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par Josh Begley | 18 juillet 2014

En route pour une partie de golf au volant d’une Nissan Sentra de loca­tion blanche, je longe une église et un pâté de 250 habi­ta­tions à proxi­mité du lac Killar­ney, en Loui­siane. Les maisons, petites mais bien ordon­nées, sont dotées de jardi­nets bien entre­te­nus et de conte­neurs de recy­clage. Les rési­dents qui m’aperçoivent m’adressent un signe de la main. Une scène d’ex­po­si­tion a priori fami­lière pour les milliers de rési­dences sécu­ri­sées avec terrain de golf, qu’on retrouve un peu partout dans le pays.

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Le système carcé­ral vu du ciel
Crédits : Prison Map

Sauf qu’ici, avant de rejoindre le parcours, je dois m’ac­quit­ter d’une forma­lité pour le moins inha­bi­tuelle : « Avez-vous une arme à décla­rer ? », ques­tionne le gardien de sécu­rité à l’en­trée. « C’est bon, vous pouvez passer. Le maga­sin est sur votre droite. » Je paye mon entrée et me dirige vers le premier trou. En guise de jalons de départ, des menottes blanches verrouillées. En retrait du lac, six tours de surveillance me scrutent à bonne distance. Pour quelqu’un qui se pose­rait des ques­tions sur le système carcé­ral améri­cain qui occupe de plus en plus d’es­pace, le péni­ten­cier de l’État de Loui­siane apporte une réponse. Il possède en effet son propre parcours de golf. Il y a autant de centres correc­tion­nels aux États-Unis que de rési­dents à la prison d’An­gola : 5 300, et on compte encore. Mille cinq cents sont des prisons d’État ou fédé­rales, 3 000 sont des prisons locales et le reste se subdi­vise entre les prisons pour mineurs et les centres de déten­tions privés. Il y a assez de prison­niers aux États-Unis pour remplir tous les stades de foot­ball d’un seul tenant – 80 000 d’entre eux n’y auraient pas leur place. La grande majo­rité de ces instal­la­tions ne seront jamais des attrac­tions touris­tiques – les prisons améri­caines sont des purga­toires de masse menant à une mort préma­tu­rée. Les bâti­ments sont conçus de manière à ce que « la puni­tion soit la plus effi­cace possible », comme l’in­dique la géographe Ruth Wilson Gilmore. À l’ex­cep­tion d’un match de basket ou d’un footing dans la cour, les loisirs ou acti­vi­tés ludiques de toute nature sont exclus. Pour­tant, plus de 70 000 personnes payent chaque année pour fran­chir les portes d’An­gola, la plus grande prison de haute sécu­rité du pays, en vue de se diver­tir. La plupart vont assis­ter au rodéo de la prison, où les déte­nus ont construit un stade de 10 000 places assises qui héberge le spec­tacle The Wildest Show in the South qui a lieu chaque dimanche d’oc­tobre et un weekend d’avril. Certains y vont pour le festi­val d’art et d’ar­ti­sa­nat, durant lequel les prison­niers vendent des articles faits main, comme des niches et des répliques en allu­mettes de navettes spatiales, à des prix pouvant atteindre 500 dollars. Moi, j’y suis allé pour jouer au golf. Des t-shirts « ANGOLA : RÉSIDENCE SÉCURISÉE » sont vendus dans le maga­sin de souve­nirs.

Angola

Mon voyage pour Angola a commencé à se concré­ti­ser en début d’an­née. C’est en compi­lant des photos satel­lites de chaque prison et centre de déten­tion améri­cains pour le site Prison­map.com que je suis tombé dessus. Près de l’en­trée du péni­ten­cier de l’État de Loui­siane – si célèbre qu’il a fait l’objet de chan­sons, repor­tages et romans –, un indi­ca­teur Google Maps signa­lait « Vue du terrain de golf de la prison ». Oui, Prison View est un terrain de golf en libre accès loca­lisé à l’in­té­rieur d’une prison. Inutile de préci­ser qu’il s’agit du seul de son genre en Amérique. En 2001, le direc­teur, Burl Cain, avait déclaré à l’As­so­cia­ted Press l’avoir fait construire pour inci­ter les gardiens à rester dans les parages le weekend, « en cas d’ur­gence ». Géré par le Comité de loisirs des employés du péni­ten­cier de l’État de Loui­siane, le terrain offre d’après son site inter­net « une vue impre­nable sur la seule prison de haute sécu­rité de la Loui­siane ». Pour 10 dollars, n’im­porte qui peut réali­ser un parcours à condi­tion de passer le contrôle d’en­trée.

Quand Charles Dickens est venu aux États-Unis, il a voulu voir deux choses : les chutes du Niagara et le Eastern State Peni­ten­tiary.

Vue de loin, la prison semble s’étendre à l’in­fini. Comme la plupart des prisons améri­caines, il est diffi­cile d’en voir la fin. Avec presque 18 000 hectares, elle a pratique­ment la même surface que l’île de Manhat­tan. Isaac Frank­lin, l’un des plus gros marchands d’es­claves du XIXe siècle, est devenu en 1835 le proprié­taire des quatre plan­ta­tions qui forment aujourd’­hui Angola – le pays d’ori­gine des esclaves qui y travaillaient. Quatre ans après que le 13e amen­de­ment abolisse l’es­cla­vage, « à moins d’avoir été condamné pour un crime », la veuve d’Isaac Frank­lin louait le terrain à l’an­cien confé­déré et maire Samuel James qui y apporta une autre forme de main d’œuvre : des prison­niers. De 1869 à 1901, Samuel James s’ac­quit­tait d’un contrat en vertu duquel il louait chaque détenu du Peli­can State aux plan­ta­tions privées. Le commerce de prison­niers travaillant la terre fit de lui l’un des hommes les plus riches du Sud. À bien y réflé­chir, Angola n’a jamais cessé de ressem­bler à une plan­ta­tion. Plus des trois quarts des prison­niers sont noirs. Comme l’écrit Robert Perkin­son dans son livre Texas Tough: The Rise of Ameri­ca’s Prison Empire qui raconte l’his­toire du système péni­ten­tiaire améri­cain : « Nulle part ailleurs dans cette Amérique du début du millé­naire peut-on voir des Noirs améri­cains remplir des sacs de coton sous la surveillance de gardes armés blancs à cheval. » Il pour­suit : « Les prisons-plan­ta­tions ont conservé le mode de vie de l’es­cla­vage dans le monde carcé­ral. » Qu’un tel endroit puisse se conver­tir en lieu de loisirs est assez déran­geant. Mais d’après Peter Wagner, direc­teur de l’Ini­tia­tive poli­tique péni­ten­tiaire, ce concept n’est guère nouveau. « Les prisons ont toujours été des attrac­tions touris­tiques », m’a-t-il dit. « Elles étaient extrê­me­ment coûteuses et d’avant-garde. Quand Charles Dickens est venu aux États-Unis, il a voulu voir deux choses : les chutes du Niagara et le Eastern State Peni­ten­tiary. Ce n’était pas si bizarre que cela. »

Alpha­bet

Le maga­sin de Prison View est un bâti­ment en parpaing dont le porche ombragé abrite des chaises à bascule en bois soigneu­se­ment alignées. Alors que je saisis mes clubs, un cinquan­te­naire chauve à la mous­tache soigneu­se­ment entre­te­nue appa­raît dans sa voitu­rette. Il porte un jean et un gilet fin couleur crème sur lequel on peut lire « RODEO CAMP C ». « Je m’ap­pelle Alpha­bet. L’herbe a été tondue hier, le terrain peut du coup être un peu rapide. Et nous avons mis de l’en­grais. C’est pourquoi il est un peu marron. » Alpha­bet est l’un des 33 membres de l’équipe initiale qui a trans­formé un ancien pâtu­rage de taureaux en terrain de golf. C’était une idée de Warden Cain, conçue par John Ory le dentiste de la prison, qui a déclaré à la Golf Chan­nel avoir appris à construire un terrain de golf à partir d’un livre acheté chez Barnes & Noble. Il ne restait plus qu’à recru­ter des prison­niers de longue date ayant fourni des gages de bonne conduite. Alpha­bet, qui purge une peine à perpé­tuité pour le meurtre de sa femme, s’est depuis affirmé comme le jardi­nier le plus dévoué. Il est supposé travailler de 6 à 14 heures, même si souvent il ne part qu’à 19 heures.

Plus de 75 % des 5 400 prison­niers d’An­gola sont, comme Alpha­bet, condam­nés à perpé­tuité ou sont en instance d’exé­cu­tion.

« J’étais dans la marine, et la première fois que le sergent est tombé sur mon nom, il m’a dit : “Il contient toutes les lettres de l’al­pha­bet !” Depuis ce jour, je suis Alpha­bet. » En fait son nom n’est pas si long, il est simple­ment grec : Tsolai­nos. Alpha­bet consi­dère son travail au golf comme un privi­lège. La plupart de ses codé­te­nus peinent dans les champs de coton, de maïs ou de soja sous la surveillance de gardes armés à cheval. Les ouvriers des plan­ta­tions gagnent 4 centimes de l’heure, tandis qu’Al­pha­bet et les autres sur le terrain de golf en gagnent 5 fois plus. « Croyez-moi, je préfère être ici que n’im­porte où ailleurs, et de loin », dit-il. Warden Cain a expliqué au maga­zine Golf que travailler sur le terrain offre d’autres avan­tages « Il n’y a pas de plan­ta­tions de maïs ou de coton à la Nouvelle-Orléans. Mais si nous faisons travailler les déte­nus sur le design et l’en­tre­tien des terrains de golf, ils pour­ront trou­ver du travail dans ce domaine. » Il s’agit là d’un pari auda­cieux. Plus de 75 % des 5 400 prison­niers d’An­gola sont, comme Alpha­bet, condam­nés à perpé­tuité ou sont en instance d’exé­cu­tion. La peine médiane des 1 000 restants est de 93 ans. Il semble peu probable que l’un des 10 hommes d’en­tre­tien mette le pied hors d’An­gola, de la Loui­siane et encore moins sur un autre terrain de golf. Les règles du golf reposent sur les secondes chances : ta balle a atterri hors des limites ? Pas de problèmes, prends-en une autre. Pour Alpha­bet et ses codé­te­nus d’An­gola, il y a rare­ment une seconde chance. Cette contra­dic­tion met en exergue la logique de plus en plus hypo­crite des prisons améri­caines et des établis­se­ments correc­tion­nels, en parti­cu­lier dans des États du Sud, où les lois extrê­me­ment sévères ont gonflé de manière expo­nen­tielle le nombre de condam­nés à perpé­tuité, géné­rant le taux d’in­car­cé­ra­tion le plus élevé au monde. Selon Ruth Wilson Gilmore, la prin­ci­pale diffé­rence entre une prison fédé­rale du XIXe siècle et une du XXIe réside dans l’ex­pres­sion « prison indus­trielle » : « L’idée de correc­tion n’existe plus, elle a été rempla­cée par celle de puni­tion. »

Rodéo

Je range mes clubs à l’ar­rière d’une voitu­rette et marche dans le maga­sin d’équi­pe­ment qui fait aussi snack-bar. Pam, récem­ment arri­vée du Michi­gan avec sa famille pour travailler à Angola, discute avec un homme devant la caisse. Elle a un sourire doux et me rappelle ma mère. Derrière elle, deux déte­nus vêtus de blanc font frire des pois­sons-chats. L’un d’eux a un tatouage sous l’œil et scrute les hurle­ments des Jeux olym­piques émanant d’un poste de télé­vi­sion dans un coin. Je règle 20 dollars pour le maté­riel et la voitu­rette de golf avant de retrou­ver la chaleur du soleil. Excep­tion faite du trio déjà présent sur le terrain,il n’y a que moi et le parcours ouvert. Mon premier coup dévie vers la droite. La Ferme (un des nombreux surnoms d’An­gola) s’étend au-delà de l’ho­ri­zon dans toutes les direc­tions. Au loin, je discerne les contours du terrain de rodéo, sur lequel cinq fois par an les prison­niers donnent un spec­tacle pour les habi­tants des alen­tours. En montant un taureau pour la première fois ou en survi­vant à une partie de poker des condam­nés (quatre hommes sont assis autour d’une table, le dernier homme à rester assis après la libé­ra­tion d’un taureau est déclaré vainqueur), les déte­nus récoltent un pécule qui fait partie inté­grante de l’éco­no­mie de la prison. Le parcours de golf a ainsi été financé prin­ci­pa­le­ment par les ventes lors des rodéos. Si on y ajoute la main-d’œuvre carcé­rale, sa construc­tion n’a coûté que 80 000 $.

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Carto­gra­phie des prisons améri­caines
Crédits : Prison Map

Je prends la voitu­rette vers les tours de garde au loin. Je me rends compte que j’ai encore mon iPhone dans la poche. Les camé­ras relèvent de la « contre­bande » au péni­ten­cier d’État de Loui­siane, mais je n’ai rien entendu à propos des télé­phones portables. Je prends quelques photos discrè­te­ment en espé­rant illus­trer la vision que Warden Cain essaie de vendre. Je remarque un homme qui avance péni­ble­ment du lac vers ma direc­tion, vêtu du même uniforme qu’Al­pha­bet. « Je suis le plus âgé ici », m’ex­plique Jim Forrest lorsqu’il arrive à ma hauteur. « Mercredi, je fête mes 73 ans. Je suis ici depuis 36 ans, soit la moitié de ma vie. » De la sueur perle sur son front. « Là-bas c’est le Camp J », dit-il en poin­tant du doigt les tours de garde. « L’unité des puni­tions. La plupart de ceux qui travaillent sur le terrain, les hommes de confiance, viennent du Camp C, à envi­ron 8 kilo­mètres de l’autre cote du lac. » Il se penche pour ajus­ter ses galoches La prison est orga­ni­sée en six divi­sions dont on remarque très vite la hiérar­chie. Au sommet, les « hommes de confiance » – ou « l’aris­to­cra­tie crimi­nelle » comme l’a une fois surnom­mée ESPN : ces 1000 déte­nus qui béné­fi­cient de missions spéciales telle la construc­tion du terrain de golf et l’en­tre­tien des routes. Cette posi­tion se mérite après avoir fait preuve d’au moins dix ans de compor­te­ment exem­plaire. Le système de confiance a été inau­guré à la prison fédé­rale du Missis­sippi, et comme l’écrit l’his­to­rien David Oshinsky dans son livre Worse Than Slavery, publié en 1997, ses racines se trouvent dans le système utilisé dans les plan­ta­tions. Les « tireurs de confiance », comme ils sont dési­gnés, « surveillaient les déte­nus ordi­naires (appe­lés tueurs, parce qu’ils travaillaient sous les canons des hommes de confiance). Repré­sen­tant envi­ron 20 % des prison­niers, les tireurs de confiance vivaient sépa­rés des tueurs, portaient des bandes verti­cales au lieu des hori­zon­tales habi­tuelles, et travaillaient avec des Winches­ters .30–30. » Bien que les hommes de confiance ne soient plus armés, ils repré­sent ent toujours envi­ron 30 % de la popu­la­tion carcé­rale et, dans certains cas, ils sont toujours sépa­rés des déte­nus ordi­naires. « Il y a ceux qui s’oc­cupent de votre argent (trus­tee), et ceux qui sont dignes de votre confiance (trusty). Nous faisons partie de cette espèce-là », dit Jim Forrest avec un petit rire.

Camp J

En se déplaçant sur le terrain, on se rapproche de l’élé­ment le plus saisis­sant de la prison : Camp J, l’unité disci­pli­naire, se révèle au niveau du sixième trou. Dans un premier temps, il n’est possible d’aper­ce­voir que des cercles de barbe­lés. Ensuite, plusieurs couches de grillages. Au-delà, un immeuble quel­conque où logent les plus dange­reux prison­niers d’An­gola. Le Camp J abrite les unités d’iso­le­ment. Autres appel­la­tions : le « trou », le « donjon », ou son nom offi­ciel, « verrouillage inten­sif ».

Le fait de côtoyer des déte­nus d’aussi près consti­tue l’une des attrac­tions du tourisme carcé­ral.

C’est ici que Herman Wallace et Albert Wood­fox, deux des membres des tris­te­ment célèbres Angola Three accu­sés à tort du meurtre d’un gardien après avoir orga­nisé avec succès le premier chapitre du mouve­ment des Panthères noires dans les prisons, sont main­te­nus en isole­ment depuis 40 ans. En 1951, 31 déte­nus se sont section­nés les tendons d’Achille pour protes­ter contre les condi­tions d’iso­le­ment d’An­gola. Depuis, l’unité a été renom­mée, et des « unités de loisirs pour les déte­nus » encore plus sécu­ri­sées ont été édifiées. En m’ap­pro­chant du terrain, je remarque que les tours de garde sont vides. Dans le cadre d’une coupe budgé­taire l’an dernier, Warden Cain a supprimé 105 postes de garde sur 1 200 et a commencé à élever des chiens-loups pour les rempla­cer. Je ne vois pas de chiens. Comme je m’ap­proche, le chant des cigales et des oiseaux est noyé par le bour­don­ne­ment de scies. Je vois la silhouette d’un homme à côté d’un fauteuil à bascule en bois : ces gens construisent des meubles. On peut entendre le son d’un rock chré­tien par-dessus le vacarme de la lourde machi­ne­rie. GAR-2 et GAR-3, les noms des blocs cellu­laires, se dessinent sur les côtés des bâti­ments. Je vois Alpha­bet en train d’avan­cer vers le trou suivant, coupant les mauvaises herbes piégées dans du sable. À l’ex­cep­tion des golfeurs, tout le monde travaille à Angola. Je noie mon putt au neuvième trou et me dirige vers le maga­sin d’équi­pe­ments. « Comment ça s’est passé ? », me demande Jim. « Pas super. » Il doit se rendre compte que je ne suis pas un joueur chevronné. Mon t-shirt est trempé de sueur. Je rentre et commande un po’boy de pois­son-chat. Lewis, un des gars en blanc, me le sert en quelques minutes. Le sand­wich est divin : moel­leux et déli­ca­te­ment servi. L’ex­pé­rience du person­nel du snack-bar ressemble à celle de milliers d’autres dans les golfs sécu­ri­sés du pays, jusqu’à ce qu’un coup d’œil à Lewis me rappelle que c’est un crimi­nel qui ne sortira jamais d’An­gola. Le fait de côtoyer des déte­nus d’aussi près consti­tue l’une des attrac­tions du tourisme carcé­ral. Mary Rachel Gould, profes­seur de commu­ni­ca­tion à l’Uni­ver­sité de Saint-Louis, qui a étudié le rodéo d’An­gola via le prisme des perfor­mances, affirme que certains Améri­cains ont toujours eu envie de voir à quoi ressemble la vie au-delà des barbe­lés, ce qui « renforce le senti­ment de liberté des citoyens non incar­cé­rés ». Une personne peut-elle se sentir plus libre qu’en jouant au golf, tout en jouis­sant d’une « vue impre­nable sur la seule prison haute sécu­rité de Loui­siane » ? « C’est un petit choc au début » me dit Pam. « Mais après un certain temps on s’y habi­tue. »

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Loui­siana State Peni­ten­tiary
Crédits : Prison Map

Traduit de l’an­glais par Anna Guèye d’après l’ar­ticle « A gated commu­nity », paru dans Tomor­row Maga­zine. Couver­ture : Hiroyuki Takeda

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