Il s’appelle Jesus Hector Palma Salazar. Ce nom ne vous dit rien ? Ce n’est pas étonnant, l’homme est en prison depuis bientôt 19 ans. Mais vous connaissez bien son ancien associé : Joaquín Guzmán, dit « El Chapo ». Palma Salazar est en effet le co-fondateur du cartel de Sinaloa, l’une des organisations criminelles les plus puissantes du Mexique et du reste du monde. En juin prochain, Palma Salazar sera relâché de la prison fédérale américaine dans laquelle il est incarcéré, arrivé au terme de sa peine. Que se passera-t-il ensuite ? Retournera-t-il aux affaires ou se retirera-t-il de la partie pour couler des jours tranquilles sur les plages du golfe de Californie ? La question ne se pose pas que pour Palma Salazar. Au cours des quatre prochaines années, trois acteurs majeurs du monde des cartels mexicains vont retrouver la liberté. Et dans l’hypothèse où les anciens parrains voudraient reprendre du service, comment feront-ils face aux jeunes loups qui ont surgi récemment partout au Mexique, à la faveur du morcellement exponentiel des cartels mexicains ? Seul le temps pourra le dire. Palma Salazar revient de loin. En 1978, il a été arrêté une première fois en Arizona et condamné à huit ans de prison pour trafic de drogue. À sa sortie, il est retourné illico au Mexique où il a repris sa carrière en suspens. On raconte que pendant qu’il était derrière les barreaux en 1978, sa femme Guadalupe est tombée amoureuse du mari de sa sœur, un Vénézuélien répondant au nom de Rafael Clavel. Palma Salazar et Clavel travaillaient ensemble depuis les premières heures du cartel de Guadalajara. Clavel a fait retirer à Guadalupe sept millions de dollars que Salazar avait déposés dans une banque mexicaine. Lui et la femme de Salazar se sont ensuite enfuis avec ses deux enfants. Salazar était furieux, comme on peut l’imaginer, et il a juré de se venger de Clavel. Clavel a répondu à la menace. À sa manière. Un matin, Salazar a reçu la tête de Guadalupe conservée dans de la glace. De retour au Venezuela, Clavel a poursuivi sa macabre entreprise en jetant les deux enfants, l’un après l’autre, du haut d’un pont. Il a fait filmer la scène et envoyé l’enregistrement à Salazar. « Ça l’a dévasté », se souvient Mike Vigil, un chef de la DEA en retraite. « Après qu’on a tué ses enfants, Salazar a perdu toute moralité. » 
