par Sascha Matuszak | 26 novembre 2014
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Centre-ville de Chengdu
Province du Sichuan
Crédits

Peu après l’aube aux abords de Chengdu, la capi­­tale de la province du Sichuan, Li Quan frappe un sac de sable à coups de pieds. Malgré le vrom­­bis­­se­­ment constant des bus qui se dirigent vers la ville, on peut entendre l’eau bouillir sur la cuisi­­nière. Après son entraî­­ne­­ment, Li véri­­fie son télé­­phone et se sert une tasse de thé. Des étran­­gers sont en chemin pour s’en­­traî­­ner au Kung-fu avec le maître. En Chine, le nombre d’ar­­tistes martiaux qui, comme Li, main­­tiennent en vie la flamme de cette vieille tradi­­tion, se réduit rapi­­de­­ment. Quelques-uns de ces maîtres, géné­­ra­­le­­ment âgés de quarante ou cinquante ans, sont d’heu­­reux direc­­teurs d’écoles d’arts martiaux remplies d’élè­­ves… mais pour la plupart, ils sont agents de sécu­­rité, profes­­seurs d’édu­­ca­­tion physique, conduc­­teurs de poids lourds, voire gardes du corps. Dans les films, les maîtres du Kung-fu ont un travail pour couvrir leurs acti­­vi­­tés nocturnes héroïques. Mais en réalité, ce travail leur permet tout bonne­­ment de survivre.

Shao­­lin, Inc.

Après les purges répé­­tées du gouver­­ne­­ment central et des décen­­nies d’ex­­ploi­­ta­­tion commer­­ciale, le Kung-fu tradi­­tion­­nel chinois n’est aujourd’­­hui plus que l’ombre de ce qu’il a été. Tandis que les maîtres luttent pour impo­­ser sur le marché leurs styles de plus en plus dilués, leurs étudiants poten­­tiels sont captés par les arts martiaux mixtes (mixted martial arts, le MMA), un sport de combat dont la popu­­la­­rité explose partout dans le monde. De fait, peu de combat­­tants perçoivent  encore le Kung-fu comme un art martial crédible.

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Disciples de Shao­­lin pratiquant le ju-jitsu brési­­lien
École d’arts martiaux de Tagou
Crédits : Sascha Matus­­zak

Ces dernières années, du Kung-fu (terme recou­­vrant un certain nombre d’arts martiaux chinois déve­­lop­­pés au fil des siècles) se sont déta­­chés plusieurs courants qui riva­­lisent pour s’im­­po­­ser dans le monde des arts martiaux. Parmi eux, on peut citer le wushu perfor­­ma­­tif, que certains ont vaine­­ment tenté de hisser en sport olym­­pique pendant des années ; le sanda, un style de frappe et de take­­down spéci­­fique­­ment pensé pour les sports de combat ; et le tai chi, un « art martial inté­­rieur », qui se concentre sur la maîtrise de l’éner­­gie du corps (le qi) dans une approche auto-défen­­sive. Les Chinois entre­­tiennent une rela­­tion complexe avec leur art martial natio­­nal. Le Kung-fu est d’abord admiré pour son esthé­­tique, mais malgré le profond respect dont jouissent les artistes martiaux tradi­­tion­­nels, leur art est consi­­déré comme inutile en compé­­ti­­tion. Le Kung-fu a aussi été enta­­ché par sa commer­­cia­­li­­sa­­tion : au célèbre temple Shao­­lin, une façade de tradi­­tion cache une usine à sous qui permet aux moines de conduire des voitures de luxe et de voya­­ger autour du globe pour promou­­voir la marque Shao­­lin. Les combat­­tants qui se fraient un chemin sur les circuits régio­­naux trouvent risible qu’on leur demande s’ils pratiquent le Kung-fu. Bien que beau­­coup d’entre eux aient commencé leur entraî­­ne­­ment par l’ap­­pren­­tis­­sage du wushu (un art perfor­­ma­­tif acro­­ba­­tique dérivé de formes de Kung-fu tradi­­tion­­nelles), dès qu’ils entrent sur le ring, les combat­­tants chinois réalisent que le sanda, le muay thai et la lutte sont bien plus effi­­caces. Tout ceci a généré un dépla­­ce­­ment massif des pratiquants des arts martiaux chinois vers des tech­­niques de combat étran­­gères. L’UFC (Ulti­­mate Figh­­ting Cham­­pion­­ship) est actif en Chine, tout comme les promo­­tions de MMA plus modestes : parmi elles, la RUFF (Ranik Ulti­­mate Figh­­ting Fede­­ra­­tion), première orga­­ni­­sa­­tion de MMA a avoir été approu­­vée natio­­na­­le­­ment, et la OneFC, basée à Singa­­pour. Les Chinois qui ont grandi en regar­­dant l’UFC sur leurs écrans ont aujourd’­­hui toutes leurs chances de rempor­­ter la compé­­ti­­tion martiale la plus popu­­laire au monde. Les promo­­teurs locaux essaient eux aussi de tirer profit du boom du MMA. Des opéra­­teurs régio­­naux tempo­­raires orga­­nisent des combats tous les mois. Il parviennent ainsi à atti­­rer les spon­­sors locaux et à remplir de petits stades. Parmi les plus popu­­laires se trouve le cham­­pion­­nat Wulin­­feng, nommé d’après l’ex­­pres­­sion chinoise « wu lin » (« forêt martiale »), qui fait allu­­sion à la commu­­nauté martiale en géné­­ral.

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Li Quan à l’en­­traî­­ne­­ment
Tech­­niques de Kung-fu tradi­­tion­­nel
Crédits : Sascha Matus­­zak

Le Wulin­­feng se présente comme une plate­­forme propice à l’in­­tro­­duc­­tion du Kung-fu chinois sur la scène inter­­­na­­tio­­nale, mais la plupart du temps on y assiste à des combats oppo­­sant des pratiquants de sanda à des adeptes de muay thai ou de kick boxing. Le sanda est un sport de combat simpli­­fié, un temps critiqué pour sa préten­­due dilu­­tion du Kung-fu tradi­­tion­­nel. Et malgré tout, le Wulin­­feng est suivi par plus de 40 millions de fans et l’argent y afflue. Les meilleurs combat­­tants peuvent gagner jusqu’à 50 000 voire 60 000 dollars par combat. Le Wulin­­feng est retrans­­mis toutes les semaines à la télé­­vi­­sion chinoise sur la Henan Provin­­cial Satel­­lite Tele­­vi­­sion, et des mani­­fes­­ta­­tions inter­­­na­­tio­­nales ont été orga­­ni­­sées à Las Vegas, Tokyo, et Dubaï. Tandis que le nombre de combat­­tants de Wulin­­feng et de sanda ne cesse d’aug­­men­­ter, les maîtres du Kung-fu tradi­­tion­­nel qui ont dédié leurs vies à leur pratique luttent pour s’en sortir.

Évoluer ou dispa­­raître

Le mont Emei est l’une des quatre grandes montagnes chinoises sacrées du boud­d­hisme. Il s’élève à 3 099 mètres au dessus du bassin de Chengdu, dans la province du Sichuan, et abrite la tradi­­tion des arts martiaux, autre­­fois floris­­sante. Aujourd’­­hui, aucun maître ne peut se reven­­diquer de cette tradi­­tion, et tout ce qu’il reste de leur temple à la gloire passée est une simple porte au bord de l’ef­­fon­­dre­­ment. Zhang Shi Zhong enseigne l’édu­­ca­­tion physique à l’école prin­­ci­­pale d’Emei, au pied de la montagne. L’homme a le visage endurci : son nez est aplati et ses pommettes sont ornées de vieilles cica­­trices. Nous nous sommes rencon­­trés devant son école avant de nous diri­­ger vers la maison de thé, dans la partie ancienne de la ville. La maison de thé est consti­­tuée d’un coffrage à béton dénué de tout orne­­ment et de poutres en bois couvertes de plas­­tique et d’alu­­mi­­nium ondulé qui main­­tiennent le crachin constant à distance.

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Zhang Shi Zhong et la porte du temple Hong Ya
Mont Emei, province du Sichuan
Crédits : Sascha Matus­­zak

Lorsque Zhang s’y engouffre, tout le monde lui présente ses respects. Il a beau n’avoir ni école ni étudiants, tous les habi­­tants de cette petite ville savent qu’il « a le Kung-fu », ce qui force l’ad­­mi­­ra­­tion. Tandis que nous buvons le thé vert local, Maître Zhang m’ex­­plique que le style Emei est sur le point de s’éteindre. Aujourd’­­hui, seuls quelques maîtres pratiquent un Kung-fu proche du style origi­­nal, et ceux-ci n’ont pas d’étu­­diants. Beau­­coup d’entre eux pratiquent seuls et aucun ne possède une compré­­hen­­sion totale du système. Zhang raconte que le temple Hong Ya, situé sur l’épaule du mont Emei, conte­­nait tout les écrits rela­­tifs à ce style, datés de la période des Royaumes combat­­tants, mais celui-ci a brûlé pendant la Révo­­lu­­tion cultu­­relle prolé­­ta­­rienne, ainsi que d’in­­nom­­brables autres temples chinois. Mais le style Emei était déjà mort lorsque les gardes rouges se sont montrés. Tout au long de l’his­­toire chinoise, les gouver­­ne­­ments ont pério­­dique­­ment soutenu puis réprimé les arts martiaux. En temps de guerre, les artistes martiaux peuvent être utiles, mais en temps de paix, un clan de Kung-fu puis­­sant peut repré­­sen­­ter une menace. Au XVIIe siècle, tandis que les victo­­rieux soldats de Qing chas­­saient les sympa­­thi­­sants de la dynas­­tie Ming (pour la plupart des nobles Han, des Taoïstes, des Boud­d­histes, et des artistes martiaux) à travers le pays, des villages entiers furent détruits avec leurs tradi­­tions. Des milliers d’ar­­tistes martiaux se réfu­­gièrent au mont Emei, dans la campagne profonde, et se cachèrent dans les plis des montagnes.

« L’his­­toire avance quoi qu’il arrive et certaines choses se perdent tandis que d’autres perdurent. » — Ren Gang

« Une centaine de maîtres, repré­­sen­­tant une centaine de styles diffé­­rents, sont venus dans les montagnes semblables au mont Emei et sont deve­­nus des prêtres, dit-il. Puis ils ont discrè­­te­­ment ensei­­gné leurs secrets à une poignée d’étu­­diants, seule­­ment par oral, à la nuit tombée ou aux premières heures du jour. Ce fut la première grande disper­­sion des styles. » Depuis ce temps, il est diffi­­cile d’évoquer avec certi­­tude une quel­­conque lignée d’arts martiaux chinois qui remon­­te­­rait à plus d’un siècle. Ceux qui ont pu retra­­cer leur filia­­tion l’ont fait depuis l’étran­­ger, à l’abri des purges commu­­nistes. Le lien entre tradi­­tion antique et moder­­nité a été rompu, et depuis ce temps les maîtres de Kung-fu tradi­­tion­­nel n’ont pas encore réussi à le retis­­ser. « Les vieux maîtres n’ont rien laissé derrière eux, et nous vieillis­­sons, nous aussi. Le peu que nous savons, personne ne veut l’ap­­prendre », dit Zhang tandis que nous nous tenons dans l’ombre de la dernière porte du temple Hong Ya. « Le Kung-fu se meurt. » « Je ne suis pas certain que “mourant” soit le mot juste pour évoquer ce qui se passe en ce moment », dit Benja­­min Judkins, profes­­seur à l’uni­­ver­­sité de l’Utah et érudit d’arts martiaux. « Je préfère dire que le Kung-fu “évolue” au sens quasi-darwi­­nien du terme, avec tout ce que cela suppose de sélec­­tion compé­­ti­­tive, de diffé­­ren­­cia­­tion et de déve­­lop­­pe­­ment de nouveaux styles… Sans oublier la conso­­li­­da­­tion ou l’ “extinc­­tion” de certaines formes plus anciennes. » Ren Gang, secré­­taire de parti de l’as­­so­­cia­­tion de Sichuan Wushu, serait d’ac­­cord avec Judkins. Ren était membre du premier groupe de pratiquants offi­­ciels de wushu à émer­­ger après la Révo­­lu­­tion cultu­­relle. Ils ont été manda­­tés pour réin­­tro­­duire, redé­­cou­­vrir et rame­­ner l’art ancien à la vie. Son film de 1983, Little Heroes, a influencé une géné­­ra­­tion entière d’ar­­tistes martiaux, dont Li Quan et Zhang Shi Zhong.

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Monas­­tère de Shao­­lin
Deng­­feng, Répu­­blique popu­­laire de Chine
Crédits

« J’ai regardé ce film un nombre incal­­cu­­lable de fois quant j’étais enfant, raconte Li. Tous les gosses voulaient deve­­nir maîtres de Kung-fu après avoir regardé Little Heroes. » Non content d’avoir inspiré les jeunes garçons à deve­­nir des maîtres de Kung-fu, Ren entraîne l’équipe de wushu de la province du Sichuan et orga­­nise des événe­­ments de combat dans des petits villages et des villes de la Chine du Sud-Ouest. Son bureau distri­­bue les cein­­tures et les titres de toute la province. Tout maître qui veut ouvrir une école offi­­cielle, acqué­­rir un terrain pour une école ou parti­­ci­­per à une quel­­conque compé­­ti­­tion liée aux arts martiaux doit rece­­voir l’ap­­pro­­ba­­tion de Ren ou de l’un de ses asso­­ciés. Il est aussi co-proprié­­taire d’une compa­­gnie ayant pour objec­­tif d’éta­­blir des spas luxueux sur le thème du tai chi selon le modèle des Taiji Zen, un concept de boutiques d’arts martiaux lancé par Jet Li et Jack Ma, le milliar­­daire fonda­­teur du groupe Alibaba. « L’his­­toire avance quoi qu’il arrive et certaines choses se perdent tandis que d’autres perdurent, me confie Ren. Si vous êtes utile, vous reste­­rez, sinon, vous dispa­­raî­­trez. » Pour Ren, les vieux tradi­­tio­­na­­listes sont des dino­­saures inca­­pables d’ac­­cep­­ter la réalité. Selon lui, la spécia­­li­­sa­­tion est la clé. La tendance est à la « spor­­ti­­fi­­ca­­tion ». L’idéal roman­­tique du vieux maître de Kung-fu qui trans­­met son savoir secret à une poignée de disciples triés sur le volet n’a plus sa place dans le monde moderne, où les « manuels secrets » écrits au XIXe siècle par des maîtres chinois sont dispo­­nibles en PDF sur inter­­­net et où, sur iPhone, les appli­­ca­­tions permettent à tout un chacun d’étu­­dier et de pratiquer des tech­­niques d’épée tai chi.

Un nouveau souffle

Aujourd’­­hui, ce qui reste du Kung-fu tradi­­tion­­nel est soit main­­tenu en vie par les asso­­cia­­tions de wushu gouver­­ne­­men­­tales, soit en constant déclin. Des centaines d’écoles ont disparu ou se sont dépla­­cées à l’étran­­ger au cours du siècle dernier, et celles qui sont restées en Chine servent les inté­­rêts de l’État. Pour le gouver­­ne­­ment chinois, une tradi­­tion boud­d­histe patrio­­tique et contrô­­lée, combi­­née à une lignée martiale manu­­fac­­tu­­rée et diri­­gée vers la légende, est un excellent outil de conser­­va­­tion de l’ordre public. L’or­­ga­­ni­­sa­­tion de combats truqués a toujours cours sur les circuits régio­­naux chinois, mais cette pratique n’a pas sa place en MMA.

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Vaughn Ander­­son entraîne Zhao YaFei
Un combat­­tant de la divi­­sion chinoise (RUFF)
Crédits : Sascha Matus­­zak

Les Chinois ont compris que leur tradi­­tion martiale doit se faire une place sur la scène inter­­­na­­tio­­nale pour main­­te­­nir sa santé et sa vita­­lité. Mais l’État chinois peine à mettre en place une régle­­men­­ta­­tion assez souple pour promou­­voir les tradi­­tions martiales du pays à l’étran­­ger, car le gouver­­ne­­ment tient à conser­­ver un certain contrôle sur cette culture et sa pratique. Les discours pompeux autour de l’hé­­ri­­tage millé­­naire des arts martiaux, les scan­­dales des matches truqués et la mince repré­­sen­­ta­­tion des combat­­tants chinois sur la scène inter­­­na­­tio­­nale main­­tiennent le senti­­ment scep­­tique de la commu­­nauté des sports de combat vis-à-vis de la Chine et de sa capa­­cité à produire ses propres combat­­tants d’élite. Alors, les Chinois cherchent de l’aide à l’étran­­ger. L’UFC a tenu son événe­­ment « The Ulti­­mate Figh­­ter : China » à Macao en mars dernier, ce qui a permis à beau­­coup de combat­­tants chinois d’ob­­te­­nir des contrats pour au moins trois combats sur une carte UFC. Suite à cet événe­­ment, un nombre crois­­sant de salles de sport privées se sont mises à offrir un entraî­­ne­­ment de MMA. Plus impor­­tant encore, l’en­­trée du MMA sur le marché chinois a égale­­ment eu un impact sur le système des sports de combats du pays. L’or­­ga­­ni­­sa­­tion de combats truqués a toujours cours sur les circuits régio­­naux chinois, mais cette pratique n’a pas sa place en MMA. Le sport lui-même requiert qu’un combat­­tant soit effi­­cace sur le ring, et les fans – peu importe leur pays d’ori­­gine – sont habi­­tués aux combats authen­­tiques. Les puis­­santes univer­­si­­tés spor­­tives chinoises, en première ligne de l’in­­dus­­trie natio­­nale des sports de combat, établissent progres­­si­­ve­­ment des camps d’en­­traî­­ne­­ment MMA et embauchent des coaches étran­­gers pour aider leurs combat­­tants, auto­­ri­­sant ainsi leurs pratiquants de sanda à percer sur la scène MMA.

Les combat­­tants de MMA étran­­gers apprennent aux combat­­tants locaux et à leurs coaches à s’en­­traî­­ner scien­­ti­­fique­­ment.

Pour l’in­­dus­­trie comme pour les combat­­tants, le profit est la moti­­va­­tion première. Mais le MMA est fasci­­nant en ce qu’ils élèvent un certain type de combat­­tants affa­­més. Les athlètes chinois qui choi­­sissent le MMA empruntent la voie diffi­­cile. Un adepte de sanda typique obtient faci­­le­­ment un appar­­te­­ment et une pension, ainsi que des combats régu­­liers (et par consé­quent une paie régu­­lière), et les meilleurs d’entre eux ont des chances de concou­­rir pour de l’argent aux Jeux natio­­naux, ou à l’évé­­ne­­ment de combat annuel de la télé­­vi­­sion centrale chinoise – voire même au Wulin­­feng. Le MMA ne four­­nit pas ce genre de rétri­­bu­­tion, et pour­­tant de plus en plus de Chinois choi­­sissent cette voie. Ce n’est pas seule­­ment une ques­­tion d’argent pour la nouvelle géné­­ra­­tion de combat­­tants chinois : ils rêvent de deve­­nir les meilleurs – et c’est un chan­­ge­­ment de taille pour les arts martiaux chinois. Paral­­lè­­le­­ment à cela, des combat­­tants et des coaches étran­­gers viennent en Chine pour concou­­rir sur le circuit régio­­nal (même si, parfois, ils ne parti­­cipent qu’à des combats d’ap­­pa­­rat avec des adver­­saires chinois), et pour coacher les jeunes athlètes chinois de sanda qui rêvent de briller sur la scène mondiale. L’échange est inté­­res­­sant, et pas seule­­ment pour les combat­­tants chinois capables d’as­­si­­mi­­ler suffi­­sam­­ment de mouve­­ments de ju-jitsu en trois mois pour affron­­ter leur prochain adver­­saire. Il l’est aussi car les combat­­tants de MMA étran­­gers apprennent aux combat­­tants locaux et à leurs coaches à s’en­­traî­­ner scien­­ti­­fique­­ment – à inclure la nutri­­tion dans leur entraî­­ne­­ment – et à inno­­ver constam­­ment dans leur pratique. Un fait est peut-être encore plus signi­­fi­­ca­­tif : le cham­­pion UFC caté­­go­­rie mi-lourd Jon Jones a récem­­ment utilisé quelques tech­­niques chinoises lors de sa victoire sur Glover Texeira, et Li Jingliang, un combat­­tant popu­­laire de MMA chinois, a obtenu la première victoire chinoise à l’UFC il y a peu. Les étran­­gers qui viennent en Chine, accom­­pa­­gnés d’une fasci­­na­­tion pour le Kung-fu et d’une approche scien­­ti­­fique de l’en­­traî­­ne­­ment, pour­­raient permettre de redon­­ner un nouveau souffle à cet art ancien. De fait, les arts martiaux mixtes, grâce à leur voca­­tion à inno­­ver et à rester authen­­tiques, pour­­raient faire davan­­tage pour le renou­­veau du Kung-fu tradi­­tion­­nel chinois que l’en­­semble des programmes étatiques.

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Zhao YaFei pose avec Vaughn Ander­­son
Zhao YaFei veut comp­­ter sur la scène inter­­­na­­tio­­nale
Crédits : Sascha Matus­­zak

Traduit de l’an­­glais par Jules-Michel Rodrigues d’après l’ar­­ticle « Kung Fu’s Iden­­tity Crisis », paru dans Roads and King­­doms. Couver­­ture : Vaughn Ander­­son vient entraî­­ner les combat­­tants chinois, par Sascha Matus­­zak.

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