par Mathilde Obert | 23 août 2016

Alexan­­dra Pelosi est jour­­na­­liste et docu­­men­­ta­­riste améri­­caine. Depuis le début des années 2000, elle ausculte la société améri­­caine au travers de ses films, produits par HBO. Son dernier en date est sorti cet été et s’in­­ti­­tule Meet the Donors: Does Money Talk?, ou « Rencontre avec les dona­­teurs : l’argent parle-t-il ? ». Elle s’y inté­­resse à la centaine de milliar­­daires améri­­cains qui sont les méga-dona­­teurs de la campagne prési­­den­­tielle en cours. Qu’ils donnent aux Démo­­crates, aux Répu­­bli­­cains ou aux deux, cette élite répu­­tée inac­­ces­­sible s’ouvre enfin devant la caméra d’Alexan­­dra Pelosi, qui met à nu les méca­­niques finan­­cières du système poli­­tique améri­­cain. Fille de la poli­­ti­­cienne démo­­crate Nancy Pelosi et de l’homme d’af­­faires Paul Pelosi, la jour­­na­­liste a pu avoir un accès sans précé­dent aux cercles les plus fermés des États-Unis, qui ont main­­mise sur l’ap­­pa­­reil démo­­cra­­tique. Elle raconte ses décou­­vertes et l’aven­­ture du tour­­nage du film au cours de cet entre­­tien. https://www.youtube.com/watch?v=-V4aT13ggBM

Retour sur inves­­tis­­se­­ment

Comment fonc­­tionne le système de finan­­ce­­ment des campagnes prési­­den­­tielles aux Etats-Unis ? Le système poli­­tique améri­­cain repose en grande partie sur des finan­­ce­­ments privés. Nous avons égale­­ment un système de finan­­ce­­ment public : vous pouvez cocher une case sur votre avis d’im­­po­­si­­tion pour donner trois dollars aux campagnes. Mais il appar­­tient aux candi­­dats de déci­­der s’ils acceptent le finan­­ce­­ment public ou non. Quatre prési­­dents ont été élus succes­­si­­ve­­ment grâce au finan­­ce­­ment public avant que Barack Obama décide en 2008 de ne pas en profi­­ter. De cette façon, il pouvait lever autant de fonds que possible. Car si un candi­­dat accepte le finan­­ce­­ment public, c’est l’unique argent qu’il pourra dépen­­ser lors de sa campagne. On ne peut pas en béné­­fi­­cier et rece­­voir de l’argent par d’autres biais. Avec l’argent public, il y a un plafond. Mais Barack Obama voulait pouvoir dépen­­ser un milliard de dollars, et c’est ce qu’il a fait. C’est ce qu’Hillary Clin­­ton compte faire aussi. C’est la raison pour laquelle les dona­­teurs ont tant de pouvoir aux États-Unis. Les poli­­ti­­ciens en dépendent pour finan­­cer leurs campagnes. Se présen­­ter aux élec­­tions améri­­caines, c’est comme de jouer une partie de Mono­­poly. Vous devez faire le tour du plateau et rendre visite à toutes les personnes les plus riches d’Amé­­rique pour les convaincre de finan­­cer votre campagne. Les candi­­dats prennent l’avion pour Chicago et rencontrent un Pritz­­ker, puis ils vont à Dallas, etc. Ils écument toutes les villes d’Amé­­rique dans lesquelles un vieux milliar­­daire est suscep­­tible de leur signer un chèque d’un million de dollars. C’est comme ça qu’ils financent leur campagne.

Est-ce qu’il arrive que les dona­­teurs contactent eux-mêmes les candi­­dats ? Non, car c’est une ques­­tion d’or­­gueil. Ces hommes richis­­simes veulent que les candi­­dats viennent à eux. Qu’ils viennent leur rendre visite à domi­­cile et qu’ils fassent bonne impres­­sion à leurs amis. C’est une sorte de parade. D’autres fois, les candi­­dats les appellent pour quêter leur soutien. Les milliar­­daires sont alors invi­­tés chez eux. J’ai vu beau­­coup de prési­­dents et de candi­­dats se mettre à quatre pattes pour deman­­der de l’argent à de riches dona­­teurs. Le système est pensé de telle manière que les poli­­ti­­ciens sont dans l’obli­­ga­­tion de solli­­ci­­ter des fonds.

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Hillary Clin­­ton pose avec un dona­­teur et son chien
Crédits : HBO

Comment savent-ils qui contac­­ter ? Il y a un registre public. Les dona­­teurs sont listés par la FEC, la Commis­­sion élec­­to­­rale fédé­­rale. La loi oblige les candi­­dats à révé­­ler qui leur a donné de l’argent. Si je fais un chèque d’un million de dollars à Hillary Clin­­ton, mon nom appa­­raî­­tra sur le site de la FEC. Les candi­­dats n’ont qu’à regar­­der qui a donné par le passé et frap­­per à leur porte. Il y a égale­­ment un site nommé Open­­se­­crets qui dresse la liste des 100 plus grands dona­­teurs des États-Unis. Il suffit d’al­­ler y jeter un œil. C’est ce que j’ai fait pour mon film. J’ai récu­­péré la liste d’Open­­se­­crets et j’ai solli­­cité des entre­­tiens avec les dona­­teurs. J’étais sur les talons des candi­­dats. Partout où j’al­­lais, on me disait : « Oh, vous venez de manquer Hillary, elle était là hier » ou « Jeb Bush était là ce matin ». Au moment où j’ai réalisé mes entre­­tiens, ils étaient en pleine prépa­­ra­­tion des primaires. Parfois, j’en­­trais dans le bureau d’un dona­­teur après avoir vu Jeb Bush en sortir, ou Lind­­sey Graham. Ils viennent tous leur rendre visite régu­­liè­­re­­ment.

Que dit la loi améri­­caine de ce système de finan­­ce­­ment ? Bernie Sanders est devenu popu­­laire en s’en prenant à la classe des milliar­­daires. Il a expliqué aux élec­­teurs comment fonc­­tion­­nait le système. Les gens n’étaient pas réel­­le­­ment au courant et Sanders a été le premier à atti­­rer l’at­­ten­­tion sur ce problème. Les Améri­­cains sont très mécon­­tents de ce système. Beau­­coup de gens ont le senti­­ment d’être lais­­sés sur la touche car c’est un système pay-to-play, il faut payer pour parti­­ci­­per. C’est la vraie nature de la démo­­cra­­tie améri­­caine. Mais si je vous fais un chèque d’un million de dollars, c’est que j’at­­tends un retour sur inves­­tis­­se­­ment, n’est-ce pas ?

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Alexan­­dra Pelosi en entre­­tien avec un milliar­­daire
Crédits : HBO

Cela énerve beau­­coup les gens, mais quelle est l’al­­ter­­na­­tive ? Les Améri­­cains ne veulent pas que leur argent finance les élec­­tions. Tout le monde est déçu par la poli­­tique. Donald Trump et Bernie Sanders ont tous les deux attiré l’at­­ten­­tion sur la corrup­­tion au cœur du système. C’est comme ça qu’ils ont gagné en popu­­la­­rité. Trump a révélé qu’a­­vant qu’il ne soit candi­­dat à l’élec­­tion prési­­den­­tielle, il donnait de l’argent aux autres candi­­dats pour qu’il puisse les appe­­ler en cas de besoin. Il a parlé de son expé­­rience person­­nelle et c’est comme ça qu’il a remporté les primaires répu­­bli­­caines. Avant qu’il ne le dise, personne n’avait avoué que le système fonc­­tion­­nait de cette façon. Aujourd’­­hui on parle beau­­coup de la façon dont les candi­­dats financent leur campagne, car les gens ont fini par se deman­­der comment cela fonc­­tion­­nait.

Pourquoi y a-t-il tant d’argent dépensé durant ces élec­­tions ? Tout l’argent va dans la pub télé­­vi­­sée. C’est de ça qu’il s’agit : ache­­ter du temps d’an­­tenne. En croi­­sant les sources, on estime que cette élec­­tion pour­­rait coûter jusqu’à dix milliards de dollars. Les candi­­dats vont lever des milliards pour leurs campagnes. Le prix des publi­­ci­­tés TV ne cesse d’aug­­men­­ter, sans comp­­ter qu’or­­ga­­ni­­ser une campagne coûte extrê­­me­­ment cher. Il vous faut une équipe, un cabi­­net, des opéra­­tions gigan­­tesques… Les États-Unis sont un grand pays dont il ne faut négli­­ger aucune partie du terri­­toire. Il leur faut des bureaux dans chaque ville. C’est une super produc­­tion.

Méga-dona­­teurs

Qu’est-ce que l’ar­­rêt Citi­­zens United v. Fede­­ral Elec­­tion Commis­­sion de 2010, qui permet la parti­­ci­­pa­­tion finan­­cière des entre­­prises aux campagnes poli­­tiques, a changé au finan­­ce­­ment des campagnes ? Citi­­zens United a fait prendre conscience aux milliar­­daires qu’ils avaient la possi­­bi­­lité d’in­­ves­­tir des millions de dollars dans les élec­­tions. Il y a toujours eu de l’argent en poli­­tique, mais Citi­­zens United repré­­sente un tour­­nant déci­­sif car les diri­­geants leur ont clai­­re­­ment fait savoir que donner de l’argent était un droit fonda­­men­­tal, un exer­­cice de la liberté d’ex­­pres­­sion. C’est à partir de là qu’on a commencé à voir des chèques à sept chiffres sur la table.

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Crédits : DonkeyHo­­tey

Les avocats qui défen­­daient Citi­­zens United face à la Cour suprême ont expliqué lors d’in­­ter­­views qu’il a toujours été possible de donner de l’argent aux poli­­ti­­ciens en Améri­­cain, mais que Citi­­zens United avait permis de mettre tout le monde au courant. Mais ce n’est pas pour ça qu’il y a tout cet argent, et lorsque Hillary Clin­­ton déclare qu’elle mettra un terme à tout ça une fois qu’elle sera élue, c’est un mensonge. Il y a toujours eu de l’argent pour alimen­­ter le système poli­­tique améri­­cain et il y en aura toujours, c’est l’eau qui fait tour­­ner le moulin. Les gens voient l’an­­nu­­la­­tion de Citi­­zens United comme la solu­­tion au problème, mais c’est simple­­ment une chose que dit Clin­­ton pour les rassu­­rer. La réalité, c’est qu’ils trou­­ve­­ront toujours un moyen d’injec­­ter de l’argent dans le système.

Comment ces méga-dona­­teurs financent-ils les campagnes ? Ils le font via les super-PAC (comité d’ac­­tion poli­­tique). S’il y a une limite fixée par chaque État au montant que vous pouvez donner aux candi­­dats, vous pouvez faire un chèque d’un milliard de dollars à un super-PAC si vous le souhai­­tez. Ensuite, il est supposé y avoir un mur étanche entre le super-PAC et le candi­­dat, mais ce n’est pas le cas. Les dona­­teurs auxquels j’ai parlé m’ont expliqué qu’ils appe­­laient leur poulain aussi sec après avoir fait le chèque. Il n’y a pas à propre­­ment parler de distinc­­tion entre le super-PAC et la campagne. Ce mur est une farce, les dona­­teurs ont tous leur place autour de la table. Lorsqu’ils signent un chèque, ils s’as­­surent d’avoir accès à Hillary. Elle sait exac­­te­­ment qui a donné combien. Faire un chèque à la campagne d’un candi­­dat, c’est s’ache­­ter du temps d’an­­tenne auprès de lui.

Qui sont ces méga-dona­­teurs ? Ils repré­­sentent 1 % de l’élite améri­­caine. Il y a une centaine de familles en Amérique qui financent nos élec­­tions et notre démo­­cra­­tie toute entière. Leurs noms sont publics, on les trouve sur Inter­­net. Ils possèdent les équipes de base­­ball, les équipes de foot­­ball améri­­cain, les entre­­prises du texti­­le… C’est une micro-classe de proprié­­taires qui détiennent toutes les indus­­tries améri­­caines. C’est pour eux que le système travaille. On peut présen­­ter les choses ainsi : la démo­­cra­­tie est suppo­­sée être un bien commun, mais de la façon dont nos élec­­tions sont finan­­cées, elle ne profite qu’à quelques-uns. Seule une poignée d’in­­di­­vi­­dus ont réel­­le­­ment de l’in­­fluence dans le pays. Notre démo­­cra­­tie est deve­­nue le porte-voix du capi­­ta­­lisme. Les plus riches se délestent d’un peu d’argent pour qu’elle parle aux foules en leur nom.

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Alexan­­dra Pelosi sur CNBC
Crédits : CNBC

Il y a peu, j’ai été invi­­tée sur le plateau d’une émis­­sion de CNBC, la chaîne busi­­ness améri­­caine. Ils parlent d’argent à longueur de temps. Je leur ai posé la ques­­tion suivante : « Si cette frac­­tion, ces 1 % de capi­­ta­­listes qui font marcher le pays contrôlent aussi la démo­­cra­­tie, le capi­­ta­­lisme et la démo­­cra­­tie peuvent-ils encore coexis­­ter ? » J’avais l’im­­pres­­sion d’avoir jeté une bombe en direct et que tout le monde me tombe­­rait dessus, mais ils m’ont répondu : « Vous avez raison. La démo­­cra­­tie est aux mains de ces capi­­ta­­listes. » C’était dingue, ils l’ont reconnu.

Pourquoi les super-riches donnent-ils de l’argent aux candi­­dats ? Parce qu’ils veulent que les lois promul­­guées aillent dans le sens de leurs inté­­rêts. Ils veulent proté­­ger leurs biens. Dans le cas des banques, elles donnent de l’argent car elles veulent s’as­­su­­rer que lorsqu’elles accordent des crédits, ce sont elles qui en sorti­­ront gagnantes et pas les consom­­ma­­teurs. D’autres le font pour le « bien commun », comme Tom Steyer qui a donné 80 millions de dollars au Sénat. Il dit que c’est pour aider à combattre le réchauf­­fe­­ment clima­­tique. Contrai­­re­­ment aux frères Koch, qui donnent de l’argent car ils veulent s’as­­su­­rer qu’au­­cune régle­­men­­ta­­tion ne vien­­dra faire obstacle à leurs affaires.

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Alexan­­dra Pelosi inter­­­viewe Tom Steyer
Crédits : HBO

Il y a une diffé­­rence entre ce qu’on appelle les dona­­teurs idéo­­lo­­giques et les dona­­teurs tran­­sac­­tion­­nels. Les premiers sont des gens qui signent des chèques en raison de leurs convic­­tions person­­nelles. Tom Steyer est d’avis que le réchauf­­fe­­ment clima­­tique est une menace pour la survie de l’es­­pèce humaine, il donne 80 millions de dollars pour tenter de l’ar­­rê­­ter. C’est un dona­­teur idéo­­lo­­gique. Bill Gates est un dona­­teur tran­­sac­­tion­­nel. Il veut s’as­­su­­rer que les produits de Micro­­soft seront distri­­bués autour du globe sans restric­­tion d’au­­cune sorte et c’est pour cela qu’il signe un chèque. C’est pour la même raison que la Sili­­con Valley s’est lancée dans la partie. Les Airbnb, les Uber, ils veulent tous faire de l’argent. Et ils ont réalisé qu’en Amérique, pour faire de l’argent, il faut grais­­ser la patte des poli­­ti­­ciens. C’est assez loin de l’idée qu’on se fait d’un pays aussi avancé, mais c’est bien ce qu’il se passe. J’ai inter­­­viewé de nombreux milliar­­daires qui l’avouent. Je dois préci­­ser que je descends d’une longue lignée de poli­­ti­­ciens : mon grand-père était au Congrès, ma mère y est depuis près de 30 ans… Je ne parle pas en mili­­tante, j’as­­siste à ces soirées depuis que je suis toute petite. J’ai vu tout cela de mes propres yeux et je fréquente ces gens depuis toujours. Je ne suis pas une étudiante enga­­gée qui clame aveu­­glé­­ment que la démo­­cra­­tie est corrom­­pue. J’ai côtoyé de près les gens qui ont gagné au jeu de la démo­­cra­­tie et ceux qui ont gagné au jeu du capi­­ta­­lisme. Je peux vous assu­­rer que ce sont les seconds qui financent les premiers.

Pouvez-vous nous parler des soirées de dona­­teurs ? Les partis poli­­tiques améri­­cains orga­­nisent des soirées et des collectes de fonds. On se retrouve dans la maison de George Soros, dans les palaces des 1 %, et parfois le président est de la partie. Il faut payer pour se mêler à tout ce beau monde et être pris en photo avec le président. La moindre de ces soirées est plus gran­­diose que tous les mariages auxquels vous avez jamais assisté. Ce sont les soirées les plus sélects qu’on puisse imagi­­ner. De grands vins, du cham­­pagne, des dîners somp­­tueux… Les parti­­ci­­pants sont assu­­rés d’in­­té­­grer le réseau des Améri­­cains les plus privi­­lé­­giés. Mais on n’est pas invité aux soirées de dona­­teurs, il faut payer pour y aller. C’est écrit sur le carton d’ « invi­­ta­­tion ». 30 000 dollars pour assis­­ter à la récep­­tion, 100 000 dollars pour le dîner, et bien plus si vous voulez faire la queue pour être pris en photo avec le président.

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Barack Obama dans une de ces soirées
Crédits : HBO

Certains dona­­teurs disent qu’il s’agit pour eux d’un acte « patrio­­tique » et qu’ils n’at­­tendent rien en retour. Qu’en pensez-vous ? Je suis certaine que c’est ce qu’ils croient, mais je ne pense pas que qui que ce soit signe un chèque de dix millions de dollars sans rien attendre en retour. Personne au monde n’est prêt à le croire. Mais ils s’en persuadent et ils ont l’air sincère. Combien donnent-ils, en moyenne ? La plupart d’entre eux ne font même pas atten­­tion au montant qu’ils ont donné. Certains à qui j’ai demandé combien ils avaient donné m’ont répondu qu’ils ne savaient plus. Ce sont des gens extrê­­me­­ment riches. On a du mal à se figu­­rer à quel point les milliar­­daires sont riches. Un chèque d’un million de dollars n’est rien pour eux. Il faut qu’ils trouvent des moyens d’écou­­ler leur argent car il s’amasse conti­­nuel­­le­­ment, à une vitesse folle. Pour les besoins de mon film, je ne voulais rencon­­trer que les milliar­­daires qui avaient fait des chèques de plus de dix millions de dollars. Je les ai trou­­vés sur Open­­se­­crets, avec leur nom et le montant des chèques qu’ils ont signés. Le méga-dona­­teur le plus pauvre que j’ai rencon­­tré avait donné dix millions de dollars tout rond.

Donnent-ils de l’argent à un parti ou à une personne ?

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Le milliar­­daire Morris Pearl et le maire de NYC Bill de Blasio
Crédits : HBO

Ils donnent aux deux. Les gens qui donnent donnent à tout le monde : à la Chambre des repré­­sen­­tants, au Sénat, au prési­­dent… le président est l’enjeu le plus impor­­tant. À cet instant de la campagne, les méga-dona­­teurs sont des convain­­cus. Ils croient vrai­­ment en Hillary, et c’est de leurs poches que vient la majeure partie de son argent. Beau­­coup donnent de l’argent comme on s’as­­su­­re­­rait la protec­­tion de la mafia. Et beau­­coup donnent aux deux camps, juste au cas où, pour s’as­­su­­rer qu’on pren­­dra soin d’eux. Ceux-là donnent le même montant aux deux camps pour être sûrs d’être à l’abris. Ils veulent avoir leur place aux dîners d’État peu importe qui sera élu président. Mais ces grands dona­­teurs sont tous diffé­­rents, chaque cas est inté­­res­­sant. Ils donnent tous aux deux camps, mais certains vont donner dix millions à l’un plutôt qu’à l’autre. Ils parient sur le vainqueur, comme à Las Vegas.

Le côté obscur

Pourquoi certaines grandes entre­­prises font des dona­­tions et pas d’autres ? La plupart d’entre elles donnent, et elles donnent le même montant aux deux camps pour se proté­­ger. Trump a un problème car certaines entre­­prises ne veulent rien lui donner. Elles le trouvent dange­­reux. Beau­­coup d’en­­tre­­prises ne lui ont rien donné et il se pour­­rait qu’il revoit son discours. Mais il obtient beau­­coup de petites dona­­tions de la part de gens. Que ce soit vrai ou faux, c’est un milliar­­daire qui dit pouvoir s’auto-finan­­cer. Les gens aiment ça, alors ils lui font de petits chèques. Y a-t-il un lien entre le secteur indus­­triel d’une entre­­prise et le candi­­dat auquel elle donne ? Cela arrive. Par exemple, le parti répu­­bli­­cain est tenu par la Natio­­nal Rifle Asso­­cia­­tion car ils veulent pouvoir conti­­nuer à vendre des armes, ce que défendent les Répu­­bli­­cains. Dans la Sili­­con Valley, c’est diffé­rent. Ce ne sont pas des méga-dona­­teurs. Le seul grand nom de la Sili­­con Valley à figu­­rer sur la liste est Peter Thiel. Autre­­ment, ils ne sont pas au niveau des grands dona­­teurs améri­­cains. Pas encore, du moins.

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Alexan­­dra Pelosi
Crédits : HBO

Les gens qui donnent de l’argent à Hillary Clin­­ton sont-ils les mêmes que ceux qui donnent à la Clin­­ton Foun­­da­­tion ? Nous ne savons pas, c’est un sujet épineux. Il faudrait enquê­­ter davan­­tage, mais certains donnent au deux, sans aucun doute.

Qu’en est-il de la dark money, ces fonds dont la prove­­nance est obscure ? Je ne me suis pas inté­­res­­sée à la dark money juste­­ment car leur prove­­nance est très diffi­­cile à tracer. C’est un procédé légal, seule­­ment anonyme. Ces dona­­teurs prétendent donner de l’argent à une œuvre de charité, mais en réalité il est injecté en poli­­tique. C’est légal pour la simple raison que c’est la Commis­­sion élec­­to­­rale fédé­­rale, qui est suppo­­sée régle­­men­­ter la façon dont l’argent est dépensé dans les élec­­tions, en est inca­­pable. La raison pour laquelle un dona­­teur choi­­sit la dark money est qu’il ne veut pas que les gens le sachent. Ils peuvent par exemple être à la tête d’une grande entre­­prise et ne pas avoir envie d’être asso­­ciés à un candi­­dat. Ils donnent donc de l’argent anony­­me­­ment à un orga­­nisme qui s’en char­­gera à leur place. Il y en a trois pour les Démo­­crates et trois pour les Répu­­bli­­cains. Parmi les personnes que j’ai rencon­­trées, certaines ont donné beau­­coup d’argent en dark money. Certains dona­­teurs choi­­sissent ce biais parce qu’il s’agit de l’argent d’un héri­­tage et qu’ils ne veulent pas que leur famille apprenne qu’il va à des poli­­ti­­ciens. D’autres encore pensent qu’être asso­­ciés à un poli­­ti­­cien pour­­rait nuire à leurs affaires. Les frères Koch disent avoir été diabo­­li­­sés pour avoir parti­­cipé à l’élec­­tion. Beau­­coup de gens les connaissent et de nombreux livres ont été écrits à leur sujet. Cela a nui à leur busi­­ness. C’est la raison pour laquelle ils inves­­tissent autant dans la pub à la télé­­vi­­sion améri­­caine. Ils veulent redo­­rer leur image et passer pour plus gentils qu’ils ne le sont, car ils ont constaté que les dona­­tions avaient nui à leurs affaires. C’est le risque quand on s’in­­ves­­tit en poli­­tique.

Est-ce que ce sont les candi­­dats qui reçoivent le plus d’argent qui gagnent toujours ? Non. Jeb Bush est celui qui a levé le plus de fonds durant les primaires et il a perdu. On ne peut pas obli­­ger les gens à voter pour quelqu’un qu’ils n’aiment pas. Vous aurez beau avoir tout l’argent du monde, ça ne vous assu­­rera pas de deve­­nir président. En résumé, vous avez besoin d’argent car sans lui, vous ne pouvez pas parti­­ci­­per, mais cet argent ne vous assure pas pour autant la victoire.

Ce lien étroit entre argent et poli­­tique donne-t-il lieu à de la corrup­­tion ? On peut le penser. Les Démo­­crates sont pour la trans­­pa­­rence. S’ils accèdent au pouvoir, ils disent qu’ils chan­­ge­­ront le système. Ce qui est sûr, c’est qu’ils disent ça pour être élus. Mais s’ils le sont, qui sait s’ils le feront vrai­­ment ? Il existe néan­­moins un mouve­­ment réfor­­miste qui prend de plus en plus d’am­­pleur. Il rassemble des poli­­ti­­ciens des deux camps qui souhaitent voir les choses chan­­ger. Et vous avez des milliar­­daires comme George Soros qui inves­­tissent dans les réfor­­mes… ce qui semble ironique, voire hypo­­crite. Ils donnent des millions de dollars à Hillary Clin­­ton qui dit qu’elle chan­­gera le système si elle gagne. Le fera-t-elle vrai­­ment ? On n’en sait rien, mais elle dit que oui.

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« Ne doit pas être utilisé pour soudoyer des poli­­ti­­ciens »
Crédits : HBO

Les détrac­­teurs du système sont d’avis que les poli­­ti­­ciens ne devraient pas passer tout leurs temps avec les vieux milliar­­daires qui dirigent l’Amé­­rique. Cela pose ques­­tion, effec­­ti­­ve­­ment, car les poli­­ti­­ciens vivent dans une bulle dans laquelle ils ne parlent qu’à ces gens.  Cela a forcé­­ment une influence sur leurs actes. Ce n’est pas sain. Ils est néces­­saire qu’ils parlent à tout le monde, pas seule­­ment aux gens qui leur signent des chèques.

Faire parler l’argent

Comment enquête-t-on sur un monde aussi protégé ? J’as­­siste à ces soirées depuis que je suis toute petite. Ma mère, Nancy Pelosi, en orga­­ni­­sait régu­­liè­­re­­ment pour récol­­ter de l’argent pour des prési­­dents ou des candi­­dats de la région. Mes frères et sœurs et moi-même, on s’oc­­cu­­pait du cate­­ring. Plus tard, j’ai assisté à des  soirées plus chics que mon propre mariage, et j’ai eu un beau mariage. C’est en allant là-bas que j’ai réalisé à quel point ces gens étaient décon­­nec­­tés de la réalité. Sachant que les Améri­­cains ne savent pas pour la plupart comment notre système d’élec­­tions est financé, j’ai voulu leur montrer. Je voulais leur donner un aperçu de ces soirées coûteuses pour qu’ils voient à quoi elles ressemblent. J’ai réalisé dix films pour HBO, avec une petite caméra pas plus grosse qu’un iPhone. C’est comme ça que j’ai pu filmer tout ça ces dernières années. J’ai eu accès à des gens à qui il est habi­­tuel­­le­­ment impos­­sible de parler. Je connais­­sais bien les Répu­­bli­­cains de la campagne de George Bush de 2000. J’ai passé un an et demi avec lui dans son bus de campagne lorsqu’il se présen­­tait à l’élec­­tion prési­­den­­tielle. Je couvrais sa campagne pour NBC News. C’est là que j’ai rencon­­tré bon nombre de ses dona­­teurs. J’ai simple­­ment décidé qu’il était temps que les gens sachent. Était-il facile de les convaincre de vous parler ? Ceux qui sont dans le film ont été faciles à convaincre. Mais sur cette centaine de personnes, certaines ont refusé de manière très peu diplo­­ma­­tique.

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Tous les dona­­teurs ne se sont pas montrés coopé­­ra­­tifs
Crédits : HBO

Ils ont refusé car la façon dont sont finan­­cées les élec­­tions est le côté obscur de la poli­­tique améri­­caine. Ces gens ne veulent pas que vous sachiez combien d’argent ils inves­­tissent dedans et ce qu’ils obtiennent en retour. Ils ne veulent pas répondre à ce genre de ques­­tions. J’ai fait beau­­coup plus d’en­­tre­­tiens que ce qu’on peut voir dans le film, l’en­­nui c’est que tout le monde me disait la même chose : « Je le fais parce que j’aime l’Amé­­rique. Je fais mon devoir de patriote et je n’ob­­tiens rien en retour. » Au bout de la centième fois, ça devient ennuyeux. Elles se sont toutes bien passées, mais il a fallu couper beau­­coup de choses. Votre travail a-t-il changé quelque chose ? En toute modes­­tie, personne n’avait jamais eu accès à ces gens pour entendre ce qu’ils avaient à dire. Je pensais que cela déclen­­che­­rait une révo­­lu­­tion ! (Rires) J’ima­­gi­­nais qu’il y aurait des émeutes dans les rues, que ça aurait ouvert les yeux au monde. Car les gens ordi­­naires ne mettent jamais les pieds dans ces soirées.

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L’af­­fiche du film, pastiche du Magi­­cien d’Oz
Crédits : HBO

Le docu­­men­­taire a été très bien accueilli, beau­­coup de gens l’ont vu et nous ont écrit par la suite. Ils n’en reve­­naient pas. Mais il y a une certaine intel­­li­­gent­­sia améri­­caine qui ne s’y est pas inté­­res­­sée. Pour eux, c’est un problème dont il n’est pas néces­­saire de parler. Le Wall Street Jour­­nal n’en a même pas fait mention. Cela m’a choqué. Pas parce qu’ils n’ont pas aimé le film, mais parce que cela signi­­fie qu’ils n’ont pas jugé bon de faire mention du fait que 20 milliar­­daires expliquaient pour la toute première fois la raison pour laquelle ils donnent des millions de dollars aux candi­­dats. Une auteure du New Yorker du nom de Jane Mayer a écrit un livre inti­­tulé Dark Money, dans lequel elle parle des frères Koch. On en parle beau­­coup dans les soirées cock­­tails de Manhat­­tan car cela entache unique­­ment des milliar­­daires répu­­bli­­cains. Mais si vous critiquez les deux camps, ce n’est plus pareil. Ça ne fait pas vendre de critiquer Hillary. Pour ma part, je voulais montrer ce qu’il se passe dans les deux camps. C’était impor­­tant car vu mon parcours, on pour­­rait m’ac­­cu­­ser de proté­­ger les Démo­­crates. Ce n’est pas le cas, j’ap­­pelle toujours un chat un chat, même quand il s’agit de l’hy­­po­­cri­­sie des médias. L’en­­nui, c’est qu’aujourd’­­hui dans les docu­­men­­taires améri­­cains, on attend de vous que vous preniez posi­­tion. C’est la raison pour laquelle vous regar­­dez Fox News si vous êtes répu­­bli­­cain, MSNBC si vous êtes démo­­crate. Les gens aiment qu’on leur dise ce qu’ils veulent entendre. Si vous vous pliez à cette exigence, ils vous adorent. Mais si vous critiquez les deux camps et que vous montrez la réalité des choses, cela implique que vous révé­­liez les méca­­niques du système. En défi­­ni­­tive, tout l’argent va à la publi­­cité. Les vrais gagnants dans tout ça, ce sont les chaînes, les gens qui possèdent les médias. Ces gens-là n’ont aucune envie que le système change car il est très lucra­­tif pour eux. C’est un problème complexe. Je vais vous donner un exemple concret : le New York Times a écrit une excel­­lente critique du docu­­men­­taire, très fouillée. Il y a un an, j’ai dit à mon équipe : « N’en­­voyez pas le DVD au Washing­­ton Post, ils vont le tour­­ner en déri­­sion et dire que ça ne vaut pas la peine d’être vu. » Pourquoi ? Parce que le Washing­­ton Post fait partie du système. Ça n’a pas loupé. Ils ont écrit que le film ne disait rien de neuf. Eux qui n’ont jamais pu décro­­cher d’en­­tre­­tiens avec ces milliar­­daires. Malgré cela, ils ont dit à leurs lecteurs que ça ne valait pas le coup d’être vu. Encore une fois, le problème n’est pas qu’ils n’aiment pas le film, mais qu’ils écrivent que le sujet n’est pas inté­­res­­sant. En recom­­man­­dant de ne pas voir ce film, le Washing­­ton Post dit en substance : « Nous n’avons pas besoin de savoir comment sont finan­­cées nos élec­­tions. »


Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’en­­tre­­tien réalisé par Mathilde Obert. Couver­­ture : « L’argent n’a rien à voir avec la liberté d’ex­­pres­­sion ». (HBO)


LES SECRETS INAVOUABLES DU SYSTÈME CLINTON

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Derrière les para­­vents de leur Fonda­­tion, l’an­­cien président et la candi­­date démo­­crate entre­­tiennent des liens étroits et douteux avec le monde de la finance.

I. Les Clin­­ton et Wall Street

Le 17 janvier dernier aux États-Unis s’est tenu le dernier débat oppo­­sant les candi­­dats démo­­crates avant le lance­­ment de la course aux primaires. Bernie Sanders a dénoncé les liens étroits qu’en­­tre­­tient Hillary Clin­­ton avec la bourse de Wall Street, attaque qu’il s’était retenu de profé­­rer jusqu’à ce stade de la campagne élec­­to­­rale. « Je ne perçois pas d’argent des grandes banques… En un an, vous avez perçu 600 000 dollars d’ho­­no­­raires de Gold­­man Sachs pour des confé­­rences », l’a-t-il accu­­sée. Les critiques de Sanders surviennent au moment même où de récents rapports révèlent que le FBI a étendu son enquête sur les emails envoyés par Hillary Clin­­ton alors qu’elle était secré­­taire d’État à ses rela­­tions avec les grands dona­­teurs. Ce qui soulève une autre ques­­tion : comment Hillary et Bill Clin­­ton ont-ils tissé un tel réseau de dona­­teurs, et qu’est-ce que ce réseau présage de la conduite de l’ex-première dame si elle venait à être élue prési­­dente des États-Unis ? L’enquête, qui s’ap­­puie sur de nombreuses sources, vise à éclai­­rer des faits concer­­nant Hillary Clin­­ton et ne prétend en aucun cas favo­­ri­­ser tel ou tel candi­­dat à l’élec­­tion prési­­den­­tielle.

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Hillary Clin­­ton en campagne
Crédits : Gage Skid­­more

Depuis l’ar­­rêt Citi­­zens United et l’ar­­ri­­vée des Super PAC (ou comi­­tés d’ac­­tion poli­­tique), il est fréquent sur la scène poli­­tique améri­­caine que des socié­­tés et de riches dona­­teurs trans­­mettent des sommes illi­­mi­­tées d’argent aux candi­­dats à de hauts postes en vue d’ob­­te­­nir des faveurs. D’après les données publiées sur le site Open Secrets, en octobre dernier, aux fins de la campagne prési­­den­­tielle de 2016, Jeb Bush dispo­­sait, en plus des parti­­ci­­pa­­tions directes, de près de 103 millions de dollars de « contri­­bu­­tions exté­­rieures ». Il peut s’agir de montants prove­­nant des PAC, ces comi­­tés d’ac­­tion poli­­tique, ou des Super PAC, mais égale­­ment d’ « argent occulte » versé par des orga­­ni­­sa­­tions au profit d’un candi­­dat. Cette somme s’éle­­vait respec­­ti­­ve­­ment à 38 millions de dollars, 17 millions de dollars et 14 millions de dollars pour les candi­­dats Ted Cruz, Marco Rubio et Chris Chris­­tie. Pour­­tant, peu ont su exploi­­ter cette poli­­tique de gros sous autant que Bill et Hillary Clin­­ton.

Au mois d’oc­­tobre, Hillary Clin­­ton avait soulevé 20 millions de dollars « exté­­rieurs » qui se sont ajou­­tés aux 77 millions de contri­­bu­­tions directes, soit la somme la plus impor­­tante réunie alors par un candi­­dat. Mais Hillary et son mari entre­­tiennent d’autres rela­­tions avec les grands dona­­teurs, qui remontent bien avant l’élec­­tion en cours. Le « Système Clin­­ton » se démarque par l’am­­pleur et la complexité des connexions qu’il implique, mais égale­­ment par une présence de longue date sur la scène poli­­tique, par le rôle de l’an­­cien président Bill Clin­­ton à ses côtés en tant que parte­­naire dans cette entre­­prise et par les sommes fara­­mi­­neuses mises en jeu. Cette ampleur et cette complexité s’ex­­pliquent par les diffé­­rentes formes de contri­­bu­­tions qui unissent les Clin­­ton à leurs dona­­teurs. Tout d’abord, il y a ces hono­­raires à six chiffres perçus par Bill et Hillary Clin­­ton, prin­­ci­­pa­­le­­ment de la part de socié­­tés et de banques et qui leur ont déjà rapporté 125 millions de dollars depuis le départ de Bill Clin­­ton de la prési­­dence en 2001. Il y a égale­­ment les contri­­bu­­tions directes aux campagnes d’Hillary Clin­­ton, notam­­ment pour un siège au Sénat en 2000, pour la prési­­dence du pays en 2008, puis en 2016, soit un total de 712,4 millions de dollars au 30 septembre 2015, selon les données publiées récem­­ment par Open Secrets. Sur cinq sources de finan­­ce­­ment majeures, quatre sont de grandes banques : Citi­­group Inc., Gold­­man Sachs, JPMor­­gan Chase & Co., et Morgan Stan­­ley. Objec­­tif de cette campagne : soule­­ver un milliard de dollars de fonds pour la super PAC en vue de l’élec­­tion prési­­den­­tielle de 2016.

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