Dans le Minnesota, les oiseaux sont bourrés après avoir mangé des baies fermentées

par   Dylan Kuperblum   | 11/10/2018
Crédits : Menke Dave, USFWS

Des oiseaux qui trébuchent de leurs branches d’arbre, qui s’écrasent contre des pare-brises ou qui ne s’envolent pas quand vous vous en approchez, c’est possible. À Gilbert, un village de 1 800 personnes dans le Minnesota, le chef de la police, M. Techar a dû publier un message sur Facebook afin de rassurer les habitants : « Pas la peine d’appeler la police si vous croisez le chemin d’oiseaux en état d’ébriété. Il semblerait qu’ils aient mangé des baies fermentées à la suite d’une gelée précoce ». Certaines seraient devenues un peu plus « corsées » que la normale, comme l’expliquait le New York Times, le 7 octobre dernier.

Néanmoins des scientifiques, comme Laura Erickson, restent sceptiques quant au fait que cette « débauche » soit le pure le produit de l’ivresse. Selon eux, il est trop tôt pour que les baies aient déjà fermenté. Si les oiseaux s’écrasent sur des vitres, c’est plutôt en raison d’une importante migration saisonnière dans la région. Après de nombreuses réaction de la part des villageois, le chef Techar a déclaré que ces derniers auraient peut-être pris son post Facebook un peu trop au sérieux et s’est donc empressé d’ ajouter : « Il n’existe aucune preuve réelle que ces oiseaux sont saouls », et de plaisanter : « Je n’ai pas eu l’occasion de leur faire subir un alcootest ».

Kenn Kaufman, qui écrit pour Audubon, une revue qui lutte pour la protection des volatiles, s’est dit plus convaincu par l’explication selon laquelle le nombre d’oiseaux s’écrasant sur les fenêtre est en augmentation, car une migration de masse a fait grossir leurs rangs. Il soutient tout de même que le phénomène des « oiseaux bourrés » existe. En mangeant des baies peut-être, mais surtout en se nourrissant de la sève des arbres, fermentée elle aussi. Pour Erickson, si ces oiseaux se révèlent en effet éméchés, la solution serait de les emmener dans un centre de réhabilitation de la faune, où ils recevraient de la nourriture et de l’eau pour les aider à « se dégriser. » Contrairement aux résidents du village, les scientifiques ne se bidonnent pas de cette situation et comparent même l’état de ces pauvres oiseaux à l’état d’un enfant qui sortirait d’une opération dentaire. Pas cool.

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