par Jeremy Relph | 21 janvier 2015

Les campe­­si­­nos

Notre fixeur arrête le véhi­­cule au bord de la route de terre, à deux pas d’une petite boutique de snacks et de sodas. Des hommes sont assis à l’ombre, d’autres sont appuyés contre des poteaux. Leurs regards se détournent de l’écran de télé placé en hauteur, sur lequel Will Smith incarne Moha­­med Ali, pour nous dévi­­sa­­ger. Ce maga­­sin est en quelque sorte le centre-ville. Un homme impo­­sant à la chemise trop serrée s’ap­­proche de la voiture et se penche à la fenêtre. Il veut savoir ce que nous faisons là. Il est coiffé d’un chapeau de cow-boy et porte une mous­­tache. Un pisto­­let noir est accro­­ché à sa cein­­ture. Nous sommes ici pour rendre compte du conflit qui fait rage entre les paysans pauvres et les riches proprié­­taires terriens de Taujica, une petite ville située dans la région de Bajo Aguán, au Hondu­­ras. À cinq heures de voiture se trouve San Pedro Sula, la capi­­tale du meurtre. Les routes qui nous ont conduits jusqu’ici coupent à travers la montagne, progres­­sant au milieu d’une végé­­ta­­tion luxu­­riante et embras­­sant la mer des Caraïbes.

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Taujica se situe dans le dépar­­te­­ment de Colón

De temps à autre, un village ou un poste de contrôle poli­­cier fait son appa­­ri­­tion. On trouve toujours des postes à Bajo Aguán, mais ils sont tenus par des campe­­si­­nos, de petits fermiers. L’anar­­chie règne depuis long­­temps au Hondu­­ras. Rien que depuis octobre, seize mille enfants ont quitté le pays pour rejoindre les États-Unis – un nombre si impor­­tant que Washing­­ton envi­­sage de garan­­tir le statut de réfu­­gié pour certains d’entre eux, avant même qu’ils ne s’en­­fuient. Ces enfants fuient le crime et la pauvreté : San Pedro Sula et Tegu­­ci­­galpa, les deux plus grandes villes du pays, détiennent respec­­ti­­ve­­ment la première et la quatrième place mondiale en matière de crimi­­na­­lité par habi­­tant. Ils fuient égale­­ment l’injus­­tice qui sévit dans les zones rurales du Hondu­­ras. Aujourd’­­hui, Bajo Aguán est offi­­cieu­­se­­ment inter­­­dite d’ac­­cès à l’ar­­mée et à la police. Les campe­­si­­nos sont les victimes d’es­­ca­­drons indé­­pen­­dants mais aussi de forces gouver­­ne­­men­­tales, et les diri­­geants hondu­­riens ne font pas grand chose pour les proté­­ger. Le parti Natio­­nal au pouvoir, très à droite, assure la protec­­tion des proprié­­taires terriens. Ils visent à main­­te­­nir la sécu­­rité en répon­­dant à la violence par la force, quand le parti de gauche s’obs­­tine à faire le portrait mono­­chrome des campe­­si­­nos, en victimes animées d’élans paci­­fistes. Dans l’œil du cyclone, des terres fertiles géné­­rant d’énormes béné­­fices. Bajo Aguán est le carre­­four de la produc­­tion d’huile de palme et le théâtre de batailles pour les droits fonciers. L’huile de palme est partout : dans les glaces Ben & Jerry’s, dans le sham­­poing pour bébés John­­son’s, et même dans les Pringles. Ces dix dernières années, de grandes compa­­gnies d’hy­­dro­­car­­bures, comme BP, ont proclamé que l’huile de palme serait le carbu­­rant de demain.

L’huile et le sang

La proli­­fé­­ra­­tion du nombre de plan­­ta­­tions à travers le conti­nent afri­­cain a mis en danger la vie des chim­­pan­­zés, aujourd’­­hui mena­­cés d’ex­­tinc­­tion. En Indo­­né­­sie et en Malai­­sie, qui en sont les premiers produc­­teurs mondiaux, son extrac­­tion est assor­­tie de viola­­tions des droits de l’homme. Il n’en va pas autre­­ment au Hondu­­ras.

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Miguel Facussé
Diri­­geant de Dinant Corpo­­ra­­tion
Crédits : Gustavo Bueso

Le récent rapport de Human Rights Watch, « There Are No Inves­­ti­­ga­­tions Here » (Ici, il n’y a aucune enquête), semble avoir poussé le gouver­­ne­­ment à créer une unité spéciale d’in­­ves­­ti­­ga­­tion en charge des crimes de Bajo Aguán. Reste à savoir ce qu’elle dévoi­­lera, et qui elle pour­­sui­­vra en justice. Des groupes de défense des droits de l’homme ont signalé qu’au moins soixante-dix-sept campe­­si­­nos avaient été tués lors d’at­­taques ciblées depuis janvier 2010, plusieurs mois après le dernier coup d’État du pays. Le président évincé du parti Libé­­ral, José Manuel Zelaya Rosales, avait aupa­­ra­­vant pris la déci­­sion de réexa­­mi­­ner les plaintes des campe­­si­­nos à propos des titres fonciers. Le coup d’État a été repoussé par de riches proprié­­taires terriens ainsi que par Miguel Facussé, diri­­geant de la Dinant Corpo­­ra­­tion, le plus gros raffi­­neur d’huile de palme du pays. Peu après, Facussé a reçu un prêt de trente millions de dollars octroyé par la Société finan­­cière inter­­­na­­tio­­nale de la Banque Mondiale, afin d’agran­­dir ses plan­­ta­­tions de palmiers en Afrique. La seconde partie du prêt n’a pas été versée : la Banque Mondiale y a subi­­te­­ment mis fin après avoir pris connais­­sance d’actes de viola­­tions des droits de l’homme. La réalité de la situa­­tion est encore plus complexe : d’après les comptes-rendus de la presse locale, certains campe­­si­­nos repré­­sentent une menace gran­­dis­­sante pour leurs pairs. Les faits prennent à contre-pied la pensée domi­­nante selon laquelle les campe­­si­­nos sont simple­­ment des victimes. Les mouve­­ments actuels imitent vrai­­sem­­bla­­ble­­ment le gouver­­ne­­ment dans leur façon de réduire au silence les véri­­tés qui dérangent. C’est parti­­cu­­liè­­re­­ment vrai dans la commu­­nauté de Taujica, foyer de deux mouve­­ments de campe­­si­­nos, le MUCA (Mouve­­ment uni des campe­­si­­nos de la région de l’Aguán) et le MOCRA (Mouve­­ment des campe­­si­­nos pour la récu­­pé­­ra­­tion de la région de l’Aguán). Ces deux mouve­­ments luttent pour la même chose : la terre, syno­­nyme de pouvoir au Hondu­­ras. Ce faisant, les diffé­­rents groupes s’af­­frontent et ajoutent sans cesse au chaos ambiant. Aucun d’eux, bien sûr, n’ad­­met cette réalité. Au lieu de cela, c’est la sécu­­rité de la Dinant Corpo­­ra­­tion qu’on tient pour respon­­sable de toutes ces violences.

« La police et les mili­­taires au service de Facussé entre­­tiennent la violence et la répres­­sion. » — Celio Rodri­­guez

La récente montée de la crimi­­na­­lité est la dernière phase d’une bataille vieille de plusieurs décen­­nies pour la défense des droits fonciers au Hondu­­ras, qui s’est enve­­ni­­mée à cause de la pauvreté et de la mauvaise tenue des registres. « Le système de la propriété foncière est remarqua­­ble­­ment faussé dans ce pays », déclare Larry Birns, direc­­teur du Conseil des affaires hémi­s­phé­­riques basé à Washing­­ton D.C. « 10 % de la popu­­la­­tion détient 80 % des terres. Le pays est aux mains d’une oligar­­chie, essen­­tiel­­le­­ment dans l’agri­­cul­­ture. Les grandes familles de proprié­­taires terriens comme les Facussé exercent une influence consi­­dé­­rable non seule­­ment sur les forces mili­­taires, mais sur tout l’ap­­pa­­reil poli­­tique. » La ville de Taujica est divi­­sée : les terres indé­­pen­­dantes des campe­­si­­nos font face aux terres des Facussé, de l’autre côté de la rue. Au poste de police, j’in­­dique le nom d’un contact appar­­te­­nant au mouve­­ment des campe­­si­­nos. L’agent, boudiné dans sa chemise bouton­­née jusqu’en haut, se redresse et fait un signe en direc­­tion d’un petit quar­­tier et d’un circuit de chemins de terre partant du maga­­sin. De jeunes motards font la course sur ces routes acci­­den­­tées, et de frêles grillages font office de fron­­tières entre les proprié­­tés. Le contraste entre les proprié­­tés est flagrant. Dans un des jardins appar­­te­­nant à un employé de Dinant Corp., la terre est propre et ratis­­sée, ce qui est rare­­ment le cas sur les autres terrains. À quelques pas de là, une femme s’adresse à nous depuis la pénombre d’un arbre : « J’en­­tends tout le temps des coups de feu, là-bas au coin de ces rues. Dès qu’ils se mettent à boire, les campe­­si­­nos dégainent leurs armes. Il faut pas être surpris si quelqu’un meurt. » Quelques rues plus loin, nous parlons à Rodolfo Rodri­­guez, 73 ans, un campe­­sino vivant au sein de la commu­­nauté. Il lui manque une main et il est maculé de terre. Son jardin est jonché de plas­­tiques, il y a même un mate­­las. Il inter­­­pelle un ami qu’il aperçoit dans la rue. Ce dernier porte une chemise bleue en mauvais état qui recouvre son ventre proémi­nent. Il reste debout face à nous alors que nous nous asseyons pour parler à l’ombre de l’étrange maison. Ses enfants, qui ne portent pas de panta­­lons, jouent sur le mate­­las.

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Rodolfo Rodri­­guez
Un campe­­sino de Taujica
Crédits : Domi­­nic Bracco II

Les deux amis échangent des regards alors que nous abor­­dons le thème de la violence. Rodri­­guez prend la parole : « C’est une chose dont on parle, mais ce n’est pas véri­­ta­­ble­­ment un problème. Les gens s’adaptent. Les gens s’ha­­bi­­tuent à tout. Je n’étais pas habi­­tué à la violence, les choses ne se passaient pas comme cela avant. Ça a commencé à dégé­­né­­rer il y a huit ou dix ans. » Sans surprise, l’ami de Rodri­­guez ne souhaite pas divul­­guer son nom. Au vu des violences qu’ils subissent, les campe­­si­­nos se méfient des étran­­gers. Il s’ex­­prime bruyam­­ment, sur un ton peu amène, et lorsqu’il nous parle direc­­te­­ment, il se redresse et nous toise de toute sa hauteur. « Les gens nous taxent de guérille­­ros », dit-il, bien qu’au­­cun de nous n’ait employé le terme. Il relève sa chemise. « Tout ce que j’ai, c’est ma cein­­ture », déclare-t-il en se tapant sur le ventre pour appuyer le fait qu’il n’est pas armé. « Et tout ce que nous voulons, c’est nous battre pour nos enfants. » Notre présence ne dérange pas mon autre contact, Euge­­nio Ayala. Nous le rejoi­­gnons pour assis­­ter à un match de foot sur un terrain des envi­­rons, où s’af­­frontent les équipes locales pour rempor­­ter un prix de quinze mille lempi­­ras hondu­­riens, à peine six cents euros. « C’est ici qu’est née la lutte du MUCA, sur ce terrain », affirme Celio Rodri­­guez, 34 ans, président de la colo­­nie Nueva Confianza (Confiance Nouvelle). Rodri­­guez raconte que le terrain a été racheté à Facussé il y a tout juste un an, grâce à un crédit d’État éche­­lonné sur quatorze ans. « La violence a chuté mais cela ne veut pas dire que tout va bien. La police et les mili­­taires au service de Facussé entre­­tiennent la violence et la répres­­sion. » D’après les campe­­si­­nos, tout a commencé à cause de Facussé. Nous obser­­vons les joueurs se bous­­cu­­ler sous le soleil. Au centre du terrain se dresse un mât en haut duquel s’élève le drapeau rouge du parti LIBRE (pour « Liberté et Recom­­men­­ce­­ment »). On entend des bruits sourds prove­­nant de la rue, de l’autre côté du terrain. Dans la petite troupe des spec­­ta­­teurs, quelqu’un déclare : « Il est un peu tôt pour des coups de feu. »

Les champs meur­­triers

Les affron­­te­­ments entre campe­­si­­nos et la multi­­pli­­ca­­tion des gangs armés de Bajo Aguán sont le prolon­­ge­­ment natu­­rel du vide poli­­tique créé par l’inap­­ti­­tude du gouver­­ne­­ment à admi­­nis­­trer le pays. En ce sens, la situa­­tion est iden­­tique dans de nombreuses zones de San Pedro Sula contrô­­lées par des gangs. Le gouver­­ne­­ment hondu­­rien agit de façon contra­­dic­­toire : pour répondre au problème de la violence, le parti Natio­­nal au pouvoir a envoyé des troupes à chaque coin de rue, quand l’op­­po­­si­­tion – incar­­née par le parti Libé­­ral – pense qu’il faut se préoc­­cu­­per unique­­ment des problèmes liés au droit foncier. Il suffit de jouer le jeu du parti au pouvoir pour atti­­rer l’at­­ten­­tion sur soi. Dans ce contexte compliqué, aucun des partis n’a véri­­ta­­ble­­ment tort. La flam­­bée de la violence exige une réponse adap­­tée à la situa­­tion de crise. Mais une solu­­tion sur le long terme – s’at­­taquant à la pauvreté et à d’autres problèmes de fond –, qui n’aura sans doute pas de consé­quences immé­­diates, est indé­­nia­­ble­­ment néces­­saire pour l’ave­­nir.

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Et cepen­­dant, une alter­­na­­tive existe et se fraie peu à peu un chemin entre les factions de campe­­si­­nos, les gangs et même la loi. Un ami nous présente à un campe­­sino que j’ap­­pel­­le­­rai Raul Mendoza. Mendoza est un jeune agri­­cul­­teur et vit paisi­­ble­­ment (donc à l’écart) sans jamais avoir pris parti, ni pour Facussé, ni pour les mouve­­ments campe­­si­­nos, ni pour le gouver­­ne­­ment.

Des hommes armés de machettes et de pisto­­lets nous fixent et s’ap­­prochent de la voiture.

C’est un incroyable défi dans une commu­­nauté aussi refer­­mée sur soi, où tout le monde a la langue bien pendue. Il arbore un large sourire et rit faci­­le­­ment. Ancien taulard, il est sûre­­ment la personne la plus honnête que nous ayons rencon­­trée au Hondu­­ras. La prison l’a préparé à son retour à Bajo Aguán. « Être mis au ban et contraint à l’hu­­mi­­lité m’a ensei­­gné la sagesse. C’est la loi du plus fort qui l’em­­porte », dit-il. Nous prenons la voiture pour retrou­­ver Mendoza en ville et nous sortons des terres. La route est déserte mais ça et là, nous croi­­sons quelques campe­­si­­nos, l’un sur un VTT, l’autre sur une chariote tirée par un cheval. Le soleil brille à travers les nuages, les rayons perçant tant bien que mal le ciel gris : ce sont les Killing Fields (les champs meur­­triers) du Hondu­­ras. D’un côté, on trouve la terre indé­­pen­­dante des campe­­si­­nos, de l’autre, la terre de Facussé. En qualité d’in­­dé­­pen­­dant, Mendoza peut s’adres­­ser à la sécu­­rité de Facussé, ce qui n’est pas le cas des autres campe­­si­­nos. En résumé, alors que la garde de Facussé et les campe­­si­­nos du MUCA et du MOCRA sont en guerre, Mendoza, lui, se retrouve dans une posi­­tion neutre un peu étrange. « Il y a des problèmes, il y a des problè­­mes… » dit-il en regar­­dant par la fenêtre. L’en­­thou­­siasme de Mendoza et la faci­­lité avec laquelle il recon­­nait sa chance ou ses torts le diffé­­ren­­cient des membres des mouve­­ments de campe­­si­­nos que nous avons rencon­­trés. Nous rejoi­­gnons un autre repré­­sen­­tant du mouve­­ment MUCA pour une visité guidée de leur colo­­nie, un quar­­tier rési­­den­­tiel fermé où vivent sept cents familles. Le soleil mati­­nal a incité tout le monde à travailler à l’ombre des palmiers à huile, ou bien à l’in­­té­­rieur. En juin 2012, ils ont acheté la terre en contrac­­tant des emprunts d’État. Ils ont pu rache­­ter quatre mille des onze mille hectares de terre que le président d’après le coup d’État, Pepe Lobo, leur avait concédé. Alors que le MUCA fait en sorte de deve­­nir auto-suffi­­sant, le défi actuel est d’évo­­luer du statut de résis­­tant à celui de bon payeur, en rembour­­sant les vingt millions de dollars de prêt.

L'Ancien Président Hondurien Manuel Zelaya Conférence du Parti Libre Crédits : Dominic Bracco II
L’an­­cien Président hondu­­rien Manuel Zelaya
Confé­­rence du parti LIBRE
Crédits : Domi­­nic Bracco II

Toute­­fois, la coopé­­ra­­tive a pris énor­­mé­­ment d’am­­pleur. Elle possède quatre bassins de pois­­sons et un poulailler non loin. Pendant notre visite, nous avançons un peu plus loin dans la colo­­nie et nous regar­­dons des campe­­si­­nos travailler la terre sous des rangées de palmiers. En partant, notre guide, un membre connu de la commu­­nauté, se dissi­­mule derrière une vitre sans tain. Des hommes armés de machettes et de pisto­­lets nous fixent et s’ap­­prochent de la voiture. « Qu’est-ce que vous foutez ici ? » demande l’un d’eux. Si notre guide les entend, il ne fait pas un geste. Bien que nous dispo­­sions des contacts appro­­priés, menace et méfiance planent toujours ici. Par une belle mati­­née, nous nous prome­­nons seuls sur les terres en compa­­gnie de Mendoza. Le soleil, qui traverse la voûte des palmiers, illu­­mine le paysage et fait briller les flaques d’eau lais­­sées par la dernière inon­­da­­tion. C’est unique­­ment dans des lieux comme ceux-là, à l’écart du reste des terres, que Mendoza se sent libre de parler. Il rit de nous voir livrer bataille contre les mous­­tiques. « On ne peut pas vrai­­ment dire que je suis un homme libre », déclare-t-il avec les arbres et le ciel pour seuls témoins. Certains détails permet­­tant l’iden­­ti­­fi­­ca­­tion des personnes ont été modi­­fiés.


Traduit de l’an­­glais par Jérémy Da Costa et Salomé Vincen­­don d’après l’ar­­ticle « In the Land Without Law », paru dans Roads & King­­doms. Couver­­ture : Un campe­­sino hondu­­rien, par Domi­­nic Bracco II. Créa­­tion graphique par Ulyces.

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