par jj39111 | 0 min | 3 avril 2017

Depuis qu’un étrange objet volant s’est écrasé près de Roswell, aux États-Unis, en 1947, un grand nombre de personnes cherchent sans relâche des preuves de vie extra­­­ter­­restre sur notre propre planète. Et ils peuvent le faire sans même quit­­ter leur salon, grâce à Google Earth. Créé en 2004, le logi­­ciel de Google, qui permet de visua­­li­­ser la Terre grâce à un assem­­blage d’images satel­­li­­taires, semble leur four­­nir régu­­liè­­re­­ment de nouveaux argu­­ments pour étayer leur théo­­rie absconse : les extra­­­ter­­restres sont parmi nous. Pour appuyer leurs décla­­ra­­tions, les ufologues profitent bien souvent de la faible réso­­lu­­tion des images dispo­­nibles. Car si certaines métro­­poles sont rendues avec une préci­­sion stupé­­fiante, la modé­­li­­sa­­tion d’une bonne partie de la planète est encore rela­­ti­­ve­­ment floue. Cette modé­­li­­sa­­tion, initia­­le­­ment réali­­sée par le logi­­ciel Trimble Sket­­chUp, est aujourd’­­hui géné­­rée auto­­ma­­tique­­ment par des algo­­rithmes. Pour­­tant, outre les ovnis et autres traces d’une préten­­due civi­­li­­sa­­tion extra­­­ter­­restre, elle a permis des décou­­vertes tout à fait sérieuses, notam­­ment dans les zones les plus diffi­­ci­­le­­ment acces­­sibles du monde. Les obsé­­dés d’E.T. persistent à l’igno­­rer, mais c’est là que la tech­­no­­lo­­gie de Google prend toute son ampleur.

Le terrain de chasse

En parcou­­rant le monde avec Google Earth, on peut tomber sur le signal « lieu d’in­­té­­rêt rare pour les extra­­­ter­­restres ». Celui-ci marque par exemple une struc­­ture archi­­tec­­tu­­rale éton­­nante à l’est du Caire. Visible aux coor­­don­­nées « 30° 1’14.40″N 31°43’17.49″E », elle se compose de deux bâti­­ments en forme de pointes, entou­­rés par des cercles énig­­ma­­tiques, et semble tout droit sortie d’un décor de Star Wars. Dans une vidéo postée en avril 2016 sur la chaîne YouTube secu­­re­­team10, qui est suivie par près de 840 000 personnes et animée par l’ufo­­logue améri­­cain Tyler Glock­­ner, le narra­­teur se demande si cette struc­­ture ne marque pas l’en­­trée d’ « une base souter­­raine secrète ». Beau­­coup de commen­­ta­­teurs se montrent scep­­tiques, d’au­­tant qu’elle se trouve à proxi­­mité d’une auto­­route, mais certains y ont tout de suite vu une « base d’ov­­nis » du gouver­­ne­­ment égyp­­tien. Dans le doute, autant croire n’im­­porte quoi, semble dicter leur logique. Dans une vidéo postée un mois plus tard, Tyler Glock­­ner prétend cette fois démasquer un vais­­seau extra­­­ter­­restre au fond de l’océan Paci­­fique, au large de la Cali­­for­­nie. Lui aussi repéré grâce à Google Earth, il s’agi­­rait d’un véhi­­cule de forme circu­­laire d’un diamètre de 4,5 kilo­­mètres, se déplaçant en zigzags sur une distance de 74 kilo­­mètres. « Quel objet de cette taille bouge sous l’océan en zigza­­guant de la sorte, comme s’il était contrôlé par une intel­­li­­gence arti­­fi­­cielle ? » demande le narra­­teur de la vidéo d’une voix péné­­trée. Chas­­seur d’ex­­tra­­ter­­restres argen­­tin, Marcelo Igazusta est quant à lui convaincu d’avoir trouvé un ovni de forme pyra­­mi­­dale au fond de l’océan Paci­­fique, cette fois au large du Mexique. Il est relayé par un autre chas­­seur d’ex­­tra­­ter­­restres bien connu, Scott Waring, fonda­­teur du site UFO Sigh­­tings Daily, qui affirme que cette pyra­­mide est à la fois « parfaite » et gigan­­tesque en se basant sur l’ombre percep­­tible sur Google Earth. « Les humains n’au­­raient jamais pu construire une telle pyra­­mide », écrit-il avec aplomb. « Seuls des extra­­­ter­­restres ont pu réus­­sir à fabriquer une struc­­ture aussi massive. » Le verdict est sans appel. Mais le terrain de chasse de prédi­­lec­­tion des ufologues reste l’An­­tar­c­­tique. Cette région de glace est telle­­ment nimbée de mystère que trois points visibles sur le cratère d’un volcan enneigé ont suffi à faire croire qu’elle était le lieu d’une forme de vie extra­­­ter­­restre. Deux d’entre eux ressemblent à des débris tandis que le troi­­sième laisse penser à une cavité conte­­nant un objet non-iden­­ti­­fiable. « Des gens pour­­raient dire qu’il s’agit d’une base d’ov­­nis mili­­taires secrète », commente le narra­­teur d’une vidéo postée en novembre 2016 sur la chaîne YouTube third­­pha­­seof­­moon, qui est suivie par plus de 390 000 personnes. « Cela se pour­­rait. Quel endroit parfait pour avoir une base mili­­taire extra­­­ter­­restre au milieu d’un volcan. » Une autre personne insiste sur le fait que l’une des tâches visibles a l’ap­­pa­­rence d’une soucoupe volante ayant été submer­­gée par la glace. Le même mois, third­­pha­­seof­­moon faisait égale­­ment état d’une pyra­­mide de style égyp­­tien au Pôle Sud avec une vidéo incluant des clichés préten­­du­­ment pris à partir de Google Earth. La vidéo suggé­­rait que cette pyra­­mide conte­­nait une base extra­­­ter­­restre et qu’elle était la raison réelle de la visite du Secré­­taire d’État améri­­cain John Kerry, qui venait souli­­gner les effets du chan­­ge­­ment clima­­tique sur l’An­­tar­c­­tique. Nombre d’ufo­­logues conspi­­ra­­tion­­nistes sont persua­­dés que cette pyra­­mide, qui serait en réalité une simple montagne rocheuse, est un vestige de la cité mythique de l’At­­lan­­tide. D’autres pensent qu’elle est liée à des acti­­vi­­tés nazies qui auraient été tenues secrètes pendant toutes ces années. Une montagne ? Trop facile !

Agressé par E.T.

Une légende raconte que les nazis ont dissi­­mulé des œuvres d’art dans une base souter­­raine en Antar­c­­tique, où ils mettaient égale­­ment au point des soucoupes volantes, et que les forces alliées n’ont eu de cesse de la détruire. Se basant sur une mission alle­­mande menée en janvier 1939 et les diffé­­rentes opéra­­tions mili­­taires qui ont eu lieu au Pôle Sud, cette légende s’est si large­­ment répan­­due sur Inter­­net que le géologue et océa­­no­­graphe britan­­nique Colin Summe­­rhayes s’est fendu d’un article de 21 pages pour la désos­­ser. Il explique notam­­ment que c’est le secret entou­­rant initia­­le­­ment les opéra­­tions mili­­taires qui a permis aux gens « de construire un mythe d’une vaste base alle­­mande en Antar­c­­tique », préci­­sant qu’ « il n’est plus diffi­­cile de sépa­­rer la réalité du fantasme, bien que beau­­coup trouvent sédui­­sant de ne pas le faire ».   

L’ufo­­logue conspi­­ra­­tion­­niste Tyler Glock­­ner fait bien entendu partie de ceux-là. En janvier dernier, il a consa­­cré au moins deux vidéos utili­­sant des images de Google Earth au « mystère » de l’An­­tar­c­­tique sur sa chaîne YouTube secu­­re­­team10. La première montre une sorte d’im­­mense esca­­lier le long d’une montagne enneigé. « Je ne crois pas que ce soient réel­­le­­ment des marches, mais elles sont à mon avis trop parfai­­te­­ment construites pour être des dunes natu­­rel­­le­­ment créées par le vent. Étran­­ge­­ment, elles ne ressemblent pas au paysage dessiné par le vent aux alen­­tours et elles n’ap­­pa­­raissent qu’à un seul endroit à 100 kilo­­mètres à la ronde, nulle part ailleurs », affir­­mait alors Glock­­ner.
La seconde vidéo montre des « pyra­­mides » ennei­­gées ainsi qu’un objet circu­­laire dépas­­sant d’une grotte dans la montagne. Pour Tyler Glock­­ner, il s’agit indu­­bi­­ta­­ble­­ment d’une soucoupe volante. « L’ul­­time preuve d’une tech­­no­­lo­­gie secrète stockée au Pôle Sud ? » fait mine de deman­­der le youtu­­beur. « C’est une décou­­verte explo­­sive et à mon avis l’un des éléments les plus évidem­­ment arti­­fi­­ciels et anor­­maux que nous ayons trou­­vés au Pôle Sud », ajoute-t-il, expliquant que les images lui ont été envoyées par l’un des abon­­nés de secu­­re­­team10 sur Twit­­ter.
Ces vidéos sont loin de convaincre tout le monde, même au sein de la foison­­nante commu­­nauté des ufologues conspi­­ra­­tion­­nistes. « Le proprié­­taire de secu­­re­­team10 a été filmé en train de falsi­­fier des vidéos », m’as­­sure MWV, créa­­teur du site UFO Inter­­na­­tio­­nal Project – qui refuse de donner sa véri­­table iden­­tité après avoir reçu des menaces de mort. Il estime par ailleurs que Google Earth est un outil de recherche peu fiable : « Beau­­coup d’images satel­­li­­taires me sont envoyées, mais je suis toujours un peu dubi­­ta­­tif, car ce n’est pas une ressource “live”. De mon côté, je pense qu’on ne peut pas clari­­fier ce qu’est un objet à partir de tels clichés. »
Lui-même affirme avoir vu un ovni le 11 novembre 2011 à 23 h 11 – qui s’écrit 11:11 pm en anglais, créant ainsi une symé­­trie parfaite entre la date et l’ho­­raire. « Depuis ce jour, ma vie a changé », me dit-il, « je suis devenu obsédé par l’idée de décou­­vrir la vérité. J’étais dans le Glou­­ces­­ter­­shire au Royaume-Uni, c’était un énorme objet trian­­gu­­laire qui avait des lumières dorées palpi­­tantes en-dessous de lui. Il ne faisait pas de bruit et il est apparu pour dispa­­raître aussi­­tôt dans le ciel, comme s’il s’était fondu dans le décor. »
John Mooner, lui, prétend carré­­ment avoir été enlevé par des extra­­­ter­­restres au cours de l’an­­née 2016. Et il entend le prou­­ver avec des images de Google Earth. « Je me suis dit que j’al­­lais regar­­der l’en­­droit où j’ai été repéré par l’ovni et j’ai cher­­ché quelque chose qui sortait de l’or­­di­­naire », a-t-il raconté au tabloïd britan­­nique The Sun en janvier dernier. « Ce que j’ai vu m’a laissé sans voix. » Sur les images satel­­li­­taires four­­nies au jour­­nal, on ne distingue que des éclats de lumières au-dessus de son quar­­tier rési­­den­­tiel de la ville de Torquay. Mais il affirme qu’en zoomant, elles permettent égale­­ment de voir un alien gris le frap­­per au visage.

La forêt intacte

Comme Tyler Glock­­ner, Marcelo Igazusta, Scott Waring et MWV, Seth Shos­­tak cherche un indice de vie extra­­­ter­­restre. Mais il ne le cherche pas sur Terre, ni même dans l’es­­pace proche : il tente de capter des signaux émis par des êtres intel­­li­­gents dans l’es­­pace loin­­tain, qu’ils soient déli­­bé­­rés ou acci­­den­­tels. Et surtout, Seth Shos­­tak est un éminent astro­­nome qui offi­­cie dans le cadre du projet de recherche sur la vie extra­­­ter­­restre de la NASA. « Il est impos­­sible de prendre au sérieux aucun des ufologues qui trouvent des ovnis et autres “preuves” de vie extra­­­ter­­restres sur Google Earth à tout bout de champ », me confirme-t-il sur Skype, en direct des locaux de la célèbre agence spatiale améri­­caine.

« Tout simple­­ment parce que les satel­­lites qui alimentent Google Earth ne prennent des clichés que de manière très occa­­sion­­nelle : si je regarde devant ma maison, j’y verrai la voiture que j’avais il y quelques années. Ce serait donc une chance incroyable de captu­­rer un ovni. Sans parler de plusieurs ovnis. Cela voudrait dire que notre planète regorge d’ex­­tra­­ter­­restres. Et pour­­tant, nous sommes des milliers de scien­­ti­­fiques à les cher­­cher en vain, dans toute la galaxie et au-delà. Ce serait tout de même étrange que nous ne les croi­­sions jamais. D’au­­tant que certains endroits du monde sont, eux, constam­­ment photo­­gra­­phiés par les satel­­lites pour des raisons mili­­taires et que ces clichés n’ont jamais révélé aucun ovni. » Ils n’ont effec­­ti­­ve­­ment jamais révélé la présence d’ovni, mais ils ont permis à des jour­­na­­listes et des citoyens de s’in­­for­­mer et d’in­­for­­mer le monde sur les conflits les plus diffi­­ci­­le­­ment couverts par les médias. Comp­­table britan­­nique au chômage en 2011, Eliot Higgins est ainsi rapi­­de­­ment devenu un spécia­­liste de la guerre en Syrie pour le New York Times et l’or­­ga­­ni­­sa­­tion Human Rights Watch. Aujourd’­­hui, il est à la tête de l’équipe qui alimente Bellin­­cat, site dédié à l’in­­ves­­ti­­ga­­tion grâce aux données en libre accès et aux outils dispo­­nibles sur Inter­­net. Et Google Earth figure toujours parmi les plus effi­­caces de ces outils. Il a notam­­ment permis de loca­­li­­ser un des camps d’en­­traî­­ne­­ment de Daech en 2015, en compa­­rant ses images avec les photo­­gra­­phies publiées par les djiha­­distes.

Le camp de concen­­tra­­tion de Yodok en Corée du Nord

Et si certains endroits stra­­té­­giques, comme la Maison-Blanche, sont flou­­tés par Google, le géant du Web permet de se faire une idée assez précise des lieux les plus inat­­tei­­gnables du monde. Il donne ainsi un aperçu détaillé de la capi­­tale nord coréenne, Pyon­­gyang : ses places, ses écoles, ses hôpi­­taux, ses parcs… À l’ex­­té­­rieur de la ville, la carte reste clair­­se­­mée. Elle signale néan­­moins les fameux camps de concen­­tra­­tion dans lesquels le régime commu­­niste enferme ses oppo­­sants, ainsi que des usines et un centre de recherche nucléaire. Google propose même d’al­­ler sur Mars depuis 2009 – un nouveau terrain de chasse pour les ufologues, qui ont cru y trou­­ver des struc­­tures archi­­tec­­tu­­rales. « C’est comme lorsqu’on regarde les nuages, on finit toujours par y trou­­ver des formes fami­­lières », s’amuse Seth Shos­­tak. Google Earth a par ailleurs permis des décou­­vertes inté­­res­­santes pour la commu­­nauté scien­­ti­­fique. En 2005, des scien­­ti­­fiques des jardins bota­­niques royaux de Kew cherchent une zone où lancer un projet de conser­­va­­tion d’es­­pèces au Mozam­­bique avec le logi­­ciel, lorsqu’une large tache verte attire leur regard. Ils viennent en fait de repé­­rer une zone fores­­tière et monta­­gneuse d’en­­vi­­ron 7 000 hectares alors jamais explo­­rée par l’être humain, le mont Mabu. Celui-ci a été parcouru trois ans plus tard par le biolo­­giste Jona­­than Timber­­lake et ses photo­­gra­­phies témoignent de la grande variété et de la rareté des espèces animales et végé­­tales qui y vivent. Elles n’ont en revanche capturé aucun extra­­­ter­­restre, ni ovni, ni mysté­­rieuse pyra­­mide.


Couver­­ture : De « mysté­­rieuses » struc­­tures en Égypte.
 
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