par Mallory Pickett | 1 septembre 2016

Money

Rien n’est plus ordi­­naire qu’un lundi matin dans une banque suédoise. Les gens vaquent à leurs affaires sans un bruit, avec une effi­­ca­­cité toute scan­­di­­nave. Dehors, il fait géné­­ra­­le­­ment gris et froid. Mais le 22 avril 2013, la scène qui s’est dérou­­lée dans la succur­­sale d’Ös­­ter­­malm­s­torg de la Skan­­di­­na­­viska Enskilda Banken était haute en couleur. Il était 10 h 30 quand un homme affu­­blé d’une casquette noire a fait irrup­­tion dans le bâti­­ment. « C’est un hold-up ! » a-t-il dit, poin­­tant son arme sur les banquiers d’une main, agitant un sac en toile vide de l’autre. « Donnez-moi le fric ! » Si le person­­nel était paniqué, personne ne l’a montré. Les employés ont calme­­ment informé l’in­­té­­ressé que sa demande ne pouvait être satis­­faite. La banque n’avait pas de liqui­­di­­tés. Ni dans les coffres, ni dans les guichets. Face à la confu­­sion du braqueur, ils lui ont indiqué une affiche sur le mur disant qu’il s’agis­­sait d’une banque « cash­­less ». « C’est vrai », lui a dit le direc­­teur. « Désolé. » Décon­­certé, l’as­­pi­­rant voleur a baissé son arme et tourné les talons. Avant de sortir, il s’est retourné vers un des cais­­siers et lui a demandé : « Où est-ce que je peux aller ? »

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Une banque cash­­less suédoise
Crédits : SEB

Il avait en réalité peu d’op­­tions. Ce que cet homme ne réali­­sait pas, c’est que son pays est à l’avant-garde d’une tran­­si­­tion écono­­mique globale. Les liqui­­di­­tés sont au monde de la finance ce que les blocs de papier sont au bureau moderne : de moins en moins néces­­saires et en voie de dispa­­ri­­tion. Certains pays acceptent ce futur plus rapi­­de­­ment que d’autres. Les États-Unis en sont à la moitié du proces­­sus, d’une certain point de vue : selon la Réserve fédé­­rale, les Améri­­cains utilisent du liquide pour 46 % de leurs tran­­sac­­tions, préfé­­rant l’usage des chèques, cartes de crédit et autres appli­­ca­­tions de paie­­ments par smart­­phones. L’ap­­pa­­ri­­tion des plate­­formes numé­­riques, des lecteurs de cartes Square aux services comme Venmo, Apple Pay, Google Wallet ou Paypal, rendent tout achat aussi simple que l’en­­voi d’un SMS. Certains trouvent cela éner­­vant, pour­­tant, malgré même les problèmes de sécu­­rité liés aux viola­­tions de données ou aux usur­­pa­­tions d’iden­­tité, la tran­­si­­tion vers un monde cash­­less semble inévi­­table, voire immi­­nente. Les Suédois vivent pour leur part dans une réalité accé­­lé­­rée, où demain est en avance sur hier. Ils sont sept fois moins nombreux qu’en France et leurs infra­s­truc­­tures infor­­ma­­tiques sont si déve­­lop­­pées que le pays tout entier peut quasi­­ment chan­­ger de systèmes d’un jour à l’autre. Ce faisant, la Suède est deve­­nue la version bêta d’une société future, à l’ins­­tar de San Fran­­cisco – en plus propre et encore plus connec­­tée. Stock­­holm a récem­­ment annoncé qu’elle serait une des première villes au monde à possé­­der un réseau 5G, et la majeure partie du pays devrait dispo­­ser d’un Inter­­net à très haut débit d’ici 2020. Pas éton­­nant de la part d’un pays qui se trouve à l’avant-garde depuis si long­­temps.


Il y a plus de 350 ans, la Suède était la première nation euro­­péenne à impri­­mer sa monnaie. Aujourd’­­hui, elle pour­­rait être la première à la suppri­­mer. À moins que les défen­­seurs du liquide ne s’in­­ter­­posent. Même en Suède, le chan­­ge­­ment ne se fait pas sans diffi­­culté. Deux hommes puis­­sants se font face au cœur de cette tran­­si­­tion massive. Ils s’af­­frontent dans un débat natio­­nal sur l’uti­­lité d’une monnaie physique au XXIe siècle. Et comme l’his­­toire se passe en Suède, ils s’ap­­pellent tous les deux Björn. ulyces-swedecashless-02

Björn to be wild

Money, money, money Must be funny In the rich man’s world Money, money, money Always sunny In the rich man’s world

Dans le clip de la chan­­son d’ABBA de 1976 « Money, Money, Money », Björn Ulvaeus, qui l’a écrite avec son ami Benny Anders­­son, arbore une coupe de cheveux hirsute et porte un kimono en satin garni de strass. Quarante ans plus tard, le multi­­mil­­lion­­naire s’ha­­bille plus sobre­­ment. Il habite une maison du quar­­tier le plus huppé de Stock­­holm, Djur­­sholm, où il a décou­­vert que l’argent n’était peut-être pas si amusant que ça. Il s’agit de Björn n°1, figure du mouve­­ment anti-cash. La radi­­ca­­li­­sa­­tion d’Ul­­vaeus remonte au 25 octobre 2008, quand des cambrio­­leurs ont tenté de s’in­­tro­­duire dans l’ap­­par­­te­­ment de son fils, Chris­­tian. Ils n’ont pas réussi, mais ils lui ont flanqué la frousse. Chris­­tian a commencé à surveiller chaque recoin de sa maison, crai­­gnant qu’ils ne reviennent à la charge. Quelques semaines plus tard, ils étaient de retour. Chris­­tian était au travail quand deux hommes se sont intro­­duits par son balcon et ont volé ses appa­­reils photos, ainsi qu’une veste de créa­­teur.

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Björn Ulvaeus à l’époque d’ABBA et aujourd’­­hui
Crédits : Olaf Blecker

Ce n’était pas une perte incom­­men­­su­­rable, mais Chris­­tian a été assez ébranlé pour déci­­der de démé­­na­­ger. Pour son père, cette histoire est abso­­lu­­ment scan­­da­­leuse. « J’ai commencé à me dire qu’ils avaient dû aller quelque part échan­­ger ces objets contre des billets de banque », raconte Ulvaeus alors que nous déjeu­­nons chez un trai­­teur près de chez lui. « Que se passe­­rait-il s’il n’y avait pas de billets ? » Ulvaeus, fort de son statut d’idole de la pop (du moins en Suède), a commencé à écrire des articles d’opi­­nion pour des jour­­naux et des sites web. Son argu­­ment est simple : l’éco­­no­­mie crimi­­nelle repose sur la nature anonyme et impos­­sible à tracer de l’argent liquide.

En effet, une grande partie de l’argent en circu­­la­­tion dans le monde – peut-être la majeure partie – n’est pas comp­­ta­­bi­­li­­sée. La Banque mondiale estime qu’en­­vi­­ron un tiers des liqui­­di­­tés dans la plupart des pays circule clan­­des­­ti­­ne­­ment, sur les marchés noirs ou dans le travail clan­­des­­tin. En suppri­­mant le cash, les voleurs n’au­­raient plus de moyen infaillible de revendre leurs biens volés, les dealers ne pour­­raient plus cacher leurs tran­­sac­­tions et toute l’éco­­no­­mie paral­­lèle fini­­rait par s’ef­­fon­­drer. Plus Ulvaeus y pense, plus cela lui paraît logique et plus il s’énerve. À ses yeux, l’at­­ta­­che­­ment à la monnaie physique n’est pas seule­­ment nostal­­gique mais parfai­­te­­ment irra­­tion­­nel, et même dange­­reux.

En 2011, Ulvaeus a cessé d’uti­­li­­ser de l’argent sous forme de billets et n’y a plus touché depuis. Deux ans plus tard, il a co-fondé le musée offi­­ciel d’ABBA à Stock­­holm. Un endroit flam­­boyant où les visi­­teurs peuvent se glis­­ser dans des clips et ache­­ter des bottines dorées approu­­vées par le groupe. Ulvaeus a insisté pour qu’au­­cun argent liquide ne soit accepté dans l’éta­­blis­­se­­ment. Le jour de l’ou­­ver­­ture, on pouvait lire sur des panneaux placés à l’en­­trée et dans la boutique de souve­­nirs : Je défis quiconque de me donner des argu­­ments en faveur de l’argent liquide plus convain­­cants que tous les béné­­fices qu’il y aurait à s’en débar­­ras­­ser. Imagi­­nez la souf­­france causée dans le monde entier par le crime, du trafic de drogue au vols de vélos. Le crime a besoin de cash. La couronne suédoise est une petite monnaie, qu’on n’uti­­lise qu’en Suède. C’est l’en­­droit idéal pour mettre en place le plan de lutte contre contre le crime le plus impor­­tant jamais réalisé. Nous pouvons et nous devons être la première société sans monnaie au monde. — Björn Ulvaeus La croi­­sade d’Ul­­vaeus a donné un coup de projec­­teur à un proces­­sus déjà bien engagé et beau­­coup plus vaste. Des années aupa­­ra­­vant, les banques de Suède se sont réunies pour accé­­lé­­rer le sevrage des pièces et des billets, sous la bannière de la lutte contre le crime. Elles ont lancé une grande « campagne de sécu­­rité publique » qui encou­­ra­­geait les gens à payer avec leur cartes de crédit plutôt qu’en espèces, pour amoin­­drir le risque d’être victime d’une agres­­sion. Elles ont aussi commencé à vider leurs coffres de toute monnaie physique. L’idée était instinc­­ti­­ve­­ment sédui­­sante pour la plupart des Suédois : le pays a beau être l’un des plus sûrs au monde, ils recherchent constam­­ment de nouveaux moyens d’éra­­diquer le crime.

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La villa d’Ul­­vaeus à Djur­­sholm
Crédits : Holger.Ellgaard

Alors qu’Ul­­vaeus ouvrait son musée, les banques suédoises ont lancé l’ap­­pli­­ca­­tion Swish. C’est elle qui a permis à la Suède de se distin­­guer de ses voisins scan­­di­­naves, eux aussi très portés sur les nouvelles tech­­no­­lo­­gies et l’uti­­li­­sa­­tion mini­­male de liqui­­di­­tés. Swish remplace le liquide dans son dernier bastion : le paie­­ment de personne à personne. Cette version survi­­ta­­mi­­née de Venmo trans­­fère les fonds instan­­ta­­né­­ment du compte d’un utili­­sa­­teur à un autre, sans délai de trai­­te­­ment supplé­­men­­taire. Tout ce dont on a besoin, c’est du numéro de télé­­phone du desti­­na­­taire. Depuis son lance­­ment, près de la moitié de la popu­­la­­tion suédoise utilise l’ap­­pli­­ca­­tion. En décembre dernier, les Suédois ont swishé plus de 10 millions de fois. Même les petits commerces acceptent les paie­­ments Swish, tout comme les sans-abris qui vendent des maga­­zines dans les rues de Stock­­holm (et si vous n’avez pas l’ap­­pli­­ca­­tion, ils ont souvent des lecteurs de cartes). En l’es­­pace de quelques années, l’ac­­ti­­visme des banques soutenu par Ulvaeus a trans­­formé la société suédoise.

En 2010, 40 % des tran­­sac­­tions étaient effec­­tuées en espèces. En 2014, leur nombre était presque tombé à 20 %. Plus de la moitié des banques ne délivrent plus d’es­­pèces. Björn Ulvaeus dispose désor­­mais de statis­­tiques sur lesquelles s’ap­­puyer quand il affirme qu’il s’agit du « plan de lutte contre contre le crime le plus impor­­tant jamais réalisé ». En 2014, le Conseil natio­­nal suédois pour la préven­­tion de la délinquance a enre­­gis­­tré 23 braquages de banques, soit 70 % de moins qu’une décen­­nie plus tôt. Au cours de la même période, les agres­­sions ont baissé de 10 %. Même si la rela­­tion entre tran­­si­­tion vers une écono­­mie cash­­less et baisse de la crimi­­na­­lité urbaine ne soit pas encore évidente, la police affirme que l’in­­té­­rêt de braquer un chauf­­feur de bus, de taxi ou bien un commerçant est moindre s’ils n’ont pas de liqui­­di­­tés. Beau­­coup de travailleurs disent se sentir désor­­mais plus en sécu­­rité. Mais pour Ulvaeus, ce n’est pas suffi­­sant. La simple présence de liqui­­di­­tés en Suède l’exas­­père. « Pourquoi achè­­te­­rait-on des choses avec un bout de papier qui peut être contre­­fait et utilisé sur le marché noir ? C’est telle­­ment anti-moderne », estime-t-il. « C’est telle­­ment dépassé. »

Boule­­ver­­ser aussi rapi­­de­­ment un système vieux de plusieurs siècles n’est pas sans consé­quences.

Anti-moderne. C’est une des expres­­sions favo­­rites d’Ul­­vaeus, son injure la plus cinglante. D’une certaine façon, il a passé sa vie à recher­­cher la moder­­nité. À ses débuts, il voulait deve­­nir ingé­­nieur et a appris à coder tout seul sur son Atari. Son statut de super­­s­tar l’a éloi­­gné de ce rêve, mais Ulvaeus n’a jamais aban­­donné cette partie de lui-même. « La musique pop a toujours été drivée par la tech­­no­­lo­­gie », dit-il. « À chaque son nouveau, on se disait : “Ils font quoi les Bee Gees, là ? Il faut qu’on ait la même chose !” » Il n’a jamais été le genre à trou­­ver du charme aux vieux usages. Pour lui, le rétro est juste ringard. Il vénère ceux qui trans­­cendent les limites de la moder­­nité, comme Elon Musk et Richard Dawkins. Ulvaeus pense, avec une convic­­tion qui confine au fana­­tisme, que quand le monde verra la Suède et le reste de la Scan­­di­­na­­vie se trans­­for­­mer en utopies sans crimes ni espèces, aux recettes fiscales en hausse, il n’aura d’autre choix que de suivre son exemple. Prenons la Grèce, un pays qu’Ul­­vaeus affec­­tionne parti­­cu­­liè­­re­­ment (cf. « Mamma Mia ! »). « Bon sang, une écono­­mie cash­­less ferait tant de bien à ce pays », se prend-t-il à rêver. La corrup­­tion, l’éva­­sion fiscale, l’éco­­no­­mie souter­­raine : tout cela pour­­rait dispa­­raître. « Je sais que ça va arri­­ver, j’ai hâte de voir ça ! » Nous arri­­vons à la fin de notre déjeu­­ner. Ulvaeus paye son pois­­son avec sa MasterCard World Elite noire puis s’éloigne au volant d’une Tesla.

Le deuxième effet Kris­­prolls

Boule­­ver­­ser aussi rapi­­de­­ment un système vieux de plusieurs siècles n’est pas sans consé­quences. Des choses étranges commencent à se produire à tous les niveaux de la société. Par exemple : · La Suède a orga­­nisé le premier festi­­val de musique cash­­less durant l’été 2014. Les orga­­ni­­sa­­teurs four­­nis­­saient au public des brace­­lets high tech pour toutes leurs dépenses au sein du festi­­val. Le premier jour, le système de paie­­ment élec­­tro­­nique a planté, lais­­sant les milliers de festi­­va­­liers assoif­­fés dans l’im­­pos­­si­­bi­­lité d’ache­­ter une bière. Un jour­­nal local a rapporté que certains vendeurs avaient été contraints d’uti­­li­­ser une forme de paie­­ment très « anti-moderne » : des lettres de change.

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Les brace­­lets cash­­less sont de plus en plus utili­­sés

· Une curieuse affaire d’agres­­sion virtuelle a eu lieu sur l’île suédoise de Gotland en juillet 2015. La victime a déclaré à la police avoir été forcée d’ef­­fec­­tuer un vire­­ment Swish à son agres­­seur. L’ac­­cusé a faci­­le­­ment été iden­­ti­­fié, puisqu’il faut un nom et un numéro de télé­­phone pour réali­­ser le vire­­ment. Mais quand la police l’a inter­­­pellé, celui-ci a affirmé qu’il avait simple­­ment avancé une bière à ladite victime. La police a fini par le relâ­­cher, faute de preuves pour traduire en justice le voleur élec­­tro­­nique présumé. · Pendant leurs vacances, deux jeunes touristes russes ont voulu prendre un bus et payer à bord. Le chauf­­feur a refusé leur liquide. « On a retiré toutes ces couronnes en arri­­vant ici », a expliqué l’un d’eux en retour­­nant piteu­­se­­ment à la gare routière. « On les a encore sur nous. » · À Över­­lida, petite ville de l’ouest du pays, un distri­­bu­­teur de billets géré par un opéra­­teur indé­­pen­­dant n’at­­tei­­gnait pas le nombre mini­­mum de tran­­sac­­tions bancaires. L’opé­­ra­­teur a donc menacé la banque de lui factu­­rer des péna­­li­­tés finan­­cières. Pour y échap­­per, ses employés se sont postés près de la machine, offrant 100 couronnes (envi­­ron 10 euros) à quiconque l’uti­­li­­se­­rait. · À Skoghall, une bour­­gade au nord de Stock­­holm, les habi­­tants ont lancé une péti­­tion pour l’ins­­tal­­la­­tion d’un distri­­bu­­teur à côté de leur épice­­rie, tous les autres en ville ayant été suppri­­més. L’ins­­tal­­la­­tion de la machine a donné lieu à la première fête de lance­­ment d’un distri­­bu­­teur. Une fanfare a joué une version suédoise d’ « Always Look on the Bright Side of Life » des Monty Python, en chan­­tant : « On a un nouveauuu dis-tri-buteur ! » Pendant que la foule jubi­­lait, un homme l’ar­­ro­­sait de bonbons depuis un toit. · Effec­­tuer un dépôt en liquide éveille désor­­mais les soupçons, et ce même pour un prêtre. Les nouvelles lois contre le blan­­chi­­ment d’argent obligent les banquiers à poser des ques­­tions détaillées sur sa prove­­nance. Et certaines banques possèdent des limites très strictes pour le montant maxi­­mal des dépôts. Si bien que l’Église détient souvent des sommes trop impor­­tantes pour être dépo­­sées, parti­­cu­­liè­­re­­ment lors des grands élans de géné­­ro­­sité de Noël et Pâques.

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Per Gott­­frid Svar­­tholm Warg, hacker et co-fonda­­teur de The Pirate Bay
Crédits : Reddit

· Le système infor­­ma­­tique du gouver­­ne­­ment suédois, supposé infaillible, a été piraté en 2012. Le hacker a volé les données person­­nelles des citoyens et les a utili­­sées pour accé­­der aux comptes privés de Nordea, la plus grande banque suédoise. Gott­­frid Svar­­tholm, célèbre cyber­­cri­­mi­­nel suédois et co-fonda­­teur de The Pirate Bay, a été reconnu coupable du crime et a écopé d’un an de prison ferme. · En 2014, un expert en sécu­­rité a décou­­vert une faille béante dans le système de Swish qui lui donnait instan­­ta­­né­­ment accès à n’im­­porte quel histo­­rique de tran­­sac­­tions. Il a alerté les banques, qui ont immé­­dia­­te­­ment corrigé l’ano­­ma­­lie. Personne ne l’avait remarquée jusqu’à ce que ce gentil hacker n’en fasse mention sur son blog quelques semaines plus tard.

LISEZ ICI LA SUITE DE L’HISTOIRE

RENCONTRE AVEC L’EX-PATRON D’INTERPOL QUI S’OPPOSE À BJÖRN ULVAEUS

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Traduit de l’an­­glais par Anto­­nin Pado­­vani et Nico­­las Prouillac d’après l’ar­­ticle « One Swede Will Kill Cash Fore­­ver—Un­­less His Foe Saves It From Extinc­­tion », paru dans Wired. Couver­­ture : 100 couronnes suédoises dispa­­raissent. (Ulyces)


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