Cette avocate australienne balançait ses clients à la police

par   Dylan Kuperblum   | 03/12/2018
Tony Mokbel
Crédits : AP

Entre 2005 et 2009, une avocate qui représentait des personnalités notoires du crime organisé en Australie, communiquait en douce des informations à la police de l’État de Victoria, dans le sud de l’Australie. Après ses révélations, les condamnations de ces criminels australiens ont été mises en doutes et pourraient mener à leur remise en liberté, rapporte la BBC ce 3 décembre.

En effet, la police a bien tenté d’empêcher la divulgation de l’identité de l’avocate, mais c’est fini. La Haute cour d’Australie vient de se prononcer contre la police après deux ans de bataille judiciaire. Le tribunal a déclaré le service de police de Victoria coupable de « conduite répréhensible » en encourageant l’avocate à fournir des informations sur ses clients. « Les poursuites engagées contre chaque condamné sont corrompues, portant ainsi atteinte aux concepts fondamentaux du système de justice pénale », a déclaré le juge.

L’avocate, qui ne peut pas être nommée pour des raisons juridiques, représentait des personnalités du monde criminel de Melbourne au cours d’une période marquée par des violences liées aux gangs. Il y a plus d’une décennie en effet, une guerre des gangs a fait plus de 28 morts dans la ville. Aujourd’hui terminée, des tensions persistent néanmoins.

Selon des documents judiciaires, l’avocate était en contact quotidiennement avec les agents de police et portait le nom de code 3838. Les documents montrent également que la police a tenté d’empêcher les procureurs d’informer les condamnés du rôle d’informatrice de leur avocate. Suite à la décision de la Haute Cour de lever les injonctions, les criminels vont recevoir une lettre les informant des détails de l’affaire. Ils pourront ainsi faire appel de leurs condamnations, ce qui signifie que leurs peines pourraient être réduites voire leurs condamnations annulées. Parmi ses clients figurait notamment Tony Mokbel, un baron de la drogue qui avait été condamné à 30 ans de prison pour avoir dirigé une opération de trafic de drogue.

Ce lundi, le chef de la police de Victoria, Graham Ashton, a justifié l’utilisation de l’avocate en tant qu’informatrice : « Melbourne était en proie à ce qu’on appelle à juste titre une guerre des gangs. Le risque pour la communauté à cette époque était important. » Il a également déclaré qu’en 2009, le service de police avait changé sa manière de traiter les informateurs et qu’un incident similaire ne serait donc plus possible. Les documents du tribunal révèlent néanmoins que l’avocate a aidé la police dans 386 affaires différentes… Elle ne pourra désormais plus dormir tranquille.

Source : BBC

PLUS DE TRUCS ÉPIQUES