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par Servan Le Janne | 26 juillet 2017

Avant l’ar­ri­vée de Neymar Jr, vendredi 4 août, le feuille­ton du mercato du Paris-Saint-Germain (PSG) avait des airs de roman-photo. Dimanche 23 juillet, le joueur du FC Barce­lone Gerard Piqué postait un cliché sur Insta­gram pour démen­tir le départ de son coéqui­pier brési­lien vers la capi­tale française. « Il reste », tran­chait le défen­seur accro­ché à son cou comme s’il célé­brait un but. Voire. Trois jours plus tôt, Radio Cata­lu­nya assu­rait que le trans­fert avait 95 % de chances d’ad­ve­nir. Soit à peu près la proba­bi­lité des Pari­siens de l’em­por­ter, au prin­temps dernier, contre les Espa­gnols. https://www.insta­gram.com/p/BW5zNYm­lavf/?taken-by=3gerard­pique

 La vitrine

À 22 h 22, ce mercredi 8 mars, l’écu­rie française se dirige tranquille­ment vers la quali­fi­ca­tion pour les quarts de finale de la Ligue des cham­pions. Corri­gés 4 à 0 au match aller, Gerard Piqué et Neymar ne mènent que 3 à 1, alors qu’il reste une dizaine de minutes de jeu. Comment pour­raient-ils marquer les trois buts néces­saires à la victoire face à une des forma­tions les plus riche­ment dotées d’Eu­rope ? Depuis son rachat par le bras finan­cier du régime qatari, QSI, en mai 2011, le PSG possède une constel­la­tion d’in­ter­na­tio­naux. Il est taillé pour rempor­ter la compé­ti­tion. « C’est pas Gijón, c’est pas Valla­do­lid », appré­cie le commen­ta­teur de Canal+, Stéphane Guy, en direct. Autant dire, too big to fail. Mais en trois minutes, Neymar dépose un coup franc dans la lucarne avant de trans­for­mer un penalty. Paris vacille. Dans les profon­deurs des arrêts de jeu, à l’ap­proche de l’ul­time seconde, un lumi­neux ballon piqué du Brési­lien atter­rit au bout du pied droit de Sergi Roberto qui offre l’ex­ploit à Barce­lone. Tandis qu’une nuit épaisse recouvre la capi­tale française, le quoti­dien L’Équipe imprime le mot « Inqua­li­fiable » en une, iden­tique à celui qui avait enta­ché la défaite de l’équipe de France contre la Bulga­rie, en 1993.

Cette fois, le revers n’af­fecte pas seule­ment l’Hexa­gone. Il enfonce un coin dans le projet « Rêvons plus grand », élaboré par les Qata­ris afin de gagner le trophée « dans les dix ans à venir », selon le président de QSI, Nasser Ghanim Al-Khelaïfi. En s’in­cli­nant dès le premier tour à élimi­na­tion directe, la danseuse des émirs réalise sa pire perfor­mance euro­péenne depuis leur arri­vée. Or, pour ce petit État gazier de deux millions d’ha­bi­tants que personne ne savait placer sur la carte du monde il y a encore vingt ans, le PSG est une vitrine – peu garnie diront les mauvaises langues. « Les spécia­listes des ques­tions éner­gé­tiques ne sont plus les seuls à le connaître comme c’était le cas aupa­ra­vant », constate Carole Gomez, cher­cheuse char­gée des ques­tions liées à l’im­pact du sport sur les rela­tions inter­na­tio­nales à l’Iris.

Le nouveau maillot du PSG, son « rouge Qatar » et ses coutures en pointes
Crédits : Nike/PSG

Pour gagner en visi­bi­lité, le Qatar s’est lancé dans une série d’in­ves­tis­se­ments spor­tifs. Quoique ce levier d’in­fluence cultu­rel, le soft power, mette souvent des décen­nies à produire des effets, il a habi­le­ment trouvé dans le foot­ball un moyen de l’ac­ti­ver rapi­de­ment. « Les achats de joueurs connus ou le spon­so­ring de maillots fonc­tionnent à court terme », observe Jean-Baptiste Guégan, profes­seur de géopo­li­tique du sport à l’ESJ Paris. La direc­tion a jusqu’ici dépensé la baga­telle de 700 millions d’eu­ros en trans­ferts. « Pour le moyen-terme, il y a l’or­ga­ni­sa­tion de grands événe­ments spor­tifs », pour­suit l’au­teur du livre Géopo­li­tique du sport, une autre expli­ca­tion du monde. En 2022, la Coupe du monde de foot­ball aura lieu sur le petit terri­toire de l’émi­rat. S’il est toujours capable de l’or­ga­ni­ser.

Depuis lundi 5 juin, Doha traverse une zone de turbu­lences sans précé­dent. Jaloux de son indo­ci­lité et de sa proxi­mité avec l’Iran, l’Ara­bie saou­dite, les Émirats arabes unis (EAU), le Yémen, Bahreïn, l’Égypte et les Maldives ont décidé de couper les ponts. Accusé de soute­nir le terro­risme, le Qatar se retrouve soumis à un embargo et isolé dans le Golfe. Si ses diri­geants multi­plient les appels à l’apai­se­ment, ils refusent de satis­faire les demandes de leurs voisins – et notam­ment de fermer la chaîne natio­nale, Al Jazeera. Certaines manches du bras de fer engagé se disputent sur le terrain du foot­ball. Début juillet, après d’in­tenses négo­cia­tions, le PSG obtient la signa­ture du laté­ral brési­lien Dani Alves, aux dépens de Manches­ter City, propriété des chei­khs d’Abou Dabi (EAU). Dere­chef, il se lance dans une autre négo­cia­tion pour un Brési­lien encore plus réputé, Neymar. Afin de s’at­ta­cher ses services, les Qata­ris ont mis les 222 millions d’eu­ros de sa clause libé­ra­toire sur la table. L’at­taquant est ainsi devenu le joueur le plus cher au monde et un trophée à lui seul pour le Qatar.

Soft power

Jeudi 27 juillet, au petit matin, le PSG a raté Neymar. Pendant que l’avion du club décol­lait de Miami, sa proie se prépa­rait à y atter­rir. Hasard du calen­drier, n’ont pas manqué de souli­gner les médias, la tour­née de prépa­ra­tion du FC Barce­lone faisait étape au même endroit que celle des Pari­siens. Mais cet acte manqué doit-il vrai­ment quelque chose à la provi­dence ? Si, par le biais de ces matchs amicaux, les stra­té­gies de promo­tion des deux forma­tions se rejoignent, c’est en partie parce que toutes deux ont le même bien­fai­teur : le Qatar. En plus de possé­der le vice-cham­pion de France, l’émi­rat s’af­fiche en lettres capi­tales sur le maillot cata­lan. Pour lui, l’achat de Neymar ne consti­tue qu’un pallier supplé­men­taire dans une diplo­ma­tie spor­tive globale. Indé­pen­dant des Britan­niques en 1971, le Qatar refuse d’en­trer dans la fédé­ra­tion formée par les Émirats arabes unis. Dès lors, il se retrouve dans une posi­tion de « pays très riche mais vulné­rable », dépeint le cher­cheur Nabil Ennasri, auteur de L’Énigme du Qatar. Assis sur de gigan­tesques réserves fossiles, l’émi­rat est le premier expor­ta­teur de gaz liqué­fié mais « n’a ni les moyens ni la volonté de se consti­tuer une armée suffi­sam­ment forte pour contrer les éven­tuelles menaces multi­formes qui pèsent sur lui », pointe le direc­teur de l’Ins­ti­tut de rela­tions inter­na­tio­nales et stra­té­giques (Iris), Pascal Boni­face. « Le hard power clas­sique est hors de sa portée. Il a donc choisi déli­bé­ré­ment de miser sur le soft power, afin d’être un point reconnu de tous sur la carte du monde. »

L’im­pact de Neymar dépas­se­rait large­ment le cadre spor­tif.

Parmi tous les secteurs de l’éco­no­mie, le foot­ball est celui qui offre le plus de visi­bi­lité. Dès 1988, sa Coupe d’Asie est orga­ni­sée à Doha. Mais, tandis que plusieurs grands événe­ments sont en projet dans d’autres disci­plines, l’Irak enva­hit le Koweït en 1990. Cette attaque à proxi­mité donne des sueurs froides aux émirs qui n’en­tendent pas rester à décou­vert. Après être inter­venu dans la guerre du Golfe pour repous­ser les troupes de Saddam Hussein, Washing­ton signe un accord de coopé­ra­tion mili­taire avec le Qatar. Une base améri­caine est instal­lée à Al Udeid, au sud-ouest de la capi­tale. La stra­té­gie du petit État comporte désor­mais deux volets : « Il essaye de s’al­lier avec les grands de la planète, notam­ment les États-Unis, et soigne son image », résume Nabil Ennasri.

Après la créa­tion d’un Open de tennis en 1993, d’un Masters de golf en 1998 et d’un Tour cycliste en 2002, le Qatar lance une filiale spor­tive à Al Jazeera – ce sera BeIn Sports – et une acadé­mie inter­dis­ci­pli­naire, Aspire, vouée à former les cham­pions par wagons. Pour complé­ter la pano­plie, il donne nais­sance au fonds Qatar Sport Invest­ment (QSI) en 2005 et, un an plus tard, à une marque de sports­wear, Burrda, dont le logo en dents de scie rappelle la bannière natio­nale. Ces années sont aussi celles où, emprun­tant des ponts d’ors, de grands noms du foot­ball en fin de course rejoignent le cham­pion­nat qatari. Neymar a 12 ans, en 2003, quand l’in­ter­na­tio­nal espa­gnol Fernando Hierro signe à Al Rayyan. Ayant vu la famille royale d’Abou Dabi faire main basse sur Manches­ter City en 2008, le cheikh qatari Abdal­lah ben Nasser Al Thani s’offre Malaga en 2010 pour 36 millions d’eu­ros. Pour quatre millions de plus, QSI rachète 70 % du Paris-Saint-Germain en mai 2011 avant de l’ava­ler complè­te­ment dans l’an­née. « La feuille de route est d’as­seoir la légi­ti­mité foot­bal­lis­tique du pays et donc de rempor­ter le Graal en la matière, la Ligue des cham­pions », indique Nabil Ennasri. À deux reprises, le FC Barce­lone évince les Pari­siens en quart de finale. Et quand, en 2016, ils sont élimi­nés par Manches­ter City à ce stade de la compé­ti­tion, l’en­traî­neur, Laurent Blanc, saute à la fin de la saison. Pour faire mieux, son remplaçant, Unai Emery dispo­sera de celui qui vient de lui barrer la route, Neymar. « Il pour­rait appor­ter ce surcroît offen­sif indis­pen­sable à l’ef­fec­tif pari­sien », estime Nabil Ennasri. Mais son impact dépas­sera large­ment le cadre spor­tif.

Neymar réflé­chit-il toujours ou le trans­fert est-il acté en coulisse ?
Crédits : neymarjr/Insta­gram

 Le para­doxe

En deux mots, un point et une vieille photo, Gerard Piqué pensait peut-être mettre fin aux rumeurs de trans­fert qui couraient sur le compte de son parte­naire. Au contraire, il n’a fait qu’ajou­ter de la confu­sion à la confu­sion. Mardi 25 juillet, inter­rogé sur ce geste, l’ar­rière central a reconnu la portée limi­tée qu’il fallait lui accor­der. « C’était une opinion person­nelle », a admis Piqué. « J’ai posté cette photo par rapport aux discus­sions que j’ai eues avec Neymar, par rapport à ce que j’ai pu ressen­tir et ce dont j’avais envie. C’était un moment de détente, c’est venu comme cela, il n’y a rien de spécial. Ce n’est pas offi­ciel. C’est à Neymar de commu­niquer. » Pour le Qatar égale­ment, l’enjeu est là : commu­niquer. L’évé­ne­ment spor­tif que repré­sente la venue de l’at­taquant n’est, de son point de vue, qu’un moyen de rayon­ner davan­tage. « Au départ, quand le PSG réflé­chit à Neymar, il pense d’abord à amélio­rer l’équipe et à la faire gagner », contex­tua­lise Jean-Baptiste Guégan. « Mais le président du PSG, Nasser Al-Khelaifi, gère le déve­lop­pe­ment à l’étran­ger du Qatar – il est notam­ment chargé du cinéma. C’est un homme de confiance de l’émir. Il a forcé­ment les ques­tions d’images dans un coin de sa tête. » La plupart des hommes placés au sommet d’ins­tances spor­tives qata­ries exercent par ailleurs des respon­sa­bi­li­tés poli­tiques. Le président du comité olym­pique, Tamim ben Hamad Al Thani n’est autre que l’émir. Son prédé­ces­seur aux manettes, Hamad ben Khalifa Al Thani, préside aujourd’­hui la fédé­ra­tion de foot­ball. « Les diplo­ma­ties spor­tives sont toutes poli­tiques », souligne Carole Gomez. « Nous avons vu émer­ger celles de la Chine, de la Russie ou du Brésil, par exemple, ce qui prouve que c’est aussi le cas ailleurs. »

Le Qatar part de loin. Avant les années 2000, aucun de ses spor­tifs n’était réputé à l’in­ter­na­tio­nal. Pour y remé­dier rapi­de­ment, des natu­ra­li­sa­tions de joueurs de hand­ball ont été enga­gées. Fait inédit, une équipe « natio­nale » compo­sée d’un Cubain, d’un Français, d’un Égyp­tien et d’un Espa­gnol est allée jusqu’en finale des Mondiaux orga­ni­sés à domi­cile en 2015. Seuls trois des 16 membres étaient nés sur place. En foot­ball, les règles de la Fifa rendent la pratique malai­sée, un « lien clair » devant exis­ter entre le joueur et le pays de son maillot.

L’équipe de hand­ball qata­rie à Paris en 2016
Crédits

Alors le Qatar a mis en place une poli­tique de forma­tion ambi­tieuse, couplée à un réseau de détec­tion tenta­cu­laire en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Il envoie ses meilleurs éléments dans ses clubs parte­naires de Linz, en Autriche, de Leonesa, en Espagne, et d’Eu­pen, en Belgique. Lorsque ses moins de 19 ans sont deve­nus cham­pions d’Asie en 2014, quatre d’entre eux évoluaient dans ce dernier. Grâce à tous ces efforts, l’émi­rat espère être compé­ti­tif pour l’évé­ne­ment cardi­nal de sa diplo­ma­tie spor­tive : la Coupe du monde de foot­ball 2022. Neymar aura 30 ans en 2022. « Il sera vrai­sem­bla­ble­ment un cadre de l’équipe brési­lienne », devine Jean-Baptiste Guégan.

Nouvel éclat sur le blason déjà scin­tillant du PSG, l’ar­ri­vée du Brési­lien a aussi entraîné une pluie de liqui­dité dans le monde du foot­ball profes­sion­nel. À chaque inves­tis­se­ment, le Qatar espère se faire des alliés en dispen­sant ses bonnes grâces, bien que cette démons­tra­tion de puis­sance ne laisse pas d’aga­cer. Cela rendra-t-il certains respon­sables plus fébriles au moment d’ac­cu­ser le Qatar de corrup­tion ? L’argent a en tout cas été déci­sif dans l’at­tri­bu­tion de l’or­ga­ni­sa­tion de la Coupe du monde. « Un ancien membre exécu­tif de la Fifa a féli­cité des membres de la Fédé­ra­tion qata­rie et les a remer­ciés par mail pour un vire­ment de plusieurs centaines de milliers d’eu­ros », écrit le quoti­dien alle­mand Bild, citant un rapport de la Fifa, entre autres éléments suspi­cieux. Para­doxa­le­ment, l’ar­ri­vée de Neymar pour­rait aussi « braquer la lumière sur ces problèmes », postule Carole Gomez. Les Émirats arabes unis, qui possèdent Manches­ter City par le truche­ment de la famille royale d’Abou Dabi, auraient toutes les raisons d’en prendre ombrage. Pas sûr, donc, qu’ils inclinent à davan­tage de souplesse dans la crise du Golfe. « C’est parce que le Qatar volait de succès en succès que ses voisins ont été irri­tés », rappelle Nabil Ennasri. « Il existe donc un risque d’ac­croître leur sensi­bi­lité. » À moins que la puis­sance ne respecte que la puis­sance.

 Jeu de séduc­tion

De la même manière que ce trans­fert à 222 millions d’eu­ros a des chances, au moins pour un temps, de mettre sous l’étei­gnoir les accu­sa­tions de corrup­tion, il n’est pas exclu qu’il « mette fin aux accu­sa­tions de terro­risme » profé­rées par ses voisins, juge Jean-Baptiste Guégan. « Ce ne serait pas cher payé », ajoute le cher­cheur. « Dans le cadre de la crise régio­nale actuelle, le sport repré­sente un atout. Le Qatar est sur la défen­sive et n’a pas beau­coup de moyens de reprendre le leader­ship, sinon le sport. » Au moment d’ache­ter le PSG, Doha n’avait-il pas entamé une idylle avec Nico­las Sarkozy, mêlant de la sorte mécé­nat spor­tif et influence poli­tique ? Bien sûr, « le soft power ne remplace pas le hard power », recon­naît Jean-Baptiste Guégan. Au terme d’une discrète diplo­ma­tie, le Qatar a signé un accord sur la lutte contre le terro­risme avec les États-Unis, le 11 juillet. Or, jusqu’ici, le président améri­cain, Donald Trump s’était toujours prononcé en faveur du camp de son allié histo­rique, l’Ara­bie saou­dite. Persua­dés, d’après le Washing­ton Post, que les Émirats arabes unis ont hacké le site de l’agence de presse offi­cielle qata­rie pour mettre Doha en porte-à-faux, les services de rensei­gne­ment améri­cains ont sans doute inflé­chi la posi­tion de la Maison-Blanche. Depuis, le Conseil de coopé­ra­tion du Golfe a réduit le nombre de ses exigences et le secré­taire d’État améri­cain, Rex Tiller­son a demandé une levée de l’em­bargo.

Vien­dra, vien­dra pas ?
Crédits : DR/Ulyces.co

Dans ce contexte, sans chan­ger fonda­men­ta­le­ment le rapport de force, la venue de Neymar consti­tue un outil pour « séduire les opinions publiques », consi­dère Jean-Baptiste Guégan. « Or, ce sont elles qui décident des choix des gouver­nants. L’Ara­bie saou­dite a essayé de dicter son agenda au Qatar, lequel a allumé un contre-feu via le foot­ball. » Mais ce dernier ne peut pas tout se permettre. En plus de cette dépense de 222 millions d’eu­ros, les coffres pari­siens ont été ampu­tés par l’achat de l’at­taquant français Kylian Mbappé pour envi­ron 180 millions d’eu­ros bonus compris. Le club aura a priori du mal à respec­ter l’exi­gence d’équi­libre impo­sée par « le fair play finan­cier » de l’Union euro­péenne des asso­cia­tions de foot­ball (UEFA), sauf à vendre des joueurs. Un dépas­se­ment de défi­cit n’en­traî­ne­rait pas sanc­tion à condi­tion d’être lissé sur les années à venir, ce qui implique de présen­ter des prévi­sions de recettes en forte hausse. Dans cette optique, le PSG est en droit d’at­tendre de grosses rentrées en merchan­di­sing et l’in­té­rêt de spon­sors de dimen­sion inter­na­tio­nale. Pour le Qatar, ce serait autant de nouvelles rela­tions et un surplus d’ex­po­si­tion indé­niable, alors que les autres pays du Golfe ne jouissent pas d’une bonne image partout. « La pour­suite de la diplo­ma­tie spor­tive permet de réaf­fir­mer sa volonté d’être présent sur la scène inter­na­tio­nale, en dépit de ce que souhai­te­raient l’Ara­bie saou­dite et d’autres », observe Carole Gomez. Couplé à un effi­cace travail de lobbying, notam­ment auprès des États-Unis, l’ar­ri­vée de Neymar pour­rait permettre au Qatar de sortir de l’em­bargo sans perdre la face. Loin de là.


Couver­ture : Neymar déjà sous les couleurs du PSG. (Nike/Ulyces.co)


 

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