Des scien­ti­fiques calculent le temps de survie de l’hu­ma­nité face aux vampires

par   Ulyces   | 14 juillet 2016

Pour vaincre un vampire, on utilise géné­ra­le­ment une croix, un pieu, de l’ail ou une combi­nai­son des trois. Mais une seule arme, que peu utilisent, est vrai­ment effi­cace contre les vampires : les maths. Un nombre surpre­nant d’études – c’est-à-dire plus d’une – ont appliqué les mathé­ma­tiques au concept de coexis­tence entre vampires et humains. En utili­sant la repré­sen­ta­tion de ces suceurs de sang par diffé­rents médias, du Dracula de Bram Stoker’s à la série True Blood, ces études cherchent à savoir si une popu­la­tion de vampires anni­hi­le­rait inévi­ta­ble­ment l’hu­ma­nité et, si oui, combien de temps cela pren­drait. Tout est parti d’une bourse étudiante en mathé­ma­tiques sur les rela­tions humains-vampires au début des années 1980, octroyée à Richard Hartl et Alexan­der Mehl­mann, deux mathé­ma­ti­ciens autri­chiens ayant un sérieux penchant pour les morts-vivants. En 1982, leur étude, inti­tu­lée « Le problème tran­syl­va­nien des ressources renou­ve­lables » a été publiée dans le jour­nal de recherche RAIRO. Dans cette étude, Hartl et Mehl­mann ont exploré les « stra­té­gies de suçage de sang pour une dyna­mique pérenne des vampires ». tumblr_ma76u5LgEU1qkwg50o1_500 Ils ont divisé les vampires en trois caté­go­ries : les « vampires asymp­to­tique­ment rassa­siés », « les vampires qui ont un besoin élevé de sang », et les « vampires insa­tiables ». Sans tenir compte du type de vampire, ils ont trouvé que les suceurs de sang feraient forcé­ment face à une dimi­nu­tion de leurs ressources : « Nous sommes face à un problème typique de consom­ma­tion des ressources. La société des vampires a pour essence la consom­ma­tion de sang, mais sucer le sang d’un humain le trans­forme en vampire, donc les ressources en humains dimi­nuent tandis que le nombre de vampires augmente. Ces deux effets compro­mettent les possi­bi­li­tés futures de consom­ma­tion. » Hartl et Mehl­mann ont ensuite analysé cet épineux casse-tête dans un article publié dans Applied Mathe­ma­ti­cal Mode­ling l’an­née suivante. « Les auteurs sont conscients que l’exis­tence des vampires est irra­tion­nelle pour un scien­ti­fique », écrivent-ils dans leur papier inti­tulé « Rôle utili­taire convexe-concave : consom­ma­tion opti­male de sang pour les vampires », avant de se lancer dans un modèle d’au­to­suf­fi­sance pour les vampires basé sur le système proie-préda­teur de Lotka-Volterra. Depuis les années 1990, les études mathé­ma­tiques sur les vampires se sont faites plus rares mais en 2007, un autre article a analysé la coexis­tence vampires-humains. Dans « Cinéma de fiction vs. Réalité physique : fantômes, vampires et zombies », publié dans Skep­ti­cal Inqui­rer, les auteurs Costas Efthi­miou et Sohang Gandhi ont présenté une vision pessi­miste du futur de l’hu­ma­nité faisant face à des vampires affa­més. « Le fait est que si les vampires se nour­rissent, même avec une frac­tion de la fréquence avec laquelle ils sont dépeints dans les films et le folk­lore, alors la race humaine dispa­raî­trait assez rapi­de­ment après l’ap­pa­ri­tion du premier vampire. » En travaillant avec les esti­ma­tions des puristes selon laquelle les vampires n’ont besoin de se nour­rir qu’une fois par mois, Efthi­miou et Gandhi ont observé les statis­tiques de popu­la­tion et ont conclu que les vampires élimi­ne­raient les humains en seule­ment trois ans. Pour simpli­fier, ils ont expliqué que « les vampires ne peuvent exis­ter puisque leur exis­tence contre­dit celle des humains ». Ils se sont même permis d’ajou­ter, avec une once d’im­per­ti­nence : « appa­rem­ment, celui qui a inventé les vampires a séché ses cours d’al­gèbre et de philo­so­phie ». giphy Cette analyse simple et sombre d’une morta­lité humaine préci­pi­tée par les vampires a irrité le profes­seur en statis­tiques d’Ox­ford Dino Sejdi­no­vic, qui a réfuté Efthi­miou et Gandhi dans son propre papier, « Mathé­ma­tiques du conflit Humains-Vampires », publié dans Maths Hori­zons en 2008. Les rela­tions entre vampires et non-vampires, a-t-il écrit, « sont bien plus sophis­tiquées que celles présen­tées par Efthi­miou et Gandhi ». Les réti­cences de Sejdi­no­vic quant à leur étude s’ex­pliquaient par l’idée que « les vampires sont unique­ment présen­tés comme des consom­ma­teurs fréné­tiques : une stra­té­gie ration­nelle de gestion de leurs ressources humaines n’est pas consi­dé­rée ». Il a égale­ment noté que le modèle d’Ef­thi­miou et Gandhi ne prenait pas en compte le taux de morta­lité des vampires ou, comme il l’a écrit, « le taux de morta­lité mortel puisqu’ils sont déjà morts ». L’une des plus récentes et plus intel­li­gibles analyse mathé­ma­tique sur les inter­ac­tions vampire-humains est sortie dans « Modèles mathé­ma­tiques des inter­ac­tions entre espèces : coexis­tence paisible des vampires et des humains basée sur des modèles déri­vés de la litté­ra­ture et des films », publiée dans Applied Mathe­ma­ti­cal Sciences en 2013. En se basant sur un schéma tiré de repré­sen­ta­tions issues de la pop-culture, les auteurs Wadim Striel­kowski, Evgeny Lisin et Emily Welkins ont défini et analysé trois modèles de coexis­tence vampires-humains. Selon le premier scéna­rio, le modèle Stoker-King – qui s’ins­pire des vampires Dracula de Bram Stoker et Salem de Stephen King – 80 % de la popu­la­tion humaine serait exter­mi­née au cours des 165 premiers jours d’ac­ti­vité vampi­rique. « Le modèle analysé dans ce scéna­rio est très semblable à une épidé­mie virale causée par un virus mortel » ont expliqué les auteurs. Ils ont aussi remarqué que, selon les besoins quoti­diens appa­rem­ment requis par les vampires de King et Stoker, en seule­ment deux mois le nombre total de vampires passe­rait d’un à 4 000. Le second scéna­rio, le modèle Rice, est basé sur les Vampire Chro­nicles d’Anne Rice, dans laquelle l’ali­men­ta­tion d’un vampire n’im­plique pas forcé­ment la mort d’une personne puisqu’il « peut attaquer un humain, s’en nour­rir et le lais­ser en vie ». Malgré cette approche non-létale, le modèle prédit quand même une extinc­tion totale de l’hu­ma­nité 50 ans après la première attaque de vampire. Ces deux scéna­rios décrivent une vision apoca­lyp­tique mais l’es­poir renaît dans le troi­sième modèle : le Harris-Meyer-Kostova. Ce dernier repose sur une combi­nai­son de la série de nouvelles de Sookie Stack­house de Char­laine Harris, de la saga Twilight de Stephe­nie Meyer et du livre sur les vampires d’Eli­sa­beth Kostova, L’His­to­rienne et Drakula. Dans toutes ces fictions, les vampires coexistent paci­fique­ment avec les humains. tumblr_n3ly55sqXL1qjouuqo1_500 Les condi­tions initiales du modèle Harris-Meyer-Kostova ? Cinq millions de vampires, 6,16 milliards d’hu­mains et un groupe orga­nisé de « drai­neurs » – des humains qui attaquent des vampires pour drai­ner leur sang et les lais­ser pour morts. Dans cette confi­gu­ra­tion, « certains para­mètres du système stabi­li­se­raient la popu­la­tion des humains et des vampires », ce qui donne­rait une chance de survie aux humains. L’éco­sys­tème humains-vampires serait en revanche précaire : « Sous certaines condi­tions, le modèle Harris-Meyer-Kostova semble plau­sible et permet l’exis­tence de vampires dans notre monde. La coexis­tence paci­fique entre deux espèces est une réalité. Cepen­dant, cette symbiose est très fragile : si la popu­la­tion humaine ralen­tit sa crois­sance, soit la soif de sang des vampires accé­lère, soit les drai­neurs de vampires deviennent trop viru­lents. Dans ce cas, tout le système tombe en ruine et seul un peuple peut survivre. » Sources: Publi­ca­tions de C.J. Efthi­miou, S. Gandhi,  R.F. Hartl et A. Mehl­mann. Contrai­re­ment aux vampires, cette histoire sanglante est bien réelle. ↓ bathoryy

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