Cette pilule bleue stoppe le VIH comme jamais

par   Laura Boudoux   | 18/10/2018
Crédits : NIAID

Sous les airs de bonbon, le Truvada renferme de grandes promesses. Prise dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition (PrEP), un traitement préventif contre le virus du sida, cette pilule bleue qui associe deux antirétroviraux vient de faire ses preuves. Dans une nouvelle étude menée en Australie, rapportée le 17 octobre par la revue britannique The Lancet, les chercheurs expliquent que le nombre de nouveaux cas de VIH chez les hommes homosexuels et bisexuels a chuté de 25 % grâce au traitement. C’est le niveau le plus bas de contaminations jamais observé, souligne le site Bloomberg.

« La rapidité du déclin que nous avons enregistré concernant les nouvelles infections VIH chez les hommes gays et bisexuels est une première mondiale. Ces chiffres sont les plus bas jamais enregistrés depuis que la surveillance du VIH a commencé, en 1985 », s’est félicité Andrew Grulich, responsable de l’épidémiologie et de la prévention du VIH à l’Institut Kirby de l’université de New South Wales. Sur les 3 069 volontaires ayant pris quotidiennement le Truvada, seuls deux participants ont été diagnostiqués porteur du VIH un an après le début des tests. Tous deux ont affirmé qu’ils n’avaient pas respecté les doses indiquées et qu’ils n’avaient pas pris leur pilule chaque jour, ce qui nuit à l’efficacité du médicament.

« Bien que nous connaissions depuis au moins trois ou quatre ans l’efficacité de la PrEP au niveau individuel, les décideurs ont fait preuve d’une certaine réticence à financer de manière appropriée son déploiement car l’impact sur la population globale n’a pas été démontré – et c’est ce que nous avons entrepris de faire », a affirmé Andrew Grulich, bien décidé à contribuer à la démocratisation du Truvada à travers le monde. En France, le médicament et ses génériques sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.

Si la Cour européenne a autorisé la mise sur le marché des génériques de la « pilule anti-sida » en juillet 2018, certains pays sont encore jugés comme des bloqueurs en matière de lutte contre le VIH. Des associations dénoncent ainsi l’immobilisme des organismes de santé tel que le National Health Service, le système de santé publique du Royaume-Uni. Deborah Gold, la directrice de l’organisation non gouvernementale britannique National Aids Trust (NAT) espère que la nouvelle étude entraînera une plus large distribution du PrEP dans son pays. « Il est complètement inacceptable que des malades en soient privés. Cette nouvelle étude met en lumière le potentiel incroyable du PrEP pour enfin aider à renverser l’épidémie du VIH », a-t-elle expliqué au site The Independent.

Sources : The Lancet HIV / Bloomberg / The Independent

 

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