par Amy Wallace | 0 min | 11 mai 2017

Les épaves du Triangle des Bermudes reviennent par vagues dans le flot de l’ac­­tua­­lité, comme portées par le ressac. À inter­­­valle irré­­gu­­lier, de nouvelles théo­­ries tentent d’ex­­pliquer leur dispa­­ri­­tion, il y a plusieurs décen­­nies, dans cette région située entre l’ar­­chi­­pel des Bermudes, la Floride et Porto Rico. Qu’on accuse les bulles de gaz sous-marines ou les nuages, comme cela a été fait ces deux dernières années, navi­­guer dans les eaux froides de la science ne suffit jamais à éteindre le doute. Pour beau­­coup, seules les lumières surna­­tu­­relles paraissent éclai­­rer cette immense zone d’ombre. Qu’a-t-on appris sur la capri­­cieuse mer des Sargasses depuis que Chris­­tophe Colomb y a perdu le nord en 1492 ? Qu’y a-t-il dans les replis de cette légende forgée par sédi­­men­­ta­­tion ? Seule une archéo­­lo­­gie du mythe peut le dévoi­­ler.

Une carte du Chicago Tribune datant du 5 février 1979

Le vais­­seau fantôme

Une mer d’huile berce les passa­­gers de l’Ellen Austin en ce 15 juillet 1881. Depuis le pont, l’ho­­ri­­zon se perd en d’im­­per­­cep­­tibles ondu­­la­­tions entre ciel et océan. Alors que le navire de la Grin­­nell, Mintern & Co entame le dernier quart de sa traver­­sée de l’At­­lan­­tique, le capi­­taine Baker sonde les flots aux jumelles. Dans le loin­­tain se détachent soudain deux mats, semblables à des char­­nières en bois à la jonc­­tion de l’eau et de l’Azur. Personne n’est visi­­ble­­ment à bord de ce vais­­seau à la dérive, vierge de pavillon et de nom. Sous l’ef­­fet pous­­sif du vent, l’El­­len Austin met quatre jours pour arri­­ver à hauteur de proue. Le bâti­­ment est désert. Après avoir inspecté jusqu’aux cales vides, Baker ordonne à six de ses hommes de prendre la barre pour convoyer vers le Nouveau Monde. À l’ap­­proche des Bermudes, les deux voiliers essuient une violente tempête. Le capi­­taine Baker a beau rechaus­­ser ses jumelles, il ne trouve plus trace de l’équi­­page trans­­bordé, disparu à jamais. Mais le vais­­seau fantôme a lui été sauvé de l’ou­­bli. Dans le livre The Star­­ga­­zeer Talks, publié en 1944, le lieu­­te­­nant Rupert T. Gould soutient qu’il a réap­­paru en même temps que le beau temps. Mais il était vide. Bien que Gould soit connu comme un vulga­­ri­­sa­­teur scien­­ti­­fique sérieux, sa version des faits est sujette à caution, d’autres auteurs ne faisant pas mention de ce retour. Elle a néan­­moins pros­­péré sur la légende du Triangle des Bermudes, parfai­­te­­ment inté­­grée à une longue et énig­­ma­­tique liste de naufrages dans la région. Avant l’Ellen Austin, une bonne dizaine d’em­­bar­­ca­­tions se sont abîmées au seuil des Caraïbes, à commen­­cer par l’Insur­­gente. Cons­­truite par la marine française en 1791, cette frégate a été captu­­rée par la Navy au large de la Loui­­siane neuf ans plus tard. Lorsque le terri­­toire revint aux États-Unis, en 1803, elle repo­­sait au fond de l’océan, vrai­­sem­­bla­­ble­­ment coulée par une tempête. Le sceau du mystère frappe aussi le Rosa­­lie. Dans un article du 5 novembre 1840, le Times rapporte la décou­­verte de ce navire français aban­­donné dans les envi­­rons de Nassau, aux Baha­­mas, sans âme qui vive. En appre­­nant qu’il reliait Hambourg à La Havane, l’his­­to­­rien britan­­nique Paul Begg a toute­­fois émis une hypo­­thèse. « Il fait peu de doute que le Rosa­­lie était en fait le Rossini », écrit-il en 2005, « un vais­­seau qui avait le même itiné­­raire et dont les passa­­gers avaient été secou­­rus. » En atten­­dant cette mise au point, le mystère autour de la région enflait comme voile au vent.

Une gravure de l’Ellen Austin

Égrai­­nées dans le roman de Jules Verne Face au drapeau (1894), aux abords d’un îlot imagi­­naire de l’ar­­chi­­pel des Bermudes, les dispa­­ri­­tions de submer­­sibles ont conti­­nué dans la première moitié du XXe siècle. En 1918, l’un des plus gros appa­­reils de la marine améri­­caine, l’USS Cyclops, s’est même vola­­ti­­lisé quelque part entre la Barbade et Balti­­more sans lais­­ser de trace. Mais la légende du Triangle des Bermudes vient du ciel. Ce nom appa­­raît pour la première fois sur la couver­­ture du maga­­zine améri­­cain Argosy en février 1964, sous la plume de Vincent Gaddis. Au fil des lignes, le jour­­na­­liste raconte par le menu le drame qui toucha l’US Air Force le 5 décembre 1945. En début d’après-midi, cinq TBF Aven­­ger décollent de Fort Lauder­­dale, en Floride, pour un entraî­­ne­­ment de deux heures baptisé « Vol 19 ». Vers 15 h 15, après avoir dûment rempli un test de bombar­­de­­ment, le comman­­dant Charles Taylor prend contact avec la tour de contrôle. « Cas d’ur­­gence, nous semblons avoir dévié de notre route, nous n’aper­­ce­­vons pas la terre », crépite la radio. À quoi les opéra­­teurs répondent de mettre le cap à l’ouest. « Nous ne savons pas ou se trouve l’ouest », se lamente alors le comman­­dant, désem­­paré. « Quelque chose ne tourne pas rond. Nous ne sommes sûrs d’au­­cune direc­­tion, même la mer paraît bizarre. » D’autres pilotes se mettent à évoquer des radars affo­­lés. Puis plus rien. Sur les deux avions envoyés à leur recherche, un seul rentre à la base, l’autre ayant explosé en vol. En l’ab­­sence d’épave, la presse relaie toutes sortes de spécu­­la­­tions. « Ils sont encore là mais dans l’autre dimen­­sion d’un phéno­­mène magné­­tique qui pour­­rait être l’œuvre d’un ovni », se hasarde Manson Valen­­tin, dans le Miami News. Présenté comme un « homme de science ayant étudié la région des années durant » dans le best-seller de Charles Berlitz, Le Triangle de Bermudes (1974), cet archéo­­logue a dédié une bonne partie de sa vie à la recherche de l’At­­lan­­tide et à l’écri­­ture d’ou­­vrages sur le sujet, dont certains avec Charles Berlitz. Mais il n’est pas seul à remettre la faute sur les habi­­tants d’une planète loin­­taine. « Mon fils est encore vivant, quelque part dans l’es­­pace », confie la mère d’un pilote disparu. Peu avant la publi­­ca­­tion du livre, le jour­­na­­liste Art Ford rapporte une phrase de Charles Taylor qu’au­­rait enten­­due un radio amateur : « Ne partez pas à ma recherche, on dirait qu’ils viennent d’une autre dimen­­sion. »

Deux TBF Aven­­ger de la Seconde Guerre mondiale

En 1977, en prélude à des Rencontres du troi­­sième type, les TBF Aven­­ger sont retrou­­vés dans les sables du désert de Sonora, au nord du Mexique. Pour le film, Steven Spiel­­berg s’ap­­pro­­prie la thèse extra­­­ter­­restre dont Charles Berlitz est le meilleur défen­­seur. De 1945 à 1965, quinze avions de lignes dispa­­rurent dans cette zone ainsi qu’un grand nombre d’ap­­pa­­reils mili­­taires et privés, d’après le décompte de ce dernier. « C’est un vrai mystère », selon un offi­­cier du Troi­­sième district naval de la marine cité dans son ouvrage. « Il ne semble pas y avoir de raisons logiques ou physiques. »

Lame de fond

La réponse à Charles Berlitz ne s’est pas faite attendre. Dès 1975, Lawrence David Kusche publie les résul­­tats de trois ans de recherches pour « résoudre le mystère » du Triangle des Bermudes. Fréquem­­ment inter­­­rogé par un étudiant sur le sujet, ce libraire de l’uni­­ver­­sité d’État d’Ari­­zona trie le vrai du faux. Tout « scep­­tique et obstiné » qu’il était, « Gould ne cite pas sa source » remarque-t-il au sujet de l’Ellen Austin. Faute de quoi, on peut diffi­­ci­­le­­ment lever le voile sur le fameux vais­­seau fantôme. En collec­­tant des données sur la météo de 1918, Larry Kusche réus­­sit en revanche à prou­­ver que le ciel était parti­­cu­­liè­­re­­ment chargé au moment où le Cyclops a été emporté par le fond. Igno­­rée par la presse, la tempête qui s’est abat­­tue dans le secteur des îles Vierges autour du 10 mars a aussi échappé aux enquê­­teurs car ils cher­­chaient du côté des Antilles. Des raisons simi­­laires expliquent sans doute la catas­­trophe du Vol 19. Quali­­fiées de « bonnes » lors du décol­­lage, les condi­­tions météo­­ro­­lo­­giques se sont vites dégra­­dées. Or, le lieu­­te­­nant Charles Taylor s’est retrouvé à guider les autres appa­­reils dans une région qu’il connais­­sait mal, aiguillé par un radar défaillant. Comble du tragique, note Kusche, il « était sur la bonne voie », juste avant de perdre son sang-froid.

À suppo­­ser que le gaz empri­­sonné dans la glace remonte à la surface, il pour­­rait aspi­­rer les navires sous l’eau.

Dans bien des cas, la météo se retrouve donc sur le banc des accu­­sés aux côtés des victimes elles-mêmes. Globa­­le­­ment, « il y a près de 50 % des naufrages qui se produisent par mauvais temps », précise Michel Olagnon, océa­­no­­graphe à l’Ifre­­mer. « Mais le plus souvent, ce n’est qu’une circons­­tance aggra­­vante d’er­­reurs humaines. » En dépit des dessa­­lages à répé­­ti­­tion dans la partie méri­­dio­­nale de l’océan Atlan­­tique nord, le manque de vigi­­lance y est encore problé­­ma­­tique dans la mesure où une tempête peut se décla­­rer en quelques minutes. « Le Gulf stream entraîne des vagues qui arrivent à rebours. Elles proviennent de tempêtes hors de vue qui se cambrent contre le courant. » De pareilles condi­­tions atmo­s­phé­­riques peuvent entraî­­ner ce qu’on appelle un « grain blanc », c’est-à-dire un orage qui éclate sans signe annon­­cia­­teur. Dému­­nis face à la soudai­­neté et la violence du phéno­­mène, des équi­­pages entiers en ont fait les frais alors que « souvent, si les gens avaient su l’an­­ti­­ci­­per, ce ne serait pas arrivé », indique Michel Olagnon. Cette Lame de fond mise à l’écran par Ridley Scott en 1996 s’est abat­­tue sur Chris­­to­­pher Shel­­don le 2 mai 1961. En quelques secondes, dans le film inspiré de son histoire, on peut voir le Soleil dispa­­raître derrière une nébu­­leuse grise et un mur d’eau défer­­ler sur son voilier, l’Alba­­tros. « C’était loca­­lisé et très puis­­sant », se souvient-il. « Le vent devait souf­­fler à envi­­ron 240 km/h. » Au cœur de la tempête, six personnes passent par-dessus bord : la femme du capi­­taine, le cuisi­­nier et quatre étudiants. Un quart de siècle plus tard, Chris­­to­­pher Shel­­don ne pourra s’em­­pê­­cher de quit­­ter la salle de cinéma avant la scène fati­­dique. Sous l’écume qui perturbe la navi­­ga­­tion sans préve­­nir se cachent par endroits des amas d’algues suffi­­sam­­ment compactes pour compliquer davan­­tage les manœuvres. Ces sargasses « sont un souci pour le gouver­­nail », explique Gilles Rever­­din, cher­­cheur au Labo­­ra­­toire d’océa­­no­­gra­­phie et du climat (LOCEAN). Asso­­ciées au mauvais temps, elles peuvent rendre le chavi­­rage inéluc­­table. Pour autant, les dési­­gner respon­­sables paraît exagéré à Michel Olagnon. « Elles peuvent tout juste empê­­cher l’avan­­ce­­ment d’un petit navire », tempère-t-il. À défaut de trou­­ver les raisons profondes du danger en surface, les médias sont allés pêcher une expli­­ca­­tion dans les abysses. En extra­­­po­­lant un article scien­­ti­­fique paru à l’été 2015, le Sibe­­rian Times a accro­­ché à sa remorque une kyrielle de sites et de jour­­naux, enclins à exami­­ner à nouveaux frais le mystère du Triangle des Bermudes. Alors que leur étude concer­­nait des poches de méthane dans l’océan Arctique, des cher­­cheurs russes et norvé­­giens l’ont retrou­­vée partout pour expliquer les naufrages non loin des Caraïbes. Car à suppo­­ser que ce gaz empri­­sonné dans la glace remonte à la surface de la même manière en Amérique qu’au nord de l’Eu­­rope, il pour­­rait très bien aspi­­rer les navires sous l’eau. Sauf, rétorque Gilles Rever­­din, que « si la théo­­rie est accep­­table dans certaines parties de la planète, il est peu probable que ce phéno­­mène se produise natu­­rel­­le­­ment dans le Triangle des Bermudes. Les fonds marins de l’At­­lan­­tique sont trop profonds et la matière orga­­nique pas assez impor­­tante pour pouvoir provoquer le naufrage de navires. » Par ailleurs, les bulles de gaz seraient trop petites en arri­­vant à l’air libre pour possé­­der un effet de cet ordre, observe la physi­­cienne britan­­nique Helen Czerski.

Un cratère causé par l’ex­­plo­­sion d’une poche de méthane en Sibé­­rie
Crédits : The Sibe­­rian Times

Désillu­­sion

Si le mystère du Triangle des Bermudes reste intacte, la fréquence des acci­­dents dans la région a consi­­dé­­ra­­ble­­ment plongé ces dernières années. Non seule­­ment les navires qui y passent sont plus robustes que par le passé, mais l’ob­­ser­­va­­tion satel­­li­­taire permet de tracer avec plus ou moins de préci­­sion les cyclones subtro­­pi­­caux. « Nous n’en sommes capables que depuis peu mais cela repré­­sente un progrès consi­­dé­­rable », avance Michel Olagnon. « Cela dit, il est impos­­sible pour les embar­­ca­­tions de faire fonc­­tion­­ner des radars de pluie en perma­­nence et la qualité des appa­­reils n’est pas suffi­­sante. » Aussi, ne mettent-ils pas leurs utili­­sa­­teurs à l’abri des raccour­­cis. Quelques jours seule­­ment après la propa­­ga­­tion de la théo­­rie des bulles de méthane, une autre thèse a été diffu­­sée par l’émis­­sion de télé­­vi­­sion What on earth, diffu­­sée par la chaîne améri­­caine Science. Sur des photo­­gra­­phies satel­­li­­taires des Baha­­mas, le direc­­teur du dépar­­te­­ment de météo­­ro­­lo­­gie de l’uni­­ver­­sité d’État d’Ari­­zona, Randall Cerveny, expliquait avoir repéré la forma­­tion de trous en forme d’hexa­­gones au milieu des nuages. « Norma­­le­­ment, la posi­­tion des nuages est aléa­­toire », expliquait alors son confrère du Colo­­rado, Steve Miller. Or, cette dispo­­si­­tion inso­­lite est située à la pointe ouest du Triangle de Bermudes. « Ces formes hexa­­go­­nales au-dessus de l’océan forment des bombes d’air », ajou­­tait Randall Cerveny face caméra. « En venant frap­­per l’océan, elle peuvent créer des vagues massives. » Reprise dans une foule d’ar­­ticles, l’in­­for­­ma­­tion était pour­­tant réfu­­tée rapi­­de­­ment par sa source. Dans les jours qui ont suivi la publi­­ca­­tion, le cher­­cheur s’est élevé contre « un montage horrible », ajou­­tant : « J’étais vrai­­ment hors de moi en voyant ça. » Ce qu’il présen­­tait comme une possi­­bi­­lité, un argu­­ment réfu­­table, avait été trans­­formé en une cause. « Il n’y a presque aucune chance pour que ces nuages fassent le lien entre toutes les histoires autour du Triangle des Bermudes », insis­­tait de son côté Steve Miller. D’au­­tant que le même genre de forma­­tion nuageuse peut-être observé ailleurs.

Sur Inter­­net, vous trou­­ve­­rez toujours des gens prêts à croire n’im­­porte quoi…

Le 28 janvier 1986, la navette spatiale Chal­­len­­ger se désin­­tègre 73 secondes seule­­ment après son décol­­lage de Meritt Islands, en Floride. Reporté à plusieurs reprises à cause de mauvaises condi­­tions météo­­ro­­lo­­giques, le lance­­ment échoue fina­­le­­ment car l’ap­­pa­­reil résiste mal aux basses tempé­­ra­­tures. Au cours des recherches, l’ar­­chéo­­logue John Myrhe exhume oppor­­tu­­né­­ment des débris d’Aven­­ger, au large de la Floride. Il pense tenir dans ses mains un morceau du mystère du Triangle des Bermudes, mais une étude de la Navy démontre que cet avion n’avait rien à voir avec le Vol 19. Deux ans plus tard, le cher­­cheur de trésor Graham Hawkes vit la même désillu­­sion, lais­­sant planer un doute sur le deve­­nir des épaves. « En géné­­ral, si un navire heurte des récifs coral­­liens, on le retrouve », indique Gilles Rever­­din. « Mais s’il échoue au cours d’une grosse tempête, c’est extrê­­me­­ment diffi­­cile de le retrou­­ver sur 4 000 mètres de profon­­deur, surtout si le fond n’est pas très régu­­lier. » La tâche se complique dès lors que l’aire de dispa­­ri­­tion est mal déli­­mi­­tée. Or, quan­­tité de naufrages qui peuplent la légende du Triangle des Bermudes ont eu lieu à des endroits diffé­­rents, démontre Larry Kusche dans son livre. « Dans l’ima­­gi­­naire des gens, les Caraïbes sont para­­di­­siaques », explique Michel Olagnon. « Leur ciel bleu fait oublier que des oura­­gans y passent. Quand ils y sont confron­­tés, ils pensent devoir impro­­vi­­ser alors que c’est préci­­sé­­ment le moment de se raccro­­cher à ce qu’on sait faire. » Une panique que le comman­­dant du Vol 19, Charles Taylor, n’est pas le seul à avoir connu. Mais sans même entrer dans des consi­­dé­­ra­­tions psycho­­lo­­giques et tech­­niques, un simple coup d’œil aux statis­­tiques permet de battre en brèche les théo­­ries les plus fumeuses. Le nombre de navires à avoir démâté en mer des Sargasses n’est pas plus élevée qu’ailleurs dans le monde. « Il n’y a aucune preuve que des dispa­­ri­­tions mysté­­rieuses se produisent à une plus grande fréquence dans le Triangle des Bermudes que dans un autre grand point de passage », écri­­vait le Natio­­nal Ocean Service en 2010. « À l’époque où les cartes et la navi­­ga­­tion n’étaient pas très bonnes, les atolls de la zone ajou­­taient des dangers », précise Gilles Rever­­din. « Mais les derniers chiffres ne montrent aucun pic anor­­mal de désastres par rapport à la super­­­fi­­cie et la fréquen­­ta­­tion de la zone. » Ainsi, on peut tout à fait tracer un triangle entre Saint-Pierre-et-Mique­­lon, la Nouvelle Écosse et l’île de Sable, à l’est du Canada, afin d’ob­­te­­nir un résul­­tat simi­­laire si ce n’est plus effrayant. C’est pourquoi le Triangle des Bermudes n’existe pas aux yeux des compa­­gnies d’as­­su­­rances, dont les tarifs ne bougent pas d’un centime pour ceux qui s’ap­­prêtent à péné­­trer la zone. Dès 1975, Larry Kusche attes­­tait que « jusqu’à présent, aucune théo­­rie n’a été capable d’ex­­pliquer tout ou la majeure partie des inci­­dents », préfé­­rant s’en remettre à un archi­­pel de causes. Mais ses mots sont noyés dans un tour­­billon de fantasmes.

Un triangle encore plus redou­­table que celui des Bermudes !
Crédits : Google Maps

Couver­­ture : Une fresque de toute beauté illus­­trant les effets du Triangle des Bermudes.
 
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