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La fille d’un boss de la mafia italienne se suicide après avoir été aban­don­née par tous ses amis

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 27 avril 2017

Elle s’ap­pe­lait Maria Rita Logiu­dice, elle avait 24 ans. Ses amis ne savaient rien du poids que ce nom, Logiu­dice, faisait peser sur le cœur de la jeune femme. Étudiante à l’uni­ver­sité de Reggio de Calabre, la première ville cala­braise, sur la rive conti­nen­tale du détroit de Messine, Maria Rita célé­brait au début du mois d’avril sa remise des diplômes. Mais quelques jours plus tôt, ne pouvant plus garder pour elle son terrible secret, elle a brisé l’omertà et avoué à son petit ami et ses amis qu’elle était la fille d’un chef de la mafia cala­braise, l’in­fâme ‘Ndran­gheta. Sa confes­sion n’a pas été libé­ra­trice comme elle l’avait espéré : le soir de la célé­bra­tion, pas un seul de ses amis n’est venu. Ivre de tris­tesse et de déses­poir, elle s’est jetée du balcon de sa maison, sans lais­ser aucune lettre derrière elle. D’après le jour­nal italien Libero Quoti­diano, Maria Rita Logiu­dice avait passé le plus clair de sa jeune vie d’adulte à fuir l’ombre qui plane sur sa famille depuis des géné­ra­tions. Son père, ses oncles font tous partie d’une des plus puis­santes orga­ni­sa­tions crimi­nelles du monde, « le syndi­cat du crime le plus puis­sant en Italie depuis les années 1990 », d’après le quoti­dien. Moins connue que la Camorra napo­li­taine, la ‘Ndran­gheta n’en est pas moins meur­trière : près de 700 personnes ont trouvé la mort dans sa seconde guerre intes­tine entre 1985 et 1991. Et ses reve­nus sont esti­més à plusieurs milliards d’eu­ros chaque année par les orga­ni­sa­tions anti-mafias italiennes. La famille Logiu­dice n’est pas étran­gère à son essor, et le père de Maria Rita, Giovanni, est aujourd’­hui en prison. Ses frères Luciano et Nino sont en attente de leur procès. « C’est l’iso­le­ment, la margi­na­li­sa­tion et l’ex­clu­sion qui ont conduit Maria Rita à s’ôter la vie », a déclaré le procu­reur géné­ral de Reggio de Calabre, Fede­rico Cafiero de Raho, lors d’une confé­rence de presse. « Sa mort devrait peser sur nos consciences à tous. Si une jeune femme a fait l’ef­fort de se bâtir une vie honnête grâce à ses études, qu’elle a décro­ché son diplôme pour échap­per à l’em­prise de sa famille mafieuse et que nous sommes inca­pables de l’in­té­grer à notre commu­nauté, alors nous avons tous perdus. » Source : Libero Quoti­diano