par Seth Ferranti | 31 mars 2016

Mac-10

Adler Berri­­man, dit « Barry » Seal était un trafiquant de drogue qui, au début des années 1980, a orches­­tré l’im­­por­­ta­­tion de tonnes de cocaïne et de marijuana aux États-Unis. Il utili­­sait pour cela une piste d’at­­ter­­ris­­sage située au fin fond de la campagne de l’ouest de l’Ar­­kan­­sas. Mais alors qu’il travaillait avec les frères Ochoa pour le compte du cartel de Medellín et de Pablo Esco­­bar, Seal s’est fait prendre en Floride. C’était en 1983. Il n’a pas fallu long­­temps pour que le natif de Loui­­siane se mette à table, et il a commencé à travailler pour la DEA. Le Phila­­del­­phia Inqui­­rer a plus tard décrit Seal comme étant « le témoin le plus impor­­tant dans l’his­­toire de l’Agence de lutte contre la drogue améri­­caine (DEA) ». Peu après le début de sa carrière d’in­­for­­ma­­teur, un article en première page du Washing­­ton Times écrit par Edmond Jacoby a révélé à demi-mot que Seal était un agent du gouver­­ne­­ment. (L’ar­­ticle en ques­­tion a peut-être aussi contri­­bué à faire écla­­ter le scan­­dale Iran-Contra.) N’étant plus d’au­­cune utilité en tant qu’in­­for­­ma­­teur, la DEA a lâché Seal. Peu de temps après, il a été arrêté par le FBI en Loui­­siane, où le bureau du procu­­reur géné­­ral des États-Unis à Baton Rouge avait préparé son accu­­sa­­tion contre le baron de la drogue. Seal a fina­­le­­ment écopé de cinq ans de liberté condi­­tion­­nelle, assor­­tis de six mois à passer dans une maison de tran­­si­­tion locale.

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Barry Seal

C’est là que, le 19 février 1986, Barry Seal a été abattu. Il se trou­­vait sur le parking, au volant de sa Cadillac, lorsqu’un assas­­sin colom­­bien armé d’un pisto­­let mitrailleur Mac-10 lui a tiré dessus. On peut voir un portrait roman­­tique du trafiquant dans un télé­­film de 1991 avec Dennis Hopper, La Stra­­té­­gie de l’in­­fil­­tra­­tion. Il y est décrit comme un soldat de fortune condamné à une mort certaine par les agents fédé­­raux. Mais la vérité sur la vie de Seal est dépeinte dans Smug­­gler’s End: The Life and Death of Barry Seal, un livre écrit par l’an­­cien marine et agent du FBI Del Hahn, qui paraît aujourd’­­hui aux États-Unis. Origi­­naire de Cleve­­land, Hahn a passé 22 ans au sein du FBI à travailler sur des affaires liées à des violences à carac­­tère ethnique, des fonc­­tion­­naires corrom­­pus et de la crimi­­na­­lité en col blanc. Il confie avoir vu pour la première fois de la cocaïne en 1967. Mais avant que les services de lutte anti­­drogue ne commencent à pullu­­ler au sein de l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion Reagan, il n’avait jamais travaillé sur une affaire de drogue. L’an­­cien agent, qui a joué un rôle clé dans l’opé­­ra­­tion du FBI à Baton Rouge, travaille à présent comme détec­­tive privé. Il raconte qu’il a vu plusieurs rumeurs abra­­ca­­da­­brantes circu­­ler sur Inter­­net au sujet de son impli­­ca­­tion dans l’af­­faire , et qu’il tenait à remettre les pendules à l’heure. Voilà ce qu’il avait à me dire. ulyces-barryseal-02

L’in­­for­­ma­­teur

Pouvez-vous me racon­­ter comment vous avez rencon­­tré Seal et comment il a été arrêté – puis retourné – par le FBI ?

En 1983, Seal dealait prin­­ci­­pa­­le­­ment de la coke et de la marijuana, tandis que la DEA menait de front l’opé­­ra­­tion Screa­­mer, une opéra­­tion d’in­­fil­­tra­­tion en Floride. L’agent infil­­tré était Randy Beas­­ley, un gars de la DEA. L’un des acolytes de Seal s’est pris dans la toile de l’opé­­ra­­tion Screa­­mer, et il a fini par conclure un marché avec la DEA dans lequel il accep­­tait de leur livrer Seal. Peu de temps après son incul­­pa­­tion, Seal a été mis en rela­­tion avec Beas­­ley et l’adjoint du procu­­reur en charge de l’af­­faire, Bruce Zimet. Il leur a proposé sa coopé­­ra­­tion et voulait leur donner les frères Ochoa, des membres éminents du cartel de Medellín. Mais il ne voulait à aucun prix aller en taule. Il voulait aussi qu’on laisse tranquille ses co-accu­­sés, et que ce marché ne remonte pas aux oreilles de son avocat. Il se montrait si arro­­gant et exigeant que ça a dû éner­­ver Beas­­ley et Zimet, qui ont refusé ses condi­­tions. Seal est donc retourné à Baton Rouge, où il a tenté de parler au procu­­reur géné­­ral Stan Bard­­well. Mais Bard­­well n’avait pas confiance en l’avo­­cat qui servait d’in­­ter­­mé­­diaire, aussi a-t-il refusé de rencon­­trer Barry. Ce dernier s’est alors envolé pour Washing­­ton, DC, et il a fait irrup­­tion dans le bureau du vice-président du service de lutte anti­­drogue, à qui il a proposé ses services en tant qu’in­­for­­ma­­teur. Ils l’ont envoyé auprès de la DEA à Miami, où les agents Joura et Jacob­­sen l’ont reçu. La lettre scel­­lant leur accord a été signée le 28 mars 1984 en présence du procu­­reur géné­­ral de Miami.

En lisant votre livre, Seal appa­­raît parfois comme un type marrant. Que saviez-vous de lui à l’époque ?

Nous savions que nous avions affaire à un passeur qui utili­­sait la voie des airs. Nous savions où il planquait ses avions. Et nous savions égale­­ment par le biais de Randy Beas­­ley et de l’opé­­ra­­tion Screa­­mer que Seal utili­­sait prin­­ci­­pa­­le­­ment des cabines télé­­pho­­niques pour gérer ses affaires.

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Barry Seal dans son uniforme de la TWA

Nous n’avons pas appris où et quand arri­­ve­­raient les cargai­­sons de cocaïne, mais nous avons rassem­­blé des infor­­ma­­tions fiables et trois infrac­­tions crimi­­nelles solides, divul­­guées lors de ses conver­­sa­­tions télé­­pho­­niques. J’ai rencon­­tré William Earle, Jr, le type à l’autre bout du fil lors de ces trois conver­­sa­­tions. Il était d’ac­­cord pour témoi­­gner. Il était détenu à la Nouvelle-Orléans suite à la saisie par nos services d’une cargai­­son de marijuana livrée par avion. Et il mourait d’en­­vie de sauver sa peau. Les trois conver­­sa­­tions télé­­pho­­niques impliquaient toutes le fait que Earle devrait voler en Piper Navajo jusqu’à Mena, un aéro­­port de montagne dans l’Ar­­kan­­sas, où on lui instal­­le­­rait un système de carbu­­rant illé­­gal. Le Navajo était le dernier ajout à la collec­­tion d’avions de Seal. J’ai rencon­­tré deux fois Seal person­­nel­­le­­ment après mon départ en retraite.

Chaque fois, il s’est montré très sympa­­thique, il avait beau­­coup d’hu­­mour. Mais il n’était pas aussi intel­­li­gent et malin qu’il le pensait. Quelques exemples de ce que j’avance : l’un de ses assis­­tants s’est proba­­ble­­ment noyé, à ce qu’on sait, en allant récu­­pé­­rer une livrai­­son de drogue ; et un autre de ses sbires donnait des infos à la police d’État de Loui­­siane et à la DEA. À la suite de quoi Seal s’est fait arrê­­ter au Hondu­­ras, où il a passé près d’un an en prison. Enfin, il utili­­sait régu­­liè­­re­­ment des cabines télé­­pho­­niques car il pensait qu’elles étaient fiables. Mais grâce à notre travail de surveillance, nous sommes parve­­nus à iden­­ti­­fier quelles étaient ses cabines préfé­­rées, et nous avons mis dix d’entre elles sur écoute. Il pensait que ses amis de la DEA à Miami pour­­raient l’ai­­der, mais ils n’ont pas bougé le petit doigt.

Seal était au cœur du trafic quand la cocaïne a commencé à arri­­ver de Colom­­bie. Comment avez-vous appré­­hendé l’af­­faire, n’ayant jamais travaillé person­­nel­­le­­ment sur une affaire de drogue aupa­­ra­­vant ?

J’en savais assez sur le marché du trafic de drogue pour comprendre la façon dont il fonc­­tion­­nait en règle géné­­rale. Je savais que Seal rece­­vait beau­­coup d’aide, et nous savions qui étaient ceux qui l’ai­­daient, pour la plupart. Dans une affaire de drogue, les bons coups de filet ont lieu grâce à la conju­­gai­­son d’opé­­ra­­tions d’in­­fil­­tra­­tion, de bons infor­­ma­­teurs et de mises sur écoute. Ce à quoi il faut ajou­­ter que la brigade des stups de la police d’État de Loui­­siane et la DEA avaient d’ex­­cel­­lents infor­­ma­­teurs qui avaient déjà traité avec Seal. On cher­­chait à le faire accu­­ser d’en­­tre­­prise crimi­­nelle conti­­nue (CCE) et condam­­ner à vie. La condam­­na­­tion pour CCE requiert trois condam­­na­­tions anté­­rieures en lien avec la drogue. Dès le début, nous en avions deux sur trois : une première condam­­na­­tion issue de l’opé­­ra­­tion Screa­­mer, qui avait donné lieu à un procès, et son plai­­doyer de culpa­­bi­­lité pour la seconde accu­­sa­­tion de l’opé­­ra­­tion Screa­­mer, fait au moment où il était devenu infor­­ma­­teur pour la DEA. Nous savions en outre qu’il blan­­chis­­sait de l’argent à Mena, dans l’Ar­­kan­­sas, et qu’il faisait la même chose à Baton Rouge.

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Pablo Esco­­bar, à gauche, et Jorga Luis Ochoa, à droite avec un béret
Ils assistent à une corrida à Medellín, en 1964
Crédits : AP

L’as­­sas­­si­­nat

La CIA et d’autres agences fédé­­rales ont-elles été complices du trafic de drogue ? À quel point ?

La seule agence fédé­­rale avec laquelle Seal a jamais travaillé était la DEA. Le témoi­­gnage sous serment de Seal indique qu’il n’avait jamais travaillé pour la CIA à sa connais­­sance. Lors des débrie­­fings, après son plai­­doyer de marchan­­dage, il ne m’a jamais confié, ni à personne d’autre, qu’il bossait pour la CIA ou qu’il travaillait pour une autre agence que la DEA. Et notre équipe n’a jamais trouvé la moindre preuve du fait que la CIA était impliquée avec Seal dans le trafic de drogue. Il n’y a pas le moindre début de preuve crédible lais­­sant penser que Seal aurait pu travailler pour la CIA, ou qu’il leur avait prêté main forte lors de quelque opéra­­tion que ce soit. Et la CIA a nié tout lien avec Seal. Mon livre n’aborde pas les accu­­sa­­tions qui lient la CIA au trafic de drogue, sinon lorsque je parle de ce que le comité de John Kerry avait décou­­vert : quatre pilotes qui travaillaient pour la CIA et trans­­por­­taient des armes et des denrées huma­­ni­­taires étaient aussi connus pour leur impli­­ca­­tion dans le trafic de drogue. Ce que je reproche à la CIA dans cette affaire, c’est de ne pas avoir suffi­­sam­­ment contrôlé ces pilotes. S’ils l’avaient fait, ils auraient faci­­le­­ment décou­­vert qu’ils étaient impliqués dans le trafic de drogue. Ils auraient alors pu cesser de travailler avec eux et éviter ainsi de nombreuses accu­­sa­­tions et théo­­ries du complot. Je crois que la CIA avait déses­­pé­­ré­­ment besoin de pilotes et qu’ils ne se souciaient pas de ce qu’ils pouvaient faire à côté.

Que savez-vous des circons­­tances qui ont mené à l’as­­sas­­si­­nat de Seal ?

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Seal a été retrouvé mort au volant de sa Cadillac

Nous avons fini par signer ensemble une entente de plai­­doyer, devant une cour de Loui­­siane. Il avait déjà écopé d’une peine de dix ans de réclu­­sion crimi­­nelle en Floride. L’en­­tente que nous avons signée spéci­­fiait que sa condam­­na­­tion en Loui­­siane, pour posses­­sion de plus de 200 kilos de cocaïne avec inten­­tion de la revendre, n’ex­­cé­­de­­rait pas la peine de dix ans à laquelle il avait déjà été condamné en Floride. Quant au second chef d’ac­­cu­­sa­­tion de notre réqui­­si­­toire, pour blan­­chi­­ment d’argent, nous nous sommes enten­­dus sur le fait qu’il béné­­fi­­cie­­rait d’une liberté condi­­tion­­nelle. Lorsqu’un tel verdict est rendu, la loi auto­­rise le juge à ordon­­ner à l’ac­­cusé de passer du temps dans une maison de tran­­si­­tion. Le juge Polo­­zola a accueilli l’en­­tente de plai­­doyer avec la plus grande réti­­cence, mais il a accepté la peine de dix ans ainsi que la libé­­ra­­tion condi­­tion­­nelle. Il a exigé que Seal passe ses nuits, de six heures du soir à six heures du matin, dans une maison de tran­­si­­tion géré par l’Ar­­mée du Salut. Seal, comme toutes les personnes impliquées dans l’af­­faire, savait que les frères Ochoa avaient placé un contrat sur sa tête. Et ils ont fini par envoyer une équipe de tueurs à Baton Rouge pour l’abattre tandis qu’il était assis dans sa voiture, sur le parking du complexe de l’Ar­­mée du Salut.

Étant donné son impor­­tance dans le trafic, comment se fait-il que ce type n’ait pas béné­­fi­­cié d’une protec­­tion après avoir été lâché par le FBI et jugé ?

Seal se croyait plus malin que les frères Ochoa. Il a sous-estimé leur volonté de le tuer et sures­­timé sa capa­­cité à déjouer leurs plans. Et on ne peut pas forcer un prévenu à entrer dans un programme de protec­­tion des témoins – un juge ne peut pas l’exi­­ger. C’est un dispo­­si­­tif stric­­te­­ment volon­­taire, à la charge du service des US Marshals. On s’était arran­­gés pour que sa période proba­­toire soit trans­­fé­­rée à New York ou en Floride. Mais il a refusé d’al­­ler à New York, malgré le fait que le juge Palo­­zola l’avait mis en garde contre le fait d’al­­ler en Floride. Nous avons appris plus tard de la bouche du pilote de Seal qu’il avait prévu de ne pas se présen­­ter à la maison de tran­­si­­tion le lende­­main et de s’en­­fuir au Costa Rica, où il aurait repris son trafic de cocaïne. ulyces-barryseal-04


Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « The Story Behind an Infa­­mous Esco­­bar Cartel Assas­­si­­na­­tion », paru dans VICE. Couver­­ture : Pablo Esco­­bar.


MAKING OF DE COCAINE COWBOYS le docu­­men­­taire mythique sur l’his­­toire du trafic de cocaïne à Miami

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Avec Rakon­­tur, Billy Corben et Alfred Spell­­man racontent l’his­­toire récente d’une Floride où les tueurs à gages locaux croisent la route des narco­­tra­­fiquants colom­­biens.

Quand avez-vous rencon­­tré Billy Corben, le co-fonda­­teur de Rakon­­tur ?

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Billy Corben et Alfred Spell­­man
Co-fonda­­teurs de Rakon­­tur

C’était au collège, en classe de cinquième, dans un cours de produc­­tion audio­­vi­­suelle. Nous avions 15 ans quand nous avons commencé à réali­­ser des courts-métrages ensemble, puis nous avons tous les deux étudié à l’uni­­ver­­sité de Miami. C’est juste­­ment quand nous étions à l’uni­­ver­­sité que Le Projet Blair Witch (film d’hor­­reur améri­­cain tourné à la manière d’un docu­­men­­taire, nde) est sorti. Cela a tout changé dans la manière de tour­­ner un film, et en termes de possi­­bi­­li­­tés, car tout d’un coup, les vidéos numé­­riques pouvaient être proje­­tées dans les salles de cinéma. C’était à l’été 1999, et c’était une révo­­lu­­tion. Nous avons commencé à nous inté­­res­­ser à la tech­­no­­lo­­gie numé­­rique, et en tant qu’é­­tu­­diants en cinéma, nous avons décidé de faire des docu­­men­­taires parce que la vidéo numé­­rique était parti­­cu­­liè­­re­­ment adap­­tée à ce type de produc­­tions. Produire un film coûte très cher et prend un temps fou. Alors que nous avions décidé de réali­­ser un docu­­men­­taire, nous avons entendu parler d’une affaire à Gaines­­ville, à l’uni­­ver­­sité de Floride, à propos d’une strip-teaseuse qui avait donné un show pour une asso­­cia­­tion étudiante et avait porté plainte pour viol ; il y avait une vidéo de son agres­­sion. Nous avons décidé de réali­­ser un docu­­men­­taire là-dessus : nous avons quitté l’école en janvier 2000, et tourné le docu­­men­­taire sans la moindre expé­­rience, il fallait donc être créa­­tif. Nous voulions apprendre. Le docu­­men­­taire a été tourné du prin­­temps à l’été, nous l’avons monté à l’au­­tomne, puis soumis au festi­­val du film de Sundance en octobre. Un mois après, nous étions invi­­tés. Il s’est donc écoulé exac­­te­­ment un an entre le moment où nous avons décidé de faire le docu­­men­­taire et celui où nous sommes allés à Sundance, en 2001.

Comment êtes-vous passés de l’idée de ce docu­­men­­taire à celle de créer un studio ?

C’était grâce à l’ex­­plo­­sion de la tech­­no­­lo­­gie numé­­rique… et à une combi­­nai­­son de facteurs. Je me rappelle que plusieurs choses se sont produites en même temps : la sortie du Projet Blair Witch, l’ap­­pa­­ri­­tion de Naps­­ter, notre première ligne ADSL. Tout est arrivé en même temps, entre la fin de l’an­­née 1999 et le début de l’an­­née 2000. Nous avons suivi les dernières inno­­va­­tions tech­­no­­lo­­giques, et parti­­cu­­liè­­re­­ment celles qui ouvraient de nouvelles possi­­bi­­li­­tés de tour­­nage et de montage. Nous avons monté Raw Deal, notre premier docu­­men­­taire, sur Final Cut Pro 1.0, la première version du logi­­ciel. Et toutes ces choses nous ont fait prendre conscience que nous avions la capa­­cité de produire des films, notam­­ment parce que les coûts de produc­­tion avaient dras­­tique­­ment baissé grâce à ces nouveaux outils. Nous l’avions vu dans l’in­­dus­­trie musi­­cale avec Naps­­ter, mais c’était main­­te­­nant les coûts de distri­­bu­­tion des films qui bais­­saient. La révo­­lu­­tion numé­­rique s’était produite en même temps dans les domaines de la produc­­tion et de la distri­­bu­­tion, et s’était éten­­due de la musique à l’in­­dus­­trie ciné­­ma­­to­­gra­­phique. Nous étions donc en posi­­tion de créer un studio. Raw Deal a été tourné à quatre. Nous sommes aujourd’­­hui six pour produire. Voilà ce que permet le numé­­rique.

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