par Mathilde Obert | 7 mars 2017

Le Boeing-Stear­­man de 1940 file à plus de 250 km/h dans les airs, lais­­sant derrière lui une épaisse traî­­née de fumée blanche. À plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol, l’avion biplan entame une courbe ascen­­dante pour effec­­tuer un looping. Sur les flancs ruti­­lants de la carlingue appa­­raît le logo de Third Strike Wing­­wal­­king. Et, perchée sur l’aile para­­sol de l’avion, défiant la vitesse, l’al­­ti­­tude et la raison, une silhouette humaine et fragile, dange­­reu­­se­­ment penchée vers l’ar­­rière. Cette silhouette, c’est celle de Carol Pilon. Reliée à l’ap­­pa­­reil par un simple câble de sécu­­rité, la volti­­geuse exécute des figures téta­­ni­­santes et gracieuses, narguant la gravité. Carol est une wing walker, une profes­­sion­­nelle qui marche sur les ailes d’un avion en plein vol. C’est aussi l’une des dernières repré­­sen­­tantes de la disci­­pline, qui retrouve son souffle en 2017. En ce mois de mars, Rihanna s’en est faite l’am­­bas­­sa­­drice en posant pour Harper’s Bazaar. Un hommage fort à l’avia­­trice améri­­caine Amelia Earhart, la première femme à traver­­ser seule l’océan Atlan­­tique, dans un avion rouge flam­­boyant.

Rihanna en wing walker
Crédits : Mariano Vivanco

Rouge, l’avion de Carol Pilon l’est aussi. Aujourd’­­hui âgée d’une quaran­­taine d’an­­nées, l’amou­­reuse de la haute voltige raconte ici sa passion de toujours. Les propos ayant servi à réali­­ser cette histoire ont été recueillis par Mathilde Obert au cours d’un entre­­tien avec Carol Pilon. Les mots qui suivent sont les siens.


Le cirque volant

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être avia­­trice. Si bien que lorsque j’ai atteint l’âge de la majo­­rité, j’ai quitté mon premier job pour m’ache­­ter un avion. Petit à petit, j’ai appris à le pilo­­ter et à sauter en para­­chute. Puis j’ai décou­­vert le wing walking, en aper­­ce­­vant une pub à la télé­­vi­­sion pour un show de voltige aérienne local. C’était la première fois que je voyais ou que j’en­­ten­­dais parler de cette disci­­pline ; ça a été le coup de foudre. Un fris­­son incroyable m’a parcouru l’échine et depuis ce jour, le wing walking fait partie de ma vie. Il m’a fallu sept ans pour trou­­ver un mentor. C’est une indus­­trie minus­­cule dans laquelle il n’est pas facile d’en­­trer. À cette époque, il y avait huit équipes en acti­­vité aux États-Unis. Je les suivais à chacune de leurs pres­­ta­­tions. Quand ils passaient près de chez moi, j’al­­lais systé­­ma­­tique­­ment à leur rencontre, jusqu’à ce que l’une d’entre elles me donne ma chance. C’est aussi simple que ça : j’ai fait en sorte de me trou­­ver au bon endroit, au bon moment. Ma première expé­­rience de wing walking remonte à février 2001. C’était en Cali­­for­­nie, où cette femme m’a pris en pitié. Elle m’a dit : « Écoute, ça fait sept ans que je te vois nous tour­­ner autour et ça n’avance à rien. Viens, je t’em­­mène faire un tour sur mon avion. » Je m’en souviens comme si c’était hier.

Carol Pilon sur son avion
Crédits : Third Strike

Elle n’avait pas de travail à me donner, mais elle m’a offert une sortie sur les ailes de son avion. C’était ma première expé­­rience, et mieux que tout ce que j’au­­rais pu imagi­­ner. J’étais parfai­­te­­ment à l’aise, j’avais la sensa­­tion d’être enfin chez moi. Après cela, j’ai eu la convic­­tion que c’était ce que je voulais faire jusqu’à la fin de mes jours. J’en avais déjà l’in­­tui­­tion aupa­­ra­­vant, mais j’en avais enfin la preuve.

Plus tard cette année-là, j’ai embarqué avec l’équipe du Frank­­lin Flying Circus, au sein de laquelle j’ai suivi une forma­­tion intense avant de l’in­­té­­grer comme membre à part entière. Je fais du wing walking depuis 17 ans main­­te­­nant. Le wing walking, c’est l’art de se prome­­ner sur les ailes d’un avion alors qu’il exécute des manœuvres acro­­ba­­tiques. L’avion fait des tonneaux, des vrilles, des renver­­se­­ments et beau­­coup d’autres figures. Pendant ce temps, j’exé­­cute mes propres figures acro­­ba­­tiques, comme le human flag (« drapeau humain »), au cours duquel je me pends par les bras au sommet de l’ap­­pa­­reil. Il m’ar­­rive aussi d’y faire le poirier. Je suis harna­­chée à un câble de sécu­­rité, mais il ne m’aide en aucune façon à tenir sur l’avion ; il s’ac­­tive simple­­ment si je tombe. Cela signi­­fie que seule ma force compte. Le biplan peut atteindre 260 km/h. À cette vitesse, il est impos­­sible d’exé­­cu­­ter des acro­­ba­­ties. J’at­­tends donc qu’il redes­­cende entre 110 et 140 km/h pour me dépla­­cer. Pour être wing walker, il faut aimer les sensa­­tions fortes bien sûr, mais ce n’est pas ce qui nour­­rit ma passion. Ce que je recherche quand je suis sur l’aile de l’avion, c’est la perfec­­tion. Cette quête de perfec­­tion alimente ma voca­­tion et m’en­­cou­­rage à toujours aller de l’avant. Avant une pres­­ta­­tion, je suis tota­­le­­ment zen. Seules certaines choses me rendent nerveuse, comme travailler avec de nouveaux pilotes ou me trou­­ver sur l’aile avec d’autres wing walkers, car ce sont des choses supplé­­men­­taires auxquelles il faut penser. Mais le wing walking en tant que tel ne m’a jamais angois­­sée. Lorsque je marche sur l’aile de l’avion, que le vent fouette mon visage et que mes muscles sont tendus pour maîtri­­ser chaque mouve­­ment de mon corps, je suis exac­­te­­ment où je suis censée être dans cette vie. La voltige aérienne est mon havre de paix.

Décol­­lage immi­nent
Crédits : Third Strike

Third Strike

Après avoir quitté la première équipe avec laquelle je volais, j’ai vite réalisé qu’au­­cune autre ne me convien­­drait. J’avais la convic­­tion d’être capable de faire mieux. Grâce à l’argent que j’avais mis de côté, j’ai acheté mon propre aéro­­nef. Je suis allée à la banque avec un busi­­ness plan, et j’ai sécu­­risé un prêt pour monter mon entre­­prise. Puis je me suis mise à la recherche de pilote, que je forme­­rais pour m’épau­­ler. C’est ainsi que j’ai créé Third Strike, une équipe compo­­sée de quatre pilotes et de deux wing walkers. C’était du jamais vu au moment où je l’ai fait. À présent on est plusieurs, et en Europe deux ou trois équipes sont en train de se former. Ça me fait chaud au cœur. En moyenne, je fais 12 pres­­ta­­tions par an, mais ce chiffre peut varier entre trois et 32, ce n’est donc pas régu­­lier. Un airshow dure douze minutes lorsque je suis seule, et huit quand nous sommes deux acro­­bates sur l’avion. Nous avons tourné non seule­­ment au Québec, mais partout aux États-Unis et même au Mexique. Je confesse que mon airshow favori est celui de Bagot­­ville, au Québec. J’y suis très choyée, ils me convient chaque année. C’est un des meilleurs spots d’Amé­­rique du Nord pour les pres­­ta­­tions aériennes. Sans comp­­ter que travailler à la maison est un senti­­ment incom­­pa­­rable : c’est là que sont mes plus grands fans. Lorsque je ne suis pas en tour­­née, j’en­­seigne le wing walking à des jeunes qui veulent se lancer. J’ai notam­­ment entraîné une équipe débu­­tante en Alle­­magne, un jeune homme dans l’État de Virgi­­nie, et je suis actuel­­le­­ment en train d’en­­traî­­ner une Texane que j’ai égale­­ment enga­­gée – ma coéqui­­pière Kelly Garvin.

Carol Pilon en tenue
Crédits : Alex Gower

Une leçon de wing walking commence au sol, par des répé­­ti­­tions. On réalise ensuite la première manœuvre, on atter­­rit, on débriefe et on ajoute progres­­si­­ve­­ment d’autres touches au tableau. C’est comme d’éla­­bo­­rer une choré­­gra­­phie : on commence avec le sauté-jeté, on le répète puis on ajoute un deuxième pas, etc. J’ai le senti­­ment d’ap­­prendre à un enfant à marcher. S’ils marchent pour le restant de leur vie après ça, c’est une immense satis­­fac­­tion pour moi. Pour deve­­nir wing walker, il faut autant de déter­­mi­­na­­tion que de passion. La personne doit être en forme physique­­ment, et être forte. Le wing walking demande une capa­­cité de réac­­tion très vive. On ne vient pas y cher­­cher une simple décharge d’adré­­na­­line : si c’est votre état d’es­­prit, vous ne tien­­drez pas. Il faut avoir la pleine maîtrise de ses capa­­ci­­tés tout au long du vol, on ne peut pas se lais­­ser empor­­ter par l’ivresse de la première figure, au risque de se perdre. Cela vaut aussi pour moi. Avant d’em­­barquer, je m’en­­traîne au sol. J’ai passé une dizaine d’heures sur terre à répé­­ter les mouve­­ments que j’ai exécu­­tés lors de ma première sortie. Une fois en vol, le bruit du moteur est assour­­dis­­sant, le vent est féroce et vous prend par surprise. Votre corps refuse tout d’abord de bouger. C’est la raison pour laquelle il est capi­­tal de pratiquer un entraî­­ne­­ment très répé­­ti­­tif avant la première fois : pour qu’une fois en situa­­tion de choc, votre corps puisse conti­­nuer à fonc­­tion­­ner. La mémoire corpo­­relle est une force sur laquelle on s’ap­­puie. Nous instau­­rons une routine au début de chaque saison, à laquelle on se tient toute l’an­­née. Ce « nous » comprend le pilote, mon prin­­ci­­pal coéqui­­pier. J’ai travaillé avec de nombreux pilotes diffé­­rents, aussi je les laisse déter­­mi­­ner la routine de leur choix pour voler. Certains sont plus à l’aise que d’autres en restant proches du sol, ou avec certaines manœuvres plutôt que d’autres. Il est donc impor­­tant qu’ils décident.

Crédits : Third Strike

Durant chaque airshow, nous répé­­tons le même numéro dans un envi­­ron­­ne­­ment diffé­rent. Mais si la pres­­ta­­tion est la même, il faut nous adap­­ter à chaque envi­­ron­­ne­­ment : voler au-dessus d’une surface terrestre ou mari­­time n’a rien à voir. Durant les pres­­ta­­tions au-dessus de milieux aqua­­tiques, je porte moins de câbles de sécu­­rité et je ne suis pas atta­­chée, car si jamais nous tombons dans l’eau, je ne tiens pas à me faire entraî­­ner au fond avec l’avion. Il faut aussi tenir compte des condi­­tions clima­­tiques. Quand il n’y a qu’un peu de pluie fine, on peut faire tout de même voler, mais ce n’est pas sans risque. Car pendant les pres­­ta­­tions, nous mettons de l’huile dans le système d’échap­­pe­­ment, qui est à l’ori­­gine de la belle fumée blanche que l’avion laisse derrière lui. Elle le recouvre entiè­­re­­ment, et lorsqu’elle se mélange à l’eau, le fuse­­lage devient glis­­sant. C’est pour cela que lorsqu’il pleut, je reste au sol. Ça n’a pas toujours été le cas, mais il faut aussi savoir que ça fait mal. J’ai déjà fait du wing walking sous la pluie et sous la neige, et les deux font très mal. C’est comme si l’on me jetait des rafales de pierres au visage.

Aucune confiance

Le wing walker court les mêmes dangers que n’im­­porte quel pilote de voltige aérienne. Nous travaillons à de très basses alti­­tudes, ce qui requiert d’avoir un spécia­­liste aux commandes ; tous les pilotes n’en sont pas capables. En Amérique du Nord, 425 pilotes sont accré­­di­­tés pour voler à basse alti­­tude, et peut-être 300 pour voler tout près de la surface. Nos pres­­ta­­tions se font géné­­ra­­le­­ment à la surface. Par consé­quent, le danger qui nous guette le plus est le crash au sol. Il y a toujours le risque d’une perte de contrôle, ou de percu­­ter un oiseau. Dans ces cas-là, les chances de récu­­pé­­rer l’avion sont minimes. J’ai déjà eu à faire face à ce genre de situa­­tions – 17 ans de carrière, ça ne se passe pas sans inci­dent. J’ai vu des oiseaux proches de l’avion pendant ma pres­­ta­­tion, un avion qui a pris feu… toutes sortes d’en­­nuis qui auraient pu avoir une issue fatale.

Marcus Paine et Carol
Crédits : Marcus Paine/Face­­book

On met donc en place des proto­­coles : quand on construit une pres­­ta­­tion, on dessine une routine et on s’ima­­gine les pires choses qui pour­­raient nous arri­­ver. Puis on instaure des proto­­coles pour gérer ces situa­­tions-là. Ils s’en­­ri­­chissent avec le temps. La majeure partie du travail de sécu­­rité passe par des brie­­fings : on discute des dangers, et on élabore un plan d’ac­­tion pour y répondre. Par exemple : si nous sommes au plus haut d’un looping et que le moteur ne marche plus, que pouvons-nous faire ? Dois-je rester sur l’aile de l’avion ou rentrer dans le cock­­pit ? La réponse peut faire toute la diffé­­rence si quelque chose va de travers. L’an­­née dernière, au mois d’août, j’ai perdu mon grand ami, Marcus Paine. J’ai parti­­cipé pendant trois ans à une télé-réalité, dont les produc­­teurs voulaient que je ne travaille qu’a­­vec lui car ils aimaient beau­­coup son person­­nage. J’ai donc travaillé avec Marcus pendant tout ce temps. Nous sommes deve­­nus très amis.

En août 2016, il s’est crashé lors d’une pres­­ta­­tion avec son propre appa­­reil. Quand on perd son bras droit, il est diffi­­cile de ne pas remettre sa propre vie en ques­­tion. Mais Marcus n’est malheu­­reu­­se­­ment pas le seul ami que j’ai perdu dans ces circons­­tances. J’ai perdu mon mari… J’étais mariée avec mon pilote au début de ma carrière, et lui aussi s’est écrasé durant une séance de voltige. Enfin, en début d’an­­née, j’ai perdu un autre de mes pilotes. Tous ces épisodes m’ont boule­­ver­­sée et m’ont pous­­sée à me remettre profon­­dé­­ment en ques­­tion. Hélas, cela fait partie inté­­grante de notre métier. Il nous faut en assu­­mer les risques et comprendre que nos amis comme nous-même réali­­sons des acro­­ba­­ties à haut risque. Les acci­­dents sont fréquents. Certains de mes proches refusent d’as­­sis­­ter à mes pres­­ta­­tions parce qu’ils ont peur pour moi. Ils sont inca­­pables de regar­­der. Je me souviens que la belle-mère de mon frère a pleuré tout le long du show, le jour où elle est venue me voir. Ce n’était agréable ni pour elle, ni pour moi. Quand je suis en vol, je ne cherche à expri­­mer que la joie de vivre. Si tout ce que vous perce­­vez est le danger, c’est que je ne suis pas arri­­vée à vous trans­­mettre ma passion. Malgré tout, le danger est bien réel. La sécu­­rité est un aspect crucial de ce métier et c’est pourquoi je ne fais jamais confiance au pilote. On pour­­rait penser que le wing walker a une confiance aveugle en son pilote, mais c’est courir un grand risque que de se repo­­ser sur l’autre. Il faut tout ques­­tion­­ner dans l’avia­­tion, et notre disci­­pline n’échappe pas à la règle. Chaque jour, je ques­­tionne mes pilotes à fond, car ils ont autant besoin d’ins­­pec­­tions que mon avion. Ce sont eux qui sont char­­gés de me rame­­ner à terre saine et sauve. Les pilotes peuvent me sauver, ou me tuer.

Crédits : Third Strike

La conteuse

Les pilotes ont besoin d’une accré­­di­­ta­­tion de wing walking, mais pas les wing walkers. Comme je le disais plus tôt, nous sommes peu dans l’in­­dus­­trie, avant tout parce qu’il est très dur d’y entrer. Et une fois qu’on y est, il faut inves­­tir beau­­coup d’agent pour acqué­­rir un avion. Cet argent est ensuite pratique­­ment impos­­sible à récu­­pé­­rer, et il est diffi­­cile de gagner sa vie en étant wing walker. On peut cher­­cher des spon­­sors, mais il ne faut pas comp­­ter là-dessus, il faut trou­­ver des solu­­tions. À titre person­­nel, je travaille dans l’épi­­ce­­rie de mes parents. Je ne gagne pas grand-chose, mais je peux m’ab­­sen­­ter n’im­­porte quand pour aller faire une pres­­ta­­tion aérienne. Tout le monde ne peut pas se permettre cela avec son travail, et la plupart des wing walkers que je connais sont à leur compte. Il est évident que le manque d’op­­por­­tu­­ni­­tés et de finan­­ce­­ments limite l’at­­trait de la profes­­sion, outre les risques qu’elle comporte. J’ai décidé de mon côté qu’être proprié­­taire d’une maison n’était pas impor­­tant, ni avoir une retraite. J’ai décidé que seul le wing walking m’im­­por­­tait. J’ai donc sacri­­fié ma sécu­­rité finan­­cière au prix de ma passion.

~

De nos jours, beau­­coup de wing walkers sont des femmes, mais ça n’a pas toujours été le cas. L’in­­ven­­teur de la disci­­pline s’ap­­pelle Ormer Lock­­lear. Il travaillait dans l’Air Civil – l’an­­cêtre de  l’Air Force aux États-Unis – et il voulait placer un tireur sur son aile armé d’une mitraillette, pour abattre ses enne­­mis durant la Première Guerre mondiale. Ses supé­­rieurs lui ont dit qu’il était fou. À l’époque, les avions étaient très fragiles : ils avaient des raisons de douter.

Les premières heures du wing walking

Mais fina­­le­­ment, il est sorti de son cock­­pit et leur a montré qu’ef­­fec­­ti­­ve­­ment, l’avion pouvait tenir le coup avec un homme perché sur l’aile. Au début, donc, c’était en vue d’in­­ten­­si­­fier la violence de la guerre. Mais il a quitté l’ar­­mée en 1919 et a monté le Lock­­lear Flying Circus, où il effec­­tuait des acro­­ba­­ties sur les ailes de son appa­­reil. Il est rapi­­de­­ment devenu une star à l’époque et d’autres ont pris sa suite… Jusqu’à nos jours, où il est plus répandu de voir des femmes rele­­ver le défi. De quoi donner une leçon à ceux qui nous collent une étiquette de créa­­tures vulné­­rables et peu aven­­tu­­reuses. Certains  pensent que ce que je fais est formi­­dable, d’autres que c’est insensé. Ces derniers ne parviennent pas à y trou­­ver de la magie. À dire vrai, je ne sais pas si ce qui inté­­resse les gens dans le wing walking. Peut-être sont-ils là juste pour me voir tomber, je n’en ai aucune idée au fond. Pour ma part, je me consi­­dère comme une artiste. Lorsque j’ajuste mes lunettes et que je m’en­­vole dans les airs, je vous raconte une histoire : celle du triomphe de l’être humain sur l’ad­­ver­­sité.

Crédits : Third Strike

Couver­­ture : Carol Pilon en pleine acro­­ba­­tie.


 

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