro­­duc­­tion éclata même au début des années 1980.

Les toits de Cali, dans l’ouest de la Colom­­bie

Dans un article de la revue améri­­caine Foreign Affairs de 1988 sur la « Colom­­bie et la guerre contre la drogue », Bruce Bagley estime que les reve­­nus issus de la vente de drogue en Colom­­bie passèrent d’1,5 milliard de dollars en 1980 à 2,5 milliards cinq ans plus tard. À cette période, « il n’y avait pas de distinc­­tion claire entre les cartels de Medellín et de Cali », juge le jour­­na­­liste améri­­cain William Rempel, auteur de l’ou­­vrage At the Devil’s Table: The Untold Story of the Insi­­der Who Brought Down the Cali Cartel. « Les oppor­­tu­­ni­­tés du trafic étaient assez grandes pour tout le monde. Les respon­­sables de Cali étaient amis et parte­­naires avec ceux du nord. Ils parta­­geaient même les routes de la contre­­bande. » Une paix qui ne dura pas.

Le KGB de Cali

Pour un vendeur de drogue, Gilberto Rodrí­­guez Orejuela était tout sauf discret. À la manière d’un entre­­pre­­neur rapace, il n’hé­­si­­tait pas à inves­­tir dans les secteurs les plus expo­­sés de la société colom­­bienne, deve­­nant action­­naire de la filiale colom­­bienne de Chrys­­ler et prenant la majo­­rité des parts du très popu­­laire Depor­­tivo Cali, le club de foot local. Son empire commer­­cial compre­­nait les labo­­ra­­toires Kress­­ford, la chaîne phar­­ma­­ceu­­tique La Rebaja, la banque des Travailleurs, la Première banque inter-améri­­caine de Panama, et le groupe Radial. Quant à sa main­­mise sur le circuit de la drogue, elle allait crois­­sante. S’agis­­sant de la cocaïne, cette vora­­cité compor­­tait quelques risques. Lors d’un séjour en Espagne au cours duquel il voulait s’ou­­vrir le marché euro­­péen, en 1984, le Joueur d’échecs faillit être extradé vers les États-Unis. Mais Madrid refusa la requête améri­­caine. Et, à son retour en Colom­­bie, il béné­­fi­­cia de l’in­­fluence qu’il avait acquise dans les secteurs écono­­mique et poli­­tique pour échap­­per à la prison. « La concen­­tra­­tion de richesses permit au cartel d’ache­­ter la Colom­­bie tout entière : la police, les poli­­ti­­ciens, quelques géné­­raux, des hommes d’af­­faires et des juges », s’ex­­clame William Rempel. De leur côté, les hommes de Medellín se lancèrent dans une guérilla contre l’État la même année en assas­­si­­nant le ministre de la Justice, Rodrigo Lara Bonilla. « Esco­­bar était violent, sans pitié et vengeur », détaille Ron Chepe­­siuk. « Il essayait de tuer tous ceux qu’il pensait se dres­­ser en travers de son chemin. » Gilberto Rodrí­­guez Orejuela agis­­sait davan­­tage comme un entre­­pre­­neur. Orfèvre en matière d’or­­ga­­ni­­sa­­tion, il éten­­dit son emprise sur la distri­­bu­­tion de la cocaïne par l’in­­ter­­mé­­diaire d’un Colom­­bien installé en tant que joaillier à New-York, Hélmer « Pacho » Herrera. Tandis que, d’après le livre du cher­­cheur améri­­cain Rens­­se­­laer W. Lee, White Laby­­rinth, « cinq syndi­­cats contrô­­laient entre 70 et 80 % de la cocaïne expor­­tée de Colom­­bie et de 60 à 70 % de la cocaïne consom­­mée aux États-Unis », les clans de Medellín et ceux de Cali commen­­cèrent à se faire concur­­rence à New York et Los Angeles. Dans cette riva­­lité comme dans son oppo­­si­­tion à l’État, Pablo Esco­­bar mettait tout en œuvre pour prendre le dessus, quitte à séques­­trer ou à tuer les inter­­­mé­­diaires indo­­ciles. Aussi réclama-t-il aux frères Rodrí­­guez Orejuela, en vain, qu’on lui remît Pacho Herrera. « Ce conflit n’était qu’une ques­­tion de pouvoir », remarque William Rempel. « Pablo l’a demandé, mais les chefs de Cali ont refusé d’être ses laquais. » Ils tentèrent même de l’as­­sas­­si­­ner le 13 janvier 1988, en plaçant 80 kilos de dyna­­mite dans une voiture garée devant l’im­­meuble Monaco, propriété d’un de ses proches. S’ensuivit une série d’at­­ten­­tats. Le 27 novembre, Esco­­bar fit tuer les 106 passa­­gers du vol 203 Avianca sans parve­­nir à atteindre sa cible, le candi­­dat à l’élec­­tion prési­­den­­tielle César Gavi­­ria – qui n’était pas à bord. Dix jours plus tard, une charge explo­­sive entraî­­nait la mort de 70 personnes au quar­­tier géné­­ral des services de sécu­­rité colom­­biens (ex-DAS). Entre août et décembre 1989, le cartel de Medellín tua 107 offi­­ciels et civils, orga­­nisa 205 attaques à la bombe et causa 501 millions de dollars de dommages. À cet empi­­le­­ment de violences vinrent s’agré­­ger une myriade de petits groupes crimi­­nels, de para­­mi­­li­­taires et de rébel­­lions armées telles que celle des FARC. Certains entre­­te­­naient « des liens forts avec les milieux de la poli­­tique et de l’éco­­no­­mie, légale comme illé­­gale », selon Jacobo Grajales ; d’autres vivaient du kidnap­­ping de person­­na­­lité et de barons de la drogue. En butte à la corrup­­tion des hautes sphères de l’État, quelques digni­­taires de l’ar­­mée menaient des opéra­­tions dans leur coin pour combattre tel ou tel groupe. Ils envoyèrent le fils d’un géné­­ral de l’ar­­mée, Jorge Salcedo, à Londres pour cher­­cher des merce­­naires à même d’abattre Esco­­bar. L’opé­­ra­­tion échoua, mais produi­­sit quelques échos. « Des gens à Cali veulent vous parler », enten­­dit Salcedo au télé­­phone en janvier 1989. Prompt à s’op­­po­­ser à Pablo Esco­­bar, le jeune mili­­taire devint le chef de la sécu­­rité de Miguel Rodrí­­guez Orejuela. « Il se voyait comme le protec­­teur des femmes, des enfants et des maîtresses du boss », explique William Rempel. « Il diri­­geait un groupe de gardes du corps et de spécia­­listes de la surveillance, mais maniait rare­­ment une arme. Il évitait aussi d’être impliqué dans le trans­­port ou le trafic de drogue. » Si le cartel de Cali adop­­tait une approche moins violente que celui de Medellín, préfé­­rant user de son pouvoir d’in­­fluence dès que néces­­saire, son service de rensei­­gne­­ment était parti­­cu­­liè­­re­­ment bien orga­­nisé. Au point que les agents de la DEA l’ap­­pe­­laient le KGB de Cali.

Gilberto et Miguel Rodrí­­guez Orejuela

Le comp­­table

Au bout d’une route caho­­teuse grim­­pant sur les hauteurs d’En­­vi­­gado, dans la banlieue sud de Medellín, un grillage blanc entoure quelques blocs surplom­­bés d’un mira­­dor. De l’in­­té­­rieur, le complexe ressemble à un hôtel doté de télé­­vi­­seurs derniers cris, d’un bar, d’un billard et d’un jacuzzi. Mais on ne paye pas pour venir à La Cate­­dral, du moins pas direc­­te­­ment. À sa reddi­­tion le 19 juin 1991, Pablo Esco­­bar a été trans­­féré dans cette prison tranquille, cage dorée pour délinquant milliar­­daire. Après avoir échappé à plusieurs tenta­­tives d’as­­sas­­si­­nat fomen­­tées par Cali, El Patrón a négo­­cié son arres­­ta­­tion contre l’as­­su­­rance de ne pas être extradé et de pouvoir gérer ses affaires ici, dans le luxe. Crai­­gnant son trans­­fè­­re­­ment vers les États-Unis, il s’évada à l’été 1992. Esco­­bar était alors « devenu un homme parano qui tuait ses propres hommes », observe William Rempel. Lesquels, pour certains, se sont mis à ses trousses au sein de Los Pepes (« Les Persé­­cu­­tés par Pablo Esco­­bar »), un groupe rejoint par les frères Rodrí­­guez Orejuela. Le cartel de Cali mit ses énormes moyens finan­­ciers, ses armes et sa grosse machine de rensei­­gne­­ment au service de cette alliance de circons­­tance. Esco­­bar « avait énervé à peu près tout le monde en Colom­­bie », constate Ron Chepe­­siuk. Bien que les agents améri­­cains l’aient toujours nié, le jour­­na­­liste assure qu’une coopé­­ra­­tion exis­­tait entre Los Pepes, la DEA et la CIA. Toujours est-il que leur objec­­tif commun de faire tomber Esco­­bar fut atteint le 2 décembre 1993.

Le président colom­­bien dut se résoudre à agir pour faire taire les accu­­sa­­tions.

Dès lors, les frères Rodrí­­guez Orejuela se savaient mena­­cés. Pour se mettre à l’abri, ils offrirent de finan­­cer la campagne du candi­­dat à la prési­­den­­tielle, Ernesto Samper, fina­­le­­ment élu en août 1994. Cela suffi­­rait-il ? De son côté, Washing­­ton restait déter­­miné à faire tomber les cartels l’un après l’autre. « Dans sa guerre contre la drogue, le gouver­­ne­­ment améri­­cain employa la stra­­té­­gie du pivot », analyse Ron Chepe­­siuk. « Il cibla des profils connus pour faire du bruit dans les médias et donner l’illu­­sion que cette guerre était en train d’être gagnée. Ça aidait surtout à obte­­nir du budget… » Après le déman­­tè­­le­­ment de canaux de distri­­bu­­tion en Floride, l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion Clin­­ton pres­­sait Samper. Quand le finan­­ce­­ment de sa campagne avec l’argent de la pègre fut attesté, le président colom­­bien dut se résoudre à agir pour faire taire les accu­­sa­­tions. En 1995, le gouver­­ne­­ment mobi­­lisa 500 soldats et poli­­ciers dans une unité appe­­lée le « Groupe de recherche » afin de pour­­chas­­ser les deux frères. Une récom­­pense d’1,6 million de dollars était aussi promise. Mis sur la trace de l’aîné en suivant son comp­­table, les forces de l’ordre finirent par le débusquer le 9 juin. « Ne tirez pas, je suis un homme de paix », s’ex­­clama Gilberto avant d’en­­fi­­ler les menottes. Restait Miguel, devenu à son tour « parano », d’après Joge Salcedo. Forcé à regar­­der la pendai­­son de cinq traîtres suppo­­sés, le respon­­sable de la sécu­­rité ne suppor­­tait plus la situa­­tion. Quand on lui demanda de trou­­ver l’un de ses amis, le comp­­table Guillermo Pallo­­mari, pour le faire tuer, il appela la police. À son arri­­vée à l’en­­droit indiqué par Salcedo, elle ne trouva personne. Sur la radio du cartel, le déser­­teur enten­­dit alors Miguel dire à son fils qu’il venait d’être exfil­­tré par un capi­­taine de la police locale. « Quel cauche­­mar, je suis mort », pensa Salcedo. Pendant plusieurs semaines, il put cepen­­dant conti­­nuer à jouer un double-rôle pour permettre, le 6 août, l’ar­­res­­ta­­tion du deuxième chef du cartel de Cali. Pacho Herrera tomba quant à lui le 1er septembre. Comme Esco­­bar en son temps, les frères Rodrí­­guez Orejuela « pouvaient faire à peu près ce qu’ils voulaient depuis leur cellule, car le système judi­­ciaire colom­­bien était corrompu », raconte Ron Chepe­­siuk. Mais leurs affaires n’échap­­pèrent pas à Washing­­ton. Sur la foi des preuves rassem­­blées par les auto­­ri­­tés améri­­caines, Gilberto fut extradé en décembre 2004 et Miguel en mars 2005. Avec leur arres­­ta­­tion, l’ère des grands cartels colom­­biens décli­­nait. La chaîne du trafic de drogues se retrouve aujourd’­­hui dissé­­mi­­née entre plusieurs petits acteurs qui veillent davan­­tage sur leurs familles que sur leurs comp­­tables.

Gilberto Rodrí­­guez Orejuela lors de son extra­­­di­­tion
Crédits : Reuters

Couver­­ture : Les puis­­sants du cartel de Cali.
 
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