par Camille Hamet | 26 mars 2017

Connue pour la beauté spec­­ta­­cu­­laire de ses paysages et sa chan­­teuse iconique, Björk, l’Is­­lande est égale­­ment un labo­­ra­­toire poli­­tique et écono­­mique scruté par les médias. À tel point que certains n’hé­­sitent pas à quali­­fier cette petite île de l’At­­lan­­tique nord, qui ne compte que 330 0000 habi­­tants, de meilleur pays du monde. Et de fait, l’Is­­lande est aujourd’­­hui la nation la plus paisible et la plus paritaire. Elle est aussi l’une des plus pros­­pères. Après son retour sur les marchés des capi­­taux le 14 mars dernier, 2017 devrait être une nouvelle année de crois­­sance posi­­tive, à plus de 3,5 % du PIB, tandis que le chômage et la dette publique sont en baisse. Des perfor­­mances écono­­miques d’au­­tant plus louables que l’Is­­lande était en banque­­route il y a moins de dix ans…


Des couronnes islan­­daises
Crédits : Herdis

La révo­­lu­­tion des casse­­roles

Au début de l’an­­née 2008, la couronne islan­­daise décline. L’in­­fla­­tion part à la hausse. La note des agences de nota­­tion inter­­­na­­tio­­nales se dégrade pour l’en­­semble du pays. Puis, au milieu du mois de septembre, la banque améri­­caine Lehman Brothers s’ef­­fondre, entraî­­nant dans sa chute les trois prin­­ci­­pales banques commer­­ciales islan­­daises, qui sont alors natio­­na­­li­­sées ou mises sous tutelle. Le 8 octobre, le Premier ministre du Royaume-Uni, Gordon Brown, applique une loi anti-terro­­riste afin de bloquer les avoirs de la branche britan­­nique de la banque Icesave. Le gouver­­ne­­ment islan­­dais se tourne alors vers la Russie, les pays scan­­di­­naves et le Fonds moné­­taire inter­­­na­­tio­­nal (FMI) pour épon­­ger la dette contrac­­tée par l’État lors de cette opéra­­tion. Le FMI finit par lui accor­­der un prêt éche­­lonné de 2,1 milliards de dollars, qui est asso­­cié à un prêt de 2,5 milliards de dollars des pays nordiques, de l’Union euro­­péenne, des îles Féroé, de la Pologne et de la Russie. Faillites et licen­­cie­­ments se multi­­plient, le chômage explose, les épargnes fondent. Nombre d’Is­­lan­­dais envi­­sagent l’émi­­gra­­tion. « Le Tigre nordique est à terre, blessé à mort », résume le jour­­na­­liste Jérôme Skalski dans son livre La Révo­­lu­­tion des casse­­roles : Chro­­nique d’une nouvelle consti­­tu­­tion pour l’Is­­lande. Mais il n’a pas dit son dernier mot.

Mani­­fes­­ta­­tion devant le Parle­­ment

Dès le 10 octobre, des mani­­fes­­tants réclament la démis­­sion du direc­­teur de la Banque centrale d’Is­­lande, David Oddsson. Le lende­­main, l’au­­teur-compo­­si­­teur Hördur Torfa­­son, armé d’une guitare et d’un micro, orga­­nise un rassem­­ble­­ment sur la place qui fait face à l’Al­­thing, siège du Parle­­ment islan­­dais. C’est le point de départ d’un mouve­­ment contes­­ta­­taire qui va non seule­­ment obte­­nir la démis­­sion de David Oddsson, mais égale­­ment celle du Premier ministre conser­­va­­teur Geir Haarde, le 26 janvier 2009. « Mettant en cause la respon­­sa­­bi­­lité du gouver­­ne­­ment et de l’oli­­gar­­chie finan­­cière et poli­­tique locale dans la crise qui s’abat sur le pays et son ampleur, arbo­­rant pancartes, frap­­pant sur des usten­­siles de cuisine, dénonçant leur corrup­­tion et leur irres­­pon­­sa­­bi­­lité, des milliers d’Is­­lan­­dais, de tous âges et de toutes condi­­tions, mani­­festent, événe­­ment rare en Islande, pendant plusieurs semaines dans les rues de leur capi­­tale », raconte Jérôme Skalski. « C’est la “révo­­lu­­tion des casse­­roles”. »

Un nouveau gouver­­ne­­ment est formé en coali­­sant trois partis de gauche, et Jóhanna Sigur­­dardóttir devient la première Première ministre d’Is­­lande. Mais le président Ólafur Ragnar Grim­s­son va lui aussi jouer un rôle essen­­tiel dans la gestion de la crise finan­­cière. Il est à l’ori­­gine de deux réfé­­ren­­dums, le 6 mars 2010 et le 9 avril 2011, sur l’in­­dem­­ni­­sa­­tion des clients étran­­gers de Icesave, à chaque fois refu­­sée par les citoyens. « Nous n’avons pas choisi la voie ortho­­doxe », s’est féli­­cité Ólafur Ragnar Grim­s­son en 2013, alors que le pays avait déjà retrouvé sa bonne santé écono­­mique. « Nous avons laissé les banques faire faillite, instauré le contrôle des capi­­taux et nous n’avons pas appliqué de cure d’aus­­té­­rité comme il est imposé dans plusieurs pays euro­­péens. Nous avons veillé dans nos plans d’éco­­no­­mies à préser­­ver l’État-provi­­dence, en parti­­cu­­lier sur l’édu­­ca­­tion et la santé. » Cepen­­dant, les Islan­­dais ne se sont pas conten­­tés de répondre à des réfé­­ren­­dums. Les semaines de mani­­fes­­ta­­tions à coups de spatules sur des casse­­roles avaient en effet mené à la créa­­tion d’un nouveau parti poli­­tique, le Mouve­­ment des citoyens, ainsi que de plusieurs think tanks, et les partis parve­­nus au pouvoir ont rapi­­de­­ment annoncé leur inten­­tion d’as­­so­­cier le peuple à la rédac­­tion d’une nouvelle Cons­­ti­­tu­­tion.

Les 25 citoyens char­­gés d’écrire les bases de la nouvelle consti­­tu­­tion

Le 14 novembre 2009, un forum natio­­nal est orga­­nisé à Reykja­­vik et diffusé sur Inter­­net, dans le but affi­­ché de préfi­­gu­­rer une assem­­blée consti­­tuante. Sur les 1 500 personnes présentes, 1 200 ont été choi­­sies au hasard ; les autres repré­­sentent diverses insti­­tu­­tions. L’an­­née suivante, un nouveau forum de citoyens est orga­­nisé à l’ini­­tia­­tive du gouver­­ne­­ment. Cette fois, les 950 parti­­ci­­pants ont tous été choi­­sis au hasard. Ils sont super­­­vi­­sés par un comité et offi­­ciel­­le­­ment char­­gés de rédi­­ger les bases de la nouvelle Cons­­ti­­tu­­tion. Après l’élec­­tion de 25 de ces citoyens et quelques péri­­pé­­ties juri­­diques, un docu­­ment est présenté au Parle­­ment en 2011 et validé par réfé­­ren­­dum en 2012. Compre­­nant de nouvelles clauses sur la protec­­tion des droits humains, ce texte affirme égale­­ment que les ressources natu­­relles de l’île sont des proprié­­tés inalié­­nables de l’État. Il n’a pas été adopté mais possède encore d’ar­­dents défen­­seurs, notam­­ment au sein du Parti pirate.

Un para­­dis numé­­rique

Le 2 décembre 2016, le Parti pirate, arrivé troi­­sième aux élec­­tions légis­­la­­tives d’oc­­tobre avec 14,5 % des voix, est chargé de former un gouver­­ne­­ment par le président Gudni Jóhan­­nes­­son, après les échecs succes­­sifs du Parti de l’in­­dé­­pen­­dance et du Mouve­­ment gauche-Verts. L’Oc­­ci­dent retient son souffle : l’Is­­lande va-t-elle être diri­­gée par un groupe d’anar­­chistes, de hackers et de geeks, qui se défi­­nit comme « le Robin des bois du pouvoir » ? Car l’île a beau ne pas avoir d’ar­­mée et ne comp­­ter que 330 000 habi­­tants, un tel scéna­­rio pour­­rait galva­­ni­­ser tous les mouve­­ments radi­­caux nés de la crise finan­­cière de 2008.

Birgitta Jónsdóttir, cofon­­da­­trice du Parti pirate islan­­dais
Crédits : Giles Clarke

Le Pari pirate islan­­dais a été fondé en 2012 par les acti­­vistes du Web Birgitta Jónsdóttir et Smári McCar­­thy, et il est entré au Parle­­ment dès 2013. « Si vous voulez nous placer quelque part sur le spectre poli­­tique, je dirais que nous sommes un parti qui a ses racines dans les droits civils », a expliqué Birgitta Jónsdót­­tir au quoti­­dien améri­­cain The Washing­­ton Post. « Mais nous ne sommes pas comme les nombreux partis de gauche qui veulent contrô­­ler leurs citoyens et créer des États qui les assistent. Nous croyons que ceux qui ont du pouvoir devraient être contrô­­lés, pas les indi­­vi­­dus. » Outre l’adop­­tion du projet de nouvelle Cons­­ti­­tu­­tion, le Parti pirate défend une poli­­tique envi­­ron­­ne­­men­­tale ambi­­tieuse, la gratuité totale des soins et des médi­­ca­­ments, la créa­­tion d’une commis­­sion de surveillance des acti­­vi­­tés de la police, l’or­­ga­­ni­­sa­­tion d’un réfé­­ren­­dum sur l’adhé­­sion du pays à l’Union Euro­­péenne, et l’élar­­gis­­se­­ment de la liberté de la presse. Mais c’est bien entendu le Web qui se trouve au cœur du programme du Parti pirate, qui veut faire de l’Is­­lande un véri­­table « para­­dis numé­­rique ». Pour finan­­cer ce programme, le Parti pirate compte sur une réforme de la fisca­­lité. Au-delà des taxes sur l’uti­­li­­sa­­tion des ressources natu­­relles prévues par la nouvelle Cons­­ti­­tu­­tion, il veut instau­­rer un système davan­­tage propor­­tion­­nel et mener une vaste campagne de lutte contre l’éva­­sion fiscale. Or, c’est la révé­­la­­tion des comptes bancaires extra­­­ter­­ri­­to­­riaux de l’an­­cien Premier ministre islan­­dais Sigmun­­dur Davíd Gunn­­laug­s­son qui a permis la percée des hackers aux dernières élec­­tions légis­­la­­tives. Comme Geir Haarde en janvier 2009, Sigmun­­dur Davíd Gunn­­laug­s­son avait été contraint de démis­­sion­­ner, en avril 2016, et le taux d’ap­­pro­­ba­­tion du Parti pirate était monté à 43 %.

Le trio de tête du Parti

Fina­­le­­ment, le 12 décembre 2016, Birgitta Jónsdót­­tir annonce que son parti a lui aussi échoué à former une coali­­tion. « C’est comme ça, si les gens ne se font pas suffi­­sam­­ment confiance pour sortir de leur pré carré, on ne peut pas les forcer à coopé­­rer s’ils ne sont pas convain­­cus d’ho­­no­­rer les promesses qui les ont fait élire », a-t-elle déclaré au quoti­­dien islan­­dais Morgun­­bla­­did. Le pouvoir échappe aux pirates. Mais, avec dix sièges au Parle­­ment sur 63, ils repré­­sentent main­­te­­nant une force poli­­tique incon­­tour­­nable en Islande. Leur parti y est d’au­­tant plus audible que le pays s’est montré parti­­cu­­liè­­re­­ment amical avec les acti­­vistes du Web ces dernières années. L’or­­ga­­ni­­sa­­tion WikiLeaks est en partie implan­­tée en Islande et son fonda­­teur, Julian Assange, y a régu­­liè­­re­­ment séjourné avant de se réfu­­gier dans l’am­­bas­­sade de l’Équa­­teur à Londres en juin 2012. À en croire l’an­­cien ministre islan­­dais Ögmun­­dur Jónas­­son, les États-Unis auraient même misé sur ces liens pour tenter de piéger le célèbre mili­­tant. D’après le récit de Ögmun­­dur Jónas­­son, les auto­­ri­­tés améri­­caines lui ont dit en juin 2011 que des hackers essayaient de détruire des systèmes infor­­ma­­tiques islan­­dais, afin de justi­­fier l’en­­voi d’un avion plein d’agents du FBI en août, et de solli­­ci­­ter la coopé­­ra­­tion du gouver­­ne­­ment dans une opéra­­tion desti­­née à piéger Julian Assange. Le ministre aurait alors demandé au FBI de cesser toute acti­­vité en Islande et pris posi­­tion pour WikiLeaks. Mais la crise écono­­mique et poli­­tique de 2008 n’a pas seule­­ment ouvert la brèche dans laquelle les pirates se sont engouf­­frés, elle a égale­­ment été une aubaine pour les femmes.

Un modèle d’éga­­lité

De l’in­­ter­­dic­­tion des clubs de strip-tease à la poli­­tique de quotas pour les postes de direc­­tion dans les entre­­prises, la coali­­tion de gauche au pouvoir entre 2009 et 2013 a beau­­coup œuvré pour une égalité formelle entre les hommes et les femmes. Et si l’iné­­ga­­lité sala­­riale persiste, elle pour­­rait être éradiquée d’ici 2022. C’est du moins l’objec­­tif affi­­ché par l’ac­­tuel gouver­­ne­­ment, qui a récem­­ment annoncé une mesure « radi­­cale » : l’obli­­ga­­tion pour les entre­­prises de rendre compte de la méthode utili­­sée pour déter­­mi­­ner les salaires tous les trois ans. Si elle est adop­­tée par le Parle­­ment, cette mesure consti­­tuera une nouvelle, et écla­­tante, victoire pour le mouve­­ment fémi­­niste islan­­dais, qui est né il y a plus de quarante ans.

Près de la moitié des dépu­­tés islan­­dais sont des dépu­­tées et le gouver­­ne­­ment est pari­­taire.

Le 24 octobre 1975, l’Is­­lande est para­­ly­­sée. Ce jour-là, les hôpi­­taux, les écoles, les entre­­prises, les fermes et même les foyers se trouvent dans l’in­­ca­­pa­­cité de fonc­­tion­­ner norma­­le­­ment. Et pour cause : 90 % des femmes ont aban­­donné bureaux, blouses blanches, pupitres, cuisines, enfants et maris, pour que le carac­­tère indis­­pen­­sable de leur travail, qu’il soit rému­­néré ou non, soit enfin reconnu. Des milliers d’entre elles ont gagné le centre-ville de Reykjavík, dont les rues aux façades colo­­rées résonnent de leurs chants. « C’était une mani­­fes­­ta­­tion incroyable », se souvient avec émotion Thor­­dis Loa Thorhalls­­dot­­tir, prési­­dente de l’As­­so­­cia­­tion des femmes d’af­­faires en Islande. « Je peux encore sentir la foule autour de moi – son éner­­gie, son pouvoir et sa fierté. » Elle avait alors dix ans et accom­­pa­­gnait sa mère, chan­­teuse et musi­­cienne, « l’une des rares femmes de son époque à avoir une carrière à plein temps ». « La plupart des gens s’at­­ten­­daient à ce qu’elle renonce à ses rêves pour élever ses quatre enfants, mais elle ne s’est pas laissé faire », raconte Thor­­dis Loa Thorhalls­­dot­­tir. La parti­­ci­­pa­­tion de sa mère à la grève et à la mani­­fes­­ta­­tion n’al­­lait pour­­tant pas davan­­tage de soi que celle des autres femmes de son village. « Nous avons dû tenir tête aux hommes », affirme-t-elle« Ils avaient peur de perdre le contrôle. Et ils avaient raison. Mais il a surtout fallu trou­­ver une solu­­tion de garde pour les plus petits… » Fina­­le­­ment, les femmes trop âgées pour mani­­fes­­ter ont proposé de s’oc­­cu­­per d’eux. Les autres sont montées dans un bus plein à craquer, direc­­tion Reykjavík Dans le village de Thor­­dis Loa Thorhalls­­dot­­tir, comme partout ailleurs en Islande, pays qui a long­­temps dépendu de la navi­­ga­­tion, les femmes ont toujours acti­­ve­­ment parti­­cipé à la vie écono­­mique. Pendant que les hommes traver­­saient les océans, elles chas­­saient, culti­­vaient, récol­­taient, tenaient les comptes et répa­­raient les habi­­ta­­tions. Mais l’in­­dus­­tria­­li­­sa­­tion de l’île et le déve­­lop­­pe­­ment de la finance les ont d’abord lais­­sées de côté. Et des siècles de travail n’avaient pas suffi à leur ouvrir les portes du pouvoir. En 1975, seule­­ment neuf femmes avaient déjà siégé au Parle­­ment.

Les femmes mani­­festent à Reykjavík en 1975

Une fois de retour chez elles, Thor­­dis Loa Thorhalls­­dot­­tir et sa mère prennent conscience de l’am­­pleur du mouve­­ment de grève et de protes­­ta­­tion auquel elles viennent de parti­­ci­­per. « En réalité, tout le pays était devant la télé­­vi­­sion, et il n’en croyait ni ses yeux ni ses oreilles. 30 000 femmes avaient défilé dans les rues ! À l’époque, cela repré­­sen­­tait une part consi­­dé­­rable de la popu­­la­­tion. Les hommes ont dû admettre que la grève avait eu un énorme impact. Rien n’a plus jamais été comme avant. »

Aujourd’­­hui, près de la moitié des dépu­­tés islan­­dais sont des dépu­­tées et le gouver­­ne­­ment est pari­­taire. Quant à Thor­­dis Loa Thorhalls­­dot­­tir, elle est à la tête de l’une des plus impor­­tantes compa­­gnies de tourisme du pays, Gray Line. Aupa­­ra­­vant, elle a travaillé pour la Ville de Reykjavík, ensei­­gné à l’uni­­ver­­sité, animé une émis­­sion de télé­­vi­­sion, géré des fran­­chises de la chaîne Pizza Hut en Islande et en Finlande. « Ce parcours ne m’a pas empê­­chée d’éle­­ver deux garçons et une fille », précise-t-elle. « Pour la simple et bonne raison que le fait d’avoir des enfants est une respon­­sa­­bi­­lité parta­­gée entre l’homme et la femme, et non la respon­­sa­­bi­­lité exclu­­sive de la femme. » Cette idée n’est pas seule­­ment commu­­né­­ment admise en Islande, elle est aussi au cœur de l’or­­ga­­ni­­sa­­tion du travail et de la vie fami­­liale. À la nais­­sance d’un enfant, les deux parents béné­­fi­­cient de trois mois de congé chacun, ainsi que de trois mois supplé­­men­­taires, à parta­­ger comme bon leur semble. Puisque l’in­­dem­­nité est élevée – elle repré­­sente 80 % du salaire jusqu’à un plafond de 2 600 euros –, et puisque le congé du père ne peut être trans­­féré à la mère, 90 % des hommes en profitent. Pour Thor­­dis Loa Thorhalls­­dot­­tir, ce système de congé paren­­tal mis en place en 2000 « fait toute la diffé­­rence », aussi bien à la maison qu’au travail. « Les études montrent qu’a­­près avoir pris leurs trois mois de congé mini­­mum, les pères sont beau­­coup plus impliqués dans l’édu­­ca­­tion des enfants et les tâches ména­­gères », dit-elle. « Les employeurs n’ont plus de raison valable de favo­­ri­­ser un homme au détri­­ment d’une femme à l’em­­bauche : tous les deux arrê­­te­­ront de travailler à la nais­­sance de leur enfant, tous les deux ont besoin de temps pour l’éle­­ver et prendre soin de lui. » Un modèle paren­­tal qui devrait forte­­ment influen­­cer les géné­­ra­­tions futures, seules garantes des récentes avan­­cées sociales du pays.

Les Islan­­dais soutiennent l’équipe natio­­nale de foot­­ball
Crédits : Sports Illus­­tra­­ted

Couver­­ture : Pano­­rama de Reykjavík.


LES ISLANDAIS SAVENT COMMENT LUTTER CONTRE L’ABUS DE DROGUE CHEZ LES ADOS, ET CE N’EST PAS PAR LA PRISON

Depuis la fin des années 1990, l’Is­­lande se sert d’enquêtes menées auprès des jeunes pour empê­­cher leurs dérives. Les résul­­tats sont hallu­­ci­­nants.

C’est un dimanche enso­­leillé, il est un peu moins de 15 heures et le parc Laugar­­da­­lur, près du centre de Reykjavík, semble pratique­­ment désert. On voit de temps à autre un adulte avec une pous­­sette, mais le parc est entouré par des immeubles et des maisons, et ce n’est pas un jour d’école – alors où sont passés tous les enfants ? Se promènent avec moi Gudberg Jóns­­son, un psycho­­logue, et Harvey Milk­­man, un profes­­seur de psycho­­lo­­gie améri­­cain qui enseigne une partie de l’an­­née à l’uni­­ver­­sité de Reykjavík. « Il y a vingt ans, les adoles­­cents islan­­dais comp­­taient parmi les jeunes les plus consom­­ma­­teurs d’al­­cool en Europe », raconte Jóns­­son. « Vous ne pouviez pas marcher dans les rues du centre de Reykjavík un vendredi soir sans vous sentir en insé­­cu­­rité », ajoute Milk­­man. « Il y avait partout des hordes d’ado­­les­­cents en train de se saou­­ler sous vos yeux. » Nous appro­­chons d’un grand bâti­­ment. « Et ici, nous avions du skate en inté­­rieur », dit Jóns­­son. Quelques minutes plus tôt, nous avions dépassé deux bâti­­ments dédiés l’un au badmin­­ton, l’autre au ping-pong. De ce côté du parc, il y a aussi un parcours de santé, une piscine géother­­mique et, enfin, des enfants, en train de jouer au foot­­ball sur un terrain arti­­fi­­ciel. « Les adoles­­cents ne traînent plus dans le parc parce qu’ils ont des cours dans ces bâti­­ments – de soutien scolaire, de musique, de danse ou d’arts plas­­tiques », explique Jóns­­son. « Ou bien ils sont en excur­­sion avec leurs parents. »

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