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par Tsering Woeser | 11 février 2016

Le 27 février 2009 marquait le troi­sième jour de Losar, le nouvel an tibé­tain. C’est aussi le jour où l’auto-immo­la­tion a fait son entrée au Tibet. Alors que les auto­ri­tés viennent tout juste d’an­nu­ler le Grand festi­val de prières (Monlam), censé commé­mo­rer les victimes de la répres­sion gouver­ne­men­tale chinoise de 2008, un moine prénommé Tapey quitte le monas­tère de Kirti et, dans les rues de Ngawa – une ville située dans une région de grande ferveur spiri­tuelle connue au Tibet sous le nom d’Amdo, désor­mais ratta­chée à la province chinoise du Sichuan –, met feu à son corps.

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Le monas­tère de Kirti
Crédits : Jialiang Gao

Depuis, pas moins de 145 Tibé­tains se sont auto-immo­lés par le feu. 141 sur le terri­toire tibé­tain, les autres en exil. Selon les infor­ma­tions les plus fiables dont nous dispo­sons, 125 d’entre eux sont morts (dont trois à l’étran­ger). Même si l’on recense parmi eux quelques femmes, il s’agit pour la plupart d’hommes, bien souvent ayant été contraints d’aban­don­ner leurs jeunes enfants. Le plus vieux d’entre eux avait 64 ans, le plus jeune 16. Sept adoles­cents tibé­tains mineurs se sont égale­ment sacri­fiés par le feu ou ont tenté de le faire : deux ont succombé à leur geste, et deux ont été empri­son­nés sans qu’on sache ce qu’ils sont deve­nus aujourd’­hui. Si l’on compte parmi les victimes trois moines de haut-rang (des tulkus, ou maîtres réin­car­nés), 39 moines et huit nonnes, pour l’es­sen­tiel, les suici­dés sont des citoyens ordi­naires : 74 d’entre eux étaient des nomades ou des paysans. Quant au reste, on dénombre plusieurs lycéens, des ouvriers, des commerçants, un char­pen­tier, un menui­sier, un écri­vain, un peintre de tangka, un chauf­feur de taxi, un haut fonc­tion­naire en retraite, le proprié­taire d’une lave­rie, un garde fores­tier et trois acti­vistes en exil. Tous étaient tibé­tains. Ces événe­ments consti­tuent la plus grande vague d’auto-immo­la­tion employée comme instru­ment de protes­ta­tion poli­tique que le monde moderne ait connu. Pour­tant, il n’exis­tait jusqu’a­lors aucune tradi­tion de ce type dans l’his­toire tibé­taine. Comment en est-on arrivé là ?

La grille

Ces dernières décen­nies, l’op­pres­sion envers la troi­sième géné­ra­tion de Tibé­tains sous domi­na­tion chinoise s’est faite de plus en plus extrême. Elle se mani­feste essen­tiel­le­ment dans cinq domaines de la vie quoti­dienne au Tibet. Premiè­re­ment, les croyances tibé­taines ont été étouf­fées et l’en­sei­gne­ment reli­gieux soumis aux violences poli­tiques. Le diffé­rend sur la réin­car­na­tion du dixième Panchen Lama au cours duquel Pékin, après avoir choisi son propre élu, a placé celui dési­gné par le Dalaï-Lama en rési­dence surveillée (faisant de ce dernier le plus jeune prison­nier poli­tique au monde), a entraîné une rupture diplo­ma­tique irré­mé­diable entre les deux parties.

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Le fonda­teur du monas­tère, Kirti Rinpoche, s’ex­prime à Washing­ton
Crédits : SFT HQ

En 2008, la déci­sion chinoise tout aussi para­noïaque d’ex­pul­ser tous les moines qui n’étaient pas nés mais avaient gran­dis au sein de l’un des trois monas­tères prin­ci­paux de Lhassa (Drepung, Sera et Ganden) a été l’une des prin­ci­pales causes de la vague de protes­ta­tions qui a déferlé sur la région au mois de mars de cette année-là. Juste après ces mani­fes­ta­tions, un programme « d’édu­ca­tion patrio­tique » forçant les moines à désa­vouer ouver­te­ment le Dalaï-Lama s’est vu renforcé et étendu au-delà de Lhassa, inté­grant tous les cloîtres du pays. Mais ce n’est pas tout. En dehors des temples, les Tibé­tains doivent endu­rer de régu­lières fouilles de leur domi­cile : les images repré­sen­tant le Dalaï-Lama sont confisquées, et quelques cas de fidèles empri­son­nés pour le seul fait d’avoir en leur posses­sion une photo­gra­phie de Sa Sain­teté ont même été signa­lés. Deuxiè­me­ment, l’éco­sys­tème du plateau tibé­tain est systé­ma­tique­ment détruit. L’État a obligé des milliers de personnes à quit­ter bétail, pâtu­rages et tradi­tion équestre millé­naire pour une vie séden­ta­ri­sée aux péri­phé­ries des villes. À la suite de quoi un flot d’ou­vriers Han a immi­gré de l’autre extré­mité du pays, armés de plans de construc­tion, de bull­do­zers et de dyna­mite, se mettant immé­dia­te­ment au travail dans les prai­ries et les cours de rivière dépeu­plés, extra­yant cuivre, or et argent, érigeant des barrages et polluant nos réserves d’eau et celle de l’Asie dans son ensemble (en parti­cu­lier les cours supé­rieurs du Mékong : les rivières Yangtse et Yarlung Tsangpo). Les consé­quences de ce « déve­lop­pe­ment » ? Une pollu­tion géné­ra­li­sée et un nombre accru de trem­ble­ments de terre, d’ava­lanches, d’écou­le­ments de débris et bien d’autres ravages. Troi­siè­me­ment, l’en­sei­gne­ment de la langue tibé­taine est systé­ma­tique­ment sapé. Prenons la réforme de l’État sur l’ins­truc­tion du tibé­tain dans la province de Qinghai, stipu­lant que « le chinois doit être la première langue ensei­gnée, et le tibé­tain la seconde ». Une telle réforme, envi­sa­gée par le régime comme une « mission poli­tique prio­ri­taire » pour les régions tibé­taines, vise à réali­ser ce que les diri­geants chinois ont été inca­pables d’ac­com­plir autre­ment ces soixante dernières années : rendre le Tibet « chinois ».

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Les montagnes tibé­taines
Crédits : Göran Höglund

Quatriè­me­ment, sous couvert de « déve­lop­per » les régions tibé­taines, d’at­ti­rer de nouvelles compé­tences et de nouveaux inves­tis­se­ments, le gouver­ne­ment accorde des aides sociales et un régime fiscal et foncier avan­ta­geux aux immi­grants Han s’éta­blis­sant au Tibet. Une nouvelle mesure, mise en place en 2008, permet de recru­ter des poli­ciers locaux dans les rangs des mili­taires et des forces spéciales station­nés au Tibet, ce qui présente le double béné­fice de garan­tir le « main­tien de la stabi­lité » au Tibet grâce à des recrues bien entrai­nées, et celui d’as­su­rer une popu­la­tion constante de colons.

Enfin, les auto­ri­tés n’ont pas ménagé leurs efforts dans l’ins­tal­la­tion d’un système de surveillance orwel­lien : sobre­ment baptisé « la grille », il couvre chaque centi­mètre-carré du terri­toire tibé­tain. La grille segmente les quar­tiers en une multi­tude d’uni­tés, chacune asso­ciée à un bureau du gouver­ne­ment inno­cem­ment présenté sur le papier comme relais des services sociaux. Dans la pratique, ces bureaux sont utili­sés pour garder un œil sur les « groupes à risque » tels que les « anciens déte­nus, moines et nonnes ne rési­dant ni dans un monas­tère ni dans un couvent, moines et nonnes ayant été exclus de leurs insti­tu­tions, Tibé­tains reve­nus d’une commu­nauté d’exi­lés en Inde, et indi­vi­dus impliqués dans d’an­ciennes protes­ta­tions ». Selon les auto­ri­tés, la grille va « couvrir le Tibet d’un filet anti-évasion afin de garan­tir le main­tien de la stabi­lité sociale », grâce à « des barrières dans le ciel et des pièges dans le sol ».

Le sacri­fice

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Les émeutes du 14 mars 2008
Crédits CCTV

Que s’est-il passé en 2008 ? Le 10 mars de cette année-là, lors de son discours commé­mo­rant le, le Dalaï-Lama décla­rait : « Depuis 2002, mes repré­sen­tants ont mené six séries de pour­par­lers avec des fonc­tion­naires de la Répu­blique popu­laire de Chine, afin de débattre des ques­tions perti­nentes concer­nant notre rela­tion mutuelle. Au sujet du problème fonda­men­tal cepen­dant, aucun résul­tat concret n’a jamais émergé. Et durant ces dernières années, le Tibet a été témoin d’une répres­sion et d’une bruta­lité accrues. » Le problème fonda­men­tal, selon le Dalaï-Lama, réside dans le manque de légi­ti­mité de la présence chinoise au Tibet – une consé­quence de l’ap­pa­rente inca­pa­cité du régime à « établir une poli­tique qui satis­fasse le peuple tibé­tain et gagne leur confiance ». Ces mots ont choqué les Tibé­tains qui patien­taient, année après année, dans l’es­poir de n’im­porte quel signe de réel progrès. Mais voilà que subi­te­ment le Dalaï-Lama prenait acte de ce que les Tibé­tains savaient déjà depuis long­temps : non seule­ment que rien n’avait changé, mais surtout que la vie au Tibet était sujette à une oppres­sion de plus en plus sévère. Les moines du monas­tère de Sera (non loin de Lhassa), qui ont été parmi les premiers à entendre la décla­ra­tion du Dalaï-Lama, ont immé­dia­te­ment réagi : « Nous devons nous défendre ! » Ils ont alors envahi les rues en bran­dis­sant le drapeau du Tibet et en criant des slogans de libé­ra­tion, amorçant ainsi la première étape d’un mouve­ment de protes­ta­tion qui allait ébran­ler toutes les régions de culture tibé­taine dans les semaines à venir. Le même après-midi, des centaines de moines du monas­tère de Drepung – l’un des trois monas­tères histo­riques de la capi­tale – sont descen­dus des hautes montagnes jusqu’au centre de Lhassa pour expri­mer leur mécon­ten­te­ment. Ils ont été rejoints les jours suivants par des moines et des reli­gieuses arri­vant de tous les monas­tères de la ville.

Les moines ont été les premiers à adop­ter et propa­ger l’usage de l’auto-immo­la­tion comme forme de protes­ta­tion.

Très vite, ces mouve­ments de protes­ta­tions se sont déve­lop­pés puis propa­gés. Le point de vue fréquent – et cynique – sur ces événe­ments, réduits en Chine au simple « inci­dent du 14 mars » et décrit sur les réseaux sociaux comme une émeute injus­ti­fiée et fomen­tée par des sauvages ingrats, consiste à impu­ter aux mani­fes­tants les mesures coer­ci­tives du régime qui s’en sont suivies : unes répres­sion cruelle, un durcis­se­ment des restric­tions sécu­ri­taires doublé d’un accrois­se­ment du nombre de postes de police et de points de contrôle, et enfin, la trans­for­ma­tion du Tibet en une prison à ciel ouvert, régie par une police mili­taire armée et omni­pré­sente, munie de véhi­cules blin­dés et de camé­ras de surveillance. Mais attri­buer la respon­sa­bi­lité de la répres­sion étatique aux mani­fes­tants revient à absoudre le marchand d’es­clave qui use de son fouet unique­ment parce que l’es­clave s’est montré indo­cile. En envi­sa­geant le monde au travers de ces verres-là, l’es­clave demeu­rera esclave à jamais. Les moines, qui ont pris la tête de la lutte en 2008, ont égale­ment été les premiers à adop­ter et propa­ger l’usage de l’auto-immo­la­tion comme forme de protes­ta­tion. Les treize premiers cas de sacri­fice par le feu sont le fait de moines ou d’an­ciens moines chas­sés de leurs temples par les auto­ri­tés. Ce n’est qu’en décembre 2011 qu’un profane s’est immolé pour la première fois, élar­gis­sant davan­tage la portée du mouve­ment.

Au premier trimestre 2012, 15 des 20 personnes à s’être immo­lées étaient des moines, mais au cours des deux trimestres suivants, les sacri­fices de citoyens laïcs étaient majo­ri­taires. Durant les 70 jours qui ont suivi, 43 cas sur 50 ont été le fait de profanes. En 2013, ils repré­sen­taient 16 cas sur 28, 7 cas sur 11 en 2014, et 4 cas sur 6 pour le premier semestre 2015. Avec le temps, de plus en plus de Tibé­tains aux condi­tions sociales variées en viennent à adop­ter ce moyen de pres­sion pour tenter de chan­ger la donne.

Les phœnix

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La reli­gieuse tibé­taine, Palden Choetso, 35 ans, s’im­mole à Tawu le 3 novembre 2011

En consi­dé­rant les événe­ments de ces six dernières années, il appa­raît que c’est le mois de novembre 2012 qui a enre­gis­tré le plus de cas d’auto-immo­la­tions, avec un total de 28 hommes et femmes – jeunes et vieux – à avoir commis cet ultime acte de révolte. Le mois de mars de la même année arrive en seconde posi­tion, avec 11 tibé­tains mettant feu à leur corps. Six d’entre eux étaient des moines, les cinq autres étaient des lycéens et de jeunes parents. Pourquoi observe-t-on de tels pics à ces moments précis ? Que nous disent-ils des objec­tifs et des reven­di­ca­tions des insur­gés ? Prenons d’abord le mois de mars 2012. Dans l’his­toire du Tibet, c’est un mois à lourde charge poli­tique. Le 5 mars marque par exemple l’an­ni­ver­saire de la répres­sion des révoltes de Lhassa de 1989, lorsque les soldats de la Police armée du peuple ouvrirent le feu sur des mani­fes­tants paci­fiques rassem­blés depuis plusieurs semaines dans les rues de la capi­tale.

Le 10 mars est le Jour natio­nal de la rébel­lion tibé­taine, commé­mo­rant le soulè­ve­ment de 1959 qui suivit la fuite du Dalaï-Lama vers l’Inde. Le 14 mars est la date anni­ver­saire du début des mani­fes­ta­tions qui ont embrasé la région en 2008, et le 16, celle de la brutale répres­sion des insur­gés de Ngawa qui a eu lieu deux jours plus tard. Depuis 2009, le gouver­ne­ment chinois a décidé de faire du 28 mars le Jour de l’éman­ci­pa­tion des serfs – un jour férié censé commé­moré et « célé­brer » la soi-disant bien­veillante libé­ra­tion du peuple tibé­tain par la Répu­blique popu­laire de Chine. En raison de cette multi­pli­ca­tion de dates sensibles et de cette atmo­sphère poli­tique pesante qu’il entre­tient lui-même, le pouvoir se tient sur ses gardes chaque fois qu’ar­rive le mois de mars, guet­tant la moindre agita­tion. De fait, la majo­rité des mani­fes­ta­tions au Tibet se concentrent ce mois-ci. Pour ce qui est de novembre 2012, le pic d’auto-immo­la­tions coïn­cide avec le 18e Congrès natio­nal du Parti commu­niste. À cette occa­sion, l’in­ten­tion de la nouvelle géné­ra­tion d’hommes d’État était de prendre le contrôle de la poli­tique du régime. 28 Tibé­tains se sont alors sacri­fiés, neuf d’entre eux avant et pendant le Congrès du Parti. L’usage de l’auto-immo­la­tion lors d’un rendez-vous poli­tique d’une telle impor­tance laisse clai­re­ment penser que les mani­fes­tants nour­ris­saient l’es­poir d’in­fluen­cer cette nouvelle géné­ra­tion de déci­deurs dans leur façon d’ad­mi­nis­trer le Tibet, et qu’ils se figu­raient l’auto-immo­la­tion comme un moyen de pres­sion perti­nent pour obte­nir un tel progrès. Une bonne compré­hen­sion de ce dernier point est essen­tielle à la compré­hen­sion de l’acte d’auto-immo­la­tion lui-même.

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18e Congrès natio­nal du Parti commu­niste chinois
Crédits

Lors de mes entre­tiens avec divers médias inter­na­tio­naux au sujet de l’auto-immo­la­tion, j’ai toujours tenté d’in­sis­ter sur une zone d’in­com­pré­hen­sion récur­rente : l’auto-immo­la­tion n’est pas un suicide, pas plus qu’elle est un geste de déses­poir. Elle doit plutôt être comprise comme un sacri­fice pour une cause plus grande que soi, une tenta­tive de faire pres­sion pour que des chan­ge­ments adviennent, comme on vient de le consta­ter en exami­nant ces deux pics d’auto-immo­la­tions. Un tel acte ne peut être jugé selon les préceptes du boud­dhisme, mais seule­ment à l’aune des consé­quences poli­tiques qu’il engendre. Toutes et chacune de ces flammes rugis­santes sur le plateau tibé­tain ont été allu­mées par l’op­pres­sion ethnique. Chacune de ces flammes est une torche proje­tant un peu de lumière sur une terre prison­nière de l’obs­cu­rité. Elles sont le prolon­ge­ment des révoltes de 2008 et perpé­tuent la déci­sion des moines de ce mémo­rable mois de mars : « Nous devons nous défendre ! » Les tenta­tives de coller à ces actes l’étiquette du suicide – voire même, curieu­se­ment, celle d’acte défendu de « tuer » – sont l’une comme l’autre des inter­pré­ta­tions tota­le­ment erro­nées du phéno­mène ou, plus proba­ble­ment, un type de mésin­ter­pré­ta­tion déli­bé­rée qu’on ne relève que trop souvent dans la propa­gande du régime chinois. Un moine de haut-rang m’a un jour expli­ci­te­ment confié : « Les cas d’auto-immo­la­tions au Tibet ne trans­gressent abso­lu­ment aucun ensei­gne­ment boud­dhiste en matière de meurtre. Ils ne s’op­posent en rien au Dharma, et ne l’en­freignent certai­ne­ment pas. Ce qui incite les gens à s’im­mo­ler au Tibet, moines et profanes, n’a rien à voir avec un inté­rêt person­nel… Ces actes sont commis pour proté­ger le Dharma et conqué­rir le droit du peuple tibé­tain à la liberté et à la démo­cra­tie. »

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Drapeaux de prières tibé­tains
Crédits

 


Traduit de l’an­glais par Martin Fouquet d’après l’ar­ticle « Why Are Tibe­tans Setting Them­selves on Fire? », paru dans la New York Review of Books et adapté du livre de Tsering Woeser inti­tulé “Tibet on Fire: Self-Immo­la­tions Against Chinese Rule”, publié chez Verso. Couver­ture : Le drapeau tibé­tain en flammes. Créa­tion graphique par Ulyces.

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