Ces scientifiques affirment qu’une lune peut avoir une lune : une moonmoon

par   Laura Boudoux   | 11/10/2018
Crédits : Kevin McGill

On le sait : la Lune orbite autour de la Terre, qui elle-même orbite autour du Soleil. Mais « une lune peut-elle avoir sa propre lune » ? Cette interrogation, posée à l’astronome Juna Kollmeier par son fils en 2014, est aujourd’hui prise très au sérieux. La chercheuse s’est en effet depuis associée à Sean Raymond, de l’université de Bordeaux, pour y répondre, rapporte le site Gizmodo. Le 9 octobre, les deux scientifiques ont publié les premiers résultats de leurs recherches, concernant ce qu’ils appellent les moonmoons (ou « lunelunes »). Ils expliquent qu’aucune moonmoon n’a encore été observée dans notre système solaire, probablement parce que les conditions permettant leur création, mais aussi leurs critères de détection, sont trop exigeants.

Il faudrait ainsi qu’une distance suffisante sépare la lune de sa planète, afin que la moonmoon ne soit pas prise au piège de la gravité de cette planète. La moonmoon devrait en revanche être assez proche de sa lune, afin d’être rattachée à sa gravité, mais sans pour autant être détruite par ses forces gravitationnelles. Mais avant que tout cela ne soit mis en place, il faut encore que la lune de lune soit créée. « Quelque chose devrait projeter un rocher, à la bonne vitesse, afin qu’il puisse entrer en orbite autour de la lune, et non pas autour d’une planète ou d’une étoile », explique ainsi Sean Raymond au New Scientist. Bien sûr, ce parfait équilibre gravitationnel devrait par la suite être maintenu.

Il est donc possible que les moonmoons existent, mais il est très probable que leur courte durée de vie empêche leur observation. Pour l’astronome Michele Bannister, « on peut affirmer avec certitude qu’il n’existe aucune moonmoon à quelques kilomètres autour de Jupiter ou Saturne ». Elle affirme qu’un tel satellite, « de la taille d’un gratte-ciel, pourrait exister », mais elle nommerait alors plutôt cela une moonmoonlet (ou « mini-lunelune »), c’est-à-dire une lune de lune mineure. Qu’importe, Juna Kollmeier compte bien poursuivre ses recherches et offrir une réponse plus claire à son fils. « Je suis simplement très heureuse que les gens s’intéressent au sujet, et j’espère que nous pourrons poursuivre notre travail », a-t-elle déclaré.

Sources : New Scientist / Gizmodo

PLUS DE SCIENCE