par Jonathan Parks-Ramage | 6 décembre 2016

LISEZ ICI LA PREMIÈRE PARTIE DE L’HISTOIRE

L’éner­­gie

Je retourne à la société Aethe­­rius un dimanche après-midi. Aujourd’­­hui, Brian m’en­­sei­­gnera deux mantras diffé­­rents, afin que je puisse parti­­ci­­per à l’opé­­ra­­tion « Pouvoir de la prière » plus tard dans la semaine. Nous entrons dans le sanc­­tuaire, une pièce ouverte aux murs roses. Des photos enca­­drées de planètes sont accro­­chées aux côtés de portraits de Jésus, Boud­dha et Krishna. Au fond de cette pièce vide, deux chaises pliantes sont posées devant un autel. Nous nous asseyons.

King avait prévu un plan de succes­­sion qui a assuré la survie de l’église après sa mort.

« Nous avons des règles très strictes au sujet des mantras », dit Brian. « Ces mantras que je vais vous apprendre, nous vous deman­­dons de ne les trans­­mettre à personne. » J’ac­­cepte de garder le secret et Brian passe derrière l’au­­tel pour lancer un enre­­gis­­tre­­ment de George King. La voix de King sort du haut-parleur, une voix sèche de ténor anglais, qui détache lente­­ment chaque syllabe du mantra en sans­­krit. Lorsque le tuto­­riel se termine, Brian se joint de nouveau à moi. Il reprend le mantra une fois de plus, et je le répète après lui. Il se concentre inten­­sé­­ment sur mes paroles. Il me propose des correc­­tions sur la pronon­­cia­­tion. Ses yeux se rivent aux miens pendant que je récite le mantra.

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King avait prévu un plan de succes­­sion qui a assuré la conti­­nuité de l’église après sa mort. Mais celle-ci a égale­­ment besoin de la force de nouveaux membres pour perpé­­tuer sa vision. Ashima en fait partie. Elle a la ving­­taine, elle est intel­­li­­gente et passion­­né­­ment dévouée à l’église. Née à Hong Kong, Ashima a émigré au Canada avec son père et ses frères, peu de temps après avoir terminé ses études secon­­daires. Là, elle a fait la connais­­sance d’un garçon qui lui a présenté la Société. « Ce qui m’a vrai­­ment atti­­rée dans la société Aethe­­rius, c’est l’ac­cent mis sur le service. Il s’agit de redon­­ner au monde, à tous ceux qui nous entourent, à la Terre et même au-delà. Car nous sommes tous liés. » En 2011, elle a pris la déci­­sion de démé­­na­­ger du Canada à Los Angeles, pour rejoindre le siège. Ashima fait partie d’un groupe dévoué de béné­­voles que la Société appelle les « membres de l’équipe de travail ». La Société fonc­­tionne avec un budget très restreint et dépend forte­­ment de béné­­voles comme Ashima pour assu­­rer sa survie au quoti­­dien. Ashima travaille à plein temps, et elle se consacre béné­­vo­­le­­ment à la Société de 19 h 30 à 22 h les soirs de semaine, et de 10 h à 22 h le week-end.

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King recharge la batte­­rie
Crédits : The Aethe­­rius Society/Face­­book

« L’or­­ga­­ni­­sa­­tion en place est assez stricte », dit-elle. « Nous sommes tenus de consa­­crer la majeure partie de notre temps libre à aider la Société, et d’y remplir nos tâches. Je suis présente à peu près sept jours sur sept, sauf pendant mes vacances. » Bien que cet enga­­ge­­ment puisse sembler intense, Ashima compare son expé­­rience à celle de sa mère, une reli­­gieuse boud­d­histe qui vit dans un temple à Taïwan. Les deux femmes ont consa­­cré leur vie à leurs croyances spiri­­tuelles respec­­tives, mais Ashima consi­­dère que son enga­­ge­­ment est beau­­coup moins contrai­­gnant que celui de sa mère. « Ma mère vit en suivant les exigences typiques de certains ordres monas­­tiques », explique-t-elle. « D’une certaine manière, mon enga­­ge­­ment envers la société Aethe­­rius est sensi­­ble­­ment le même, mais pas tout à fait. La société Aethe­­rius n’a pas d’exi­­gences compor­­te­­men­­tales – par exemple, les gens peuvent boire, fumer, manger de la viande. Ma mère est végé­­ta­­rienne et c’est une exigence. Elle ne peut pas boire et elle doit demeu­­rer céli­­ba­­taire. » Rodney prend soin de souli­­gner que la plupart des membres de l’église ne lui consacrent pas autant de temps qu’A­­shima. « Ceux qui veulent vrai­­ment consa­­crer leur vie à notre cause peuvent choi­­sir de deve­­nir membre du person­­nel, comme Ashima », explique Rodney. « Mais notre orga­­ni­­sa­­tion n’exige abso­­lu­­ment pas de ses membres qu’ils augmentent leur degré d’im­­pli­­ca­­tion. La Société recherche unique­­ment des membres qui aspirent à être parmi nous, et qui entrent en réso­­nance avec nos ensei­­gne­­ments. »

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Certains membres portent des blouses pour convaincre
Crédits : The Aethe­­rius Society/Face­­book

Karen est une jeune batteuse de punk rock, qui a récem­­ment rejoint la société Aethe­­rius. Elle est aujourd’­­hui très enthou­­siaste, mais elle a d’abord été prise au dépourvu par son expé­­rience de l’opé­­ra­­tion « Pouvoir de la prière », le rituel hebdo­­ma­­daire durant lequel les membres rechargent la « batte­­rie spiri­­tuelle avec l’éner­­gie de la prière ». « J’ai d’abord assisté à l’opé­­ra­­tion “Pouvoir de la prière” et j’ai été un peu effrayée », se souvient Karen en riant. « J’ai trouvé ça vrai­­ment bizarre. Il m’a fallu beau­­coup de temps pour me montrer plus ouverte. » « Qu’est-ce qui t’a fait reve­­nir ? » lui ai-je demandé. « C’était agréable, tout simple­­ment. Ce n’était pas comme si quelqu’un m’avait lavé le cerveau ou quelque chose comme ça. En réalité, si j’ai eu peur la première fois que j’y ai assisté, c’est parce que j’ai litté­­ra­­le­­ment senti l’éner­­gie sortir de mes mains. Nous, les êtres humains, avons du mal à croire en quelque chose que nous ne pouvons pas voir, n’est-ce pas ? Mais après l’avoir ressen­­tie, j’ai pensé : “Comment puis-je ne pas y croire, alors que je la ressens ?” » Elle a raison de dire que beau­­coup de gens ont du mal à croire « ce qu’ils ne peuvent pas voir ». C’est pourquoi je voulais vrai­­ment assis­­ter moi-même au rituel.

Le rituel

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Opéra­­tion « Pouvoir de la prière »
Crédits : The Aethe­­rius Society/Face­­book

« Bonsoir et bien­­ve­­nue à l’opé­­ra­­tion “Pouvoir de la prière” », dit Brian. Il se tient devant le sanc­­tuaire d’Ae­­the­­rius et parle dans un micro. Un groupe d’en­­vi­­ron quarante personnes en robes rouges forment un demi-cercle devant lui. Des projec­­teurs bleu foncé éclairent les parti­­ci­­pants. À l’avant de la salle, monté sur un trépied, se trouve une boîte vert clair de la taille d’un radio émet­­teur des années 1960. Cette boîte est la « batte­­rie spiri­­tuelle de prière », et ce soir, nous sommes réunis pour char­­ger cette batte­­rie grâce à l’éner­­gie de la prière. Cette éner­­gie sera « stockée » dans la batte­­rie, puis libé­­rée pour guérir le monde lors d’une période de crise. Pratique. Une musique douce et aérienne sort du sound system. Je me tiens au fond de la salle, derrière les membres en robe rouge. Nous ouvrons les mains et levons nos paumes vers la batte­­rie. Brian dirige alors le groupe dans la réci­­ta­­tion rapide d’un mantra. « Plus vite », encou­­rage-t-il, à mesure que l’in­­ten­­sité du chant augmente. Bien que je ne croie pas à l’exis­­tence des saints extra­­­ter­­restres, des OVNI ou des dieux, il est impos­­sible de nier l’in­­ten­­sité de ce rassem­­ble­­ment. On dirait qu’il sort tout droit de l’ima­­gi­­na­­tion de Stan­­ley Kubrick.

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Les membres doivent rechar­­ger la batte­­rie avec leur force spiri­­tuelle
Crédits : The Aethe­­rius Society/Face­­book

Alors que le groupe pour­­suit son incan­­ta­­tion ryth­­mée, trois indi­­vi­­dus en robe s’avancent. Ils se présentent face à la batte­­rie de prière. Le premier – un homme mince d’une soixan­­taine d’an­­nées – s’ap­­proche de la batte­­rie. Sa tignasse blanche est entou­­rée d’un halo bleu. Il place une main sur la batte­­rie et lève l’autre vers le ciel. « Bénis soient les plané­­taires, qui ont quitté leur béati­­tude pour accep­­ter une vie de contraintes parmi nous, afin de nous assu­­rer une expé­­rience la plus totale. » Il prie avec un élan drama­­tique. Sa voix est un rugis­­se­­ment contenu, elle s’élève au-dessus de la foule qui psal­­mo­­die.

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Dans son livre sur les sectes, le docteur Marc Galan­­ter, profes­­seur de psychia­­trie à l’école de méde­­cine de l’uni­­ver­­sité de New York, évite une approche sensa­­tion­­na­­liste des sectes, propo­­sant une compré­­hen­­sion plus nuan­­cée. Galan­­ter utilise l’ex­­pres­­sion « groupe charis­­ma­­tique » comme terme géné­­rique dans lequel il regroupe les sectes radi­­cales, les groupes de guéri­­son tour­­nés vers la spiri­­tua­­lité et même les groupes d’en­­traide idéo­­lo­­gique­­ment orien­­tés. Son livre examine un vaste éven­­tail de groupes charis­­ma­­tiques, dont certains ont un impact posi­­tif sur leurs membres (comme les Alcoo­­liques anonymes) et d’autres néga­­tif (Heaven’s Gate).

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À la base, c’est surtout du yoga
Crédits : The Aethe­­rius Society/Face­­book

Selon Galan­­ter, tous les groupes charis­­ma­­tiques sont unis par quatre éléments psycho­­lo­­giques. « Leurs membres 1. partagent un même système de croyances 2. favo­­risent un niveau élevé de cohé­­sion sociale 3. sont forte­­ment influen­­cés par les normes compor­­te­­men­­tales du groupe 4. imputent le pouvoir charis­­ma­­tique (ou parfois divin) au groupe ou à sa direc­­tion. » La société Aethe­­rius répond à tous ces critères, à l’ex­­cep­­tion d’un seul : ses membres ne sont pas forte­­ment influen­­cés par l’adop­­tion de normes compor­­te­­men­­tales peu communes. Selon Galan­­ter, « les normes de compor­­te­­ment dans un groupe charis­­ma­­tique jouent un rôle déme­­suré et déter­­minent la façon dont ses membres se conduisent ». Le contraire est vrai de la société Aethe­­rius. Chaque membre avec qui j’ai parlé a veillé à souli­­gner que la Société n’im­­po­­sait jamais de règles compor­­te­­men­­tales à ses membres. « George King parle en fait de l’im­­por­­tance du discer­­ne­­ment. Ce qu’il veut dire, c’est que c’est à vous de déter­­mi­­ner ce qui est bien ou mal », dit Rodney. « On peut prendre l’exemple de Heaven’s Gate et des profes­­seurs qui ont dit : “Enfi­­lez ces baskets noires, nous allons tous mourir et sauter sur une comète.” Ne soyez pas idiot. Choi­­sis­­siez précau­­tion­­neu­­se­­ment tout type d’or­­ga­­ni­­sa­­tion ou d’ac­­ti­­vité dans laquelle vous vous impliquez. Étudiez-la, exami­­nez-la. Est-ce bien ou mal ? » À cet égard, la société Aethe­­rius diffère des autres sectes. C’est certes un nouveau mouve­­ment à carac­­tère reli­­gieux, formé par un leader charis­­ma­­tique et possé­­dant un système de croyances idio­­syn­­cra­­sique. Mais son but est celui que partage de nombreuses reli­­gions : « réduire les souf­­frances dans le monde ». Si les méthodes de la Société pour y parve­­nir (comme le fait de rechar­­ger une batte­­rie avec des prières) sont scien­­ti­­fique­­ment discu­­tables, l’in­­ten­­tion est authen­­tique. En fin de compte, j’ai été surtout surpris de ne pas avoir été scan­­da­­lisé par la société Aethe­­rius.

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L’in­­can­­ta­­tion de l’opé­­ra­­tion « Pouvoir de la prière » touche à sa fin. Un membre nous guide dans un cercle pour une prière finale. Après un moment d’im­­mo­­bi­­lité, le service se termine. Alors que la foule se disperse, une femme se tourne vers moi, avec un sourire plein d’es­­poir. prt_333x187_1453734222« Tu l’as ressen­­tie ? », demande-t-elle. « Tu as ressenti l’éner­­gie ? » En vérité, je n’ai rien senti, mais son visage irra­­die telle­­ment de joie que je ne peux pas me résoudre à répondre par la néga­­tive. « Oui », dis-je. Bien que je ne l’aie pas ressen­­tie moi-même, il est indé­­niable que les membres de la société Aethe­­rius semblent la ressen­­tir inten­­sé­­ment. Qui suis-je pour nier l’ex­­pé­­rience de cette femme ? À bien des égards, la société Aethe­­rius réunit tous les récits reli­­gieux. Dans leur théo­­lo­­gie, les grands chefs reli­­gieux (Boud­dha, Jésus, Krishna, Gandhi et les autres) repré­­sentent tous la même chose : ils sont les mani­­fes­­ta­­tions terrestres de grands Maîtres cosmiques. Main­­te­­nant, votre capa­­cité à croire ce méta-récit dépend de votre volonté d’in­­clure les OVNI et Jésus dans une même phrase. operation-prayer-power1L’as­­pect le plus impor­­tant de la société Aethe­­rius se résume dans sa propre litté­­ra­­ture offi­­cielle : « La Société ne se consi­­dère pas comme le seul et unique chemin vers l’illu­­mi­­na­­tion ou le salut. Elle soutient que toutes les grandes reli­­gions sont simple­­ment des expres­­sions diffé­­rentes de l’unique réalité intem­­po­­relle essen­­tielle qu’est la Source Divine. » Il n’ont pas l’im­­pres­­sion d’of­­frit l’unique vérité théo­­lo­­gique. Nous cher­­chons tous à comprendre le mystère de la vie. Proba­­ble­­ment qu’eux aussi, à leur façon. Je ne rejoin­­drai évidem­­ment jamais la société Aethe­­rius, mais le pouvoir de rechar­­ger des batte­­ries à volonté est assez cool.


Traduit de l’an­­glais par Juliette Murray d’après l’ar­­ticle « Jesus Was an Alien », paru dans MEL. Couver­­ture : Jésus en soucoupe volante. (Ulyces)


APOCALYPSE MIAOU AU CŒUR DE LA SECTE QUI VÉNÈRE LES CHATS COMME DES ÊTRES DIVINS

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Lorsque l’as­­so­­cia­­tion Eva’s Eden a ouvert son refuge pour chatons, personne n’ima­­gi­­nait que ses béné­­voles faisaient partie d’une secte aussi absurde que dange­­reux.

La liste des raisons pour lesquelles vous êtes suscep­­tible de connaître Colum­­bia est vite faite. C’est dans cette ville du Tennes­­see qu’est né James K. Polk, le 11e président des États-Unis. Chaque année en avril y est orga­­nisé le « jour de la mule », avec sa parade et son festi­­val. Et peut-être avez-vous eu vent des émeutes qui s’y sont dérou­­lées en 1946, quand ses habi­­tants afro-améri­­cains luttaient pour que l’avo­­cat Thur­­good Marshall ait le droit d’exer­­cer sa profes­­sion (il a plus tard été élu à la Cour Suprême). Il se pour­­rait aussi qu’elle abrite un culte apoca­­lyp­­tique des chats.

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Le logo de l’Éden d’Ève

La révé­­rende Sheryl Ruth­­ven et quelques dizaines de ses adeptes ont quitté l’État de Washing­­ton il y a trois ans. Ils cher­­chaient un endroit où vivre en paix en atten­­dant tranquille­­ment l’apo­­ca­­lypse. D’ici là, ils espé­­raient sauver le plus de chats possible. D’après les écrits de Ruth­­ven et des entre­­tiens avec ses anciens adeptes, les chats seraient des créa­­tures divines censées porter les 144 000 âmes mention­­nées dans le Livre de la Révé­­la­­tion. Mais l’his­­toire contro­­ver­­sée du groupe l’a suivi à travers le pays. En public, les adeptes de Ruth­­ven – qui s’oc­­cupent d’un refuge pour chats à but non lucra­­tif connu sous le nom d’Eva’s Eden (l’Éden d’Ève) – se présentent comme une asso­­cia­­tion paisible dévouée à Mère Nature et à la vie en harmo­­nie. Ils recueillent chez eux des dizaines de chatons et orga­­nisent des jour­­nées d’adop­­tion dans leur cara­­vane clima­­ti­­sée, trans­­for­­mée en cour de récré pour chats. « Notre credo a toujours été d’ai­­der à apai­­ser les souf­­frances, nous sommes l’Éden d’Ève … nous appor­­tons l’amour au monde, un chat après l’autre », ont-ils écrit dans un post Face­­book aujourd’­­hui effacé. Mais certains de ses anciens adeptes disent que le minis­­tère de Ruth­­ven est un culte de la person­­na­­lité dédié à sa prophé­­tesse. Elle préten­­drait être la Divine Made­­leine, la réin­­car­­na­­tion d’une figure messia­­nique qui créera un nouvel Éden après l’apo­­ca­­lypse. Ces anciens adeptes racontent qu’ils adulaient Ruth­­ven, suivant chacun de ses comman­­de­­ments, même lorsqu’il a leur a fallu aban­­don­­ner leurs familles pour la suivre. Ils admi­­nistrent main­­te­­nant une page Face­­book dénonçant ce qu’ils consi­­dèrent comme une secte. L’Éden d’Ève nie en bloc. Ils affirment que ces anciens membres sont des haters coor­­don­­nés par l’ex-mari de Ruth­­ven, voués à calom­­nier leur foi. L’as­­so­­cia­­tion a répondu aux critiques en les attaquant en ligne et en échan­­geant des lettres de menaces de pour­­sui­­tes… avant de poster des vidéos d’ado­­rables chatons sur YouTube.

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