par Oliver Lee Bateman | 16 juin 2014

Les propos ayant servi à réali­­ser cette histoire ont été recueillis par Julien Cadot, au cours d’un entre­­tien avec Stéphane Malka. Les mots qui suivent sont les siens. Comme pas mal de projets à l’agence, la Green Machine est née d’une réflexion scien­­ti­­fique et d’une réflexion sociale. Je suivais ce qui se faisait dans la perma­­cul­­ture depuis plusieurs années et j’avais vu les travaux de Savory, dans lesquels il parle de rever­­dir le désert et que je trou­­vais très inté­­res­­sants. Savory prône presque un retour antique aux trou­­peaux qui passent et qui paissent, mais à une échelle massive.

La Green Machine© Stéphane Malka
Des plants dans le sable
Crédits : Stéphane Malka

C’était inté­­res­­sant, à ceci près que si on se place dans un désert, c’est encore hors d’échelle pour un trou­­peau. C’était inté­­res­­sant, à ceci près que si on se place dans un désert, c’est encore hors d’échelle pour un trou­­peau. Mais aujourd’­­hui, nous avons des machines qui nous permettent de travailler sur des échelles beau­­coup plus grandes que ce que peuvent faire les animaux. Fina­­le­­ment, la Green Machine, c’est d’un côté Savory, et de l’autre un conglo­­mé­­rat de diffé­­rentes tech­­no­­lo­­gies exis­­tantes. Là-dedans, nous, tech­­nique­­ment, nous n’in­­ven­­tons rien : nous sommes des assem­­bleurs, nous échan­­tillon­­nons. Depuis la fin des années 1990, mon travail s’axe essen­­tiel­­le­­ment sur les délais­­sés urbains. Quelles sont les zones de la ville qui ne sont pas habi­­tées ? Pourquoi ne le sont-elles pas ? Cet inté­­rêt vient de ma culture, du graf­­fiti, d’une époque où j’ob­­ser­­vais tous les endroits de la ville, sous les ponts, sur les toits… Quand je voyais un espace délaissé, j’avais envie de le peindre. Je fais partie de la deuxième vague du graf­­fiti, celle qui a commencé autour de 1987. Les espaces étaient clairs : d’abord, il y avait les rames de première classe du métro. C’était très inté­­res­­sant, parce qu’il y avait moins de gens dedans, et comme ils en avaient marre de se retrou­­ver dans un endroit pour lequel ils payaient plus cher et qui était sursa­­turé de graf­­fiti, cela a mené à l’abo­­li­­tion de la première classe. Quand on y repense, c’est assez drôle et fou en même temps, de se dire que dans le métro, trans­­port popu­­laire par excel­­lence, il y avait des premières classes. Donc il y avait cela, il y avait aussi des terrains vagues, et comme c’était l’époque des grands travaux de Mitter­­rand, on en trou­­vait un peu partout. Et puis, bien sûr, tous les inter­­s­tices : les endroits pensés comme étant poten­­tiel­­le­­ment forts, mais pas du tout attra­­pés, comme les murs pignons. Avec le temps, je me suis dit que ces espaces, je pouvais les prendre en charge et véri­­ta­­ble­­ment penser leur deve­­nir. Dans la lignée des délais­­sés urbains, je me suis donc inté­­ressé de manière plus large aux délais­­sés plané­­taires. Nous perdons quasi­­ment la surface du Bénin chaque année en surface déser­­tique. Je suis tombé sur cette donnée en travaillant sur un concours pour un pôle muséal à l’en­­trée d’un désert. En passant du temps à travailler sur le désert pendant des mois et des mois, j’ai compris que ce n’était pas du tout l’image douce, suave et roman­­tique que l’on peut en avoir. Ou alors du roman­­tisme alle­­mand, quelque chose qui vous tord ! Le désert est quelque chose qui s’étire, qui s’étale. Petit à petit, nous sommes arri­­vés à la conclu­­sion qu’il y avait quelque chose à faire là-dessus. Voilà comment est née l’idée.

« Mais comme le négligé urbain, le désert, ce délaissé plané­­taire, est néga­­tif. »

Mais comme le négligé urbain, le désert, ce délaissé plané­­taire, est néga­­tif. Les négli­­gés urbains sont des endroits qu’on ne pense pas et qui péri­s­sent. Ce sont rare­­ment ces espaces-là qui s’agran­­dissent, en tout cas dans Paris. À un moment donné, ils finissent par casser et on revient dessus, les hommes récu­­pèrent le morceau de ville. Quant aux terri­­toires déser­­tiques, on parle d’une échelle telle­­ment vaste ! Le désert crée des migra­­tions de peuples qui doivent s’en­­fuir : c’est donc plutôt l’ef­­fet l’in­­verse. Le désert urbain a tendance à rétré­­cir à cause de la densité et c’est presque, dans un sens méta­­pho­­rique, l’in­­ci­­dence des personnes qui, par le désert natu­­rel, sont pous­­sés à l’exode. C’est, dans les deux cas, le rapport de l’homme à son terri­­toire. Après, c’est vrai qu’il y a toujours dans ces espaces un rapport à la pauvreté.

Art et indus­­trie

Mes projets sont à chaque fois trans­­dis­­ci­­pli­­naires, c’est de la réap­­pro­­pria­­tion. Pour le projet Loop­­camp, qui avait lui aussi le désert pour décor, j’ai utilisé des tubes de carton dur, de carton fort, dans lesquels on trans­­porte la presse. Pour moi, l’acte fonda­­teur d’un recy­­clage contem­­po­­rain, ce n’est pas avoir un label ou une déduc­­tion d’im­­pôt, c’est de pouvoir réuti­­li­­ser les maté­­riaux déjà exis­­tants. Dès lors, je ne mets pas trop de barrière entre le tech­­nique et l’ar­­tis­­tique, la ques­­tion est plutôt de savoir comment se réap­­pro­­prier les endroits sur lesquels je travaille. Pour le Burning Man, c’est beau­­coup plus aisé, parce qu’il y a La Playa, l’es­­pace vide du centre. Et Loop­­camp est un abri musi­­cal : dès qu’il y a du vent, les gens vont dans l’abri et le vent vient souf­­fler dans les tuyaux. Cela crée une mélo­­die et l’on s’abrite. Le lien entre les deux projets, c’est vrai­­ment la réap­­pro­­pria­­tion du terri­­toire, sans faire de scis­­sion entre le tech­­nique, l’ar­­chi­­tec­­tu­­ral et le plas­­tique. Pour moi, c’est une synthèse, et l’ar­­chi­­tec­­ture permet d’en­­tre­­te­­nir un lien direct avec tout ce qui touche au corps, que ce soit le design, l’ur­­ba­­nisme qui pousse le rapport humain à une plus grande échelle, l’art contem­­po­­rain… je me sens à l’aise dans ces inter­­­sec­­tions et loin du Bauhaus, par exemple.

La Green Machine dans le désert© Stéphane Malka
La Green Machine dans le désert
Crédits : Stéphane Malka

Le Bauhaus, avec ses inci­­dences, nous a donné une archi­­tec­­ture pour tous. Moi, je suis à l’op­­posé de cela. Je pense que nous avons chacun un back­­ground parti­­cu­­lier et il n’y a pas de raison qu’un bâti­­ment soit iden­­tique à celui d’à côté. Cela nous choque­­rait tous. Les seules choses qu’on voit en rang d’Oi­­gnon et qui se ressemblent, ce sont les défi­­lés mili­­taires. Et pour­­tant, nous sommes fasci­­nés par la conti­­nuité du Boule­­vard Hauss­­mann ou des bâti­­ments ultra modernes qui sont tous extrê­­me­­ment ressem­­blants. Sans parler de ceux qui font du néo-provençal ou de l’hauss­­man­­nien revi­­sité à la sauce du XXe siècle. Il y a une néces­­sité d’in­­dé­­pen­­dance qui est à l’an­­ti­­thèse du Bauhaus. Les projets que je réalise comportent toujours des réfé­­rences et sont le fruit d’une recherche dans l’his­­toire et dans l’ac­­tua­­lité. Je fais toujours une veille, pour être au courant de tout ce qui se fait dans les domaines qui sont les miens et, même si je n’ai pas vrai­­ment de docu­­men­­ta­­tion de réfé­­rence, j’es­­saie à chaque fois d’ame­­ner une seule chose au centre : l’être humain. Partant de cela, quand il y a des drames contem­­po­­rains qui me touchent, comme ils touchent chacun d’entre nous, j’es­­saie de rebon­­dir dessus. J’ai vu que le désert paupé­­ri­­sait énor­­mé­­ment de gens. Dans le même temps, je sais qu’aujourd’­­hui, la tech­­nique nous permet de prendre le contre-pas du désert qui se défriche. Ce qui est fou dans les théo­­ries avérées de la perma­­cul­­ture, c’est la masse que l’on peut atteindre, à partir du moment où l’on travaille le sol. On recrée un micro­­cli­­mat. Le désert n’est pas un espace préservé comme une forêt : je le vois dans le sens inverse, le désert est un espace qui détruit. C’est un espace qui s’agran­­dit, une plaie. Ce n’est pas un bonus. Alors évidem­­ment, il y a une vision roman­­tique du désert, de l’être seul, etc. C’est extrê­­me­­ment déli­­cat, mais je pense que le désert est un des enjeux de notre siècle, au-delà du réchauf­­fe­­ment clima­­tique. À partir du moment où on laisse courir la problé­­ma­­tique de la déser­­ti­­fi­­ca­­tion, on part dans des direc­­tions catas­­tro­­phiques. À une grande échelle, du coup, si l’on avait à reprendre aujourd’­­hui ne serait-ce que les lisières des déserts, on arri­­ve­­rait à une produc­­tion d’oxy­­gène simi­­laire à celle que l’on aurait pu attendre il y a quatre ou cinq siècles. Une qualité d’air qui serait trans­­for­­mée. Ce serait l’air de la Renais­­sance ! C’est avéré à micro-échelle, avec laquelle j’ai plus l’ha­­bi­­tude de travailler. Là, l’échelle déser­­tique appelle un projet beau­­coup plus gros… sur une surface qui se déplace ! La Green Machine, c’est du mobile sur du mobile, fina­­le­­ment. Après, tech­­nique­­ment, les bases du projet sont des craw­­lers. Ce sont des engins pour trans­­por­­ter des fusées de leur point de construc­­tion jusqu’à leur base de lance­­ment : des systèmes pour porter des masses colos­­sales, de manière statique. Pile ce qu’il nous fallait pour mettre aux quatre coins de la Green Machine.

L’hu­­main dans le désert

Au-dessus de la machine à rever­­dir, nous avons pensé à une ville. Il y a une partie agri­­cole et une partie indus­­trielle et la partie agri­­cole a besoin d’être entre­­te­­nue et trans­­for­­mée. L’idée, à chaque fois, c’est que le craw­­ler passe et retourne complè­­te­­ment la terre en injec­­tant de l’eau, et ce, deux fois de suite. Un dernier passage ajoute de l’en­­grais et du grain. C’est une manière de décou­­per en quatre séquences le fonc­­tion­­ne­­ment de l’ap­­pa­­reil.

« C’est une machine auto­­nome éner­­gé­­tique­­ment, mais elle a besoin d’hu­­mains pour fonc­­tion­­ner. On lui a volon­­tai­­re­­ment donné un aspect indus­­triel pour que le design soit très lisible. »

C’est une machine auto­­nome éner­­gé­­tique­­ment, mais elle a besoin d’hu­­mains pour fonc­­tion­­ner. On lui a volon­­tai­­re­­ment donné un aspect indus­­triel pour que le design soit très lisible. Dedans, quand on l’a dessi­­née, on a réflé­­chi à une école, des lieux de réunion. C’est un peu dans la lancée des premiers kibboutz avant la créa­­tion d’Is­­raël. C’est dans ce type d’uto­­pie sociale que l’on se place. Il y aurait dans cette ville à la fois des explo­­ra­­teurs et des scien­­ti­­fiques : c’est inté­­res­­sant, pour parcou­­rir le désert, d’avoir des personnes qui peuvent regar­­der les éléments et qui voient comment le tout évolue, sur le temps long. Après le premier passage de la Green Machine, il doit falloir un an pour que cela pousse un peu. Nous avons vu le phéno­­mène avec le passage des tanks en temps de guerre, de manière complè­­te­­ment invo­­lon­­taire : ils passaient sur de la terre, il la retour­­naient et avec la pluie, cela faisait un terreau fertile pour la végé­­ta­­tion. Quand on pense au désert, on pense souvent aux dunes et, évidem­­ment, cela pose un problème à la Green Machine. Cela dit, nous avons travaillé préci­­sé­­ment pour le Sahara parce que c’est un désert que je connais un petit peu, et j’ai un confrère archi­­tecte qui travaille dessus et avec qui j’ai élaboré le projet. Il faut savoir que c’est un désert qui est, à 80 %, une espèce de gravier. L’idée, c’est de venir travailler progres­­si­­ve­­ment toutes les péri­­phé­­ries des dunes. Les dunes, qui repré­­sentent 20 %… eh bien disons qu’il faut lais­­ser une diver­­sité, une complexité natu­­relle au paysage. On ne pourra pas esca­­la­­der l’Eve­­rest, la machine est faite pour des parties qui sont plates. Après, j’ai fait quelques déserts et celui-ci est assez grand : pour moi, c’est tout l’in­­té­­rêt de s’y poser. Il y a des enjeux écono­­miques qui s’ajoutent aux enjeux écolo­­giques : c’est une manière de tempo­­ri­­ser, de rame­­ner le désert à une valeur agri­­cole. Sous-jacent derrière, il y a tout le côté ressources natu­­relles avec de gros enjeux. Je trou­­vais cela plus inté­­res­­sant et sujet à réflexion de prendre pour base une surface qui traver­­sait les pays. En archi­­tec­­ture, lors des études ou de la forma­­tion, on nous dit aujourd’­­hui d’oc­­cu­­per un coin, un autre coin, puis on nous donne un programme pour un concours qui ne pose jamais de problé­­ma­­tique. La ques­­tion du « pourquoi » n’est jamais appro­­chée. On nous donne une réponse : vous avez un cube vide, il faut le remplir avec du plein. Cela ne laisse aucune marge de manœuvre.

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Colosse d’acier
Crédits : Stéphane Malka

De l’uto­­pie au réel

J’ai la sensa­­tion en tant qu’ar­­chi­­tecte d’être pour­­tant une sorte de docteur de la ville et, de ce fait, il y a pour moi un champ d’ex­­pé­­ri­­men­­ta­­tion gigan­­tesque, avec des milliers de manières de jouer. Ce sont d’abord le terri­­toire et l’hu­­main qui m’in­­té­­ressent, la synthèse des deux. C’est cela qui induit le projet, et ce n’est jamais l’ar­­chi­­tec­­ture qui rend les projets utopiques, c’est l’idée de mettre l’homme au cœur du projet. L’uto­­pie, ce n’est pas un système de boîtes suspen­­dues à des écha­­fau­­dages. L’uto­­pie, c’est la volonté qu’il y a derrière.

« C’est assez exal­­tant de savoir qu’une arme de guerre devient quelque chose de fertile, quelque chose qui crée. »

La Green Machine, avec ses dimen­­sions, 4 500 m2 de serres, 4 700 m3 de citernes ou encore 50 000 m3 de bassin de réten­­tion, ressemble à un projet utopique. Mais ce n’est pas une construc­­tion ex nihilo, quelque chose d’inen­­vi­­sa­­geable à construire. Nous avons même été appro­­chés pour réali­­ser un proto­­type de ce projet. Début 2015, nous allons proba­­ble­­ment partir sur un proto­­type qui sera monté sur des tanks. Il y a des tas de vieux tanks qui ne servent plus et, pour suivre certaines lois, leurs proprié­­taires peuvent être exoné­­rés de taxe s’ils les recyclent au lieu de les détruire. Et puis c’est assez exal­­tant de savoir qu’une arme de guerre devient quelque chose de fertile, quelque chose qui crée.

Et puis ce sera l’oc­­ca­­sion de faire revivre un imagi­­naire, celui de mon enfance. Comme tous les gosses des années 1970, j’ai été forcé­­ment influencé par le cinéma de science-fiction de carton. Évidem­­ment Dune, le premier Tron, qui avait été fait avec des néga­­tifs décou­­pés, les premiers Star Wars… il y avait dans tous ces films une dimen­­sion très acces­­sible, que je trouve un peu perdue avec l’image de synthèse qui nour­­rit l’ima­­gi­­naire des gosses des années 2000. C’est pour cela que j’es­­saie toujours de rendre mes projets un peu sales, même si je les fais en image de synthèse, comme les montages qu’on pouvait voir dans ces films de science-fiction ou dans un Mad Max, un Brazil… cette sensa­­tion d’une chose qui a vécu. On avait la vision d’un futur qui était donnée avec des objets du quoti­­dien, du présent, voire du passé. C’était une sorte de déca­­lage dans le temps qui faisait que tout de suite, on compre­­nait à quoi pouvaient servir les choses que l’on voyait à l’écran. J’ai été nourri à ce type d’ima­­gi­­naire. Quant à savoir si des projets en-dehors d’un urba­­nisme très concret peuvent trou­­ver les fonds pour être réali­­sés aujourd’­­hui… je pense qu’il y a avant tout plusieurs manières de voir l’ar­­chi­­tec­­ture. Il y a une voie concrète qui mène à la construc­­tion pure, et une autre plus abstraite, qui concerne la réflexion, la théo­­rie. Certains projets concep­­tuels ont voca­­tion à être concré­­ti­­sés assez simple­­ment, d’autres sont juste là pour tenter de donner un coup de pied dans la four­­mi­­lière. Le projet Auto-défense que j’avais imaginé, c’est une prise d’as­­saut de la grande arche de la Défense pour les sans-papiers, qui ne se réalise qu’à la force d’une insur­­rec­­tion sociale. Pour moi, ce projet a du sens et a voca­­tion à se construire, mais d’une manière diffé­­rente, à la faveur d’une sorte de guérilla archi­­tec­­tu­­rale. J’ai fait ce projet en 2009 et j’ai été assez ému en 2010, en voyant un mouve­­ment de mani­­fes­­ta­­tion prendre d’as­­saut l’arche de la Défense avec des tentes. Le symbole était là. L’ar­­chi­­tec­­ture est quelque chose qui s’ins­­crit dans le temps.

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Une ville sur chenilles
Crédits : Stéphane Malka

Couver­­ture : le désert du Sahara.
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