par jj39111 | 0 min | 30 janvier 2017

George W. Bush (2001–2009)

Qui a été le pire président des États-Unis ? Pour 61% des histo­­riens améri­­cains inter­­­ro­­gés par l’as­­so­­cia­­tion History News Network lors d’un sondage infor­­mel en juin 2008, la réponse était le Répu­­bli­­cain George W. Bush.

À l’au­­tomne de la même année, l’éco­­no­­mie mondiale s’ef­­fon­­drait avec la banque améri­­caine Lehman Brothers. Nombre d’ob­­ser­­va­­teurs ont alors repro­­ché à Bush de ne pas avoir régulé les marchés finan­­ciers, et notam­­ment le secteur des prêts hypo­­thé­­caires à risque, qui sont à l’ori­­gine de la crise bancaire. Il figure ainsi sur la liste des « 25 person­­na­­li­­tés respon­­sables de la crise finan­­cière » établie par le maga­­zine TIME.

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George W. Bush s’adresse aux Améri­­cains après les attaques du 11 septembre 2001

Mais les citoyens améri­­cains, pris dans leur ensemble, se montrent plus indul­­gents avec George W. Bush que les histo­­riens et les jour­­na­­listes, minus­­cules frac­­tions de la popu­­la­­tion. En 2014, lorsque l’ins­­ti­­tut de sondage de l’uni­­ver­­sité Quin­­ni­­piac les inter­­­roge sur leurs diri­­geants depuis la Seconde Guerre mondiale, ils sont seule­­ment 28 % à juger que le Texan a été le pire d’entre eux. Ce qui le place sur la deuxième marche de l’in­­fa­­mant podium, juste derriè­­re… Barack Obama.

Un verdict dépri­­mant dans la mesure où Obama a tout de même réussi à réfor­­mer le système de santé améri­­cain, l’un des plus inéga­­li­­taires au monde. Depuis, la part d’Amé­­ri­­cains sans assu­­rance mala­­die est tombée de 16 à 8,6 %. Les employeurs sont main­­te­­nant obli­­gés de propo­­ser une couver­­ture médi­­cale à leurs sala­­riés. Les assu­­reurs ne peuvent plus refu­­ser de signer un contrat, quel que soit l’âge, le sexe ou l’état de santé de la personne. Et le dispo­­si­­tif Medi­­caid, qui exis­­tait déjà pour les plus pauvres, a été étendu.

Les prési­­dents consi­­dé­­rés comme étant les deux plus mauvais par les sondés de Quin­­ni­­piac étaient aussi les deux derniers. Pour Bren­­dan Nyhan, profes­­seur de sciences poli­­tiques à l’uni­­ver­­sité privée de Dart­­mouth, cela s’ex­­plique par la nature même de la ques­­tion qui nous inté­­resse. Il note par ailleurs que ce type d’enquêtes en dit long sur la bipo­­la­­ri­­sa­­tion de l’opi­­nion publique améri­­caine. Selon lui, Démo­­crates et Répu­­bli­­cains n’ont jamais été aussi farou­­che­­ment oppo­­sés les uns aux autres. Le poli­­to­­logue a en effet remarqué que l’hos­­ti­­lité du camp adverse vis-à-vis du président avait augmenté au cours des années.

« Parmi les gens qui s’iden­­ti­­fient comme membres du Parti répu­­bli­­cain, 63 % ont cité M. Obama comme étant le pire président », écrit-il dans les colonnes du New York Times. « Cela repré­­sente une hausse signi­­fi­­ca­­tive par rapport au nombre de Démo­­crates qui citaient George W. Bush en 2006 (56 %) ou au nombre de Répu­­bli­­cains qui citaient Bill Clin­­ton en 2000 (43 %). »

Ronald Reagan (1981 – 1989)

D’après le sondage réalisé par l’uni­­ver­­sité Quin­­ni­­piac, les meilleurs prési­­dents des États-Unis ont été le Répu­­bli­­cain Ronald Reagan et le Démo­­crate Bill Clin­­ton, respec­­ti­­ve­­ment crédi­­tés de 35 et de 18 % des voix. Pour­­tant, si les banques se sont bel et bien effon­­drées sous la surveillance de George W. Bush, les poli­­tiques écono­­miques des deux hommes ont large­­ment contri­­bué au chaos finan­­cier de 2008.

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Un air de déjà vu

Clin­­ton a abrogé la loi Glass-Stea­­gall, qui sépa­­rait les banques de dépôt des banques d’in­­ves­­tis­­se­­ment. Cette mesure a permis à des banques de dépôt comme Citi­­group de vendre des créances hypo­­thé­­caires titri­­sées et des obli­­ga­­tions ados­­sées à des actifs. Quant à Reagan, il a promul­­gué la loi Garn-St. Germain, qui a déré­­gulé les insti­­tu­­tions finan­­cières et conduit à l’ex­­plo­­sion de la dette privée – le taux d’en­­det­­te­­ment des ménages est passé de 60 à 119 % entre 1981 et 2007.

La dette publique, qui n’avait cessé de bais­­ser depuis la Seconde Guerre mondiale, a elle aussi augmenté pendant les années Reagan.

Et si la poli­­tique étran­­gère de George W. Bush peut être tenue pour respon­­sable de l’avè­­ne­­ment de Daech, celle de Ronald Reagan peut être tenue pour respon­­sable de l’avè­­ne­­ment d’Al-Qaïda, auteure des atten­­tats les plus meur­­triers jamais perpé­­trés, ceux du 11 septembre 2001. L’an­­cien acteur est en effet connu pour avoir prolongé le soutien mili­­taire apporté par le Démo­­crate Jimmy Carter aux moudja­­hi­­din afghans après l’in­­va­­sion de leur pays par l’Union sovié­­tique, en 1979. Les moudja­­hi­­din afghans ont notam­­ment béné­­fi­­cié de missiles Stin­­ger. Or leur combat, qui a attiré de nombreux djiha­­distes étran­­gers, était égale­­ment soutenu par un certain Oussama ben Laden…

Mais l’en­­nemi dési­­gné des États-Unis était alors le commu­­nisme, pas l’is­­la­­misme. Le soutien apporté aux moudja­­hi­­din afghans contre l’Union sovié­­tique, décidé par un Démo­­crate, pour­­suivi par un Répu­­bli­­cain et mis en place par la CIA, faisait plus ou moins consen­­sus.

Dans la mémoire collec­­tive améri­­caine, Ronald Reagan est avant tout le grand vainqueur de la guerre froide. Un vainqueur élégant, qui plus est : la course à l’ar­­me­­ment enta­­mée au début des années 1980, le bombar­­de­­ment de la Libye en repré­­sailles à l’at­­ten­­tat du 6 avril 1986, et la défaite sovié­­tique en Afgha­­nis­­tan ont accé­­léré le proces­­sus de décom­­po­­si­­tion de l’URSS, mais le président améri­­cain s’est gardé d’hu­­mi­­lier son homo­­logue russe, Mikhaïl Gorbat­­chev.

Le 12 juin 1987, il lui adresse le discours qu’il prononce devant la porte de Bran­­de­­bourg à Berlin-Ouest. « Nous accueillons le chan­­ge­­ment et l’ou­­ver­­ture ; parce que nous croyons que la liberté et la sécu­­rité vont de paire, que le progrès de la liberté des hommes ne peut que servir la cause de la paix », déclare-t-il. « Les Sovié­­tiques n’ont qu’un signe à faire, un signe clair, pour faire progres­­ser radi­­ca­­le­­ment la cause de la liberté et de la paix. Monsieur Gorbat­­chev, ouvrez cette porte. Monsieur Gorbat­­chev, abat­­tez ce mur ! » En décembre de la même année, il reçoit Gorbat­­chev à la Maison-Blanche, où ils signent le Traité sur les forces nucléaires à portée inter­­­mé­­diaire, qui vise à déman­­te­­ler une partie de leurs arse­­naux respec­­tifs.

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Ronald Reagan à la tribune

Cette belle image est, comme beau­­coup d’autres, enta­­chée par l’af­­faire dite Iran-Contra, qui implique plusieurs membres de l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion Reagan. Ces derniers auraient vendu des armes à l’Iran, pour­­tant ennemi des États-Unis, afin de finan­­cer les Contras, mouve­­ment contre-révo­­lu­­tion­­naire nica­­ra­­guayen de droite regrou­­pant les oppo­­sants à Daniel Ortega. Mais l’af­­faire Iran-Contra n’a jamais pris l’am­­pleur du scan­­dale qui avait contraint un autre président répu­­bli­­cain, Richard Nixon, à démis­­sion­­ner.

Richard Nixon (1969–1974)

Tout commence par un cambrio­­lage, le 17 juin 1972. Cinq hommes sont arrê­­tés au siège de campagne du Parti démo­­crate à Washing­­ton – le Water­­gate – en posses­­sion d’un impor­­tant maté­­riel d’écoute. Ils venaient en fait arran­­ger des micros posés quelques semaines plus tôt. Les regards se tournent vers le Parti répu­­bli­­cain et la Maison-Blanche. Richard Nixon, triom­­pha­­le­­ment réélu en novembre, croit néan­­moins pouvoir échap­­per à l’op­­probre. C’est sans comp­­ter sur Bob Wood­­ward et Carl Bern­­stein, deux jeunes repor­­ters du Washing­­ton Post. Leurs révé­­la­­tions sur les liens qui existent entre les soi-disant cambrio­­leurs et la prési­­dence se font de plus en plus précises.

En février 1973, une commis­­sion d’enquête séna­­to­­riale est créée. À partir du mois de mai, les audi­­tions sont retrans­­mises à la télé­­vi­­sion. Elles révèlent que la Maison-Blanche possède un service d’es­­pion­­nage, et que c’est lui qui a comman­­dité la mise sur écoute du Water­­gate. Des noms sont donnés. Celui du président revient constam­­ment.

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Au deuxième jour de son mandat, Nixon avait encore le sourire

En juillet, on apprend que les décla­­ra­­tions des témoins audi­­tion­­nés peuvent être corro­­bo­­rés par un système d’écoute mis en place par le président dans son propre bureau, le Bureau Ovale. Nixon fait tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas avoir à remettre les bandes d’en­­re­­gis­­tre­­ment, ce qui suscite l’in­­di­­gna­­tion.

En novembre, face aux jour­­na­­listes, lors d’une séance de ques­­tions-réponses elle aussi retrans­­mise à la télé­­vi­­sion, il clame son inno­­cence avec une formule qui est restée tris­­te­­ment célèbre. « Le peuple a besoin de savoir si son président est un escroc », dit-il. « Eh bien, je ne suis pas un escroc. J’ai gagné tout ce que je possède. »

Le 24 juillet 1974, Nixon n’a plus le choix : la Cour suprême lui ordonne de remettre les bandes. Celles-ci confir­­me­­ront les accu­­sa­­tions d’es­­pion­­nage poli­­tique.

Une semaine plus tard, la commis­­sion judi­­ciaire de la Chambre des repré­­sen­­tants recom­­mande la desti­­tu­­tion du président. Elle adopte trois chefs d’in­­cul­­pa­­tion : obstruc­­tion à la justice, abus de pouvoir, et refus de se soumettre aux assi­­gna­­tions. Le sort de Nixon est désor­­mais entre les mains du Sénat.

Mais si les Améri­­cains avaient encore des doutes quant à la culpa­­bi­­lité de leur président, ils se sont évanouis avec la fameuse « Smoking Gun Tape » – la cassette de l’arme du crime –, rendue publique le 5 août. Elle prouve notam­­ment que Nixon avait ordonné au FBI d’ar­­rê­­ter toute enquête sur l’ef­­frac­­tion du Water­­gate. Réali­­sant que le Sénat ne peut pas lui être favo­­rable après de telles révé­­la­­tions, il démis­­sionne pour éviter la desti­­tu­­tion, le 9 août.

U.S. President Richard M. Nixon sits at a desk, holding papers, as he announces his resignation on television, Washington, D.C. (Photo by Hulton Archive/Getty Images)
Richard Nixon annonce sa démis­­sion au peuple améri­­cain

Richard Nixon a donc été le premier et le seul président améri­­cain à démis­­sion­­ner.

Il n’a pas été le pire président des États-Unis pour autant. Le scan­­dale du Water­­gate ne doit pas faire oublier certaines de ses déci­­sions. Non seule­­ment Nixon a initié des rela­­tions diplo­­ma­­tiques entre les États-Unis et la Répu­­blique popu­­laire de Chine, mais il est aussi parvenu à un accord impor­­tant concer­­nant la limi­­ta­­tion des armes stra­­té­­giques avec l’Union sovié­­tique. Il a progres­­si­­ve­­ment extirpé son pays de la guerre du Viêt Nam, qui a tout de même coûté la vie à près de 60 000 soldats améri­­cains. Sur le plan de la poli­­tique inté­­rieure, Nixon a renforcé la lutte contre le cancer et fait appliquer la désé­­gré­­ga­­tion dans les écoles du Sud. Il a égale­­ment créé la Commis­­sion de surveillance de sécu­­rité des produits de consom­­ma­­tion et l’Agence pour la protec­­tion de l’en­­vi­­ron­­ne­­ment – à la tête de laquelle Donald Trump a nommé un climato-scep­­tique notoire, Scott Pruitt.

Le quin­­zième président

Dans la plupart des clas­­se­­ments établis par des univer­­si­­taires, qui tiennent compte des prési­­dents améri­­cains précé­­dant la Seconde Guerre mondiale, trois Démo­­crates figurent parmi les plus mauvais : Andrew John­­son, Frank­­lin Pierce et James Bucha­­nan. Ces messieurs ne vous évoquent peut-être rien, mais l’un d’eux est l’homme que nous cher­­chons : le pire président de l’His­­toire améri­­caine. C’est préci­­sé­­ment ainsi qu’il est présenté par certains de ses biographes, comme les jour­­na­­listes Garry Boulard et Robert Strauss. Il s’agit de James Bucha­­nan, 15e président des États-Unis.

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James Bucha­­nan

Son mandat avait pour­­tant bien commencé. La veille de son inves­­ti­­ture, le 4 mars 1857, le Congrès adopte une loi qu’il appe­­lait de ses vœux, la Tariff Bill. Celle-ci baisse les droits de douane pour certains produits impor­­tés. (Bucha­­nan voulait stimu­­ler les rela­­tions commer­­ciales inter­­­na­­tio­­nales, mais il ne réus­­sit qu’à rendre les produits améri­­cains moins compé­­ti­­tifs.) Puis, le 6 mars, la Cour suprême rend son verdict dans l’af­­faire Dred Scott, comme Bucha­­nan le souhai­­tait. Et tel qu’il le souhai­­tait… Dred Scott était l’es­­clave d’un mili­­taire du Missouri, État du Sud escla­­va­­giste, qui rési­­dait dans les États du Nord, où l’es­­cla­­vage était inter­­­dit. Après la mort du mili­­taire en 1843, Scott avait intenté une action en justice contre sa veuve, consi­­dé­­rant que puisqu’il avait vécu dans un État non-escla­­va­­giste, il devrait être un homme libre. James Bucha­­nan espé­­rait que le verdict de la Cour suprême régle­­rait, non seule­­ment cette affaire, mais aussi la querelle qui oppo­­sait le Nord et le Sud autour de la ques­­tion de l’es­­cla­­vage. Pour cela, le verdict devait être une déci­­sion large­­ment majo­­ri­­taire. Or, la Cour était compo­­sée par cinq magis­­trats du Sud et quatre magis­­trats du Nord, ce qui donnait une trop courte majo­­rité au Sud. Au mépris de la sépa­­ra­­tion des pouvoirs entre l’exé­­cu­­tif et le judi­­ciaire, James Bucha­­nan a donc convaincu l’un des Nordistes, Robert Cooper Grier, de se rallier aux Sudistes. La liberté et la citoyen­­neté sont refu­­sées à Dred Scott. Immo­­ral, ce verdict est aussi une erreur poli­­tique. Au lieu d’apai­­ser le pays, comme l’es­­comp­­tait James Bucha­­nan, il le divise davan­­tage. Et la situa­­tion écono­­mique exacerbe les tensions qui vont mener le pays à la guerre civile. Le krach bour­­sier du 22 août met un terme à la pros­­pé­­rité du Nord, tandis que le Sud conti­­nue à vivre de la vente du coton en Europe, sur le dos de ses esclaves. Bucha­­nan se contente alors d’ex­­pri­­mer sa compas­­sion aux victimes de la « panique » finan­­cière et de pour­­suivre les chan­­tiers publics déjà enta­­més. À l’ap­­proche des élec­­tions de 1860, il refuse de soute­­nir le seul Démo­­crate pouvant les rempor­­ter, Stephen Douglas, ce qui assure la victoire au Répu­­bli­­cain Abra­­ham Lincoln et ravive les velléi­­tés séces­­sion­­nistes du Sud. Entre l’élec­­tion de Lincoln, le 6 novembre 1860, et son inves­­ti­­ture, le 4 mars 1861, des États mettent leur menace à exécu­­tion. La séces­­sion est anti­­cons­­ti­­tu­­tion­­nelle, mais Bucha­­nan prétend qu’il ne peut l’em­­pê­­cher. Il n’em­­pêche pas non plus les séces­­sion­­nistes de s’em­­pa­­rer de diffé­­rents arme­­ments. Il suggère même de leur aban­­don­­ner une instal­­la­­tion mili­­taire, Fort Sumter.

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Son faux-air d’An­­thony Hopkins ne le sauvera pas au regard de l’His­­toire

Cette île forti­­fiée de la baie de Char­­les­­ton, en Caro­­line du Sud, sera le décor du début de la Guerre de Séces­­sion, le 12 avril 1861. Oppo­­sant la plupart des États aboli­­tion­­nistes, diri­­gés par Abra­­ham Lincoln, à la plupart des États escla­­va­­gistes, diri­­gés par Jeffer­­son Davis, cette guerre coûtera leur vie à 620 000 hommes… Il ne nous reste qu’à souhai­­ter aux Améri­­cains et au reste du monde que Donald Trump, le 45e président des États-Unis, ne détrô­­nera pas James Bucha­­nan. Malheu­­reu­­se­­ment, l’af­­faire est très mal enga­­gée.


Couver­­ture : Les préten­­dants au titre. (Ulyces)
 
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