par Laura Shin | 12 juillet 2016

LISEZ ICI LA PREMIÈRE PARTIE DE L’HISTOIRE

Demain le monde

Le dimanche matin, le venture capi­­ta­­list, kite­­sur­­feur et cofon­­da­­teur de MaiTai Global Bill Tai nous a fait le récit de sa carrière et de la façon dont il avait connu cinq vagues de tech­­no­­lo­­gies succes­­sives. Il avait commencé par la fabri­­ca­­tion de puces avant de se lancer dans la commer­­cia­­li­­sa­­tion de maté­­riel élec­­tro­­nique comme les PC. Puis il est passé à l’In­­ter­­net public, aux inter­­­faces web et mobile simples à utili­­ser et enfin à la science des données. Il pressent la venue d’une sixième vague avec l’es­­sor des market­­places et la flui­­di­­fi­­ca­­tion des mouve­­ments d’ac­­tifs. Il insiste sur la néces­­sité pour les tech­­no­­lo­­gies bâties sur un code en block­­chain de créer des inter­­­faces simples à utili­­ser pour tous, comme cela a été le cas pour Inter­­net il y a des années.

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Nouvelle vidéo­­con­­fé­­rence
Crédits : Quincy Dein/Block­­chain Summit

Après lui, Vinny Lingham, cofon­­da­­teur de Civic – une start-up basée sur la block­­chain spécia­­li­­sée dans la protec­­tion d’iden­­tité –, a parlé des problèmes qui se posent lorsqu’on veut travailler en colla­­bo­­ra­­tion avec le gouver­­ne­­ment. En moyenne, les start-ups réalisent leurs projets en un an, un an et demi, alors que cela prend des années aux agences gouver­­ne­­men­­tales. Les nombreuses personnes proches de Washing­­ton présente dans la salle lui ont signi­­fié que le gouver­­ne­­ment améri­­cain prenait très à cœur la culture des start-ups. D’après eux, il vaut mieux travailler avec les spécia­­listes de la ques­­tion, dont le travail béné­­fi­­ciera l’uti­­li­­sa­­tion de la block­­chain, puis louer la tech­­no­­lo­­gie, plutôt que d’at­­tendre que le gouver­­ne­­ment n’achète tout le système. Alex Taps­­cott, coau­­teur d’un livre sur la « révo­­lu­­tion de la block­­chain », a ensuite fait une présen­­ta­­tion durant laquelle il a démon­­tré comment la block­­chain pouvait encou­­ra­­ger l’inclu­­sion finan­­cière. Son speech a donné lieu à un débat sur le prix élevé des services d’en­­vois de fonds – envi­­ron 8 % de la somme en moyenne, bien que certains services puissent être encore plus cher. Une membre du staff de Necker Island (qui a refusé d’être nommée) a confié qu’elle payait 30 dollars pour envoyer 100 dollars à sa mère en Jamaïque. Rebon­­dis­­sant sur le sujet, Eliza­­beth Rossiello, CEO de BitPesa, a expliqué que les socié­­tés d’en­­vois de fonds tradi­­tion­­nelles comme MoneyG­­ram et Western Union passaient géné­­ra­­le­­ment des contrats avec les services postaux qui leur garan­­tissent un quasi-mono­­pole dans certains pays.

Puis ce fut le tour de Brian Forde, le direc­­teur du projet sur la monnaie numé­­rique du MIT Media Lab. Il voyait dans la block­­chain une tech­­no­­lo­­gie extrê­­me­­ment stimu­­lante. « Quand nous sommes passés de l’ana­­lo­­gique au numé­­rique, nous avons perdu notre capa­­cité à dispo­­ser de notre contenu – vous pouvez revendre ou emprun­­ter un livre que vous possé­­dez, mais ce n’est pas le cas avec un ebook », a-t-il commencé. Selon lui, les gens qui se reposent sur des socié­­tés pour gérer leurs biens ne les contrôlent pas réel­­le­­ment. Il a donné l’exemple de la market­­place de revente Stub­­hub, sur laquelle un client a acheté quatre billets pour un match des Lakers. Lorsque Kobe Bryant a annoncé qu’il s’agi­­rait de son dernier match et que le prix des billets a grimpé de 664 %, Stub­­hub a annulé la tran­­sac­­tion pour les garder. Avec un site de revente de billets basé sur la block­­chain, après le vire­­ment, seul le nouveau proprié­­taire des billets aurait ce pouvoir.

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Le logo de block­­chain

Durant la première session de confé­­rences, qui avait pour thème la FinTech, le groupe s’est engagé dans un débat houleux sur le besoin de régle­­men­­ta­­tions. Vinny Lingham soute­­nait un point de vue qui l’a mis en porte-à-faux avec les nombreux parti­­sans des régle­­men­­ta­­tions dans la salle. « La block­­chain n’est qu’une base de données. Quel besoin a-t-on de régle­­men­­ter une base de données ? » Pour lui, ce serait comme de soumettre le système de gestion de base de données Oracle à des régle­­men­­ta­­tions. La poli­­ti­­cienne néer­­lan­­daise et dépu­­tée euro­­péenne Marietje Schaake lui a signalé que la régle­­men­­ta­­tion était une ques­­tion clé. Imagi­­nons qu’un État ne recon­­naisse pas une solu­­tion de protec­­tion d’iden­­tité basée sur la block­­chain comme Civic, ses citoyens ne pour­­ront pas y avoir recours pour deman­­der leurs allo­­ca­­tions. Au cours des deux confé­­rences portant sur la sécu­­rité, les inter­­­ve­­nants ont parlé de l’uti­­lité de la block­­chain dans la lutte contre la crimi­­na­­lité. L’un d’eux était Kathryn Haun. C’est elle qui a été char­­gée de l’af­­faire contre ces agents de la DEA et du FBI qui ont volé des bitcoins durant leur enquête sur Silk Road, la première market­­place en ligne basée sur le bitcoin. « Quant à la block­­chain, je n’au­­rais jamais pensé qu’il était bon de conti­­nuer dans cette direc­­tion », a-t-elle dit.

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Débat sur la gestion des droits musi­­caux avec Imogen Heap
Crédits : Quincy Dein/Block­­chain Summit

Elle s’est pronon­­cée en faveur du crowd­­sour­­cing comme moyen de combattre le crime grâce à la block­­chain. Elle a égale­­ment suggéré l’em­­ploi de hackers profes­­sion­­nels pour tenter de pira­­ter la block­­chain du bitcoin afin d’en amélio­­rer la sécu­­rité. Enfin, une série de confé­­rences sur la musique incluait une session Skype avec la chan­­teuse-compo­­si­­trice anglaise Imogen Heap, qui a lancé l’an­­née dernière Myce­­lia. Il s’agit d’une fonda­­tion visant à créer une base de données pour les créa­­teurs de musique, leur travail et leurs colla­­bo­­ra­­teurs. Elle imagine un monde dans lequel il est possible de consom­­mer du contenu sans la moindre fric­­tion. « Si l’on devait faire des micro­­paie­­ments à chaque fois qu’on utilise quelque chose, je ne sais pas où on en serait », a-t-elle commenté. « J’ai­­me­­rais qu’on puisse ne jamais penser à l’argent, de la même façon que nous buvons sans hési­­ter l’eau du robi­­net. Je me demande si nous arri­­ve­­rons un jour au point où l’écou­­le­­ment de l’argent sera si fluide que nous n’au­­rons plus besoin de nous connec­­ter nulle part. » Un des chal­­lenges posés par un tel système, selon Keating, serait d’iden­­ti­­fier qui crée et contrôle le travail. Elle a pris l’exemple de Sound Exchange, qui distri­­bue les royal­­ties sur leurs perfor­­mances numé­­riques aux créa­­teurs. Chaque année, il leur reste des millions sur les bras car personne ne peut déter­­mi­­ner qui sont les ayants droit.

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À l’aube du dernier jour, les parti­­ci­­pants se sont retrou­­vés pour déjeu­­ner. Ils ont pris les planches de kite pour une dernière sortie sur l’eau et ont profité d’un dernier bain dans les eaux ther­­males. Cela ne les empê­­chait pas de conti­­nuer à discu­­ter de l’uti­­lité de la block­­chain dans la gestion des droits musi­­caux, la véri­­fi­­ca­­tion de la prove­­nance des médi­­ca­­ments et bien d’autres appli­­ca­­tions.

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Les récep­­tions de Sir Bran­­son sont toujours de bon goût
Crédits : Quincy Dein/Block­­chain Summit

Puis il a été temps de se dire au revoir. À chaque départ, une volée de tongs et de sandales réson­­naient jusqu’en bas de l’es­­ca­­lier en pierre de la grande maison. Après leurs adieux, les convives embarquaient pour un voyage en poupées russes : d’abord une jeep déca­­po­­tée, puis un zodiac suivi d’un avion à turbo­­réac­­teur et, enfin, un petit avion de ligne qui les raccom­­pa­­gnait chez eux. Là-bas, ils pour­­raient commu­­niquer leur enthou­­siasme à propos de la block­­chain à leurs amis, leur famille et leur voisi­­nage. L’onde se propa­­gera peut-être au sein de plus vastes orga­­ni­­sa­­tions, d’in­­dus­­tries toutes entières et de réseaux tenta­­cu­­laires jusqu’à ce qu’elle ait un jour tota­­le­­ment conquis le monde.


Traduit de l’an­­glais par Anto­­nin Pado­­vani et Nico­­las Prouillac d’après l’ar­­ticle « On Sir Richard Bran­­son’s Necker Island, ‘Bit­­coin Illu­­mi­­na­­ti’ Reas­­sess Block­­chain Stra­­te­­gies », paru dans Forbes. Couver­­ture : Richard Bran­­son et les parti­­ci­­pants du Block­­chain Summit.


ET RICHARD BRANSON VOULUT ENVOYER DES TOURISTES DANS L’ESPACE

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Avec Virgin Galac­­tic, Richard Bran­­son s’est imposé comme le pion­­nier du tourisme spatial. Un projet pharao­­nique qui allait devoir braver l’ad­­ver­­sité.

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Space­­port America
Créé par les archi­­tectes Foster + Part­­ners
Crédits : Land Rover

Parfois, elle semble presque dispa­­raître dans le désert. Conçue comme un tour de magie archi­­tec­­tu­­ral et topo­­gra­­phique, la Passe­­relle vers l’Es­­pace de Virgin Galac­­tic dresse sa courbe sinueuse hors de la pous­­sière du Nouveau-Mexique, ses surfaces d’acier démul­­ti­­pliées dans un mirage rouge-brun vibrion­­nant sur l’ho­­ri­­zon. Au crépus­­cule, la silhouette du premier spatio­­port construit dans un but commer­­cial se fond douce­­ment dans la ligne de faîte des montagnes de San Andres, à trente kilo­­mètres de là. L’iti­­né­­raire qu’em­­prun­­te­­ront demain les astro­­nautes tour-opéra­­teurs à travers le bâti­­ment a été méti­­cu­­leu­­se­­ment élaboré par les archi­­tectes de Foster + Part­­ners pour préfi­­gu­­rer le voyage spatial qu’ils s’ap­­prêtent à accom­­plir : une rampe de béton monte douce­­ment vers le centre de la construc­­tion – une fente étroite qui forme un petit rectangle de ténèbres parfaites en dépit de l’aveu­­glante lumière du jour. L’étiquette magné­­tique que porte chacun des passa­­gers déclenche l’ou­­ver­­ture de lourdes portes d’acier donnant sur un passage étroit et faible­­ment éclairé, dont les murs se courbent jusqu’à un autre portail sombre. Il s’ouvre sur un nouveau passage offrant une vue sur les 4 300 mètres carrés du hangar qui abrite la flotte d’en­­gins spatiaux dans lesquels ils voya­­ge­­ront, quatre étages plus bas.

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Vue de l’es­­pace
Jornada del Muerto, Nouveau-Mexique

Puis c’est le finale : les dernières portes donnent sur le salon des astro­­nautes, un vasteo­­pen space baigné d’une lumière natu­­relle venue d’un mur de fenêtres ellip­­tique offrant une vue d’en­­semble sur la piste de l’aé­­ro­­port spatial, longue de trois kilo­­mètres, et sur le ciel au-delà. L’ef­­fet produit est celui que recher­­chaient les archi­­tectes : malgré le fait que le bâti­­ment ne soit pas tout à fait terminé, lorsqu’un groupe témoin de touristes de l’es­­pace y a été conduit, ils ont trouvé l’ex­­pé­­rience si boule­­ver­­sante qu’ils ont été émus aux larmes.

Un énorme enjeu se joue ici dans le désert. Neuf endroits aux États-Unis sont aujourd’­­hui dési­­gnés sous l’ap­­pel­­la­­tion de spatio­­ports, mais le complexe du Nouveau-Mexique – Space­­port America – est le seul à avoir été construit à partir du néant et conçu pour accueillir un service régu­­lier de trans­­port de passa­­gers. Il a été édifié sur une plaine isolée située à cinquante kilo­­mètres de la ville la plus proche. Et sa créa­­tion n’a pas été bon marché : jusqu’ici, il aura coûté presque un quart de milliard de dollars (envi­­ron 200 millions d’eu­­ros), ses ingé­­nieurs ont bitumé seize kilo­­mètres de route simple­­ment pour connec­­ter le site au monde exté­­rieur et la facture pour la piste seule s’élève à 37 millions de dollars. Et même si le bâti­­ment, qui a été conçu selon les exigences de la compa­­gnie, arbore en son centre le nom de Virgin Galac­­tic, il a été payé par l’État du Nouveau-Mexique, dont les citoyens ont voté pour une taxe de vente desti­­née à finan­­cer sa construc­­tion.

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