par Fabrice72 | 0 min | 23 août 2016

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Convain­­cant

Le phéno­­mène des OVNI moderne remonte lui aussi à l’an­­née 1947, lorsque le pilote Kenneth Arnold a rapporté avoir vu neuf objets volants près du mont Rainier, dans l’État de Washing­­ton. Crai­­gnant d’avoir surpris l’uti­­li­­sa­­tion d’une arme étran­­gère, Arnold a fait part de ce qu’il avait vu à un jour­­nal local. Il a décrit le mouve­­ment de l’OVNI comme « celui d’une soucoupe qu’on jette­­rait dans l’eau », mais ses propos ont été défor­­més. Plusieurs titres à sensa­­tion (« Une soucoupe volante super­­­so­­nique aperçue par un pilote de l’Idaho ! ») ont fait la une des jour­­naux de tout le pays.

16 Oct 1957, Alamogordo, New Mexico, USA --- A UFO variety was photographed when it hovered for fifteen minutes near Holloman Air Development Center in New Mexico. The object was photographed by a government employee and was released by the Aerial Phenomena Research Organization after careful study. There is no conventional explanation for the object. --- Image by © Bettmann/CORBIS
Cette photo serait celle d’un scien­­ti­­fique de la base mili­­taire d’Hol­­lo­­man, en octobre 1957
Crédits : DR

« Dans leur hâte de publier l’his­­toire, les repor­­ters ont mal compris. Leur méprise a donné nais­­sance à une nouvelle réalité », explique le socio­­logue Robert Bartho­­lo­­mew, qui a beau­­coup écrit sur la signi­­fi­­ca­­tion socio­­lo­­gique des obser­­va­­tions d’OVNI à travers l’his­­toire. Il a remarqué que les témoi­­gnages s’étaient multi­­pliés après cet inci­dent. D’après lui, « les termes “disque volant” et “soucoupe volante” sont nés à ce moment-là ». Et les obser­­va­­tions d’OVNI se sont rapi­­de­­ment enra­­ci­­nées dans la culture popu­­laire. En réponse, le gouver­­ne­­ment améri­­cain, l’ar­­mée de l’air et la CIA ont commencé à enquê­­ter sur les témoi­­gnages. Avec une poignée d’uni­­ver­­si­­taires, ils se sont penchés sur le phéno­­mène pour tenter d’ex­­pliquer cet engoue­­ment margi­­nal. D’après Bartho­­lo­­mew, les premiers convain­­cus de l’exis­­tence d’ex­­tra­­ter­­restres venus nous visi­­ter étaient souvent vus comme des fous, et leurs expé­­riences comme le produit d’une patho­­lo­­gie indi­­vi­­duelle ou collec­­tive. « Les scien­­ti­­fiques disent que cela n’existe pas, ou du moins qu’il n’y a pas de preuve concluante de leur exis­­tence. Mais tous ces gens conti­­nuent à voir des choses », dit-il. En dépit du scep­­ti­­cisme qui plane sur la vali­­dité des obser­­va­­tions et des expé­­riences, on ne peut nier la constance et le nombre consi­­dé­­rable des témoi­­gnages.

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Très convain­­cants ces petits hommes verts
Crédits : Gabriela Campos

Les nombreux sondages réali­­sés depuis les années 1950 à nos jours montrent que le fait de croire aux OVNI n’est peut-être pas la norme, mais que cela n’a rien de margi­­nal. Ces sondages montrent avec une éton­­nante constance qu’en­­vi­­ron un Améri­­cain sur trois croit que des extra­­­ter­­restres sont déjà venus nous visi­­ter et qu’il y a eu des témoins. En 2013, un sondage du Huffing­­ton Post et de YouGov a révélé que près de la moitié des Améri­­cains sont convain­­cus que des OVNI ont déjà visité la planète Terre au cours de l’his­­toire. « Depuis l’époque où l’on croyait aux fées, ce qui n’est plus d’ac­­tua­­lité aujourd’­­hui, nous n’avions jamais eu de symbole aussi puis­­sant et plau­­sible », dit Bartho­­lo­­mew. Il explique que malgré le fait qu’au­­cun arte­­fact extra­­­ter­­restre n’a jamais été offi­­ciel­­le­­ment présenté au public, ni la moindre preuve incon­­tes­­table de leur exis­­tence, les OVNI restent une possi­­bi­­lité convain­­cante pour beau­­coup de gens.

Seuls ?

Ces dernières années, la vali­­da­­tion empi­­rique et scien­­ti­­fique des OVNI est moins impor­­tante que ce que les obser­­va­­tions, les expé­­riences et la repré­­sen­­ta­­tion des extra­­­ter­­restres et des OVNI disent de la façon dont nous nous perce­­vons nous-mêmes, ainsi que notre monde.

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Auto­­graphe
Crédits : Gabriela Campos

Selon Diwan, les extra­­­ter­­restres sont « des miroirs défor­­mants de nous-mêmes. Dans la pop culture, ils sont soit des sauveurs, soit des destruc­­teurs. La façon dont se comportent les aliens fait écho a des problé­­ma­­tiques très terrestres. Le phéno­­mène ufolo­­gique est né du contexte poli­­tique et de la para­­noïa de la guerre froide », ajoute-t-il. « Les Améri­­cains n’avaient que le commu­­nisme et l’apo­­ca­­lypse nucléaire en tête. Des peurs qui se mani­­fes­­taient dans le ciel au-dessus d’eux. » Bartho­­lo­­mew le rejoint. « C’était un produit de la “Peur rouge », dit-il. « Cela arri­­vait à une époque où les Améri­­cains avaient terri­­ble­­ment peur d’as­­sis­­ter à une progres­­sion rapide et globale du commu­­nisme. Sans parler de la menace repré­­sen­­tée par la guerre nucléaire et les armes secrètes. » Les obser­­va­­tions d’OVNI proli­­fé­­raient autour des bases mili­­taires, des labo­­ra­­toires d’ar­­me­­ment et des sites de test. C’est peut-être au Nouveau-Mexique que cette corré­­la­­tion entre obser­­va­­tions d’OVNI et sites mili­­taires et nucléaires est la plus évidente. De nombreuses affaires s’y déroulent qui dépassent de loin le seul inci­dent de Roswell. « Le fait que le Nouveau-Mexique soit systé­­ma­­tique­­ment asso­­cié au phéno­­mène des OVNI est inex­­tri­­ca­­ble­­ment lié à Roswell, mais aussi à Los Alamos, au centre de lance­­ment de White Sands, à l’Hollo­­man Air Force Base et à la Kirt­­land Air Force Base », dit Nick Pope. C’est un État central pour les complexes d’ar­­me­­ment et les complexes nucléaires. « Tous ces sites sont asso­­ciés au progrès tech­­no­­lo­­gique améri­­cain d’après guerre et ils ont tous été liés d’une façon ou d’une autre aux OVNI. »

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Davis Marler chez lui à Albuquerque
Crédits : Gabriela Campos

« Là où vous avez de la tech­­no­­lo­­gie nucléaire de pointe, vous avez des OVNI », explique Marler. Dans sa maison d’Al­­buquerque, les murs de son « étude » sont recou­­verts de coupures de jour­­naux origi­­nales rela­­tant les diffé­­rentes obser­­va­­tions d’OVNI. Une part non-négli­­geable d’entre elles ont eu lieu dans l’État. La rési­­dence de Marler est moitié un espace de vie, moitié un musée. Des milliers de docu­­ments, de livres, d’ar­­ticles de jour­­naux et de maga­­zines sont entas­­sés dans deux pièces de la maison ainsi qu’une grande partie du garage. Ils consti­­tuent une impres­­sion­­nante biblio­­thèque sur le sujet. Cette collec­­tion sera léguée à sa mort au Center for South­­west Research de l’uni­­ver­­sité du Nouveau-Mexique. À l’époque du crash de Roswell, quelle que soit la version de l’his­­toire à laquelle vous croyez, les débris de l’ap­­pa­­reil ont été trou­­vés à l’ex­­té­­rieur de la ville. C’est arrivé à proxi­­mité de l’unique complexe où la bombe atomique était étudiée à l’époque. Pas très loin du site de test de Trinity où a été réalisé le premier essai d’une arme nucléaire, en juillet 1945.

Roswell
C’est un sculp­­teur de Manches­­ter qui a fait le coup
Crédits : John Humphreys

Marler raconte qu’a­­près Roswell, il y a eu de nombreuses obser­­va­­tions d’OVNI autour du labo­­ra­­toire natio­­nal de Los Alamos, le premier labo­­ra­­toire d’armes nucléaires améri­­cain. Ces obser­­va­­tions sont compi­­lées dans une pile de docu­­ments déclas­­si­­fiés. Certaines d’entre elles ont été rela­­tées par des mili­­taires, des membres du person­­nel de sécu­­rité et des scien­­ti­­fiques qui travaillaient là-bas. « Le Nouveau-Mexique est au cœur d’un complexe indus­­triel mili­­taire. C’est là que se trouve le site de Trinity. Toutes les peurs auxquelles font écho une légende comme Roswell font partie inté­­grante de son histoire », dit Dewan. Pour lui, les théo­­ries du complot qui entourent les OVNI sont un prisme éloquent au travers duquel contem­­pler la culture et la société améri­­caines. « On a tendance à blâmer les indi­­vi­­dus quand on entend des théo­­ries conspi­­ra­­tion­­nistes », dit Dewan, « mais c’est faire fausse route. La vraie ques­­tion est : les Améri­­cains sont-ils para­­nos ? Quelle part de l’his­­toire améri­­caine des dernières décen­­nies est un secret d’État ? » « Nous vivons une époque où le savoir est cloi­­sonné. Ce genre de climat génère de la para­­noïa, et ces histoires parlent à une peur sous-jacente bien réelle des Améri­­cains : ils ont peur de ce qu’on leur cache. »

~

À Roswell, les familles sont alignées le long de Main Street pour assis­­ter à la parade des lumières, l’évé­­ne­­ment qui clôture le festi­­val des OVNI. « Nous venons ici depuis trois ans », dit Marie, venue profi­­ter de l’évé­­ne­­ment en famille. « On vient juste passer un bon moment. »

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La parade des lumières
Crédits : Gabriela Campos

« Si je crois qu’ils existent ? Ça dépend des jours ! » plai­­sante Jones. En tant que proprié­­taire d’une boutique à Roswell, elle rencontre un tas de gens, des plus scep­­tiques aux plus convain­­cus en passant par les simples curieux. « Qui peut l’af­­fir­­mer ? On n’a pas besoin de Roswell pour savoir que le gouver­­ne­­ment ne nous dit pas tout », dit-elle. « Ce qui est sûr, c’est qu’il y a quelque chose d’autre là-bas… » dit-elle en regar­­dant le ciel étoilé. « L’uni­­vers est immense. Il faut être idiot pour penser que nous y sommes seuls. »


Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « Aliens on the mind: Roswell and the UFO pheno­­me­­non », paru dans Al Jazeera. Couver­­ture : Une mise en scène de l’in­­ci­dent de Roswell.

RENCONTRE AVEC LE CHERCHEUR D’EXTRATERRESTRES EN CHEF DE LA NASA

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Entre­­tien avec Seth Shos­­tak, l’ac­­tuel direc­­teur de l’Ins­­ti­­tut SETI, le programme de recherche d’une intel­­li­­gence extra­­­ter­­restre de la NASA.

I. La genèse du SETI

J’ai­­me­­rais commen­­cer par l’as­­pect histo­­rique. Quand consi­­dé­­rez-vous que la science a rencon­­tré la fiction ?

Géné­­ra­­le­­ment, on fait remon­­ter la nais­­sance de la science-fiction à des gens comme Jules Verne, au XIXe siècle. Mais la science-fiction a seule­­ment été rendue possible après la Renais­­sance, lorsqu’on a commencé à perce­­voir l’ave­­nir diffé­­rem­­ment du présent. Si vous viviez en France il y a mille ans, la vie de vos enfants était simi­­laire à la vôtre, pour toujours, on ne s’at­­ten­­dait pas à un chan­­ge­­ment.

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Seth Shos­­tak
Crédits : SETI Insti­­tute

Ce n’est qu’à partir de la Renais­­sance que ces attentes ont commencé à surgir, lorsqu’on a commencé à apprendre à mani­­pu­­ler le monde physique. C’est à ce moment-là que la science-fiction a pris tout son sens, car désor­­mais ce n’était plus de la simple fiction, c’était de la fiction qui prédi­­sait un avenir diffé­rent. Quant à l’idée des extra­­­ter­­restres, elle est très ancienne : il y a 2 500 ans, les Grecs évoquaient déjà le fait qu’il y avait des dieux, des hommes et même des animaux dans les étoiles. L’idée qu’il y a quelqu’un là-haut remonte à loin ; l’idée que nous sommes capables de les trou­­ver, en revanche, est assez récente. Je la situe­­rais autour de 1860, lorsqu’un duo de physi­­ciens euro­­péens s’est inté­­ressé au fait d’en­­trer en contact avec les habi­­tants de Mars ou de la Lune.

À quand remonte la créa­­tion de l’ins­­ti­­tut ?

L’idée de SETI (Search for Extra-Terres­­trial Intel­­li­­gence), de la recherche d’une intel­­li­­gence extra­­­ter­­restre, remonte aux années 1900. Marconi, le premier inven­­teur de la radio, et Nikola Tesla, qui menait aussi des recherches sur les ondes radio, pensaient tous deux avoir entendu des Martiens sur les ondes. Cette idée est donc ancienne, elle date d’il y a 100 ans. Mais les expé­­riences modernes de recherche d’une intel­­li­­gence extra­­­ter­­restre ne datent que de 1960, un peu plus de vingt ans avant la créa­­tion de l’ins­­ti­­tut. À l’ori­­gine, il y a une expé­­rience réali­­sée par Frank Drake, qui a fondé le groupe et travaille encore ici avec nous. En 1960, il a lancé le projet Ozma, d’après le nom d’un person­­nage de roman célèbre. Il a passé plusieurs semaines à attendre des signaux, et c’est ce qui a donné nais­­sance à la recherche extra­­­ter­­restre moderne. L’Ins­­ti­­tut SETI a vu le jour en 1984. Il a été mis en place suite à l’in­­ten­­tion de la NASA d’in­­ves­­tir de l’argent dans un projet de recherche d’une intel­­li­­gence extra­­­ter­­restre – il s’agit donc plus d’une avan­­cée bureau­­cra­­tique que scien­­ti­­fique.

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