par Servan Le Janne | 22 juin 2018

Le trophée

Sur le haut de l’ave­­nue Velyka Vasyl­­kivska, dans le centre de Kiev, un grand vais­­seau blanc appa­­raît par morceaux entre les immeubles aux tons pastel qui longent la chaus­­sée. Sa forme se dessine en poin­­tillé à chaque inter­­­sec­­tion. Le stade Olim­­piys­­kiy est planté là, parfait ovale hérissé de haubans, dont la moder­­nité jure dans l’ar­­chi­­tec­­ture Art Nouveau du quar­­tier comme le font ici et là des centres commer­­ciaux. Sur les flancs de l’en­­ceinte, une série de photos montre les joueurs du Dynamo Kiev vêtus du maillot de la saison 2017–2018, avec son col qui mime les brode­­ries tradi­­tion­­nelles ukrai­­niennes. La mode est aux symboles natio­­naux. Les soldats qui patrouillent en treillis dans le secteur rappellent la raison de cette fièvre patrio­­tique : le gouver­­ne­­ment fait toujours la guerre aux sépa­­ra­­tistes et leurs parrains russes dans l’est du pays.

Le NSC Olim­­piys­­kiy
Crédits : Wiki­­me­­dia commons

Dans le restau­­rant du stade trône pour­­tant un trophée à la gloire de la Sbor­­naya, l’équipe russe de foot­­ball. Le soulier d’or du meilleur buteur de la Coupe du monde 1994 est exposé ici. « J’ai­­me­­rais qu’il béné­­fi­­cie d’un peu d’at­­ten­­tion pendant la compé­­ti­­tion cette année parce que c’est une recon­­nais­­sance qui va à toute l’équipe natio­­nale, pas seule­­ment à moi », observe son déten­­teur, Oleg Salenko. Né à Lenin­­grad (aujourd’­­hui Saint-Péters­­bourg) en 1969 d’une mère russe et d’un père ukrai­­nien, l’an­­cien avant-centre est le seul à avoir jamais inscrit cinq buts dans un même match de Coupe du monde, le 28 juin 1994, contre le Came­­roun. Il vit aujourd’­­hui à Kiev, où joue son fils. « Quand on me demande qui battra mon record, je dis toujours que c’est lui, Roma, qui a aujourd’­­hui 13 ans et qui s’en­­traîne avec le Dynamo », s’amuse-t-il.

Pour obte­­nir à son tour la récom­­pense, Roma Salenko doit d’abord être sélec­­tionné par l’Ukraine. Il suivrait ainsi les pas de son père, appelé à jouer avec l’an­­cienne répu­­blique sovié­­tique, fraî­­che­­ment indé­­pen­­dante, le 29 avril 1992. Après cette unique appa­­ri­­tion sous le maillot jaune et bleu, Oleg a fina­­le­­ment opté pour la Sbor­­naya. Aujourd’­­hui, il refuse de choi­­sir entre deux États dont la guerre repré­­sente selon lui « un énorme gâchis ». Depuis Kiev, l’an­­cien joueur se rend régu­­liè­­re­­ment à Moscou et Saint-Péters­­bourg pour parler de foot­­ball ou prendre part à des matchs avec d’autres vété­­rans de l’an­­tique sélec­­tion d’Union sovié­­tique. De toute manière, il dit ne pas aimer mélan­­ger la poli­­tique et le sport. D’ailleurs, lorsque le contrat de l’in­­ter­­na­­tio­­nal ukrai­­nien Roman Zozu­­lya a été rompu par le Rayo Valle­­cano, parce que ses idées indis­­po­­saient le club de Madrid, en 2017, Salenko a pris sa défense.

« Il appuie simple­­ment les gars qui sont au front », a-t-il tenté de calmer. Son succes­­seur à la pointe du Dynamo Kiev, passé comme lui par l’Es­­pagne, soutient ouver­­te­­ment les groupes para­­mi­­li­­taires natio­­na­­listes qui combattent dans l’est du pays. Il a aussi déjà fait part de son admi­­ra­­tion pour l’in­­dé­­pen­­dan­­tiste Stepan Bandera, qui s’est compro­­mis dans une alliance avec les Nazis pendant la Seconde Guerre mondia­­le… Salenko ne veut quant à lui lâcher aucun de ses deux passe­­ports. Car il a grandi à une époque où, réunis sous l’égide de l’Union sovié­­tique, ils ouvraient les portes des plus hautes sphères du foot­­ball.

Oleg Salenko
Crédits : AFP

Ce 28 juin 1994, la Russie réalise un coup d’éclat en forme de champ du cygne au stade Stan­­ford de San Fran­­cisco, autre­­ment dit chez le vainqueur de la guerre froide. Elle étrille le Came­­roun 6 à 1 grâce à 5 buts de Salenko mais est élimi­­née. La Suède et le Brésil vont en huitième de finale. En fait, l’at­­taquant établit son record au moment où le foot­­ball russe s’ef­­fondre, en même temps que tout le reste dans le pays. Contrai­­re­­ment à l’URSS qui s’est retrou­­vée quatre fois parmi les huit meilleurs équipes au Mondial, la Russie n’a jamais passé les poules lors de ses deux parti­­ci­­pa­­tions, en 1994 et 2002. Elle n’était même pas quali­­fiée lors des autres éditions. Et, alors que son étoile rouge palis­­sait, Oleg Salenko a complè­­te­­ment disparu de la surface du foot­­ball inter­­­na­­tio­­nal.

La loi du marché

À la nais­­sance d’Oleg Salenko, en 1969, l’Union sovié­­tique s’ap­­prête à parti­­ci­­per à sa quatrième Coupe du monde. Par deux fois, en 1958 et 1962, elle a atteint les quarts de finale. Pour cette édition mexi­­caine de 1970, elle espère atteindre la finale au pied de laquelle elle s’était incli­­née de justesse quatre ans plus tôt. Son équipe est compo­­sée pour une large part des joueurs issus des répu­­bliques d’Ukraine et de Géor­­gie : cinq servent le Dynamo Kiev, autant l’équipe de Tbilisi. Parmi ces derniers, il y a notam­­ment Anzor Kava­­za­­sh­­vili, qui garde les cages sur les conseils de la légende Lev Yashin, encore sélec­­tionné à 40 ans. Seul gardien à avoir reçu le Ballon d’or, ce dernier faisait partie de l’équipe qui a remporté la médaille d’or aux Jeux olym­­piques de Melbourne, en 1956.

En 1970, l’URSS s’in­­cline fina­­le­­ment en quart de finale, après prolon­­ga­­tion, contre l’Uru­­guay. Ses joueurs ne sont pas profes­­sion­­nels : ils sont consi­­dé­­rés comme des travailleurs des insti­­tu­­tions à l’ori­­gine de leur clubs. À Moscou, la police a par exemple créé le Dynamo, l’ar­­mée le CSKA, les usines auto­­mo­­bile le Torpedo, et le Spar­­tak appar­­tient à un syndi­­cat. Jusqu’ici hégé­­mo­­niques, les forma­­tions de la capi­­tale sont domi­­nées par les fleu­­rons du sport ukrai­­nien et géor­­gien dans les années 1970.

Quand, en 1986, Oleg Salenko fait ses débuts au Zenit Lenin­­grad, le Dynamo Kiev vient d’être sacré. À seule­­ment 16 ans, il bat déjà un record de préco­­cité en étant le plus jeune joueur à marquer en première divi­­sion. Trois ans plus tard, il est le premier à faire l’objet d’un trans­­fert payant entre deux clubs sovié­­tiques, rejoi­­gnant les rangs du grand Dynamo Kiev.

Sous les coups de boutoirs de Mikhail Gorbat­­chev, arrivé au pouvoir en 1985, la struc­­ture du foot­­ball sovié­­tique se fissure. « Ça a remis en cause l’ap­­proche bureau­­cra­­tique en vigueur pendant des décen­­nies, qui se basait sur le contrôle de l’État et des comi­­tés aux sports », explique Benoît Senaux, cher­­cheur en mana­­ge­­ment du sport à l’uni­­ver­­sité de Coven­­try. « De 1985 à 1991, une série de forces indé­­pen­­dantes a cher­­ché de nouvelles manières d’or­­ga­­ni­­ser des événe­­ments spor­­tifs, tandis que les joueurs, entraî­­neurs et repré­­sen­­tants des clubs repre­­naient du pouvoir sur les fonc­­tion­­naires. »

Oleg Salenko monte lui aussi en grade. En 1989, il reçoit le soulier d’or de la Coupe du monde des moins de 20 ans en Arabie saou­­dite. Il termine égale­­ment meilleur buteur du cham­­pion­­nat sovié­­tique, que quittent la Géor­­gie et la Litua­­nie en 1990. À la suite des instances spor­­tives, les gouver­­ne­­ments de diffé­­rentes répu­­bliques déclarent un à un leur indé­­pen­­dance. Sans bouger, l’at­­taquant se retrouve ainsi poussé à l’ex­­té­­rieur de son propre pays.

Ce séisme géopo­­li­­tique provoque une réac­­tion en chaîne. Dans la jungle que sont deve­­nues les anciennes écono­­mies commu­­nistes en se conver­­tis­­sant soudain aux lois du marché, les jeunes hommes d’af­­faires aux dents longues poussent comme de la mauvaise herbe. Un inter­­­mé­­diaire rachète ainsi les droits d’Oleg Salenko, qu’il s’em­­presse de propo­­ser au club londo­­nien de Totten­­ham. Sauf que la régle­­men­­ta­­tion est moins permis­­sive en Angle­­terre qu’en Ukraine : le joueur ne peut obte­­nir le permis de travail dont il a besoin pour être trans­­féré, faute notam­­ment de sélec­­tion en équipe natio­­nale. Après son match avec l’Ukraine, le 29 avril 1992, il est enfin prêt à partir.

Sans cette fronde, Salenko n’au­­rait peut être pas foulé une pelouse améri­­caine.

Oleg Salenko arrive à Logroño un jour d’hi­­ver 1993. La ville espa­­gnole de près de 200 000 âmes est couverte de neige et de mystère : « Je ne savais même pas ou c’était », témoigne-t-il. Ses habi­­tants n’ont du reste proba­­ble­­ment jamais entendu parler de lui. Le jeune espoir ne touche à son arri­­vée que 58 000 pese­­tas par mois, le reste de son salaire allant au Dynamo Kiev comme amor­­tis­­se­­ment de la somme payée à l’in­­ter­­mé­­diaire. Fort de ses sept buts en une demi-saison, il se rend toute­­fois dans le bureau du président, Marcos Eguizá­­bal, pour lui deman­­der une augmen­­ta­­tion. Le club lui offre alors 400 000 pese­­tas mensuel et rachète l’in­­té­­gra­­lité de ses droits. En 1993–1994, il score 16 fois en Liga et est appelé par la Sbor­­naya.

Le chant du cygne

Oleg Salenko a été lancé en première divi­­sion sovié­­tique par Pavel Sady­­rin en 1986. Deux ans plus tôt, alors que l’at­­taquant était encore en équipe jeune, le club a gagné son unique titre de cham­­pion sous sa direc­­tion. Ne parve­­nant pas à faire aussi bien les années suivantes, Sady­­rin est parti au Kris­­tall Kher­­son avant d’être engagé par le CSKA Moscou. Il l’a mené au titre en 1991, le dernier avant l’écla­­te­­ment de l’Union sovié­­tique. C’est donc logique­­ment que le tech­­ni­­cien est nommé sélec­­tion­­neur de l’équipe natio­­nale de Russie l’an­­née suivante, avec pour mission de bien figu­­rer à la Coupe du monde 1994.

Versée dans un groupe de quali­­fi­­ca­­tion où figure un autre pays en décom­­po­­si­­tion, la Yougo­s­la­­vie, la Sbor­­naya profite de sa suspen­­sion pour prendre la deuxième place et vali­­der son ticket pour les États-Unis. Mais, comme le reste de la société, elle est dans un « bordel monstre », constate le Washing­­ton Post juste avant la compé­­ti­­tion. « N’es­­pé­­rez pas de grandes choses de sa part, soyez juste content qu’elle existe », écrit le quoti­­dien améri­­cain. « Les joueurs russes semblent prendre exemple sur Boris Eltsine et le parle­­ment, tout le monde a du mal à savoir qui est au pouvoir. »

Le chaos est si grand que la Fédé­­ra­­tion a signé un accord avec l’équi­­pe­­men­­tier britan­­nique Reebok pour que les joueurs de la sélec­­tion portent sa griffe, alors même que chacun s’est engagé avec d’autres marques de son côté. Ils reprochent au sélec­­tion­­neur d’avoir orga­­nisé l’af­­faire. Alors, après une défaite lors d’un match sans enjeu contre la Grèce, 14 d’entre eux signent une lettre adres­­sée au conseiller aux sports de Boris Eltsine, Shamil Tarpi­­schev, pour se plaindre des condi­­tions d’en­­traî­­ne­­ment, de la faiblesse de leurs primes et du contrat avec Reebok. Ils demandent même la tête de Pavel Sady­­rin.

Les conju­­rés comptent parmi leurs rangs le milieu de l’In­­ter de Milan Igor Shali­­mov, le buteur de Karls­­ruhe Sergei Kirya­­kov ou encore l’avant-centre de Manches­­ter United Andrei Kanchels­­kis. Ces trois-là ne verront pas les États-Unis. « Beau­­coup de gens disent que nous allons perdre sans eux mais qu’est-ce qui garanti que nous gagne­­rions avec eux ? » se défend alors Sady­­rin. « Prenez le match face à la Grèce. Les 14 signa­­taires de la lettre y ont parti­­cipé et vous connais­­sez le résul­­tat. C’est vrai qu’ils ont joué pour l’équipe natio­­nale, et vrai aussi que ce sont d’as­­sez bons joueurs. Mais il s’agit de l’équipe natio­­nale. Tout le monde doit parta­­ger le fardeau. »

Sans cette fronde, Salenko n’au­­rait peut être pas foulé une pelouse améri­­caine. Il est fina­­le­­ment appelé par son ancien entraî­­neur au Zenit, Pavel Sady­­rin, deux mois après avoir signé à Valence. Lors du premier match, contre le Brésil, il débute sur le banc de touche avant de rempla­­cer Sergei Yuran à la 69e minute. La Russie est déjà menée 2 à 0. Elle en reste là avec le joueur de Logroño puis s’in­­cline contre la Suède, 3 à 1, malgré sa titu­­la­­ri­­sa­­tion. La nuit avant la troi­­sième rencontre contre le Came­­roun, « j’ai rêvé que je marquais beau­­coup de buts », se souvient Salenko. « Vous avez parfois des prémo­­ni­­tions comme ça. Mais je n’ima­­gi­­nais pas que j’al­­lais en mettre cinq ! »

Son entraî­­neur non plus. « Avant le match, je suis allé voir Oleg et je lui ai dit : “Si tu fais ce dont tu es capable, tu pour­­rais marquer une paire de buts” », raconte Sady­­rin. « Mais je ne pensais pas qu’il allait en inscrire cinq. » La Russie a encore une petite chance de se quali­­fier en finis­­sant meilleur troi­­sième. Elle entame donc le match pied au plan­­cher. Salenko fait trem­­bler les filets à la 16e minute, à la 41e, à la 45e sur penalty puis aux 73e et 75e. « Je n’ai pas pensé au record pendant le match », remet-il. « Le spea­­ker a dit quelque chose en anglais mais j’étais concen­­tré. » Il laisse le sixième à son compa­­gnon de chambre, Dimi­­tri Radchenko. Mais c’est insuf­­fi­­sant pour atteindre les huitièmes de finale. « Tout ce que je peux dire, c’est qu’il a défi­­ni­­ti­­ve­­ment prouvé qu’il était un très bon joueur », déclare le sélec­­tion­­neur du Came­­roun Henri Michel.

Dans les sables

La finale de la Coupe du monde 1994 est bien moins proli­­fique que le dernier match des Russes. Le score reste vierge. Au bout de 120 minutes d’en­­nui, le Brésil et l’Ita­­lie doivent se dépar­­ta­­ger par une séance de tirs aux buts, fina­­le­­ment rempor­­tée par les Sud-Améri­­cains. Pour leur sélec­­tion­­neur, Carlos Albeirto Parreira, c’est une revanche sur les nombreux spécia­­listes et amateurs qui critiquaient son style défen­­sif. Cette impo­­pu­­la­­rité l’avait d’ailleurs poussé à se ména­­ger une porte de sortie avant la compé­­ti­­tion, en négo­­ciant un contrat avec le FC Valence. Le club espa­­gnol devait rempla­­cer le Hollan­­dais Guus Hiddink, parti diri­­ger les Pays-Bas au Mondial. Après l’avoir battu en quart de finale, Parreira prend offi­­ciel­­le­­ment sa place à Valence où il retrouve un attaquant russe croisé lors du premier match du Mondial, Oleg Salenko.

Arrivé pour 250 millions de pese­­tas, le Russe doit en toucher 50 par saison. Pour ce prix-là, il joue le rôle de profes­­seur parti­­cu­­lier de penalty au milieu espa­­gnol Gaizka Mendieta. Après quoi, on peut le voir prendre le soleil allongé sur la pelouse et dévo­­rer des crevettes en terrasse. Mais le temps tourne rapi­­de­­ment à l’orage. Salenko ne s’en­­tend ni avec le coach de son club, Carlos Alberto Parreira, ni avec le nouveau sélec­­tion­­neur de la Sbor­­naya, Oleg Romant­­sev. Malgré une bles­­sure contrac­­tée face au FC Barce­­lone, le premier l’aligne à 25 reprises en Liga, lui permet­­tant de marquer sept fois. Le second l’ignore en revanche complè­­te­­ment. « Romant­­sev m’en voulait d’avoir une plus grosse répu­­ta­­tion que lui », veut-il croire. « Il préfé­­rait des joueurs qu’il connais­­sait. Et quand Boris Igna­­tyiev l’a remplacé, en 1996, j’ai eu des bles­­sures. »

Salenko à Valence

Salenko est pour­­suivi par une lésion du ménisque. Mais sa colère est toute entière diri­­gée contre son entraî­­neur. « Parreira est une malé­­dic­­tion pour Valence », maugrée-t-il dans un maga­­zine russe en février 1995. Cet « incom­­pé­tent » les discri­­minent, lui et le Bulgare Lyubo­­slav Penev, s’agace-t-il. « Parreira cherche toujours quelqu’un sur qui mettre la faute, si possible un étran­­ger. » Confronté à des diffi­­cul­­tés finan­­cières, le club met les deux joueurs sur la liste des trans­­ferts à l’été 1995. Salenko signe aux Glas­­gow Rangers pour deux millions de livres. Souvent utilisé comme joker, il marque sept fois en 16 appa­­ri­­tions sans parve­­nir à convaincre les diri­­geants de le garder. Le Russe atter­­rit dès l’in­­ter­­sai­­son à Istan­­bul­­spor, dans le cadre d’un échange avec le néer­­lan­­dais Peter Van Vossen.

En Turquie, le buteur se montre déci­­sif 11 fois en 18 matchs. Ce très bon bilan est gâché par la dégra­­da­­tion de son ménisque qui le tient éloi­­gné des terrains une bonne partie du temps. En 1999, il est cédé à Cordoba, en deuxième divi­­sion espa­­gnole, où un million de pese­­tas par mois et par buts lui sont promis. Mais en plus de son genoux défaillant, Salenko accuse du surpoids. Alors, quand il en vient aux mains avec des parte­­naires, on lui montre la porte après seule­­ment trois rencontres. Au Pogoń Szcze­­cin, dans l’ouest de la Pologne, l’es­­sai s’avère encore moins fruc­­tueux : Salenko plie bagage après un seul match et met un terme à sa carrière.

Rentré à Kiev, le retraité devient consul­­tant pour la télé­­vi­­sion. Il mesure alors la diffé­­rence de niveau entre le foot­­ball sovié­­tique de ses débuts et la forme guère relui­­sante de son héri­­tier russe. Après avoir échoué à se quali­­fier pour la Coupe du monde 1998, la Sbor­­naya se présente avec peu d’es­­poirs à l’édi­­tion 2002. « La Russie n’est pas comme l’Union sovié­­tique en termes de foot­­ball », observe-t-il à l’aube de la compé­­ti­­tion. « Nos joueurs sont moyens et nos entraî­­neurs médiocres, ce qui amène des résul­­tats moyens. » En sorte qu’ils ne passent pas le premier tour. L’équipe ukrai­­nienne de beach soccer diri­­gée par Salenko ne fait pas mieux au Mondial de 2003. Il préfère alors les affaires au terrain avec un succès tout aussi rela­­tif.

En 2008, alors que l’équipe natio­­nale retrouve la lumière en attei­­gnant les demi-finales de l’Euro, la crise finan­­cière met à mal son « petit busi­­ness ». « Les choses ont mal tourné et j’ai besoin de rembour­­ser des dettes », admet-il en 2010 pour justi­­fier son choix de vendre son soulier d’or. Les Russes regardent le Mondial sud-afri­­cain depuis la maison cette année-là. « Je ne suis pas ruiné mais j’ai reçu une offre diffi­­cile à refu­­ser. De riches chei­­khs arabes m’ont promis d’en prendre soin et de le mettre dans un musée local. » Fina­­le­­ment, l’offre ne vient pas. Salenko décide donc d’ex­­po­­ser le trophée dans le restau­­rant du stade Olim­­piys­­kiy de Kiev : en Ukraine mais à portée de vue de la Russie. 


Couver­­ture : Salenko face au Came­­roun dans un match légen­­daire.


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