Des scien­ti­fiques découvrent une chenille dévo­reuse de plas­tique qui bave de l’an­ti­gel

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 25 avril 2017

Crédits : César Hernán­dez/CSIC Connais­sez-vous une créa­ture capable de manger du plas­tique ? C’est peu probable. Pour­tant, des scien­ti­fiques viennent d’en décou­vrir une : le ver de cire. Ces chenilles sont géné­ra­le­ment utili­sées sur les hameçons afin de pêcher. Mais d’après Fede­rica Bertoc­chini, du Conseil natio­nal de la recherche espa­gnol, les larves sont en mesure de manger du poly­éthy­lène, un plas­tique résis­tant à la biodé­gra­da­tion. C’est la conclu­sion de son rapport publié le 24 avril dans EurekA­lert. Cette décou­verte, elle l’a faite par hasard. En effet, cette scien­ti­fique égale­ment passion­née d’api­cul­ture a un jour retrouvé des vers à cire boulot­tant une ruche qu’elle gardait chez elle. Après les avoir mis dans un sac plas­tique le temps de nettoyer l’ha­bi­ta­tion des abeilles, Fede­rica s’est aperçue que les vers avaient fait des trous dans le sac. Pour s’as­su­rer que les chenilles ne se conten­taient pas de déchi­rer le plas­tique mais qu’elles l’in­gur­gi­taient bel et bien, la scien­ti­fique et son équipe ont placé une centaine de vers dans un nid de plas­tique. Après plus de dix heures, 13 % du plas­tique avait disparu, lais­sant penser que certains compo­sants du système diges­tif du ver de cire étaient en train de digé­rer le sac. Outre cette obser­va­tion spec­ta­cu­laire, ils se sont aperçus que l’ani­mal reje­tait de l’éthy­lène glycol, un anti­gel employé dans le liquide de refroi­dis­se­ment des voitures, aux endroits où le sac avait été mangé.

Time­lapse de vers en train de manger du poly­éthy­lène et s’échap­per du sac plas­tique. Crédits : César Hernán­dez/Ainhoa Goñi Les recherches doivent se pour­suivre mais ces premières éluci­da­tions pour­raient être une aubaine pour l’en­vi­ron­ne­ment, étant donné la produc­tion massive de sacs plas­tique dans le monde qui ne sont pas biodé­gra­dables. Les sacs plas­tique mettent en moyenne entre un et quatre siècles à se désa­gré­ger, tandis que plus de 80 millions de tonnes de poly­éthy­lène sont produites chaque année. Toute­fois, si 100 vers mettent 14 heures à manger 13 % d’un sachet en plas­tique pesant 5 grammes, il va nous en falloir un sacret paquet pour nous débar­ras­ser de tous nos déchets. L’idée n’est évidem­ment pas de mettre au travail des armées grouillantes de ces chenilles pour nettoyer les fonds marins. Fede­rica Bertoc­chini espère décou­vrir l’en­zyme qui permet aux vers de cire de digé­rer le plas­tique. La synthé­ti­ser pour­rait nous permettre de détruire cette matière immor­telle et destruc­trice pour l’en­vi­ron­ne­ment. Sources : Quartz/EurekA­lert  

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