Née dans le garage d'un amateur, l'arme employée par les forces de l'ordre est vendue par un groupe français presque bicentenaire.

par Servan Le Janne | 0 min | 6 janvier 2019

Jaune de gris

Les gilets jaunes se dispersent à travers le centre de Saint-Étienne, ce samedi 29 décembre, vers 17 h 20. Perdus dans la fumée des gaz lacry­­mo­­gènes, leurs espoirs encore vifs rencontrent partout l’ho­­ri­­zon terne d’un ciel de plomb. Chaque rond-point semble désor­­mais orphe­­lin. Plus au nord, sur le boule­­vard Thiers qui monte vers le stade Geof­­froy-Guichard, les hangars bordés d’arbres déchar­­nés sont encore indis­­so­­lu­­ble­­ment gris. Mais à hauteur du Zénith, une enseigne jaune appa­­raît au milieu de la brume : Verney-Carron. Par-dessus l’en­­trée, sur le pignon saillant d’une maison située à l’ac­­cueil, deux cara­­bines en croix donnent à la zone indus­­trielle des airs de Far West.

Il faut faire le tour du bâti­­ment par la rue Barrouin pour obte­­nir le sous-titre de cet emblème : « Armes, méca­­nique de préci­­sion », est-il écrit au sommet d’un petit parking. Tous les gilets jaunes ne seront pas d’ac­­cord : dans la presse, on ne compte plus le nombre de mani­­fes­­tants affec­­tés par d’as­­sez approxi­­ma­­tifs « tirs de flash-ball ». Ce lanceur de balles en caou­t­chouc conçu par Verney-Carron a « grave­­ment blessé » un homme « dans le coma à Toulouse », écrit France Soir le 3 décembre. Il a aussi « défi­­guré » un membre du mouve­­ment à Paris, selon le Huffing­­ton Post. Dans les mêmes condi­­tions, « un Oléron­­nais a perdu un œil », rapporte France Bleu le samedi suivant.

La veille, le construc­­teur rappe­­lait pour­­tant au Pari­­sien que les CRS ne sont plus dotés de Flash-Ball. Au lieu de cela, ils utilisent un autre lanceur, le LBD40 de la société suisse Brüg­­ger et Thomet. « NON, le Flash-Ball® n’est pas l’arme utili­­sée par les forces de l’ordre dans les émeutes des gilets jaunes », enfonçait dans un commu­­niqué Verney-Carron le 5 décembre. Sauf que cette « marque dépo­­sée » est passée dans le langage courant, au point de dési­­gner les diffé­­rents lanceurs de balles. « Nous cris­­tal­­li­­sons la haine, nous sommes respon­­sables de tout alors que nous n’y sommes pour rien », se lamente le direc­­teur géné­­ral Jean-Verney Carron dans les colonnes du Pari­­sien. « Nous étions la cible des zadistes, de l’ex­­trême gauche… Désor­­mais, nous sommes visés par les gilets jaunes. »

Si la police natio­­nale déclare avoir cessé d’uti­­li­­ser le Flash-Ball en février 2018, il occupe toujours la justice. Le 16 décembre dernier, le tribu­­nal correc­­tion­­nel de Bobi­­gny a condamné trois poli­­ciers à des peines de prison avec sursis allant de sept à quinze mois pour avoir blessé avec l’arme au moins quatre personnes, et en avoir ébor­­gné une. Un appel a été formé. Après avoir délogé une quin­­zaine de squat­­teurs d’une clinique désaf­­fec­­tée de Montreuil, le 8 juillet 2009, les forces de l’ordre sont inter­­­ve­­nues contre une mani­­fes­­ta­­tion de soutien aux expul­­sés. Six personnes ont été touchées au front, à la clavi­­cule, à la jambe, au dos, au poignet et à l’œil par des balles en caou­t­chouc envoyées sans somma­­tion, souvent au-dessus de l’épaule. Or, la Direc­­tion centrale de la sécu­­rité publique (DSCP) venait de rappe­­ler, en mai, l’in­­ter­­dic­­tion de viser « au niveau du visage ou de la tête ».

Une « distance mini­­male de 7 mètres » doit égale­­ment être respec­­tée. Ça n’a malheu­­reu­­se­­ment pas été le cas, le dimanche 12 décembre 2010 à Marseille, où un poli­­cier a tiré dans le thorax de Musta­­pha Ziani. Retran­­ché dans la chambre de son foyer de travailleurs, dans un accès de folie, cet Algé­­rien de 45 ans avait blessé un voisin au couteau puis lancé une tasse à l’agent Xavier Crubezy. La réplique au Flash-Ball de ce dernier, donnée à 4,40 mètres, est la « la consé­quence directe et exclu­­sive » de l’ar­­rêt cardiaque subi par la victime, ensuite décé­­dée, selon une exper­­tise médi­­cale. Le poli­­cier écopera de six mois de prison avec sursis.

Crédits : Face aux armes de la police/Face­­book

Encore une fois, la dange­­ro­­sité de l’arme venait d’être poin­­tée. Dans un rapport rédigé en réac­­tion aux événe­­ments de Montreuil, la Commis­­sion natio­­nale de déon­­to­­lo­­gie de la sécu­­rité (CNDS) recom­­man­­dait, en mars 2010, « de ne pas utili­­ser cette arme lors de mani­­fes­­ta­­tions sur la voie publique, hors les cas très excep­­tion­­nels qu’il convien­­drait de défi­­nir très stric­­te­­ment ». Ses utili­­sa­­teurs s’ex­­posent à « l’im­­pré­­ci­­sion des trajec­­toires des tirs qui rendent inutiles les conseils d’uti­­li­­sa­­tion théo­­riques et la gravité comme l’ir­­ré­­ver­­si­­bi­­lité des dommages colla­­té­­raux mani­­fes­­te­­ment inévi­­tables qu’ils occa­­sionnent ». Ce risque est même « dispro­­por­­tionné au regard des buts en vue desquels [le pisto­­let] a été conçu ».

Deve­­nue le Défen­­seur des droits, cette auto­­rité admi­­nis­­tra­­tive notait en 2013 que « le fabri­­cant lui-même recon­­naît une impré­­ci­­sion, à savoir un grou­­pe­­ment des impacts de trente centi­­mètres à une distance de dix-douze mètres ». Après la demande d’un retrait progres­­sif par l’Ins­­pec­­tion géné­­rale de la police natio­­nale en mai 2015, le Défen­­seur des droits a réclamé un mora­­toire. « Nous ne pouvons pas […] nous permettre de désar­­mer nos forces de l’ordre », a répondu le minis­­tère de l’In­­té­­rieur. Le Flash-Ball n’a donc disparu de l’ar­­se­­nal natio­­nal qu’en février 2018, remplacé par un LBD40 plus précis mais aussi plus puis­­sant. « La balle est d’un calibre de 40 mm… c’est beau­­coup plus dange­­reux que le Flash-Ball. C’est un calibre de guerre », tance Jean-Verney Carron. Le direc­­teur géné­­ral s’y connaît : cela fait deux siècles que sa famille fabrique des armes.

Les canons fami­­liaux

Voilà un slogan qui pour­­rait figu­­rer sur un pan de l’en­­tre­­pôt gris à franges jaunes de Verney-Carron : « Le Flash-Ball® innove constam­­ment ». Cette phrase, qui heurte proba­­ble­­ment une deuxième fois ses victimes, n’est pas aussi en vue mais elle existe bien. Après avoir rejeté la faute des récentes bles­­sures sur le LBD40, la société stépha­­noise n’ou­­blie pas de présen­­ter, dans son commu­­niqué du 5 décembre 2018, le Flash-Ball Super Pro. Asso­­cié à un « nouveau projec­­tile, de type balle de tennis d’un diamètre de 44 mm, recou­­verte de feutre » l’arme est « désor­­mais en dota­­tion auprès d’un grand nombre de polices muni­­ci­­pales ». Autre­­ment dit, elle sert encore. Il y a même une « recru­­des­­cence des achats avec les événe­­ments terro­­ristes », se réjouit Guillaume Verney-Carron par télé­­phone. « Quasi­­ment tous les maires sont en train d’équi­­per leurs polices en arme­­ments. »

Guillaume Verney-Carron, l’ac­­tuel PDG du groupe

À l’aube de ses 200 ans, l’ar­­mu­­rier de 90 sala­­riés, au chiffre d’af­­faires de 13,5 millions d’eu­­ros en 2017, conti­­nue à lancer des projets, quand il n’est pas occupé à orga­­ni­­ser un concours pour gagner un fusil ou à poster des messages favo­­rables à la chasse, criblés de fautes, sur sa page Face­­book. Tout ceci est accom­­pli en famille : sur les sept membres du direc­­toire et du conseil de surveillance, seul un, François Montes, ne porte pas le nom de l’en­­tre­­prise. En plus de Jean et Guillaume, respec­­ti­­ve­­ment président et direc­­teur géné­­ral, ce quar­­te­­ron est composé de Pierre, Agnès, Geof­­froy et Camille Verney-Carron.

Pour se présen­­ter aux clients étran­­gers qui, origi­­naires de cinquante pays, alimentent la moitié du chiffre d’af­­faires, le groupe raconte son histoire en anglais : « Comment oublier ce jour béni de 1820 où un jeune homme, à peine sorti de l’ado­­les­­cence, a remporté le premier prix d’une grande compé­­ti­­tion d’ar­­mu­­riers à Saint-Étienne, une ville fière de ses arti­­sans et répu­­tée pour ses canons ? C’est un exploit qui a établi la répu­­ta­­tion jamais démen­­tie de Claude Verney, héri­­tier d’une famille d’ar­­mu­­riers, dont l’an­­cêtre, Guy Verney, produi­­sait déjà des fusils en 1650. » Comme Guy, tous ses descen­­dants se marient avec des femmes issues d’une lignée de vendeurs d’armes. Dix ans après avoir remporté le concours, Claude ne déroge pas à la tradi­­tion en épou­­sant Antoi­­nette Carron. De leur union procède non seule­­ment le nom du groupe mais aussi une orga­­ni­­sa­­tion plus indus­­trielle de la produc­­tion, en ce tumul­­tueux XIXe siècle.

Né en 1839, Jean prend la relève comme après lui ses fils et petits-fils, bapti­­sés alter­­na­­ti­­ve­­ment Claude et Jean. À l’âge de 100 ans, la maison Verney-Carron devient une société anonyme, sans trop diluer son capi­­tal à l’ex­­té­­rieur de la famille. Fragi­­lisé par la crise de 1929 alors qu’une usine a tout juste ouvert sur le cours Fauriel, ce petit empire se diver­­si­­fie, offrant aussi bien des articles de pêche que de tennis ou des bicy­­clettes. Il est inté­­gré avec cinq autres manu­­fac­­tures à un Grou­­pe­­ment d’ex­­ploi­­ta­­tion des fabri­­cants d’armes réunis (Gefar) pour multi­­plier sa force de frappe durant la Seconde Guerre mondiale. À la faveur d’une rencontre avec un fabri­­cant italien, la famille lance en 1954 la produc­­tion en série des fusils semi-auto­­ma­­tiques Fran­­chi. Ils sont suivis par le premier fusil à canons super­­­po­­sés, le Sagit­­taire en 1966.

Dans les années 1980, les nouvelles turbu­­lences de l’éco­­no­­mie mondiale poussent l’ate­­lier à quit­­ter le cours Fauriel pour emmé­­na­­ger sur le boule­­vard Thiers. C’est de là que sort le Flash-Ball. Mais il est d’abord imaginé par un simple parti­­cu­­lier. À la fin de la décen­­nie, un ancien agent EDF de Monti­­gny-lès-Metz (Moselle) chasse avec des Pari­­siens en Sologne. « Certains », a raconté Pierre Richert, aujourd’­­hui décédé, « étaient dans le monde judi­­ciaire. » Voyant que l’homme s’y connaît un peu en calibres, ils lui proposent de deve­­nir expert balis­­tique pour la justice. Au tribu­­nal, le Mosel­­lan se prend d’em­­pa­­thie pour les préve­­nus qui ont sorti leurs cara­­bines en enten­­dant des cambrio­­leurs. Il rêve alors d’une « arme devant stop­­per à distance et à coup sûr deux agres­­seurs, sans coups graves et encore moins mortels ». L’objec­­tif est de « permettre aux faibles, aux personnes seules – en géné­­ral âgées –, de ripos­­ter ».

Dans son garage et sur son stand de tir exté­­rieur, Pierre Richert essaye diffé­­rents projec­­tiles sur des cibles, puis sur un chevreuil tué à la chasse. Il se rend même dans une base mili­­taire pour viser des volon­­taires en gilets pare-balles. Certains s’en tirent avec des héma­­tomes de 8 centi­­mètres. « Jugé trop cher », et pâtis­­sant de son allure de jouet, « le flash­­ball est en partie boudé par les parti­­cu­­liers », constate la revue Pro Sécu­­rité en 2002. En revanche, lors de sa visite à Saint-Étienne, l’ex­­pert balis­­tique suscite l’in­­té­­rêt de Verney-Carron, non content de conce­­voir des compo­­sants du fusil FAMAS pour l’ar­­mée française. La produc­­tion est enclen­­chée en 1990 et les premiers modèles en sortent l’an­­née suivante. Ils sont vendus aux douanes, puis la Brigade anti-crimi­­na­­lité de Lyon les expé­­ri­­mente en 1992. Au départ, écrit Libé­­ra­­tion en novembre 1995, « la trou­­vaille de Pierre Richert, consi­­dé­­rée comme une arme de septième caté­­go­­rie, n’a pas de grand impact en France : la société Verney-Carron de Saint-Etienne commer­­cia­­lise le Flash-Ball à 99 % à l’étran­­ger, au Portu­­gal, en Suisse et au Vene­­zuela aux forces de l’ordre. »

En 1995, il a pour­­tant déjà convaincu le direc­­teur géné­­ral de la police natio­­nale, un certain Claude Guéant. « L’uti­­li­­sa­­tion du flash­­ball peut se révé­­ler effi­­cace dans certains cas (menaces par armes blanches, rixe sur la voie publique, pare-chocage de véhi­­cules admi­­nis­­tra­­tifs, fran­­chis­­se­­ment de barrage routier) », explique-t-il. En juillet, pour « lutter plus effi­­ca­­ce­­ment contre les formes nouvelles de la crimi­­na­­lité », la police natio­­nale produit une note sur « l’ac­qui­­si­­tion et l’uti­­li­­sa­­tion du fusil Flash­­ball ». Dans un repor­­tage de France 3 daté de novembre 1995, on apprend que « plusieurs groupes d’élites comme le Raid l’ont adopté depuis plusieurs années » et que les poli­­ciers de Metz en disposent depuis six mois. « L’avan­­tage c’est pour eux […] de neutra­­li­­ser la personne qu’ils veulent appré­­hen­­der sans qu’elle soit obligé de passer à l’hô­­pi­­tal », indique Pierre Richert. « Ça c’est du travail propre. »

D’encre et de sang

Le Flash-Ball n’est pas mis entre n’im­­porte quelles mains. Son premier modèle, le Compact échoit aux groupes d’in­­ter­­ven­­tion de la gendar­­me­­rie natio­­nale (GIGN) aux brigades anti-crimi­­na­­lité (BAC) et aux sections de recherche, assis­­tance, inter­­­ven­­tion, dissua­­sion (RAID). Ceux-ci reçoivent des consignes claires : « N’uti­­li­­ser le flash­­ball que dans le cadre strict de la légi­­time défense. En effet, les essais effec­­tués ont démon­­tré que cette arme ne pouvait être quali­­fiée de non létale, en raison des lésions graves qu’elle est suscep­­tible d’oc­­ca­­sion­­ner, en certaines circons­­tances. » De son côté, Jean Verney-Carron écume les salons d’ar­­me­­ment pour vendre son produit et essayer de lui appor­­ter des amélio­­ra­­tions. Le chef du bureau des équi­­pe­­ments des CRS constate dès 1997 qu’il « n’est pas précis ». Qu’à cela ne tienne, le Super-Pro, un pisto­­let cette fois conçu spéci­­fique­­ment pour les forces de l’ordre, sort en 1998.

Ce modèle en métal remplace le compact en poly­­mère à partir de 2001. L’an­­née suivante, le tout neuf ministre de l’In­­té­­rieur, Nico­­las Sarkozy, annonce au Monde qu’il sera donné aux poli­­ciers de proxi­­mité des « quar­­tiers sensibles » car, avec lui, « les voyous ne viennent pas les cher­­cher ». Mais le Flash-Ball ne sert pas qu’à « impres­­sion­­ner », comme le veut l’an­­cien maire de Neuilly dans sa course à la suren­­chère vers la prési­­dence.

Sitôt confié aux poli­­ciers muni­­ci­­paux en 2004, il éborgne un garçon de 14 ans aux Mureaux, le 6 juillet 2005. Chauffé à blanc par ce qu’on a appelé les « émeutes de banlieues », cet été-là, Nico­­las Sarkozy explique que « ces événe­­ments nous ont conduits à renfor­­cer et adap­­ter les maté­­riels et les tenues ». D’où « l’ac­qui­­si­­tion de près de 460 Flash-Ball ». Ils sont 1 270 à être vendus à la police natio­­nale, agré­­men­­tés de 194 000 muni­­tions, pour une valeur de 2,61 millions d’eu­­ros entre 2002 et 2007.

Le pisto­­let « à léta­­lité atté­­nuée » est exporté à 85 %.

Pour le ministre de l’In­­té­­rieur, c’est encore insuf­­fi­­sant. Au cours d’un discours dénonçant les violences commises à Villiers-le-Bel, en 2007, il fait de la « voyou­­cra­­tie » « une prio­­rité abso­­lue » contre laquelle les poli­­ciers doivent avoir toute lati­­tude : « Mettez les moyens que vous voulez, […] ça ne peut pas rester impuni. » Aussi faut-il « aller beau­­coup plus vite sur les dota­­tions en armes non létales adap­­tées à la lutte contre les violences urbaines. Je ne lais­­se­­rai pas des mili­­taires et des fonc­­tion­­naires expo­­sés sans avoir l’équi­­pe­­ment néces­­saire. » En plus du Flash-Ball avec lequel il est conscient d’avoir « fait un couler un peu d’encre », Nico­­las Sarkozy recom­­mande « une nouvelle géné­­ra­­tion » de lanceurs de balles de défense. Mis en expé­­ri­­men­­ta­­tion jusqu’en 2008, le LDB40 vient ensuite renfor­­cer la police et la gendar­­me­­rie natio­­nale. La muni­­ci­­pale garde l’apa­­nage du Flash-Ball.

En 2009, une note de la Direc­­tion géné­­rale de la police natio­­nale obte­­nue par Media­­part précise qu’ « à l’is­­sue d’une période expé­­ri­­men­­tale, le moyen de force inter­­­mé­­diaire lanceur de 40×46 va entrer en phase de géné­­ra­­li­­sa­­tion. Il vien­­dra complé­­ter ou se substi­­tuer au lanceur de balles de défense Super Pro. » Son respon­­sable, Frédé­­ric Péche­­nard, jauge alors l’ex­­ten­­sion de l’usage de ce type d’armes : « Initia­­le­­ment prévu pour l’équi­­pe­­ment de certaines unités spécia­­li­­sées, l’uti­­li­­sa­­tion de ce lanceur de balles de défense a progres­­si­­ve­­ment été éten­­due à l’en­­semble des unités inter­­­ve­­nant dans les quar­­tiers diffi­­ciles », écrit-il dans son instruc­­tion du 31 août 2009. « Doré­­na­­vant, il a voca­­tion à être utilisé par toutes les unités confron­­tées à des phéno­­mènes de violences. » À Montreuil, les soutiens des squat­­teurs de la clinique désaf­­fec­­tée viennent d’en faire les frais. Malheu­­reu­­se­­ment, les forces de l’ordre utilisent « une version du début des années 2000 », souffle Guillaume Verney-Carron. « Depuis, nous avons installé un viseur et avons travaillé sur la muni­­tion. »

Pour éviter de nouveaux bles­­sés, l’em­­ploi du Flash-Ball Super Pro et du LBD 40×46 est enca­­dré par une série d’ins­­truc­­tions en 2012. Le premier « est auto­­risé, à titre prin­­ci­­pal, dans le cadre de la légi­­time-défense des personnes et des biens ». Les forces de l’ordre peuvent aussi faire feu, à condi­­tion d’en avoir reçu la consigne, si elles sont « appe­­lées afin de dissi­­per un attrou­­pe­­ment, subissent des violences ou voies de fait ou s’ils ne peuvent défendre autre­­ment le terrain qu’ils occupent ». En 2013, Verney-Carron équipe notam­­ment les polices muni­­ci­­pales de Marseille et de Lyon. Cela dit, le pisto­­let « à léta­­lité atté­­nuée » est exporté à 85 %, notam­­ment en Afrique centrale, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est. D’ailleurs, Guillaume Verney-Carron « parti­­cipe chaque année à une dizaine de salons profes­­sion­­nels dans le monde afin de [le] faire connaître », indiquent Les Echos. Il reste persuadé qu’il consti­­tue « une alter­­na­­tive inté­­res­­sante aux armes à feu clas­­siques pour les commerçants dési­­reux de se proté­­ger ».

Jean, Pierre et Guillaume Verney-Carron

Inquiété par la demande d’un retrait progres­­sif formu­­lée en mai 2015 par l’Ins­­pec­­tion géné­­rale de la police natio­­nale, le diri­­geant réplique : « Une partie des quelques milliers de fonc­­tion­­naires français habi­­li­­tés à l’em­­ployer souffrent d’un manque de forma­­tion, avec cinq tirs pour obte­­nir l’ha­­bi­­li­­ta­­tion et trois autres par an pour la conser­­ver. » Le Super Pro 2 sort juste­­ment cette année-là. Le diri­­geant défend ce nouveau modèle, dont la sécu­­rité aurait été amélio­­rée, alors que les LBD40 conti­­nuent de bles­­ser. « Ils sont plus précis mais leurs muni­­tions sont peut-être trop pêchues », juge Guillaume Verney-Carron. Mais la police natio­­nale semble désor­­mais donner ses faveurs à Brüg­­ger et Thomet. Qu’il soit aux mains de l’une ou de l’autre, suisse ou français, le lanceur de balles de défense est en tout cas toujours en service. Et il arrive qu’il tue.


Couver­­ture : Le Flash-Ball Verney-Carron.


 

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