De plus en plus d’élé­phants naîtraient sans défenses à cause du bracon­nage

par   Ulyces   | 29 novembre 2016

10945_122915b6774a4467be946ddae541af52Crédits : ENOUGH Project Personne n’ignore que les éléphants sont chas­sés pour leurs défenses et que le bracon­nage présente une grande menace pour eux. Ces défenses leur sont indis­pen­sables pour se nour­rir, cueillir des fruits dans les arbres, creu­ser le sol pour atteindre des racines ou de l’eau. Pour les mâles, elles consti­tuent égale­ment des armes en cas de duels , dans les périodes de chaleurs. Malheu­reu­se­ment, l’ac­ti­vité bracon­nière ne cesse de s’in­ten­si­fier et devient de plus en plus violente. D’après l’Union inter­na­tio­nale pour la conser­va­tion de la nature, depuis 2007 et l’ac­crois­se­ment du trafic inter­na­tio­nal d’ivoire, le nombre d’élé­phants en Afrique a chuté de 100 000 indi­vi­dus. Depuis 2010, la moitié des éléphants surveillés par le programme inter­na­tio­nal de surveillance des espèces ont été tués illé­ga­le­ment. Les consé­quences de ces données alar­mantes sur les popu­la­tions semblent bien plus impor­tantes que ce qu’on imagine. Des scien­ti­fiques ont observé qu’au sein des popu­la­tions d’élé­phants ayant été soumises à un bracon­nage massif, le nombre d’in­di­vi­dus nais­sant ou gran­dis­sant sans défenses (ou avec des défenses anor­ma­le­ment petites) grimpe en flèche. Même les popu­la­tions qui n’au­raient pas été récem­ment soumises au bracon­nage seraient concer­nées. Pour le moment, il est encore diffi­cile d’af­fir­mer que ce phéno­mène évolu­tif est une consé­quence directe de la menace qu’exerce la chasse illé­gale. Mais cette hypo­thèse reste la plus plau­sible. Pour résoudre cette problé­ma­tique, deux méthodes s’offrent aux scien­ti­fiques : l’ob­ser­va­tion atten­tive de l’ap­pa­rence des animaux et l’étude de leur ADN. David Colt­man, géné­ti­cien de l’évo­lu­tion à l’uni­ver­sité d’Al­berta, au Canada, explique que ces deux aspects du problème sont tota­le­ment imbriqués. Il en ressort que tous les mâles sont concer­nés par une dimi­nu­tion ou une dispa­ri­tion de leurs défenses. Chez les femelles, en revanche, les données peuvent varier consi­dé­ra­ble­ment d’une popu­la­tion à l’autre. La co-fonda­trice de l’ONG Elephant Voices, Joyce Poole, explique que la menace qui pèse sur l’es­pèce ne la pousse pas forcé­ment à évoluer. Selon elle, la dimi­nu­tion du nombre d’élé­phants avec de grandes défenses s’ex­plique plutôt par le fait qu’ils sont une cible privi­lé­giée des bracon­niers. Les éléphants avec de plus petites défenses seraient moins chas­sés et donc plus repré­sen­tés puisqu’ils ont plus tendance à se repro­duire. Cela explique­rait leur sur-repré­sen­ta­tion. Cette théo­rie est remise en cause, notam­ment par Atle Myste­rud, écolo­giste de l’uni­ver­sité d’Oslo, en Norvège. « Personne ne peut douter du fait que nous avons une très forte pres­sion sélec­tive au sein de l’es­pèce. Au bout d’un moment, elle déclen­chera forcé­ment une évolu­tion. Ce n’est qu’un problème de tempo­ra­lité », affirme-t-elle. Le seul moyen de tran­cher ce diffé­rend serait de s’at­te­ler à une obser­va­tion accrue de chaque génome dans une popu­la­tion d’élé­phants, ce qui repré­sente un travail colos­sal. Les scien­ti­fiques n’ont pas encore réussi à iden­ti­fier le gène qui déter­mine la taille des défenses. Des obser­va­tions montrent déjà que les mâles dépour­vus de défenses (ou aux défenses anor­ma­le­ment petites) sont plus agres­sifs que les autres et peuvent présen­ter des troubles psycho­lo­giques liés au stress. Sources : Popu­lar Science

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