par jj39111 | 0 min | 2 avril 2017

Le game

La campagne élec­­to­­rale de 2017 n’est pas ryth­­mée par des joutes verbales, des alter­­ca­­tions et des répliques cinglantes, mais par des battles, des clashes et des punchlines. Autant de mots qui se sont échap­­pés de la bouche des amateurs de rap pour se glis­­ser dans celle des obser­­va­­teurs de la vie poli­­tique, la faisant ainsi ressem­­bler à un genre de rap game, cette inter­­­mi­­nable compé­­ti­­tion plus ou moins tacite qui met les rappeurs en concur­­rence depuis que le rap existe. Tout comme les rappeurs veulent accé­­der au titre ultime de boss du rap game, les poli­­ti­­ciens veulent accé­­der au titre ultime de président de la Répu­­blique française – et pour cela, ils utilisent en partie les mêmes codes.

Le logo de Khaled Freak

« Je ne dirais pas que les poli­­ti­­ciens ont pris les codes des rappeurs, ça serait même plutôt le contraire, parce que les poli­­ti­­ciens écrivent depuis bien plus long­­temps, mais ils ont les mêmes ruses de langage : la pause, la répé­­ti­­tion, l’ana­­phore, la ryth­­mique… » précise Khaled Freak, le vidéaste qui trans­­forme les discours de nos élus en chan­­sons de PNL, en les accom­­pa­­gnant d’ins­­trus maisons et en alté­­rant leurs voix à l’Auto-Tune. « Le rap et la rhéto­­rique, c’est un mariage natu­­rel. » Son remix de l’échange théâ­­tral entre le député de Savoie Domi­­nique Dord et le ministre socia­­liste Bernard Caze­­neuve à l’As­­sem­­blée natio­­nale, « C’est pas de votre faute », a été vu plus de 2 millions de fois sur YouTube. Mais pour Khaled Freak, quelle que soit l’is­­sue de la prési­­den­­tielle cette année, le boss, c’est Jean-Luc Mélen­­chon. « D’abord parce qu’il écrit très bien, une vraie usine à punchlines. Ensuite, parce que c’est un très bon orateur, il sépare bien chaque mot. Et enfin, parce qu’il parle très fort. Pour les sono­­ri­­tés et les effets, c’est excellent. » « MC Mélen­­chon » est ainsi devenu la star de la chaîne YouTube de Khaled Freak, avec des tubes comme « Il y a un problème » et « OKLM ». Dans une autre vidéo, il scande « hypo­­crites ! », de sa voix défor­­mée, entre deux beats, debout sur une modeste estrade et entouré de mili­­tants. Même le prin­­ci­­pal inté­­ressé semble séduit : « Merci pour cet excellent remix ! » a commenté le respon­­sable de la chaîne YouTube de Jean-Luc Mélen­­chon, Antoine Nico­­las, en signant « MC Mélen­­chon ». Car loin d’aga­­cer les hommes et les femmes poli­­tiques, les vidéos de Khaled Freak servent leur stra­­té­­gie de commu­­ni­­ca­­tion. « Ils doivent à tout prix séduire les jeunes, frange de la popu­­la­­tion inté­­res­­sée à la vie poli­­tique par nature, mais dégoû­­tée par la poli­­tique poli­­ti­­cienne, et qui peut véri­­ta­­ble­­ment faire bascu­­ler une élec­­tion », rappelle Alexandre Eyries, cher­­cheur en sciences de l’in­­for­­ma­­tion et de la commu­­ni­­ca­­tion de l’uni­­ver­­sité de Bour­­gogne Franche-Comté. « Or, que font les jeunes ? Ils écoutent du rap. Et où sont-ils ? Sur Inter­­net. Alors les poli­­ti­­ciens vont les cher­­cher sur leurs terres. » Des person­­na­­li­­tés aussi radi­­ca­­le­­ment oppo­­sées que Marion Maré­­chal-Le Pen et Benoît Hamon reven­­diquent en effet leur amour pour le rap français. L’élue fron­­tiste a affirmé écou­­ter Yous­­sou­­pha, Sexion d’As­­saut et Maître Gims à la revue Charles en juin 2015. Quant au socia­­liste, il dit écou­­ter le groupe NTM. Il a par exemple tweeté le clip de la chan­­son « La Fièvre » en février 2016, notant avec humour : « #macom­­pil­­de­­papy ». Ironie du sort pour un groupe qui fut un temps consi­­déré comme un ennemi de l’État français…

Les clashes

À sa sortie en mars 1993, l’al­­bum d’NTM 1993...J’ap­­puie sur la gâchette suscite une vive polé­­mique. Le titre « Police » y compare l’ins­­ti­­tu­­tion du même nom à une « machine matrice d’écer­­ve­­lés manda­­tés par la justice sur laquelle je pisse », ce qui vaut au groupe d’être convoqué au commis­­sa­­riat. L’enquête est clas­­sée sans suite mais le 14 juillet 1995, lors d’un concert orga­­nisé par l’as­­so­­cia­­tion SOS Racisme pour protes­­ter contre l’élec­­tion d’un membre du Front natio­­nal à la mairie de Toulon, Joey Starr intro­­duit le morceau en hurlant : « Nique la police ! » Et cette fois, il écope de trois mois de prison avec sursis pour « propos outra­­geants » sur les forces de l’ordre, peine commuée en amende de 50 000 francs en appel.

Détail de la pochette de l’al­­bum

Un conflit qui rappelle forte­­ment celui qui oppose le FBI au groupe NWA à la fin des années 1980. La chan­­son au titre expli­­cite « Fuck tha Police » avait en effet poussé la police fédé­­rale améri­­caine à écrire une lettre de répri­­mande au label, Ruth­­less Records, arguant qu’elle inci­­tait à la violence contre les repré­­sen­­tants des forces de l’ordre. Les paroles dénonçaient la bruta­­lité et le racisme de ces derniers. En France, procé­­dures et polé­­miques se multi­­plient à partir de 2002. Cette année-là, Nico­­las Sarkozy, alors ministre de l’In­­té­­rieur, porte plainte contre un membre de La Rumeur, Hamé, pour « diffa­­ma­­tion publique ». En cause, un texte affir­­mant que « les rapports du minis­­tère de l’In­­té­­rieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abat­­tus par les forces de police sans qu’au­­cun assas­­sin n’ait été inquiété ». L’an­­née suivante, Sarkozy porte plainte contre le groupe Sniper, suite à la chan­­son « France », qui quali­­fie le pays de « garce » et dénonce un système injuste : « Le système voilà ce qui nous pousse à les haïr / La haine c’est ce qui rend nos propos vulgaires / On nique la France sous une tendance de musique popu­­laire ». Le groupe est relaxé à la demande du procu­­reur. Quant à Hamé, il est relaxé après cinq ans de procès. Au lende­­main des émeutes qui ont secoué les banlieues à l’au­­tomne 2005, le député de Moselle François Gros­­di­­dier convainc 201 parle­­men­­taires de droite de s’as­­so­­cier à une plainte contre quatre groupes de hip-hop – Minis­­tère A.M.E.R., Luna­­tic, La Smala, le 113 – et trois rappeurs – Fabe, Salif, Monsieur R –, tous accu­­sés d’in­­ci­­ter au racisme envers les Blancs. Cette plainte ayant été reje­­tée, Gros­­di­­dier lance ensuite une propo­­si­­tion de loi visant à créer un « délit d’at­­teinte à la dignité de l’État et de la France ». En 2006, il s’at­­taque de nouveau à Monsieur R, cette fois pour « outrage aux bonnes mœurs ».

Nico­­las Sarkozy et Doc Gynéco
Crédits : Abaca

Il y a donc fort à parier que François Gros­­di­­dier s’est étouffé en appre­­nant que le candi­­dat de la droite à l’élec­­tion prési­­den­­tielle de 2007, Nico­­las Sarkozy, ferait campagne avec le soutien de Doc Gyneco, proche du Minis­­tère A.M.E.R et auteur de chan­­sons jugées licen­­cieuses, comme « Vanessa » et « Ma salope à moi ». Présen­­tée comme une « amitié », cette asso­­cia­­tion devait permettre de redo­­rer l’image du candi­­dat « en banlieue ». Peine perdue : en mai 2007, « la banlieue » a massi­­ve­­ment voté pour la socia­­liste Ségo­­lène Royal, qui n’a jamais traité ses habi­­tants de « racailles » ni menacé de la nettoyer « au Karcher ». En revanche, elle n’avait pas hésité à se trémous­­ser sur une chan­­son de Diam’s à la télé­­vi­­sion en mars, en compa­­gnie de l’hu­­mo­­riste Jamel Debbouze. Et si Disiz a pu regret­­ter d’avoir soutenu Ségo­­lène Royal, sa carrière n’a pas autant souf­­fert de son posi­­tion­­ne­­ment que celle de Doc Gyneco. Son dernier album studio, Peace Maker, est sorti en novembre 2008. Avec seule­­ment 2 000 exem­­plaires vendus, c’est un véri­­table échec commer­­cial, et le Doc finit par poin­­ter à Pôle Emploi en 2010. Or le produc­­teur de Peace Maker n’est autre que le fils de Nico­­las Sarkozy, Pierre, alias Mosey, DJ passionné de rap que l’Amé­­ri­­cain Puff Daddy a surnommé « The Prince of France ». Nico­­las Sarkozy, lui, a rapi­­de­­ment été quali­­fié de président « bling bling » dans les médias, terme habi­­tuel­­le­­ment réservé à l’ac­­cou­­tre­­ment de certains rappeurs et popu­­la­­risé en 1999 par la chan­­son éponyme du rappeur de la Nouvelle-Orléans B.G., avec Lil Wayne et Bird­­man. Deux signes que le hip-hop touchait déjà un public bien plus large que celui qui lui était encore attri­­bué dans l’ima­­gi­­naire collec­­tif. « En réalité, le rap est rapi­­de­­ment sorti des “ghet­­tos” où il est né. Il s’est large­­ment démo­­cra­­tisé et les poli­­tiques ont progres­­si­­ve­­ment été obli­­gés de s’y inté­­res­­ser », raconte le cher­­cheur Alexandre Eyries. « Mais aucun ne l’a fait avec autant d’ai­­sance que Barack Obama. »

Mic drop

L’amour de Barack Obama pour le rap est mondia­­le­­ment connu et sa gestuelle est impré­­gnée de culture hip-hop, du fist bump au mic drop. Ses play­­lists de l’été, publiées en parte­­na­­riat avec Spotify, compor­­taient notam­­ment des morceaux de Mos Def et John Legend feat. Andre 3000. Tout au long de son mandat, il a ouvert les portes de la Maison-Blanche à des artistes comme Chance The Rapper, Wale, J. Cole, Common, DJ Khaled, Mack­­le­­more et Kendrick Lamar, dont il a loué le titre « How Much a Dollar Cost » dans une inter­­­view à l’heb­­do­­ma­­daire People. Mais de tous les rappeurs qui ont marqué sa prési­­dence, le plus emblé­­ma­­tique est certai­­ne­­ment son ami Jay-Z. Celui-ci soutient publique­­ment Barack Obama depuis 2008. En 2009, son épouse Beyoncé inter­­­prète une chan­­son d’Etta James lors du bal d’inau­­gu­­ra­­tion de la Maison-Blanche. En 2010, le couple visite la Maison-Blanche. En 2012, Jay-Z diffuse un message du 44e président des États-Unis pendant un concert à Phila­­del­­phie. En 2013, Beyoncé inter­­­prète l’hymne améri­­cain lors de sa seconde céré­­mo­­nie d’in­­ves­­ti­­ture.

Obama, Beyoncé et Jay-Z dînent ensemble à la Maison-Blanche
Crédits : White House

Cette même année, les choses auraient pu se gâter entre Barack Obama et Jay-Z. En avril, lui et Beyoncé se sont rendus à Cuba, alors sous embargo améri­­cain, et ont mentionné une auto­­ri­­sa­­tion person­­nelle du président des États-Unis, ce qui a valu des accu­­sa­­tions de favo­­ri­­tisme à ce dernier. Mais Obama a balayé la polé­­mique d’un trait d’hu­­mour, faisant clai­­re­­ment réfé­­rence à l’une des chan­­sons de son rappeur favori : « J’avais déjà 99 problèmes, et main­­te­­nant Jay-Z en est un. » Le 25 mai 2016, il se retrouve face à un panel de jeune Viet­­na­­miens réunis à Ho Chi Minh-Ville. Parmi eux se trouve la rappeuse Suboi, qui prend le micro pour faire part de sa diffi­­culté à exis­­ter dans son pays, en anglais. Encou­­ra­­gée par Barack Obama, elle finit par enchaî­­ner quelques rimes dans sa propre langue. Sans en comprendre le sens, le président améri­­cain salue sa perfor­­mance et se lance dans un éloge de l’art en géné­­ral et du rap en parti­­cu­­lier, en profi­­tant pour rappe­­ler que ce genre « a commencé comme un moyen d’ex­­pres­­sion pour les Afro-Améri­­cains pauvres » avant de deve­­nir « un phéno­­mène mondial ». Mais Barack Obama n’est pas le seul poli­­ti­­cien améri­­cain à puiser dans la culture hip-hop. Les candi­­dats à la primaire démo­­crate de 2016, par exemple, s’y sont eux aussi essayés. Bernie Sanders s’est notam­­ment mis dans la peau d’un rappeur pour répondre aux attaques du Répu­­bli­­cain Ted Cruz sur « les valeur de New York » lors d’une émis­­sion de la chaîne Comedy Central, concluant sa pres­­ta­­tion par un mic drop. Tout au long de la campagne de la primaire, il a été ardem­­ment soutenu par le rappeur Killer Mike, du groupe Run the Jewels, qui a ensuite refusé de soute­­nir Hillary Clin­­ton pendant la campagne prési­­den­­tielle. Celle-ci avait appris le dab lors d’une émis­­sion de la chaîne NBC en janvier 2016. Un pas de danse inventé à Atlanta qui a aussi ses adeptes en Fran­­ce…

Les dabs

Dans le cadre de l’émis­­sion Au tableau !, diffu­­sée le 19 mars dernier sur C8, des élèves d’une dizaine d’an­­nées ont demandé à trois prési­­den­­tiables de dabber. Et ils se sont tous exécu­­tés. Avec plus ou moins de succès. Emma­­nuel Macron et Benoît Hamon étaient assez convain­­cants, mais François Fillon, visi­­ble­­ment désarçonné par cette requête, a commencé par imiter un avion. Puis, un twitto a demandé au maire de Mont­­pel­­lier, Philippe Saurel, de tenter lui aussi l’ex­­pé­­rience. Lequel a répondu : « Ok pour un bon DAB en début de semaine prochaine ! » « C’est ridi­­cule, les poli­­ti­­ciens français devraient arrê­­ter de se prendre pour Barack Obama », lâche Yassine Belat­­tar, humo­­riste et produc­­teur passionné de rap. « Au lieu de dabber, ils feraient bien de s’ins­­pi­­rer de certains textes », ajoute-t-il en faisant réfé­­rence au rap dit conscient, c’est-à-dire engagé poli­­tique­­ment. Sauf que les poli­­ti­­ciens ne semblent pas toujours bien comprendre ces textes… En meeting à Marseille le samedi 1er avril, Emma­­nuel Macron a tenu à évoquer le plus célèbre des groupes de rap origi­­naires de la cité phocéenne, IAM. « La culture, notre culture, c’est ce qui nous tient, c’est ce qui permet à chacune et chacun de sortir de sa condi­­tion et d’ac­­cé­­der à un commun, parce que oui, ce n’est pas ici que je vais vous l’ap­­prendre, nous sommes bien nés sous la même étoile », a-t-il déclaré en réfé­­rence à la chan­­son « Nés sous la même étoile ». Mais cette chan­­son n’a abso­­lu­­ment aucun rapport avec son propos, elle dénonce au contraire les diffé­­rences sociales arbi­­traires qui existent entre deux indi­­vi­­dus dès la nais­­sance : « La vie est belle, le destin s’en écarte / Personne ne joue avec les mêmes cartes / Le berceau lève le voile, multiples sont les routes qu’il dévoile / Tant pis, on n’est pas nés sous la même étoile. » Déplo­­rant juste­­ment le manque d’en­­ga­­ge­­ment de la dernière géné­­ra­­tion du rap français, Yassine Belat­­tar s’est rendu avec plai­­sir au concert « L’Âge d’or du rap français », qui réunis­­sait, à Paris le 27 mars dernier, des artistes emblé­­ma­­tiques des années 1990 :  Assas­­sin, Oxmo Puccino, La Cliqua, X-Men… « En les réécou­­tant, je n’ai pas eu l’im­­pres­­sion que les problèmes de société qu’ils dénonçaient étaient tous réso­­lus, loin de là, et pour­­tant les jeunes préfèrent nous parler de boîtes de nuit et de meufs. » De son côté, le socio­­logue de la musique Gérôme Guibert rappelle que le hip-hop n’a jamais été une forme d’art exclu­­si­­ve­­ment enga­­gée, en invoquant le slogan des débuts : « Peace, love, unity and… having fun ». « Comme tous les autres courants musi­­caux, le hip-hop contient et un message poli­­tique et du pur diver­­tis­­se­­ment », dit-il. « IAM, par exemple, chan­­tait aussi bien “On n’est pas nés sous la même étoile” que “Je danse le MIA”. La diffé­­rence avec les autres chan­­teurs, c’est que les rappeurs doivent sans cesse se justi­­fier de parler d’autres choses que des problèmes sociaux. Et puis, il y a diffé­­rentes manières d’abor­­der les problèmes sociaux. J’ai l’im­­pres­­sion qu’un groupe comme PNL le fait à travers le récit de son expé­­rience person­­nelle et subjec­­tive. »

Kendrick Lamar sur scène en 2015
Crédits : BET Awards

Aux États-Unis, le mouve­­ment « Black Lives Matter » a de nouveau poussé les rappeurs à prendre posi­­tion. Tandis que Lil Wayne affir­­mait qu’il ne se sentait « pas connecté à quelque chose qui n’avait aucun rapport avec [lui] » avant de présen­­ter des excuses, qu’A$AP Rocky quali­­fiait le mouve­­ment de « train en marche » et que Kevin Gates disait qu’il s’agis­­sait d’ « une conne­­rie », Common, Talib Kweli, J. Cole, Chance The Rapper, Lil Durk et Killer Mike affi­­chaient leur soutien. Et les mili­­tants faisaient de la chan­­son « Alright » de Kendrick Lamar l’hymne du mouve­­ment. Mais la plupart des rappeurs améri­­cains reven­­diquent moins volon­­tiers la figure de l’acti­­vist que celle du self made man, voire carré­­ment du gang­s­ter. Cette dernière figure, qui s’est peu à peu impo­­sée dans le hip-hop français, a un impact parfois éton­­nant sur l’opi­­nion poli­­tique des artistes. Aussi Kaaris confes­­sait-il son admi­­ra­­tion pour les talents de « caillera » de Nico­­las Sarkozy à Mouloud Achour en novembre 2014 : « Tous les gang­s­ters aime­­raient faire comme lui. C’est le meilleur. Il est p’tit, talon­­net­­tes… Un genre de Scar­­face. Il est avec Elvira, elle grande, plus grande que lui. Non, c’est le mec le plus frais qui existe. Il est très fort. Très, très fort. » Pour Gérôme Guibert, le rap traite de la ques­­tion du pouvoir, qu’il se place du côté des domi­­nés en dénonçant le racisme et l’ex­­clu­­sion, ou bien du côté des domi­­nants, en incar­­nant un capi­­ta­­lisme triom­­phant et en assujet­­tis­­sant les femmes. « En cela, il est de toute façon poli­­tique. » Et donc tout à fait à sa place dans l’arène démo­­cra­­tique, surtout en période élec­­to­­rale. Mais en rafraî­­chis­­sant un peu l’image des élus, il avive certai­­ne­­ment l’as­­pi­­ra­­tion des élec­­teurs à un chan­­ge­­ment réel des pratiques poli­­tiques. Alors espé­­rons que le boss du game poli­­tique 2017 soit à la hauteur.


Couver­­ture : Hamon et Fillon font un dab.
 
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