par jj39111 | 0 min | 10 mai 2017

En 1959, la finale des cham­­pion­­nats de judo de l’Union chré­­tienne de jeunes gens (YMCA) s’est dérou­­lée à Utica, petite ville de l’État de New York. Les deux équipes adverses se tiennent d’un côté et de l’autre du tatami, où se succèdent les affron­­te­­ments. Le dernier est parti­­cu­­liè­­re­­ment spec­­ta­­cu­­laire. L’un des judo­­kas met l’autre à terre en quelques instants, esquisse une révé­­rence et s’éloigne en rougis­­sant. Son équipe est décla­­rée vainqueur. On lui passe, comme aux autres membres, une médaille d’or autour du cou. Il s’ap­­prête à aller célé­­brer la victoire lorsqu’on l’in­­forme que le direc­­teur du tour­­noi souhai­­te­­rait le voir dans son bureau. « Es-tu une femme ? » lui demande ce dernier, sans ambages. Le judoka acquiesce. Oui, c’est une femme. Et elle vient de mettre une raclée à un homme. Son nom est Rena Glick­­man, mais on l’ap­­pelle Rusty. Elle va deve­­nir une légende du judo inter­­­na­­tio­­nal.

Les Apaches

Rena Glick­­man est née le 30 juillet 1935. Le surnom Rusty, elle le doit à un chien errant du quar­­tier où elle a grandi : la pénin­­sule de Coney Island, à Brook­­lyn. Bordée par un long ruban de sable doré, Coney Island est alors une station balnéaire très prisée des New-Yorkais et concentre déjà plusieurs parcs d’at­­trac­­tion, dont le célèbre Luna Park, où travaille la mère de Rusty. On y croise des hommes qui avalent des sabres, des cracheurs de feu, des jongleurs, des sirènes, des contor­­sion­­nistes, des êtres jugés mons­­trueux. Des person­­nages tout à fait ordi­­naires pour la petite fille, qui s’étonne de voir les gens prêts à payer pour les appro­­cher. Cepen­­dant, l’en­­fance de Rusty Glick­­man est loin d’être un conte de fée. « Ma mère et mon père n’étaient pas compa­­tibles », confie-t-elle en mars 2009, lors d’une confé­­rence orga­­ni­­sée au Musée de Brook­­lyn. « Mais il n’y avait pas de divorces en ce temps-là et ils sont restés ensemble. Je jouais les messa­­gers dans la cuisine. Ils me faisaient : “Dis lui que…”, alors qu’ils se tenaient dans la même pièce. C’était une partie de ping-pong constante. » Un jour, la partie de ping-pong dégé­­nère. Une bouteille de ketchup vole, atteint la petite fille. C’est le premier de la longue série d’af­­fron­­te­­ments qui va jalon­­ner sa vie.

Coney Island, première moitié du XXe siècle

Dès l’âge de huit ans, elle commence à travailler dans les rues de Coney Island. Au mois de septembre, ces dernières pulsent au rythme du carna­­val du Mardi Gras et la mère de Rusty en profite pour lui faire vendre des petits paquets de confet­­tis, rangés dans une boîte de carton suspen­­due à son cou. La petite fille favo­­rise les alen­­tours des bars, sachant que leurs clients, embru­­més par l’al­­cool, seront moins regar­­dants que les autres sur le rendu de la monnaie. Elle sait aussi tirer avan­­tage de sa bouille, de ses taches de rous­­seur et de ses couettes. « J’étais la seule fille, ma mère n’em­­bau­­chait que des garçons, et il y avait du monde dans le busi­­ness du confetti – je devais me diffé­­ren­­cier. »

La petite Rusty, au centre

À l’ado­­les­­cence, Rusty forme un gang de filles baptisé « Les Apaches » et parti­­cipe à de violentes bagarres dans la cour de son école. « Nous savions qu’il était temps que les filles aient un gang, qu’elles soient capables de s’oc­­cu­­per d’elles-mêmes et, si néces­­saire, de lancer leur éner­­gie dans la bataille. » Mais le modèle de Rusty est mascu­­lin ; il s’agit de son grand frère. Car les femmes qui l’en­­tourent – sa mère, les amies de sa mère, les mères de ses amies – lui semblent être des « victimes ». Au cinéma, dont elle est friande, ce sont des hommes qui lui paraissent tenir le beau rôle. Quant à la Première dame des États-Unis, c’est une figure inat­­tei­­gnable. Enrôlé dans le corps des Marines, le grand frère de Rusty lui offre une baïon­­nette. Elle prend l’ha­­bi­­tude de se trim­­ba­­ler avec l’arme accro­­chée à sa jambe. Il lui prête égale­­ment ses poids et ses appa­­reils de muscu­­la­­tion. « Cela n’avait rien à voir avec le fait d’être en forme, on s’en moquait à l’époque ; cela avait à voir avec le fait d’être fort. » Mais la jeune fille ne devient pas seule­­ment de plus en plus « forte » et de plus en plus « auda­­cieuse », elle devient aussi de plus en plus « agres­­sive » et de plus en plus « pénible ». Quand Rusty fait du roller, par exemple, elle ne se contente pas de se lais­­ser entraî­­ner par la musique le long de la piste, elle se rue sur les autres pati­­neurs, les bous­­cule et se réjouit de les faire tomber. Puis, en 1955, elle fait la connais­­sance d’un homme portant une étrange costume blanc cein­­turé d’un ruban jaune…

YMCA

« — Qu’est-ce que c’est que ça ? demande Rusty Glick­­man en dési­­gnant le costume du judoka. — C’est mon judogi. Qu’est-ce que tu fais avec ça ? Eh bien, on jette les gens. Super ! J’ai l’ha­­bi­­tude de frap­­per, mais je n’ai jamais “jeté” personne ! Comment tu fais ça ? »

Impa­­rable
Crédits : Sports Illus­­tra­­ted

Le judoka ne se contente pas d’ex­­pliquer le prin­­cipe à la jeune femme, il lui en fait la démons­­tra­­tion. Il saisit Rusty Glick­­man – qui pèse « au moins 18 kilos de plus que lui » – par la taille, la place sur ses propres hanches et l’y main­­tient comme si elle n’était pas plus lourde qu’un « morceau de papier », avant de la mettre à terre. Impres­­sion­­née, la jeune femme lui demande immé­­dia­­te­­ment où elle peut apprendre le judo. « Tu ne peux pas », lui rétorque le judoka. « Je m’en­­traîne dans un centre YMCA à Brook­­lyn et les femmes ne sont pas auto­­ri­­sées. » Il ignore sans doute à qui il a affaire. À l’époque, Rusty Glick­­man assiste l’en­­traî­­neur d’un autre centre spor­­tif de la ville, lors de la séance hebdo­­ma­­daire qui est réser­­vée aux femmes. Elle conclut un marché avec lui : s’il réus­­sit à convaincre le direc­­teur du YMCA de la lais­­ser apprendre le judo, elle ensei­­gnera ce sport aux autres membres du centre. « Eh bien, ça a marché ! Ils m’ont lais­­sée entrer », raconte-t-elle à l’as­­sis­­tance du Musée de Brook­­lyn. « Je savais que je devais travailler plus dur que tous les autres. Lorsque je faisais des pompes, on me surveillait du coin de l’œil. Lorsque je tombais, on me surveillait du coin de l’œil. Et j’ai gagné le respect de la majo­­rité des hommes dans cette classe. » La pratique du judo lui permet de cana­­li­­ser son éner­­gie et son agres­­si­­vité. Elle l’apaise. Sa colère va néan­­moins être doulou­­reu­­se­­ment ravi­­vée. L’équipe qui va parti­­ci­­per aux cham­­pion­­nats de judo du réseau de centres YMCA de l’an­­née 1959 vient d’être consti­­tuée. Rusty Glick­­man n’en fait pas partie. Mais quelques jours seule­­ment avant la finale, un membre de l’équipe se blesse et le capi­­taine lui propose de le rempla­­cer. Aucune règle ne stipule que les femmes n’ont pas le droit de parti­­ci­­per au tour­­noi. Rusty Glick­­man, dont les cheveux sont coupés courts, prend tout de même la peine de bander sa poitrine. La voilà sur le tatami, femme à la cein­­ture verte parmi des hommes à la cein­­ture noire ou marron. « J’avais peur, je ne voulais pas perdre, et le seul moyen de ne pas perdre c’est de gagner… »

Lorsqu’elle rentre aux États-Unis, la jeune femme est deve­­nue une judoka hors pair.

L’homme qui l’a démasquée lui ordonne de rendre sa médaille. « Autre­­ment, nous repren­­drons le trophée », menace-t-il. Froi­­de­­ment, Rusty Glick­­man retire la médaille de son cou, la dépose entre les mains de l’homme, et retourne auprès de ses coéqui­­piers. Ils sont abasour­­dis. Rusty Glick­­man tente de les récon­­for­­ter en enchaî­­nant les plai­­san­­te­­ries, mais dans son for inté­­rieur, c’est bel et bien la colère qui enfle. Et dans son esprit, une pensée qui va rapi­­de­­ment prendre la forme d’une obses­­sion : « Cela ne doit plus se produire. Cela ne doit pas arri­­ver à une autre femme. Personne ne mérite une telle humi­­lia­­tion. » Elle pour­­suit donc son entraî­­ne­­ment, plus déter­­mi­­née que jamais. En 1962, elle décide de se rendre au Japon, terre natale du judo. À 27 ans, elle est déjà la mère d’un petit garçon de 6 ans prénommé Chris, mais le mariage qui l’a unie au père de l’en­­fant a été aussi bref que malheu­­reux. Elle est libre de s’en­­vo­­ler vers d’autres cieux, qu’elle espère plus cléments.

Kōdō­­kan

Rusty Glick­­man intègre le Kōdō­­kan, dōjō de Tokyo fondé en 1882 par le créa­­teur du judo, Jigorō Kanō. Si judo est un mot japo­­nais signi­­fiant « voie de la souplesse », le terme dōjō, lui, désigne l’en­­droit où l’on étudie la « voie » et il s’ap­­plique aussi bien aux écoles d’arts martiaux qu’aux lieux de médi­­ta­­tion. C’est là que Rusty Glick­­man prend véri­­ta­­ble­­ment conscience des prin­­cipes qui régissent son sport de prédi­­lec­­tion. « J’ai aimé le fait que ces judo­­kas soient des gens forts, polis et humbles, le fait qu’il ne faille pas courir partout avec un bandage sur le menton pour paraître fort, ni dépouiller les gens dans la rue pour être respecté », dit-elle au Musée de Brook­­lyn. « Il faut avant tout se respec­­ter soi-même, c’est ce que le judo vous enseigne. » Au Kōdō­­kan, les élèves fémi­­nines sont nombreuses et une partie de l’école leur est réser­­vée. L’Amé­­ri­­caine prend place parmi elles. « C’était amusant et j’ai acquis de nombreuses compé­­tences, mais je les tuais, les pauvres. Elles n’étaient pas habi­­tuées à combattre quelqu’un pratiquant le judo tel que je le pratiquais. Je pratiquais un judo qui à l’époque était consi­­déré comme un judo mascu­­lin et non comme un judo fémi­­nin. »

À l’école japo­­naise

Logique­­ment, Rusty Glick­­man est invi­­tée à combattre avec les hommes. Ils ne lui faci­­litent pas la tâche, et elle leur en est « recon­­nais­­sante ». Lorsqu’elle rentre aux États-Unis, la jeune femme est deve­­nue une judoka hors pair. Elle entre­­tient une rela­­tion épis­­to­­laire avec l’un de ses nouveaux amis japo­­nais, Ryohei Kano­­kogi, petit-fils de samou­­raï et membre de l’équipe de judo de la pres­­ti­­gieuse univer­­sité Nihon. Celui-ci décide de la rejoindre à New York et l’épouse en juillet 1965, au centre cultu­­rel boud­d­histe de Manhat­­tan. « Il n’y a rien d’ex­­cep­­tion­­nel au fait qu’un judoka se marie, excepté que la femme de Kano­­kogi est elle aussi une experte du judo », note le jour­­na­­liste qui couvre l’évé­­ne­­ment pour le maga­­zine spécia­­lisé Black Belt. Ryohei est alors cein­­ture noire cinquième dan, tandis que Rusty est cein­­ture noire deuxième dan. Tous les deux se consacrent à l’en­­sei­­gne­­ment. Leur témoin de mariage est un maître du judo, Kiyo­­shi Shiina. Parmi les invi­­tés se trouve Lee Kras­­ner, peintre et compagne de l’ar­­tiste Jack­­son Pollock, décédé une dizaine d’an­­nées aupa­­ra­­vant. Elle est aussi la tante de Rusty.

Les époux Kano­­kogi
Crédits : Sports Illus­­tra­­ted

Rusty et Ryohei Kano­­kogi auront deux enfants : un garçon, Ted, et une fille, Jean. Cette dernière commence à apprendre le judo à l’âge de neuf ans. Elle parti­­cipe aux cham­­pion­­nats natio­­naux des États-Unis de 1983 à 1986. Aujourd’­­hui cein­­ture noire quatrième dan, titu­­laire d’un master en droit pénal et d’un docto­­rat en psycho­­lo­­gie, elle travaille pour le gouver­­ne­­ment fédé­­ral améri­­cain. Ce qui ne l’em­­pêche pas de copro­­duire un film sur la vie de sa mère, Don’t Call Me Sir! – « Ne m’ap­­pe­­lez pas monsieur ! ». Écrit et réalisé par l’ac­­teur Bo Sven­­son, il est actuel­­le­­ment en déve­­lop­­pe­­ment. Bien d’autres enfants que Jean auront béné­­fi­­cié du savoir du couple Kano­­kogi. L’un d’eux, Evan Osnos, devien­­dra jour­­na­­liste pour le New Yorker. Il se souvient d’un petit homme serein, « célèbre, selon les critères du judo, pour être apparu dans des spots publi­­ci­­taires, frap­­pant des valises pour la marque Samso­­nite et déchique­­tant des citrons pour l’après-rasage Hai Karate », et d’une grande femme aux cheveux « rouge feu », pesant une centaine de kilos et dotée d’un fort accent de Brook­­lyn. « Grâce aux Kano­­kogi, mon expé­­rience du judo n’a pas été telle que je me la figu­­rais », écrit-il. « Après quelques pleurs, j’y ai pris goût. Et fina­­le­­ment, j’ai gagné un petit trophée dans la divi­­sion locale des poids-léger. » Cepen­­dant, les judo­­kas les plus rede­­vables à Rusty Kano­­kogi sont des femmes.

La médaille d’or

En 1974, Rusty Kano­­kogi obtient l’au­­to­­ri­­sa­­tion de faire parti­­ci­­per des femmes aux cham­­pion­­nats des États-Unis. L’équipe qu’elle entraîne inclut Maureen Braziel, qui est consi­­dé­­rée comme l’une des meilleures judo­­kas de son temps aux États-Unis. En 1980, elle hypo­­thèque sa propre maison pour pouvoir orga­­ni­­ser les premiers cham­­pion­­nats du monde de judo fémi­­nin, à Madi­­son Square Garden. Cette disci­­pline n’est pas encore recon­­nue comme une disci­­pline olym­­pique, et les proté­­gées de Rusty Kano­­kogi, telles que Heidi Bauer­­sachs, sont privées de Jeux en 1984. La jeune femme est « boule­­ver­­sée ». « J’ai travaillé très dur », dit-elle dans une vidéo enre­­gis­­trée à l’époque. « Et si je peux aller au Vene­­zuela repré­­sen­­ter les États-Unis aux cham­­pion­­nats panamé­­ri­­cains et rappor­­ter une médaille d’or, pourquoi ne puis-je pas aller à Los Angeles, qui est juste à côté, et essayer de faire la même chose ? Il y a des hommes aux Olym­­piques, et comme vous pouvez le voir, nous nous entraî­­nons avec eux, nous faisons la même chose qu’eux. La seule diffé­­rence entre leur judo et mon judo, c’est que je porte un tee-shirt sous mon judogi. » Pour justi­­fier leur choix de garder les femmes à l’écart des Jeux olym­­piques, les auto­­ri­­tés affirment craindre qu’elles ne se blessent. Bien évidem­­ment, cet argu­­ment falla­­cieux ne convainc pas Rusty Kano­­kogi. Elle conti­­nue de se battre pour la recon­­nais­­sance du judo fémi­­nin, allant jusqu’à mena­­cer de porter plainte contre le Comité inter­­­na­­tio­­nal olym­­pique s’il ne figure pas parmi les disci­­plines des Jeux de Séoul en 1988. L’une de ses élèves, Marga­­ret Castro, y décro­­chera une médaille de bronze. En 1991, l’oeuvre de Rusty Kano­­kogi est enfin recon­­nue : son nom est ajouté à la liste des athlètes fémi­­nins les plus marquants du monde, la Inter­­na­­tio­­nal Women’s Sports Hall of Fame. En 2008, elle devient la première femme judoka à accé­­der au grade de septième dan et elle est faite membre de l’ordre du Soleil levant, l’une des plus hautes distinc­­tions japo­­naises. Atteinte d’un myélome multiple, cancer rare des cellules du système immu­­ni­­taire, Rusty Kano­­kogi mène alors le plus éprou­­vant de tous ses combats. Et elle finit par s’in­­cli­­ner le 21 novembre 2009, quelques mois seule­­ment après la confé­­rence du Musée de Brook­­lyn. Mais Rusty Kano­­kogi n’a pas tiré sa révé­­rence sans avoir aupa­­ra­­vant obtenu son dû. En effet, la médaille d’or que la ligue YMCA lui avait refusé en 1959 lui a fina­­le­­ment été remise en signe de recon­­nais­­sance pour « son leader­­ship et son enga­­ge­­ment inspi­­rants en faveur de l’éga­­lité entre les hommes et les femmes dans le monde du sport ». « Cinquante plus tard, je reçois la médaille qui n’au­­rait jamais due m’être enle­­vée », a déclaré la judoka lors de la céré­­mo­­nie offi­­cielle. « Nous avons réparé une erreur. C’est tout ce qui compte. Je ne me suis pas attar­­dée sur cette expé­­rience néga­­tive, j’ai conti­­nué d’avan­­cer », a-t-elle ajouté, fair play. De son côté, Jean Kano­­kogi résume la ligne de conduite de sa mère en trois mots : « égalité », « inté­­grité » et « justice ». Des valeurs égale­­ment portées par la Women’s Sports Foun­­da­­tion, qui octroie aujourd’­­hui des bourses du nom de Rusty Kano­­kogi aux jeunes athlètes fémi­­nines dési­­reuses de se consa­­crer à leur carrière de judoka. Cette asso­­cia­­tion a d’ailleurs été créée par l’une de ses plus proches amies, la joueuse de tennis Billie Jean King. Pour cette dernière, et pour beau­­coup d’autres, Rusty Kano­­kogi est « la mère du judo ».

Crédits : Sports Illus­­tra­­ted

Couver­­ture : Rusty dans les pages de SI.
 
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