fbpx

Au Portu­gal, la tête de ce tueur en série est conser­vée dans un bocal depuis près de deux siècles

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 6 juin 2017

Crédits : Rafaella Ferraz Le bonhomme n’a pas eu besoin de se raser pendant près de deux siècles. Et pour cause, il a la tête dans un bocal. La tête de Diogo Alves, un tueur ayant commis d’odieux crimes entre 1836 et 1839 près de l’aque­duc des Eaux Libres de Lisbonne, est conser­vée depuis 1841, année de sa pendai­son, à la faculté de méde­cine de l’uni­ver­sité de la capi­tale portu­gaise. Né en Galice en 1810, Diogo Alves démé­nage rapi­de­ment à Lisbonne pour trou­ver du travail dans les maisons de familles fortu­nées. De 1836 à 1939, il trans­fère son lieu de travail près de l’aque­duc des Eaux Libres faisant près d’un kilo­mètre de long et suspendu à 65 mètres de haut, période à laquelle il assas­si­nera plus de 70 agri­cul­teurs en les jetant du haut des arcs de pierre après les avoir dépouillés. Il décide ensuite de passer à l’autre niveau en formant un gang pour s’at­taquer aux rési­dences privées, jusqu’au jour où il se fera attra­per par la police, en février 1841. Il sera fina­le­ment condamné à mort par pendai­son. Diogo Alves a été le dernier condamné à mort du Portu­gal. À cette époque, le concept de phré­no­lo­gie – qu’on tient pour être une pseu­dos­cience aujourd’­hui –était à la mode et les conclu­sions simplistes : les scien­ti­fiques pensaient que le cerveau abri­tait tous les aspects de la person­na­lité d’un indi­vidu et que la forme du crâne reflé­tait son orga­ni­sa­tion interne. Ainsi, les traits de person­na­lité, et notam­ment les penchants crimi­nels, pouvaient être ressen­tis, palpés et mesu­rés direc­te­ment. Il n’est donc pas surpre­nant que la tête d’un être aussi malfai­sant eut attiré l’at­ten­tion de ces neuro­logues des temps passés. Rien ne prouve que des expé­riences ont été menées sur la tête de Diogo Alves, mais son aura a perduré au Portu­gal, et c’est peut-être la raison pour laquelle il trône toujours sur une étagère de la faculté de méde­cine lisboète. En 1911, le film muet Les Crimes de Diogo Alves est devenu le premier film de fiction portu­gais. Crédits : Rafaella Ferraz Source : Atlas Obscura