La dernière zone de l’Arctique épargnée par le réchauffement climatique a commencé à se rompre

par   Malaurie Chokoualé   | 21/08/2018
Crédits : Scanpix Denmark

Une zone ancienne et considérée jusqu’ici comme étant hors de danger immédiat, « la Dernière Zone de Glace », a commencé à se rompre dans l’Arctique. Alors qu’il n’avait encore jamais été enregistré auparavant, ce phénomène s’est produit deux fois cette année : du 1er au 5 août, une fissure s’est formée à nouveau. Elle remet en question certaines théories scientifiques. The Guardian a partagé cette nouvelle effrayante ce mardi 21 août.

Selon les scientifiques, la glace de l’océan Arctique devrait disparaître en une génération et ainsi avoir un impact très lourd sur tout l’écosystème qui en dépend. Ils avaient toutefois pointé jusque là une exception à ce processus, une zone plus épargnée par son épaisseur et son ancienneté : « la Dernière Zone de glace ». Située au nord du Groenland et de l’île d’Ellesmere, sur le territoire canadien du Nunavut, cette région devrait être le dernier bastion de glace de mer en été alors que la Terre continuera de se réchauffer.

Crédits : DTU Space

En outre, « elle abrite probablement la plus grande concentration d’espèces sauvages arctiques dépendantes de la banquise », rappelle National Geographic. Les récentes observations de la glace ont démontré que désormais, celle-ci n’était pas si intouchable que cela, et qu’elle était elle-même en danger.

Dans cette partie du monde, un courant océanique souffle d’est en ouest dans l’océan Arctique (la dérive transpolaire) et pousse la glace de la Sibérie à travers l’Arctique jusqu’à la côte. Celle-ci s’y empile alors, car elle n’a nulle part où aller. Ainsi, la glace au nord du Groenland est compacte et difficile à déplacer. Mais l’hiver dernier était si chaud que la glace n’était finalement pas assez compacte. Des fissures se sont créées dans lesquelles de l’eau s’infiltre, et la glace est à présent aisément repoussée par les vents.

« Effrayant », a écrit Thomas Lavergne, un scientifique de l’Institut météorologique norvégien, dans un tweet. Il poursuit : « Je ne peux pas dire combien de temps cette étendue de glace restera ouverte, mais même si elle se ferme dans quelques jours, le mal sera fait : la vieille glace de mer épaisse aura été repoussée de la côte vers une zone où elle va fondre plus facilement. »

Sources : The Guardian/WWF/National Geographic

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