Le service postal espagnol (Correos) fait scandale depuis le lancement de sa dernière campagne antiracisme. Correos a en effet introduit des timbres dont le prix varie selon la couleur, représentant différentes couleurs de peau. Problème : plus le timbre est clair, plus il a de la valeur, rapportait le Washington Post le 27 mai.

L’intention était peut-être bonne, mais le message est clairement mal passé. Il faut dire que le système est osé. Les timbres noirs de Correos valent 70 centimes et les prix grimpent jusqu’aux plus clairs, qui valent 1,60 €, sur quatre coloris. L’idée était donc de dénoncer les inégalités subies par les personnes noires en ayant besoin d’acheter plus de timbre noirs que de timbres blancs pour un même envoi. Mais en donnant plus de valeur aux timbres clairs, Correos s’est pris les pieds dans le tapis.

L’intention de la campagne était « de rendre visible la réalité [de la discrimination raciale] », selon SOS Racismo, qui a participé à l’élaboration du projet. Elle vise à sensibiliser à « une réalité injuste et douloureuse qui ne devrait pas exister », renchérit la poste espagnole sur Twitter. Mais certains internautes ont réagi sur les réseaux sociaux en comparant la campagne à une idée de Vox, un parti politique espagnol d’extrême droite.

Pourtant, si l’entreprise a fait ce choix, c’est qu’entre 2016 et 2019, les crimes de haine racistes et xénophobes ont augmenté de 20 % dans le pays, selon les autorités espagnoles. De plus, l’enclave espagnole de la Ceuta accueille actuellement des milliers de migrants qui fuient le Maroc pour gagner l’Europe, une situation qui crée de fortes tensions. Malgré sa maladresse, la campagne souhaiter attirer les regards autour de cette dramatique crise sociale.

Source : The Washington Post