Le plus vieux temple du monde était dédié à un mysté­rieux « culte du crâne »

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 29 juin 2017

Vue aérienne du site de Göbekli Tepe — Crédits : German Archaeo­lo­gi­cal Insti­tute (DAI)/Ulyces.co Le site de Göbekli Tepe, à dix kilo­mètres d’Urfa, une ancienne cité du sud-est de la Turquie, abrite les ruines du plus vieux temple connu de l’his­toire de l’hu­ma­nité. Un agen­ce­ment méti­cu­leux de pierres taillées colos­sales, vieilles de 11 000 ans, œuvre d’hommes préhis­to­riques qui n’avaient pas encore déve­loppé ni les outils en métal, ni la pote­rie. Mais en l’hon­neur de quoi ou de quelle(s) divi­nité(s) ces méga­lithes de 6 000 ans plus vieux que ceux de Stone­henge ont-ils été érigés ? Des scien­ti­fiques de l’Ins­ti­tut d’ar­chéo­lo­gie alle­mand seraient tout près de résoudre cette énigme. Ils révèlent dans une étude parue le 28 juin dans Science Advances avoir décou­vert la preuve de l’exis­tence d’un mysté­rieux culte du crâne datant du Néoli­thique. Ils ont en effet retrouvé trois crânes humains partiel­le­ment préser­vés présen­tant des modi­fi­ca­tions arti­fi­cielles très étudiées. Les frag­ments de crânes compor­tant des gravures et des trous — Crédits : German Archaeo­lo­gi­cal Insti­tute (DAI) Les sept frag­ments de crânes retrou­vés par les archéo­logues appar­tien­draient à trois indi­vi­dus âgés de 20 à 50 ans, dont l’un d’eux serait « plus fémi­nin que mascu­lin » d’après les obser­va­tions préli­mi­naires des scien­ti­fiques. Chacun de ces frag­ments comporte des gravures profondes, des tein­tures ocre et même un trou dans un des cas. « Ces inci­sions profondes sont excep­tion­nelles », a confié la cher­cheuse Julia Gresky à Mother­board. Elle espère faire d’autres décou­vertes aussi extra­or­di­naires à l’ave­nir, mais pour l’heure ce sont les seuls restes humains décou­verts dans les ruines du temple de Göbekli Tepe. Une analyse des os au micro­scope a révélé que les modi­fi­ca­tions arti­fi­cielles de leur struc­ture ont été effec­tuées peu après la mort des proprié­taires de ces crânes, au moyen d’ou­tils en pierre. Les archéo­logues avancent plusieurs hypo­thèses pour expliquer ces agis­se­ments. Il pour­rait s’agir d’un rituel de véné­ra­tion des ancêtres, ou bien d’une mise en scène élabo­rée des crânes d’en­ne­mis. Se pour­rait-il enfin que les morts aient été sacri­fiés sur l’au­tel d’une divi­nité dispa­rue pour étan­cher sa soif de sang ? Nul ne le sait, mais il semble­rait que ces anciens hommes étaient obsé­dés par les crânes. Le site contient en effet de nombreuses repré­sen­ta­tions (sculp­tures et reliefs) de têtes sépa­rées de corps et d’in­di­vi­dus sans tête. Göbekli Tepe demeure plein de mystères, mais cette décou­verte rend le plus vieux temple de l’hu­ma­nité plus fasci­nant que jamais. Des sculp­tures et reliefs retrou­vés sur le site — Crédits : German Archaeo­lo­gi­cal Insti­tute (DAI)Source : Mother­board

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