par jj39111 | 0 min | 16 octobre 2017

The Meadows

La silhouette est massive, la démarche lourde. Le produc­­teur de cinéma Harvey Wein­­stein n’avait que quelques pas à faire, le mercredi 11 octobre 2017, entre une villa de Los Angeles et une impo­­sante voiture noire, mais le parcours a dû lui sembler inter­­­mi­­nable. Depuis que le New York Times a rapporté, le jeudi 5 octobre 2017, que cet homme, qui figure parmi les plus puis­­sants de l’in­­dus­­trie holly­­woo­­dienne, se serait rendu coupable de très nombreuses agres­­sions sexuelles, les jour­­na­­listes guettent le moindre de ses mouve­­ments et ils étaient plusieurs à l’in­­ter­­pel­­ler entre la villa et la voiture ce jour-là.

Asia Argento
Crédits : Georges Biard

En tout, une tren­­taine d’ac­­trices, dont les Françaises Emma de Caunes, Judith Godrèche, Florence Darel et Léa Seydoux, auraient eu à subir ses avances dépla­­cées, ou bien carré­­ment ses assauts. Les stars améri­­caines Ange­­lina Jolie et Gwyneth Paltrow l’ac­­cusent de harcè­­le­­ment sexuel. Rose McGo­­wan et Asia Argento, de viol. La scène se déroule en 1997, à l’hô­­tel du Cap-Eden-Roc sur la côte d’Azur. L’ac­­trice italienne et fille du cinéaste Dario Argento, alors âgée de 21 ans, a accepté une invi­­ta­­tion à une soirée orga­­ni­­sée par la société de produc­­tion d’Har­­vey Wein­­stein, Mira­­max, mais elle semble être la seule convive et se retrouve seule avec lui dans une chambre. Il en sort quelques minutes et revient en peignoir, une bouteille de lotion pour le corps à la main. Demande un massage à la jeune femme. Puis relève sa jupe et la force à avoir des rapports oraux. « Il me terri­­fiait, il était si costaud », confiera Asia Argento au New Yorker. « Ça ne s’ar­­rê­­tait pas, c’était un cauche­­mar. » Pour tenter d’y mettre un terme, elle finit par se résoudre à feindre le plai­­sir. Vingt ans plus tard, elle ne peut toujours pas appré­­cier les rapports oraux, se dit « abîmée » et quali­­fie cette expé­­rience de « terrible trau­­ma­­tisme ». « Rien que d’en parler, mon corps entier se met à trem­­bler. » Sachant qu’au moins trois autres femmes auraient égale­­ment été violées par Harvey Wein­­stein, on a le sang qui se glace en enten­­dant l’un des jour­­na­­listes se réjouir de le voir « aller bien » tandis qu’il s’ap­­prête à monter dans la voiture en ce mercredi 11 octobre 2017. « Non, je ne vais pas bien », réplique le produc­­teur. « Mais j’es­­saye, je vais me faire aider », ajoute-t-il en ouvrant la portière. Et de fait, d’après la chaîne de télé­­vi­­sion cali­­for­­nienne KCAL-TV, la voiture l’em­­por­­tera vers l’aé­­ro­­port de Los Angeles, puis il pren­­dra un avion pour l’Ari­­zona, direc­­tion Wicken­­burg, « où se trouve un centre de réha­­bi­­li­­ta­­tion spécia­­lisé dans les problèmes compor­­te­­men­­taux tels que l’ad­­dic­­tion sexuelle ». The Meadows, une clinique privée qui offre à ses clients de les aider pour un peu plus de 30 000 euros par mois, et qui a accueilli d’autres patients de renom, comme Tiger Woods. Mais pourquoi attendre que les médias ne révèlent ses « problèmes compor­­te­­men­­taux » pour se « faire aider » ? Et surtout, pourquoi ces mêmes médias se sont-ils tus si long­­temps ? Car il suffit de leur tendre l’oreille pour comprendre qu’ils connais­­saient les agis­­se­­ments d’Har­­vey Wein­­stein depuis un moment déjà : tous s’ac­­cusent mutuel­­le­­ment de cet assour­­dis­­sant silence collec­­tif. Le jour­­na­­liste à l’ori­­gine du scan­­dale, Ronan Farrow, dénonce d’ailleurs de multiples pres­­sions desti­­nées à faire taire et les médias et les femmes. « Il existe un vaste dispo­­si­­tif pour faire taire les femmes », dit-il. « Des accords confi­­den­­tiels très stricts que les femmes sont payées pour signer, une équipe de commu­­ni­­ca­­tion qui propage des infor­­ma­­tions néga­­tives sur ces femmes… » Il suffit égale­­ment de revoir quelques scènes de télé­­vi­­sion pour comprendre que l’en­­semble de l’in­­dus­­trie ciné­­ma­­to­­gra­­phique améri­­caine était elle aussi au courant des « problèmes compor­­te­­men­­taux » d’Har­­vey Wein­­stein. Lors de la céré­­mo­­nie des Oscars 2013, par exemple, le présen­­ta­­teur, Seth MacFar­­lane, s’est réjoui du fait que les cinq nomi­­nées pour le meilleur second rôle fémi­­nin n’au­­raient « plus à faire semblant d’être atti­­rées par Harvey Wein­­stein », et toute la salle a été secouée de rires. L’ac­­teur Matt Damon a même été accusé d’avoir tenté de décou­­ra­­ger une jour­­na­­liste d’enquê­­ter sur le produc­­teur de Mira­­max – ce qu’il a ferme­­ment démenti : « Pour votre infor­­ma­­tion, je n’es­­saie­­rais jamais, au grand jamais, de tuer une histoire comme ça. Je ne ferais pas ça. Ce n’est pas quelque chose que je ferais pour qui que ce soit. »

Harvey Wein­­stein
Crédits : David M. Benett/Ulyces

La porte secrète

L’ac­­teur Ben Affleck, lui, a été obligé de présen­­ter des excuses publiques à la présen­­ta­­trice Hila­­rie Burton pour avoir attrapé ses seins sur un plateau de télé­­vi­­sion en 2003. Et ce, quelques heures seule­­ment après s’être déclaré sur Face­­book « attristé et furieux qu’un homme avec qui [il a] travaillé ait utilisé son statut pour inti­­mi­­der, harce­­ler et mani­­pu­­ler des femmes pendant des décen­­nies ». La mémoire ravi­­vée par les inter­­­nautes, il s’est en effet fendu d’un tweet recon­­nais­­sant qu’il avait « agi de façon inap­­pro­­priée envers Mme Burton ». Tweet qui n’a pas manqué d’en appe­­ler d’autres : ceux de la maquilleuse Anna­­ma­­rie Tend­­ler. La jeune femme affirme avoir été agres­­sée sexuel­­le­­ment par Ben Affleck lors de la céré­­mo­­nie des Golden Globes de 2014 : « Il est venu vers moi, m’a agrippé les fesses et mis ses doigts entre mes jambes. J’ima­­gine qu’il essayait de faire comme s’il était poli­­ment en train de me déga­­ger de son chemin et que, oups, il avait touché mes fesses au lieu du bas de mon dos ? Comme la plupart des femmes dans ces situa­­tions, je n’ai rien dit, mais j’ai beau­­coup pensé à ce que je dirais si j’étais amenée à le voir de nouveau. » Son témoi­­gnage rappelle qu’Har­­vey Wein­­stein n’est pas le seul, ni le premier, à « utili­­ser son statut pour inti­­mi­­der » des femmes à Holly­­wood. Tout comme celui d’Emma Thomp­­son, qui a dit à la BBC avoir « passé sa jeunesse à reti­­rer des langues d’hommes plus vieux de [sa] bouche ». Ou encore celui de Tippi Hedren : « Il n’y a rien de nouveau, et ce n’est pas limité à l’in­­dus­­trie du diver­­tis­­se­­ment. J’ai dû gérer des inti­­mi­­da­­tions sexuelles tout le temps, pendant ma période de mannequi­­nat et ma carrière d’ac­­trice. » 

Tippi Hedren et Alfred Hitch­­cock
Crédits : OWN

Révé­­lée par le film Les Oiseaux en 1963, l’ac­­trice a notam­­ment accusé son réali­­sa­­teur, Alfred Hitch­­cock, de harcè­­le­­ment et d’agres­­sion sexuelle durant le tour­­nage. Dans ses mémoires, parues aux États-Unis en 2016, elle raconte que « le maître du suspense » passait très souvent devant sa maison en voiture, qu’il lui faisait des crises de jalou­­sie, qu’il lui a demandé de le « toucher » et qu’il a tenté de lui arra­­cher un baiser à l’ar­­rière d’une limou­­sine. « Il adorait me réci­­ter des comp­­tines cochonnes et faire des plai­­san­­te­­ries salaces sur le plateau », écrit-elle aussi. Le tour­­nage de la très célèbre scène dans laquelle son person­­nage est attaqué par des oiseaux aurait d’ailleurs été un véri­­table calvaire pour Tippi Hedren. Et repo­­se­­rait sur un mensonge d’Al­­fred Hitch­­cock. En effet, selon l’ac­­trice, il lui avait assuré que cette scène serait jouée avec des animaux méca­­niques avant de la placer dans une pièce remplie d’ani­­maux bien vivants. « Le meilleur dres­­seur du monde n’au­­rait pas pu contrô­­ler chaque mouve­­ment fait par un animal, en parti­­cu­­lier quand il est en situa­­tion de stress. » Ce qui devait arri­­ver arriva. Un oiseau donna un violent coup de bec tout près de l’œil de l’ac­­trice. « Je suis assise là sur le sol, inca­­pable de bouger, et je commence à sanglo­­ter d’épui­­se­­ment », se rappelle-t-elle dans son livre. Viennent ensuite les cauche­­mars. Un méde­­cin s’alarme et demande à Alfred Hitch­­cock d’ac­­cor­­der une semaine de repos à son égérie. Il refuse. « Êtes-vous en train d’es­­sayer de la tuer ? » rétorque le méde­­cin. Toujours dans ses mémoires, Tippi Hedren raconte que, lors du tour­­nage du film Pas de prin­­temps pour Marnie, le réali­­sa­­teur a fait instal­­ler une porte secrète entre son bureau et la loge de l’ac­­trice, où il a un jour posé ses mains sur elle. Il aurait égale­­ment demandé à l’équipe du maquillage de créer un masque réaliste du visage de Tippi Heddren, non pas pour les besoins du film, mais pour son usage person­­nel. « Je n’al­­lais pas en accep­­ter davan­­tage, alors je me suis tout simple­­ment éloi­­gnée et je n’ai pas regardé en arrière », résume-t-elle aujourd’­­hui. « Hitch m’a dit qu’il ruine­­rait ma carrière et je lui ai répondu qu’il pouvait faire ce qu’il voulait. Ça a pris 50 ans, mais il est temps que les femmes commencent à se défendre comme elles semblent le faire dans cette affaire Wein­­stein. C’est bien pour elles ! »

Eliza­­beth Short

Reste que certaines femmes ne sont plus en mesure de se défendre, ni même de parler. La plus célèbre d’entre elles est certai­­ne­­ment Eliza­­beth Short, qui avait été rebap­­ti­­sée « le Dahlia noir » par ses amis en raison de son abon­­dante cheve­­lure teinte en noir – ou bien de la fleur qu’elle y glis­­sait, ou encore des vête­­ments sombres qu’elle portait, selon la version qui est donnée de son histoire. Il est égale­­ment possible qu’elle ait été surnom­­mée ainsi par les jour­­na­­listes. « C’est la même chose pour Jack l’Éven­­treur », remarque le crimi­­no­­logue français Stéphane Bour­­goin, auteur du livre  Qui a tué le Dahlia Noir ? L’énigme enfin réso­­lue, qui est paru en 2014. « Sans un nom “vendeur”, ces dossiers n’au­­raient pas connu une telle célé­­brité. » Une chose est sûre, cette appren­­tie actrice était venue cher­­cher la gloire à Los Angeles lorsque son corps a été retrouvé vidé de son sang et coupé en deux sur un terrain vague de la ville, le 15 janvier 1947. « Elle avait subi d’atroces sévices. De son vivant, elle a été tortu­­rée au moins pendant vingt-quatre heures par le tueur, qui a pour­­suivi son œuvre post-mortem. » Cet effroyable crime a passionné la presse, qui n’a pas hésité à jeter en pâture les noms des cinéastes Orson Welles, dont Eliza­­beth Short aurait été enceinte, et John Huston, qui l’au­­rait violée. « L’après-midi même du 15, le Los Angeles Exami­­ner sortait une édition spéciale. Elle fut la seconde meilleure vente du jour­­nal, après l’an­­nonce de la fin de la Seconde Guerre mondiale. » Plusieurs séries télé­­vi­­sées évoquent « le Dahlia noir ». Trois jeux vidéo s’ins­­pirent de son histoire. Le groupe de rap rock origi­­naire de Los Angeles Holly­­wood Undead lui dédie une chan­­son, « My Black Dahlia »James Ellroy lui consacre un roman, Le Dahlia noir, porté à l’écran par Brian De Palma en 2006. Plusieurs blogs sont tenus par des inter­­­nautes qui tentent tous de réunir des preuves pour donner une iden­­tité à son meur­­trier. « Eliza­­beth rêvait d’être une vedette. Elle est fina­­le­­ment deve­­nue immor­­telle, mais para­­doxa­­le­­ment via son surnom, et à travers ses souf­­frances. » Gran­­die dans le Massa­­chu­­setts, Eliza­­beth Short a tenté sa chance en Cali­­for­­nie pour la première fois à l’âge de 19 ans, en 1943. Mais, arrê­­tée en état d’ivresse alors qu’elle n’a pas atteint l’âge légal pour boire de l’al­­cool, elle repart bien vite dans son État natal sur ordre de la police. Au Nouvel an de 1944, la jeune femme fait la rencontre d’un major de l’ar­­mée améri­­caine, Matt Gordon. Au mois d’août de cette même année, l’avion dans lequel il se trouve s’écrase, plon­­geant Eliza­­beth Short dans une profonde dépres­­sion. Elle se rend alors en Floride, où elle aurait multi­­plié les conquêtes. La dernière d’entres elles serait le lieu­­te­­nant Joseph Gordon Fick­­ling. C’est en partie pour lui qu’E­­li­­za­­beth Short retourne en Cali­­for­­nie, en 1946. « Elle vivait au jour le jour », raconte Stéphane Bour­­goin. « Faute de mieux, elle lais­­sait ses affaires à la consigne de la gare routière de Santa Barbara. La dernière fois qu’elle a été vue vivante, c’était au Bilt­­more Hotel, en train de discu­­ter avec un homme roux, qui sera mis hors de cause. » Pour le crimi­­no­­logue, le meur­­trier du « Dahlia noir » est un certain Jack Wilson, qu’il relie à la série de meurtres qui eut lieu à Cleve­­land, dans l’Ohio, à la même époque. « Déjà, les spécia­­listes avançaient que ce tueur en série jamais iden­­ti­­fié s’était à un moment “délo­­ca­­lisé”. En paral­­lèle, un homme, Jack Wilson, s’était présenté en 1970 à un jour­­na­­liste, John Gilmore, lui révé­­lant des détails jusque-là secrets sur le meurtre du Dahlia. Il est mort en 1982 dans l’in­­cen­­die de sa chambre d’hô­­tel. J’ai décou­­vert que le procu­­reur de Los Angeles s’ap­­prê­­tait à le pour­­suivre pour ce crime. » Une théo­­rie vali­­dée par plusieurs experts du FBI, et néan­­moins invé­­ri­­fiable.

Eliza­­beth Short, alias le Dahlia noir

Se faire entendre

Fort heureu­­se­­ment, tous les scan­­dales qui agitent Los Angeles ne sont pas aussi sordides que l’af­­faire Wein­­stein, ni aussi déso­­lants que l’af­­faire Hitch­­cock, ni aussi tragiques que l’af­­faire du « Dahlia noir ». Mais ils sont souvent tout aussi édifiants en ce qui concerne le trai­­te­­ment que la capi­­tale mondiale du cinéma réserve aux femmes. Et s’il y a quelque chose de sacré sur ses collines, c’est bien l’argent. Or, à Holly­­wood comme ailleurs, une actrice est nette­­ment moins bien payée qu’un acteur. Jenni­­fer Lawrence le faisait remarquer dans une tribune publiée par le site  Lenny­­let­­ter en 2015, tout en insis­­tant sur le fait que les inéga­­li­­tés sala­­riales entre hommes et femmes ne recou­­vraient évidem­­ment pas la même réalité sociale dans l’in­­dus­­trie du cinéma holly­­woo­­dien que dans la majo­­rité des milieux profes­­sion­­nels. « Il est diffi­­cile pour moi de parler de mon expé­­rience de femme qui travaille, puisque tout le monde ne peut pas s’iden­­ti­­fier à mes problèmes », écri­­vait-elle. « Quand Sony a été piraté et que j’ai décou­­vert à quel point j’étais moins bien payée que mes collègues qui ont la chance d’avoir un pénis, je n’étais pas en colère contre la multi­­na­­tio­­nale, mais contre moi-même. J’ai mal négo­­cié parce que j’ai laissé tomber trop vite. Je ne me suis pas battue pour quelques millions de dollars, même si avec mes deux fran­­chises je n’en ai pas besoin. Je vous ai prévenu que l’on ne pouvait pas comprendre mes problèmes, ne m’en voulez pas. » Loin de lui en vouloir, l’ac­­trice Emma Watson, par ailleurs connue pour son enga­­ge­­ment fémi­­niste depuis un discours prononcé au siège des Nations Unies en 2014, s’est au contraire excla­­mée « Oh, Jenni­­fer Lawrence, je t’aime tant » sur Twit­­ter. De son côté, l’ac­­teur Brad­­ley Cooper, qui partage l’af­­fiche du film Happi­­ness Therapy avec elle, a soutenu que sa tribune pouvait « faire une diffé­­rence » sur le site E! Online. En janvier dernier, c’était au tour de Nata­­lie Port­­man de dénon­­cer l’iné­­ga­­lité des salaires entre hommes et femmes à Holly­­wood. Dans une inter­­­view accor­­dée à Marie-Claire UK, elle déplo­­rait avoir été payée trois fois moins que son parte­­naire dans le film Sex Friends, Ashton Kutcher. Et rappor­­tait la justi­­fi­­ca­­tion, peu convain­­cante, des produc­­teurs : « Ses répliques étaient trois fois plus présentes que les miennes, donc ils ont dit qu’il devait être payé trois fois plus. Je ne me suis pas éner­­vée comme j’au­­rais dû le faire. Nous gagnons beau­­coup, il est donc diffi­­cile de se plaindre, mais cette dispa­­rité est dingue. »

Jenni­­fer Lawrence
Crédits : DR/Flickr

Résul­­tat, cette année, les dix actrices les mieux payées au monde cumulent 172,5 millions de dollars quand les dix acteurs les mieux payés au monde cumulent 488,5 millions de dollars. Emma Stone, qui trône à la première place du clas­­se­­ment fémi­­nin avec 26 millions de dollars gagnés dans les douze derniers mois, reste loin derrière Mark Wahl­­berg, qui trône à la première place du clas­­se­­ment mascu­­lin avec 68 millions de dollars. D’après le maga­­zine Forbes, cet écart entre les reve­­nus des acteurs et ceux des actrices s’ex­­plique­­rait par une prédo­­mi­­nance des films de super-héros et des films d’ac­­tion. Il est vrai que seule­­ment 28,7 % des rôles au cinéma sont aujourd’­­hui tenus par des femmes.

Mais dans la tribune publiée par Lenny­­let­­ter en 2015, Jenni­­fer Lawrence ne se conten­­tait pas de dénon­­cer ce déséqui­­libre. Elle parta­­geait une anec­­dote de plateau qui montre bien que, là aussi, les femmes ont tout simple­­ment du mal à se faire entendre : « Un mec qui travaillait pour moi m’a dit “Wow, on fait tous partie de la même équipe ici”, comme si je l’avais rabaissé. J’étais choquée parce que rien de ce que je disais n’était person­­nel ou faux. Tout ce que je vois et entends toute la jour­­née, ce sont des hommes qui donnent leur avis, et lorsque je donne le mien exac­­te­­ment de la même manière, on croit que je dis quelque chose d’agres­­sif. J’en ai marre d’es­­sayer de trou­­ver la façon gentille de dire ce que je pense pour qu’on conti­­nue à m’ap­­pré­­cier. Je ne crois pas avoir déjà vu un homme avec lequel j’ai travaillé prendre le temps de réflé­­chir quant à la meilleure façon dont il pour­­rait être entendu. Il est juste entendu. »
Couver­­ture : Holly­­wood et les femmes.
 
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