par Megan O'Toole | 19 septembre 2016

Les ruines de Varo­­sha

Fama­­gouste, à Chypres. Il y a quarante ans, le temps s’est arrêté dans le district chypriote de Varo­­sha, bordé par la Médi­­ter­­ra­­née. Les œufs bouillaient encore dans les casse­­roles. Les jouets des enfants sont restés épar­­pillés sur le sol des salons. On trouve encore les vête­­ments pendus à leurs cintres, dans les armoires toujours pleines. Ces vestiges sont le testa­­ment de milliers de vies aban­­don­­nées en un instant.

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Un salon aban­­donné de Varo­­sha
Crédits : Fama­­gusta Ecocity Project

Quand les mili­­taires turcs leur ont ordonné de quit­­ter leurs maisons, les Chypriotes grecs pensaient qu’il s’agis­­sait d’une mesure tempo­­raire. C’était à Varo­­sha, un district de la ville de Fama­­gouste, durant l’été 1974. Mais 42 ans ont passé et Varo­­sha est toujours déserte, un amas de ruines colos­­sal dressé face à la mer Médi­­ter­­ra­­née. Sous les fenêtres des appar­­te­­ments vides, des familles jouent au beach-volley. La plage est tran­­chée en deux par des clôtures barbe­­lées le long desquelles patrouillent des soldats en arme. Les enfants jouent dans les vagues qui roulent sur le rivage, jetant leurs rires au nez de la tension qui plane conti­­nuel­­le­­ment autour d’eux. Ils l’ont connue toute leur vie. Chypre est un pays divisé. Après des siècles de domi­­na­­tion otto­­mane, la petite nation insu­­laire a été offi­­ciel­­le­­ment annexée par les Britan­­niques en 1914, qui ont soutenu la résis­­tance des Chypriotes grecs cher­­chant à unifier le pays avec la Grèce. Après cinq années d’une guérilla achar­­née, Chypre a déclaré son indé­­pen­­dance en 1960. En dépit d’un accord de partage du pouvoir entre les Chypriotes grecs et turcs, la tension a conti­­nué de grim­­per entre les deux commu­­nau­­tés. En 1974, dix ans après que les Nations Unies ont envoyé leurs casques bleus à Chypre pour endi­­guer la montée de la violence, la Grèce a monté un coup d’État pour arra­­cher l’île des mains de son ancien président, l’ar­­che­­vêque Maka­­rios III. Leur tenta­­tive s’est soldée par un échec et la Turquie a répliqué en déployant des forces mili­­taires dans le nord de Chypre. Des dizaines de milliers de Chypriotes grecs ont fui vers le sud, tandis qu’une petite popu­­la­­tion turque vivant au sud a fait route vers le nord.

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Les tours désertes de Varo­­sha surplombent la plage
Crédits : Wojtek Arcis­­zewski

La divi­­sion de l’île et l’oc­­cu­­pa­­tion mili­­taire sont encore d’ac­­tua­­lité, et les six kilo­­mètres carrés de la ville fantôme de Varo­­sha en sont l’em­­blème le plus frap­­pant. Tandis que les négo­­cia­­tions entre les leaders chypriotes grecs et turcs se pour­­suivent, une orga­­ni­­sa­­tion espère chan­­ger les choses.

Zone Inter­­dite

« Varo­­sha incarne la stag­­na­­tion du problème chypriote. C’est une repré­­sen­­ta­­tion physique d’un conflit vieux de plusieurs décen­­nies, qui n’en finit plus de durer et de déses­­pé­­rer les gens », explique la réali­­sa­­trice Vasia Markides. Elle dirige le Fama­­gusta Ecocity Project, une initia­­tive dont l’objec­­tif est de redon­­ner vie à Varo­­sha et de réin­­té­­grer le district au reste de Fama­­gouste. Comment ? En le trans­­for­­mant en « un modèle d’éco­­ville pour l’Eu­­rope » : un centre piéton­­nier, alimenté à l’éner­­gie solaire et durable. Son docu­­men­­taire sur le projet, dont la sortie est prévue cette année, vise à rassem­­bler davan­­tage de soutien. « Le but ultime serait de voir Varo­­sha et Fama­­gouste deve­­nir une écoville entière », dit Markides. Mais dans son état actuel, Varo­­sha présage « de ce qui risque d’ar­­ri­­ver si nous n’adop­­tons pas rapi­­de­­ment un mode de vie respec­­tueux entre nous, mais aussi à l’égard de la nature ».

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De l’in­­té­­rieur d’une maison aban­­don­­née
Wojtek Arcis­­zewski

La mère de Markides a grandi à Varo­­sha, qui était autre­­fois un litto­­ral animé où séjour­­naient des célé­­bri­­tés telles qu’E­­li­­za­­beth Taylor, Richard Burton et Brigitte Bardot. Plus que de tout autre chose, elle se souvient des odeurs de jasmin et d’agrumes en fleurs qui flot­­taient dans l’air, et de son enfance passée à jouer dans les roseaux sur la plage. Ces dernières années, Markides a consti­­tué une petite équipe – dont font notam­­ment partie l’ar­­chi­­tecte chypriote turque Ceren Bogac et l’ur­­ba­­niste chypriote grec Nekta­­rios Chris­­to­­dou­­lou – pour donner une dyna­­mique et rassem­­bler des idées sur la marche à suivre pour conver­­tir Fama­­gouste en écoville. Le projet concerne la ville toute entière et pas seule­­ment le district désert de Varo­­sha. Cela demande de repen­­ser complè­­te­­ment le paysage urbain, l’in­­fra­s­truc­­ture élec­­trique et le design archi­­tec­­tu­­ral de Fama­­gouste, tout en cher­­chant à préser­­ver les struc­­tures histo­­riques autant que possible. Chris­­to­­dou­­lou insiste sur le fait que l’objec­­tif n’est pas simple­­ment de créer une capsule tempo­­relle, mais bien d’uni­­fier Varo­­sha avec le reste de la ville. « Nous devons parler de Fama­­gouste dans son ensemble », dit-il. Il explique qu’au-delà de la réou­­ver­­ture physique de la zone de Varo­­sha, le projet d’éco­­ville pour­­rait aider à apai­­ser les tensions qui agitent la région en faisant travailler les Chypriotes grecs et turcs à un but commun.

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Ceren Bogac et Nekta­­rios Chris­­to­­dou­­lou, unis pour redon­­ner vie à Varo­­sha
Crédits : Wojtek Arcis­­zewski

« Nous ne cher­­chons pas à redes­­si­­ner la ville nous-mêmes. Nous voulons créer un espace où les deux commu­­nau­­tés peuvent débattre de ces ques­­tions », pour­­suit Chris­­to­­dou­­lou. « Nous avons observé que les ques­­tions d’en­­vi­­ron­­ne­­ment et de protec­­tion du patri­­moine cultu­­rel rassemblent les gens au-delà des fron­­tières. Ils en discutent sans que l’eth­­ni­­cité soit un facteur de divi­­sion. » Pour Bogac, l’his­­toire a des racines racines profon­­dé­­ment person­­nelles. La famille de son père est arri­­vée à Fama­­gouste depuis la ville portuaire de Larnaca, au sud du pays, après la parti­­tion de l’île en 1974. Elle a grandi dans une maison qui donnait sur les clôtures entou­­rant Varo­­sha – un enche­­vê­­tre­­ment de fils barbe­­lés, de planches de bois et de plaques de métal, semées de panneaux sur lesquels on peut encore lire : « Zone Inter­­dite ». « J’étais toujours face à la ligne de démar­­ca­­tion. C’est un souve­­nir très trau­­ma­­ti­­sant », m’a dit Bogac en marchant le long du front de mer qui borde Varo­­sha. « De ma fenêtre, je voyais les rideaux des maisons d’en face se dété­­rio­­rer, année après année. Je pensais aux gens qui avaient vécu là… est-ce que c’étaient des enfants ? Est-ce qu’ils étaient heureux ? Certaines de ces maisons étaient très belles. Se lever chaque jour avec une vue impre­­nable sur la Médi­­ter­­ra­­née, sur le sable blanc, et tout perdre du jour au lende­­main… Cons­­truire une maison, c’est facile, mais en faire un foyer en la remplis­­sant de souve­­nirs, c’est l’af­­faire d’une vie. »

L’éco­­ville

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La réou­­ver­­ture de Varo­­sha pour­­rait quin­­tu­­pler la popu­­la­­tion actuelle de Fama­­gouste
Crédits : Wojtek Arcis­­zewski

Malgré l’in­­té­­rêt que lui portent les Chypriotes grecs et turcs, le projet d’éco­­ville fait face à de nombreux obstacles. Il dépend de l’éven­­tua­­lité d’une solu­­tion trou­­vée par les négo­­cia­­teurs pour remé­­dier au conflit chypriote dans son ensemble. D’ici là, Varo­­sha restera figé dans son état actuel. Et dans l’hy­­po­­thèse où Varo­­sha rouvrait au public, il se pour­­rait que les descen­­dants des construc­­teurs du district soient nombreux à reven­­diquer les proprié­­tés aban­­don­­nées. Parve­­nir à un consen­­sus sur la façon de recons­­truire la ville serait égale­­ment un défi, car le résul­­tat devra conve­­nir aux habi­­tants de Fama­­gouste autant qu’à ceux qui souhai­­te­­ront s’y réins­­tal­­ler. La popu­­la­­tion actuelle de 40 000 habi­­tants pour­­rait atteindre plus de 200 000 personnes si Varo­­sha rouvrait et que le projet de déve­­lop­­pe­­ment urbain était mis en marche, selon Bogac. Beau­­coup d’entre eux ne seraient sûre­­ment pas prépa­­rés à ce que la ville devien­­drait à l’ar­­ri­­vée. « Les gens ont une image très roman­­tique de l’en­­droit, ils s’en souviennent exac­­te­­ment comme ils l’ont aban­­donné en 1974 », dit-elle. « Certains ne sont même pas au courant que des arbres géants ont poussé dans leur maison et tout détruit. Il reste peu de choses à sauver. »

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Le couloir d’un immeuble aban­­donné

Chris­­to­­dou­­lou a récem­­ment établi une étude « carte mentale » de Fama­­gouste. Pour cela, il a demandé à 500 Chypriotes grecs et turcs de dessi­­ner leur vision du paysage urbain actuel de la ville. Les résul­­tats ont montré un contraste frap­­pant dans leur façon de conce­­voir la ville. Les Chypriotes grecs se souve­­naient surtout du sud de Fama­­gouste – dont Varo­­sha – tandis que les Chypriotes turcs se concen­­traient prin­­ci­­pa­­le­­ment sur le nord. « Ils ont dessiné deux villes très diffé­­rentes », dit Chri­­to­­dou­­lou. Il a noté que pour les Chypriotes turcs, « Varo­­sha avait la couleur de la mer : le district n’exis­­tait même pas dans leurs dessins ». Paul Dobraszc­­zyk, chargé de cour à l’école d’ar­­chi­­tec­­ture Bart­­lett de Londres, est une des rares personnes à être entré dans Varo­­sha depuis que la ville a été murée en 1974.

En 2013, il s’est faufilé par un trou du grillage et dit avoir été impres­­sionné par le senti­­ment de séré­­nité qui émanait des maisons déso­­lées. « Je m’at­­ten­­dais a être boule­­versé, mais tout était si préservé et calme que je n’ai ressenti qu’un senti­­ment de paix et de tranquillité. Partout, la nature avait commencé à enva­­hir les bâti­­ments et les rues, et la plupart des immeubles étaient habi­­tés par des pigeons et d’autres animaux. On pouvait aussi entendre des sons venus d’au-delà de la Zone Inter­­dite. Je me souviens des échos de l’ap­­pel à la prière de Fama­­gouste et de cris d’en­­fants jouant aux abords de la clôture. » Dobraszc­­zyk a fait des recherches appro­­fon­­dies sur le rôle que jouent les espaces aban­­don­­nés dans la société. Le projet d’éco­­ville l’inquiète, car il pour­­rait impliquer la démo­­li­­tion de beau­­coup de vieux bâti­­ments de Varo­­sha. « D’après moi, on ne devrait pas effa­­cer des mémoires les 40 années durant lesquelles le district est resté à l’aban­­don. Il faut prendre cette réalité en compte et l’in­­clure dans toute propo­­si­­tion de réno­­va­­tion des bâti­­ments et de réou­­ver­­ture de la Zone Inter­­dite », dit-il. « Faire cela repré­­sen­­te­­rait des dépenses astro­­no­­miques, mais démo­­lir la ville entiè­­re­­ment pour la recons­­truire de zéro revien­­drait à igno­­rer son passé récent. Il serait de loin préfé­­rable d’es­­sayer d’in­­cor­­po­­rer certaines ruines à la nouvelle ville, d’en réno­­ver d’autres et d’en recons­­truire avec des maté­­riaux récu­­pé­­rés et recy­­clés, pour donner nais­­sance à un envi­­ron­­ne­­ment urbain unique. »

Les chan­­ge­­ments

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L’an­­cien aéro­­port inter­­­na­­tio­­nal de Nico­­sie
Crédits : Crédits : Wojtek Arcis­­zewski

À envi­­ron une heure de route à l’ouest de Varo­­sha s’étend une autre relique du conflit de 1974. Il s’agit de l’an­­cien aéro­­port inter­­­na­­tio­­nal de Nico­­sie, lui aussi aban­­donné depuis 40 ans. Il fait partie de la zone tampon établie par les Nations Unies, char­­gées de main­­te­­nir l’ordre dans la région tant que le conflit chypriote n’est pas résolu. À quelques pas du vieux termi­­nal de l’aé­­ro­­port – dans lequel sont encore affi­­chées des publi­­ci­­tés pour­­ris­­santes pour des montres Seiko et des chaus­­sures Bata – se dresse le bâti­­ment qui, depuis mai 2015, accueille les négo­­cia­­tions entre le président chypriote turc Mustafa Akinci et le président chypriote grec Nicos Anas­­ta­­siades. Aleem Siddique, porte-parole des forces de main­­tien de la paix de l’ONU à Chypre, explique que les discus­­sions portent sur tout un tas de sujets, allant du partage du pouvoir à l’éco­­no­­mie en passant par les mesures de sécu­­rité néces­­saires. Les négo­­cia­­tions sont actuel­­le­­ment dans une « phase inten­­sive » et des annonces devraient être faites par les deux leaders au cours des prochaines semaines. « Les pour­­par­­lers de paix conti­­nuent d’avan­­cer, dans une atmo­­sphère de confiance et de bonne volonté », assure Siddique. Il ajoute que toute réso­­lu­­tion inclura des clauses de gouver­­nance concer­­nant les zones dispu­­tées comme Varo­­sha.

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La ville-fantôme sert de décor fantas­­tique à la plage
Crédits : Wojtek Arcis­­zewski

« Les deux leaders ont exprimé leur désir d’ar­­ri­­ver à un arran­­ge­­ment détaillé d’ici la fin de l’an­­née 2016. S’ils y parviennent, les deux parties comptent orga­­ni­­ser un réfé­­ren­­dum pour que les élec­­teurs décident de son issue. » Malgré le large soutien de la popu­­la­­tion chypriote turque, le précé­dent réfé­­ren­­dum appe­­lant à la réuni­­fi­­ca­­tion en 2004 est tombé à l’eau : les trois quarts des Chypriotes grecs avaient voté contre.

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Aux abords de Varo­­sha, une poignée de touristes regardent par-delà les clôtures brico­­lées entou­­rant le district désert. Sur un toit, tout près de là, des soldats turcs paressent au soleil. À certains endroits, des planches et des plaques de métal rouillé prove­­nant de la clôture s’étalent sur la plage, comme les restes d’un naufrage. De l’autre côté du grillage, des touffes de mauvaises herbes hérissent le sommet de congères de sable.

« Les choses peuvent chan­­ger. »

La clôture déli­­mite le péri­­mètre de Varo­­sha, coupant le district du reste de la ville. Les habi­­tants de Fama­­gouste qui vivent le long de cette démar­­ca­­tion la contemplent tous les jours depuis le porche de leur maison. Une vue sur le néant et l’éro­­sion du temps, faite de portes rouillées sorties de leurs gonds, ados­­sées aux carcasses des balcons. La clôture est si vieille, qu’elle aussi s’af­­faisse par endroits, alors que la nature reprend ses droits sur Varo­­sha. Chris­­to­­dou­­lou pense que l’état de la clôture est un signe d’es­­poir pour Fama­­gouste, en marchant au soleil couchant, près du quar­­tier aban­­donné. « Cela montre qu’il peut y avoir une tran­­si­­tion », dit-il. « Que les choses peuvent chan­­ger. »


Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « How a ghost town embo­­dies the Cypriot divide », paru dans Al Jazeera. Couver­­ture : « Zone Inter­­dite », par Wojtek Arcis­­zewski.


RENDEZ-VOUS DANS LA DERNIÈRE VILLE DU MONDE

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Autre­­fois floris­­sante cité minière sovié­­tique, Pira­­mida, dans l’ar­­chi­­pel norvé­­gien du Sval­­bard, est aujourd’­­hui une ville quasi-fantôme. Rencontre avec ses derniers rési­­dents, qui pensent à l’ave­­nir.

Nous nous trou­­vons dans l’ar­­chi­­pel du Sval­­bard, à quatre heures de navi­­ga­­tion des habi­­ta­­tions les plus proches. Vadim, le guide russe, conduit un groupe de touristes du bateau M/S Polar­­girl sur l’es­­ta­­cade bran­­lante. Les touristes montent dans un bus qui les emmène quelques centaines de mètres plus loin, au pied d’un monu­­ment en fer qui marque l’en­­trée de la ville, coiffé d’une étoile rouge couverte de rouille. Sur un panneau, on peut lire en russe Пирамида (Pira­­mida), Pyra­­mi­­den en norvé­­gien.

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Bien­­ve­­nue à Pira­­mida/Pyra­­mi­­den
Crédits : Kimmo Hokka­­nen

Devant le monu­­ment se trouve un wagon noir rempli de char­­bon. On y a peint, en blanc, un texte en russe : « Voici la dernière tonne de char­­bon exca­­vée de la mine de Pira­­mida, le 31 mars 1998. » L’ar­­chi­­pel du Sval­­bard, situé dans l’océan glacial Arctique, appar­­tient à la Norvège, mais 42 autres États, dont la Finlande et l’Ara­­bie saou­­dite, ont le droit, en raison du traité du Spitz­­berg, signé en 1920, d’en exploi­­ter les ressources natu­­relles. Mais après les années 1930, ce droit n’a été exercé par aucun autre État que l’URSS, puis la Russie. Les Suédois s’étaient déjà empa­­rés de la mine de char­­bon de Pyra­­mi­­den en 1910, mais ils la vendirent en 1926 au jeune État sovié­­tique. L’URSS avait des motifs écono­­miques pour cette exploi­­ta­­tion minière arctique : le char­­bon du Sval­­bard devait être trans­­porté vers les régions de Mour­­mansk et d’Ar­­khan­­gelsk, qui étaient diffi­­ciles d’ac­­cès pour les convois venant de Sibé­­rie. L’État géant qui s’in­­dus­­tria­­li­­sait promp­­te­­ment avait besoin de char­­bon comme carbu­­rant pour ses ports septen­­trio­­naux. Durant l’âge d’or de la mine, dans les années 1970, la ville de Pira­­mida comp­­tait plus de mille habi­­tants, russes et ukrai­­niens. Aujourd’­­hui, plus personne n’y habite de façon perma­­nente.

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